Elway : The Drive

Dimanche 5 janvier 1992. Au Mile High Stadium, les Denver Broncos  accueillent les Houston Oilers pour les demi-finales de l’American Football Conference.

Denver, champion de la West Division de l’AFC, a peut-être terminé la saison régulière 1991 avec une fiche de 12 victoires contre 4 défaites. Mais, ce jour-là, la machine grippe.

A tel point qu’en fin de quatrième quart-temps les Oilers de Warren Moon mènent d’un point, 24-23. Il reste exactement 2 mn 7 s à jouer lorsque les Broncos récupèrent la balle sur ses deux yards.

 

L’attaque de Denver, avec en tête son quarterback John Elway, entre alors sur le terrain pour une ultime série offensive. Un dernier drive. La mission d’Elway est arithmétique : il faut couvrir 98 yards pour marquer au moins un coup de pied à trois points et se qualifier pour l’ AFC Championship Game. Le tout en 2 minutes. Et sans le moindre temps-mort pour stopper cette maudite horloge.

 

Elway adore ce genre de défis désespérés. Depuis ses débuts en NFL, en 1983, il a déjà réussi 18 come-back époustouflants, dont l’un figure dans toutes les bonnes anthologies du foot sous le nom de The Drive. C’était à Cleveland, en janvier 1987. « Dans ces moments-là, le jeu va huit fois plus vite que la normale. C’est la meilleure situation. Tout dépend de votre volonté de gagner ce match », explique-t-il.

 

Elway adore gagner. Alors, en ce 5 janvier 1992, il agit. Mieux, il fait tout. Prend tout à son compte. Il passe, il distribue, il court. Denver est bloqué avec une quatrième tentative et 6 yards à franchir pour continuer? Pas de problème ! Il arrache son mètre 90 et ses 97 kilos pour gagner 7 yards. Quelques actions plus tard, nouveau stop ou encore : 4è down et 10 yards. A 59 secondes de la fin. Elway s’échappe sur la droite, évite un sack, attend le dernier moment, et lance sa balle vers Vance Johnson qui gagne 44 yards. « Ce n’était pas ma plus belle passe, raconte Elway. Mais elle est arrivée ! » « Qui d’autre dans cette League peut accomplir une pareille action dans de telles conditions ? Qui d’autre ? »,  s’émerveillait Dave Widell, le centre des Broncos, après le match.

 

Trois jeux après la passe miraculeuse d’Elway, David Treadwell, le botteur des Broncos, a réussi un field goal. Denver s’est qualifié 24-26. Elway a signé ainsi son 19è chef-d’œuvre. Un chef-d’œuvre que les médias se sont empressés de rebaptiser The Drive II, ou Le Fils du drive. « Quand vous avez un type comme John Elway avec vous, tout est toujours possible. Cc type est incroyable », se contentait de répéter Don Reeves, le coach de Denver.

Oui, John Albert Elway est incroyable. Elway, c’est, avec Joe Montana et Dan Marino, l’un des quarterbacks stars des années 80. Personne depuis 1984 n’a enlevé plus de victoires en saison régulière. Elway en comptabilise 77.

 

Pourtant, si on organisait un sondage aux Etats-Unis sur la question: « Citez-moi un perdant », le nom du QB de Denver caracolerait assurément en tête. La raison de ce paradoxe : les trois Super Bowls perdus par les Broncos en 1987, 1988 et 1990. Trois drames, trois traumatismes chaque fois plus importants. 39-20 face aux New York Giants, 42-10 l‘année suivante contre les Washington Redskins, et enfin l’atroce 55-10 que leur ont infligé les San Francisco 49ers en 1990. A trois reprises, Elway est du mauvais côté du terrain. Tandis que ses vis-à-vis réalisent, ces jours-là, le match parfait, Elway manque par trois fois son rendez-vous avec la gloire éternelle.

Depuis tout petit, le quarterback des Broncos semblait pourtant promis au plus bel avenir qui soit. D’abord, John est le fils de Jack Elway, célèbre coach de College Football, aujourd’hui entraîneur des Frankfurt Galaxy de la World League. Côté environnement familial, on peut trouver pire.

Ensuite, la nature ne s’est pas montrée avare avec lui. Elle lui a donné des qualités physiques exceptionnelles.

A commencer par un bras ultra puissant. Elway possède incontestablement le plus bel obusier longue portée de la NFL Personne ne lance aussi loin ni aussi fort que lui.

« On se retrouve parfois dans le rôle d’un catcher de baseball », souriait un jour Mark Jackson, un de ses receveurs. C’est vrai, les passes d’Elway partent souvent à la vitesse d’une fastball de Nolan Ryan pour atterrir 50 ou 60 mètres plus loin dans les mains d’un wide-receiver. Avec un tel rayon d’action, personne n’est jamais hors de portée.

 

D’autant qu’Elway sait  « acheter du temps », comme on dit aux States. Il sait esquiver, louvoyer entre les sackers pour donner quelques secondes de plus à ses receveurs. Car, malgré son physique de linebacker et un temps passable de 4″74 aux 40 yards, Elway est extrêmement mobile. Celui qu’on surnomme The Duke à cause de sa démarche à la John Wayne - « il marche comme quelqu’un qui aurait passé plusieurs jours sur une selle trop grande », dit-on - adore quitter sa poche de protection créée par ses bloqueurs. Et là, quand il démarre, Elway est encore plus époustouflant.

Qu’il porte lui-même le ballon - il a déjà gagné plus de 2 000 yards en course - ou qu’il cherche une cible, il bouleverse de toute façon les schémas défensifs adverses. « La plus grande force d’Elway, c’est qu’il déchiffre une défense tout en courant, estime Matt Millen, un linebacker des Washington Redskins. Ça a toujours été son point fort et ce le sera toujours ! »

 

Vrai. Dès le lycée, à la Granada High School de Los Angeles, le jeune John s’affirme comme un passeur hors pair. Plus tard, recruté par la prestigieuse fac californienne de Stanford, dont il sort diplômé en économie, Elway pulvérise cinq records du College Football. Deuxième, derrière Herschell Walker, dans la course au Heisman Trophy 1982, Elway termine ses quatre années à Stanford avec 61,2 % de réussite en passes pour 9 349 yards et 77 touchdowns.

Un bilan qui fait de lui la recrue la plus convoitée, le n° 1 probable, du draft d’avril 1983. Problème: ce sont les Baltimore Colts qui détiennent le premier choix de ce draft. Or Elway ne veut pas aller à Baltimore. Jouant les divas, le blondinet aux dents blanches balance que le climat de l’Est ne lui convient pas. « J’aime la Californie. Je n’ai jamais joué par moins de 7 degrés », lance-t-il alors. Il expliquera plus tard que les dirigeants du club ne lui plaisaient pas du tout.

Mais Baltimore ne veut pas lâcher le prodige. Elway menace alors de se tourner vers le baseball, un sport pour lequel il est également doué. Il a joué dans l’équipe de Stanford et les New York Yankees-l’ont même invité à leur spring training, en 1982. Outre la puissance de son bras, il a impressionné les coaches par ses talents de frappeur. Au printemps 1982, il a même joué six semaines pour Oneonta, une équipe du farm-system des Yankees. Six semaines durant lesquelles il a tourné à 3.18 de batting average. Un chiffre en forme d’échappatoire si Baltimore ne comprend pas le message.

 

Finalement, le jour du draft, les Colts le sélectionnent bien à la première place du draft. Mais ils l’échangent aussitôt aux Denver Broncos contre deux joueurs et un premier tour de draft en 1984.

Les Broncos, eux, ne perdent pas de temps. Les dirigeants du club lui signent un contrat de 5 millions de dollars sur cinq ans. Le plus gros salaire du football professionnel. Il est vrai qu’à Denver on nage déjà en pleine Elwaymania.

Cette ville du Colorado est folle de foot. Depuis 1970, tous les matchs disputés au Mile High Stadium se sont déroulés à guichets fermés. L’arrivée d’Elway amplifie encore le phénomène. Le jour où il signe avec Denver, 200 mordus supplémentaires viennent s’inscrire sur la liste d’attente pour obtenir des abonnements à l’année. 200 noms qui viennent s’ajouter à 16000 autres.

Pour toute la région, Elway est un sauveur, celui qui lavera l’affront du Super Bowl, perdu en 1977 face aux Dallas Cowboys. Autant dire que le moindre geste du héros est analysé et commenté. A son premier training camp, sept camions de télévision et radio stationnent jour et nuit devant l’université de Northern Colorado, où les Broncos ont établi leurs quartiers d’été. Les journaux locaux créent même une nouvelle rubrique, sobrement intitulée Rubrique Elway.

 

Le hic, c’est que ses débuts en championnat sont catastrophiques. Immédiatement lancé dans le grand bain à cause de la pression populaire, Elway est complètement perdu. Bilan de sa première campagne NFL : 47,5 % de passes réussies, 7 touchdowns contre 14 interceptions. L’horreur! « Il n’était pas prêt », dira plus tard Reeves. « Les gens n’attendaient qu’une seule chose de John: la perfection. Il devait nous mener au Super Bowl et être All Pro, sinon il était de la pâtée pour chien », ajoute Rich Karlis, l’ancien botteur de Denver.

Les années suivantes, Elway progresse, mais trop lentement au goût des critiques. Tandis que Dan Marino, le QB de Miami - lui aussi drafté en 1983 -, s’impose comme la nouvelle coqueluche de la NFL, Elway subit des attaques massives. Les jaloux pilonnent son image de grand blond californien, de surdoué, de fils à papa. Le terme d’ « enfant gâté» devient une rengaine. Pendant ce temps, Elway se tait, gardant tant bien que mal son calme, entouré de sa femme Janet et de la première de ses trois filles.

En fait, c’est l’arrivée de Vance Johnson, en 1985, de Mark Jackson, en 1986, et de Ricky Nattiel, en 1987, qui vont permettre à Elway de s’affirmer définitivement. Les Three Amigos, le surnom de ce trio de receveurs, seront son parfait complément.

 

En 1986, Elway n’est encore classé que 11è en NFL, mais les Broncos décollent enfin. Ils finissent la saison régulière à 11-5 et abattent Houston en demi-finale de Conférence. La semaine suivante, c’est la finale AFC face aux Cleveland Browns et le fameux Drive. Sous les yeux de l’Amérique tout entière, Elway crève littéralement l’écran. Denver est mené 20-13. En moins de 5 minutes, dans la fureur du Cleveland Stadium, sous les hurlements et les jets de biscuits du Dawg Pound, l’attaque des Broncos remonte 98 yards. A 39 secondes de la fIn, Elway arrache l’égalisation en balançant un boulet de canon vers Mark Jackson. Touchdown. En prolongations, Elway dirige une nouvelle série offensive de 60 yards qui s’achève par un field-goal de Karlis.

 

Hélas ! il n’y a pas eu de sursaut miracle lors du Super Bowl XXI. S’il a réalisé une bonne première mi-temps - 13 passes réussies sur 20 pour 187 yards et un TD sur un rush de 4 yards -, Elway a néanmoins été éclipsé par le festival de Phil Simms, le QB des Giants. De plus, en deuxième mi-temps, la défense des Giants a totalement étouffé l’attaque de Denver, qui a dû se contenter de 2 malheureux yards dans le 3e quart-temps. Score final, 39-20.

Le cauchemar recommence l’année suivante. Elway, le most valuable pIayer du championnat, a bien lancé la touchdown-pass la plus rapide de l’histoire du Super Bowl. Mais, avec 3 interceptions et 5 sacks, il a ensuite complètement subi le match, tandis que Doug Williams et l’attaque des Redskins plantaient 35 points en 15 minutes. C’est encore pire contre San Francisco, en 1990. Les stats d’Elway : 10 passes réussies sur 26 pour 108 misérables yards. La déchéance.

 

A Denver, cette dernière humiliation est de trop. Certains fans vont jusqu’à suggérer d’éviter toute qualification pour un nouveau Super Bowl. De peur de subir une énième raclée. Quant à l’Elwaymania, elle se mue en Elwayphobia. On reproche tout et n’importe quoi au quarterback des Broncos. Ses dents trop longues, sa coupe de cheveux sur la nuque. On l’accuse d’être radin sur ses pourboires, d’éviter la presse. Des rumeurs circulent sur son possible alcoolisme.

Pis, durant la saison 1990, Elway et Reeves cessent de se parler. Le joueur reproche à son coach son intransigeance et le peu de cas qu’il accorde aux idées des autres. Résultat de l’aigreur ambiante: en 1990, les Broncos finissent bons derniers de leur Division avec 5 victoires et 11 défaites.

 

Heureusement pour les Broncos, le calme est revenu dans le Colorado. La pression médiatique s’est relâchée autour d’Elway. Quant aux relations avec Reeves, elles se sont détendues. Le coach a même décidé d’offrir à son quarterback un honneur rare: celui d’appeler lui-même les tactiques. D’improviser à plein temps.  « Le jeu ne l’amusait plus. Il se plaignait chaque jour, avoue Reeves. Il fallait trouver quelque chose pour le remotiver, et j’ai pensé que lui donner ces responsabilités nouvelles l’exciterait. »

La saison 1991 n’a pas été un grand cru pour Elway. Il n’a tourné qu’à 53 % de réussite avec 13 touchdowns contre 12 interceptions. Le tout pour un taux d’efficacité totale de 75.4. Le 9è de l’AFC.

Mais, depuis ses débuts, le talent d’Elway ne s’est jamais mesuré en chiffres. Plutôt dans sa capacité à accomplir l’impossible en moins de 2 minutes. Sur ce point, The Drive II a rassuré ses admirateurs. Et si, le 12 janvier, les Buffalo Bills l’ont privé d’une quatrième participation au Super Bowl, Elway, figé de 32 ans, ne se décourage pas. «  Je veux y retourner, explique t’il. Je veux avoir autant d’occasions que je peux. Vous ne serez jamais ce que c’est que d’être le champion à moins d’essayer. Et si je n’en gagne pas un, au moins je pourrai sortir la tête droite et dire: John Elway a fait tout son possible pour remporter un Super Bowl. »

 

 

 

 

 

 

HW Juillet 2008 pour DIMENSION USA

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James Worthy : Mr Play Off

 

            Les gamins de Gastonia, en Caroline du Nord, sont comme tous les gamins du monde. Turbulents, chahuteurs et toujours prêts à se défouler, surtout sur le chemin de l’école. Et, dans le bus qui les conduit à l’école élémentaire, ça tourne souvent à la foire, ça s’empoigne, ça trépigne, ça crie et ça grimpe aux vitres déjà bien sales du vieil autobus… Le conducteur, un jeune Black qui va tout juste sur ses 16 ans n’a encore rien dit. Attend. Reste calme, et jette de temps en temps un coup d’oeil dans le rétro sur la mêlée derrière lui. Et, puis, c’est l’arrêt. Brutal. Un coup de frein sec, sans prévenir, qui secoue un peu rudement tout ce petit monde. Les gamins se sont tus, interloqués. Pas un n’élèvera la voix. Parce qu’ils ont tous croisé dans le rétro le regard noir, ombrageux, lourd de colère et d’impatience du jeune chauffeur. Qui ne dit rien mais garde les yeux dans le rétro. Le genre de regard qui se passe des mots pour le dire. Le genre de regard que Larry Bird ou les autres ont fatalement croisé un jour ou l’autre sur un parquet. Le regard de James Worthy. Qui, dans son bus, réduisait au silence les gamins de l’école élémentaire de Gastonia…
            Il y a un sacré bout de chemin de Caroline du Nord en Californie. De la petite bourgade de Gastonia, 50.000 habitants et quelques industries textiles, à Los Angeles, la mégalopole de la frime, du fric et de toutes les tentations. Ce chemin, le jeune Worthy va le faire. En en brûlant les étapes. Mais aussi au prix de méchants moments de souffrance et de doute. Comme si, à chaque nouvelle étape de son ascension, la vie se chargeait méchamment et traîtreusement de le ramener, par la douleur, au poids de la réalité. Non, le chemin de Los Angeles ne sera pas pavé que de joyeux moments.
            Mais, la route aura forgé ce Worthy que
la NBA
respecte aujourd’hui. Cet ailier de 28 ans, 2.06m qui continue à porter bien haut le maillot jaune frappé du n°42, ce Worthy devenu un des plus beaux talents offensifs des Lakers, « Mr Play-off », mais aussi l’irréductible défenseur qui fait baver des ronds de chapeaux à tous ses adversaires, et qui a trouvé en Larry Bird son ennemi intime préféré… Avec les Lakers, Worthy va tout connaître : la fierté et l’émotion d’être choisi en 82 comme N°1 de la draft, les chocs et la pression des playoffs, les ivresses du titre, la reconnaissance, la gloire et le pouvoir de l’argent… Mais rien de tout cela ne le changera. Le gamin de Gastonia a fait son chemin avec en tête certaines images qui ne l’ont pas quitté, ses valeurs et ses images de la vie, et, à cause de ça, James Worthy ne rentrera jamais dans le « système ». Pire le rideau devant les medias, fuit les sulfureuses soirées de la jet-society de L.A., et jette un regard indifférent sur l’univers rutilant, clinquant et tumultueux d’Hollywood… Les starlettes et les paillettes, c’est pas son truc.

MEME MAGIC NE LE CONNAIT PAS

 

            Alors, après sept saisons aux Lakers, Worthy continue d’intriguer ou de déranger. Parce qu’il ne cherche pas à faire sa place dans ce milieu vaniteux et tapageur. Parce que, finalement, personne ne sait rien de lui. Et qu’il ne demande rien à personne.
            Même pour ses co-équipiers des Lakers, James Worthy reste une énigme Malgré tout ce temps passé avec lui, je n’ai aucun contrôle, aucune approche de ce que James peut, pensera avoue, le pourtant intuitif, Pat Riley. « La plupart des grands joueurs vous disent en général dans les vestiaires ce qu’ils pensent de ce que vous faites, ce qui va, ce qui ne va pas… James, lui, il se contente de vous regarder… ».
            « On sait qui il est, mais personne ne le connaît, je crois. Quand il quitte la salle, il retourne à la maison, retrouve sa femme, ses chiens, mais, au-delà de ça, je ne sais même pas ce qu il aime faire. Quoique ce soit, je pense que ça n’a rien à voir avec ce que font la majorité des gens en général… » Raconte le très extraverti Magic Johnson, pour qui, peut être plus que pour tout autre, Worthy reste un mystère.
            Il y a un monde, un abîme, entre ces deux là. Entre un Magic qui déchaîne les passions, adulé, adoré et qui se laisse rouler avec délice par les flots dorés de la vie à L.A. Ah, Magic, ses petites amies, ses caprices, ses voitures, sa villa, ses démêlés avec Tyson, ses fastueuses soirées où le tout-Hollywood se presse… Et Worthy ? Rien. Le néant. Un masque toujours impassible, le visage grave, presque nostalgique ou qui trame un air toujours vaguement anxieux. Impénétrable. Comme le regard toujours sombre, méfiant, qui se refuse aux confidences. Si les yeux sont les miroirs de l’âme, alors personne n’ira voir ce qui se passe au fond de l’âme d’un Worthy. Surtout pas les journalistes de L.A., plus habitués aux grands sourires, belles déclarations et tapes dans le dos à la sortie des vestiaires. Le genre taciturne et ténébreux, ça n’a pas forcément la cote à L.A.

            Et avec ça, pas même fichu d’habiter Bel Air ou Beverly Hills. Non, James et Angela, sa femme, habitent au sud-est de Los Angeles, à Westchester. Un joli coin, mais pas prétentieux. Que Worthy trouve en plus très pratique puisqu’il est situé pas trop loin du Loyola-Marimount College où il s’entraîne, du Forum où il joue, et de l’aéroport d’où il part assez souvent. La maison des Worthy ? Une maison en forme de L, avec de grands espaces vitrés, du bois et une petite piscine qui sert surtout à Bosay et Hammer, les deux boxers du couple. Les voitures ? Juste une Toyota. Voilà. C’est ici le repaire du sphinx. Le cœur de l’énigme. C’est là qu’on va peut-être enfin savoir, comprendre. Savoir d’où vient à Worthy cette force qui fait de lui un roc, imperturbable et lisse, au milieu du tourbillon glamour qui souffle sur L.A. Et comprendre pourquoi James Worthy n’est pas un Lakers comme les autres.

UNE PETITE PUNK AUX CHEVEUX ROSES…


            Parce que si le môme grave et réservé qui conduisait le bus des petits élèves de Gastonia a su garder 12 ans plus tard le même regard, sur la vie, les choses, les gens, sa force porte bien un nom. Qui tient en deux mots sur ces tee-shirts ou ces sweats qu’il aime porter souvent, ici, à Los Angeles. Deux mots qui lui barrent la poitrine : North Carolina… SON université… A ceux qui lui font remarquer qu’on le voit souvent avec ça sur le dos, Worthy se plaît à répondre : « J’aime bien montrer aux gens d’ici ce qu’est une vraie université… » Et, souvent, dans ces moments là on voit enfin sourire James Worthy…
            Oui, North Carolina, sa région, son université, pour Worthy, c’est toute une vie. Et il ne tient pas à s’en cacher : « il nous sera toujours difficile, à Angela et moi, de dire que
la Californie est notre « chez nous ». Parce que la Caroline du Nord reste mon pays. Et que nous avons laissé là-bas beaucoup de gens que nous ne pouvons pas oublier… Et… Et moi, qui arrive de là-bas je ne peux pas me retrouver dans les valeurs qui sont celles de Beverly Hills, ici, autour de nous. D’où je viens, les gens vous considèrent pour ce que vous êtes, que vous conduisiez ou non une Mercedes. Ici, c’est autre chose. Alors, tu vois Los Angeles, c’est tout ça. Et puis, à côté de ça, un jour tu tombes, au coin d’une rue de Westwood sur une gamine de neuf ans, une petite punk avec ses cheveux roses en train de se fumer un joint… Je n’ai pas à juger, et ça n’enlève rien aux choix de vie qu’ont fait les gens ici. Mais je ne pense pas que leurs valeurs soient les mêmes que les miennes… » Cette image de la petite « punkette » aux cheveux roses fait partie de celles qui accompagnent Worthy dans un coin de sa tête. Mais il y en a d’autres. Celle d’une cheville qui vole en éclats, celle d’un coach qui ne l’a jamais lâché, celle du premier rendez-vous avec le sourire d’Angela ou celle d’un soir d’extase à New-Orleans pour un titre NCAA… Ces images là ne l’ont jamais quitté. Et elles viennent toutes de North Carolina…
Retour à Gastonia donc. Où le jeune Worthy partage son temps entre une famille tranquille, avec un papa qui défend, en sa qualité de ministre du culte, les convictions de l’église baptiste, et Ashbrook High School où le «petit» Worthy (il mesurait alors 1.95m) montre déjà un plaisir certain à aller frétiller sous les paniers. James n’est pas le seul, un de ses petits camarades, un dénommé Sleepy Floyd, n’est pas mal non plus. Côté études, le gamin est sérieux, et ça marche plutôt bien. Mais c’est surtout côté terrain que James commence à défrayer les chroniques sportives des journaux de Gastonia. Il termine sa high-school avec des stats qui attirent sur lui déjà bien des convoitises :
21.5 pts
et 12.5 rebonds. Papa et maman sentent bien que le fiston intéresse beaucoup de gens. « Je n’avais aucun préjugé, aucun principe en quittant la high-school » se souvient le principal intéressé. « Tout ce que je savais, c’est ce que j’en lisais dans les journaux. Qui disaient que j’aurais pu jouer dans n’importe quelle université que j’aurai choisie. Quand le recrutement a commencé, j’ai découvert que j’aurais pu obtenir de l’argent, des fringues ou des voitures de plusieurs écoles. Heureusement, mes parents ne voulaient pas mettre leur fils en vente.»

NORTHCAROLINA, MY LOVE


            Et heureusement, M. et Mme Worthy vont tomber sous le charme d’un homme, d’un coach. Enthousiaste, plein de conviction et défenseur acharné de valeurs morales telles que la famille, la religion, l’éducation, il se propose de prendre James chez lui. Il s’appelle Dean Smith et coache à l’université de North Carolina, à Chapel Hill. Et il a senti le talent du garçon. « J’étais sûr que James deviendrait un super joueur de collège, plus fort que tous ceux que j’avais déjà vu passer à North Carolina. » Le coach ne se trompait pas. Mais il n’avait pas tout prévu.
            Il n’avait pas prévu l’accident. Pas prévu qu’un soir au Carmichael Auditorium, contre Maryland, Worthy, le freshman allait se faire éclater dans son élan, alors qu’il partait rageusement au panier. La chute sera atroce. Worthy ne se relèvera pas, et la vision de sa cheville droite fracassée, qui tourne sur elle-même, complètement désarticulée autour de la jambe laisse spectateurs et journalistes complètement horrifiés… Worthy a 19 ans, et souffre en fait d’une fracture basse de la jambe droite, une peur de la prochaine blessure. Ici, dans cette ligue, on a besoin de toi sur le parquet ; « si tu es toujours blessé, on ne te garde pas. » Alors, il revient encore. Et signe une saison de rookie plutôt convaincante. Sélectionné à l’unanimité dans le « All-Rookie team » après une saison à
13.4 pts de moyenne, il devient le rookie de l’histoire des Lakers à marquer 1.000 pts. Et son 57.9% de réussite aux tirs tient toujours comme record chez les rookies des Lakers.
            Avec ça, l’homme est parfait. Sur le banc, sur le terrain. Altruiste, honnête, discret et réservé. Pas un mot de travers. « Quand il est arrivé, on avait déjà Wilkes comme small forward» se souvient Magic. « Et la dernière chose dont on avait besoin, c’était des problèmes. On savait tous, on voyait tous que James avait sa place à plein temps sur le terrain… Mais je crois que ce que chacun a apprécié le plus, vu les circonstances, c’est qu’il n’ait jamais dit un mot, ne s’est jamais plaint… »
            Alors, les Lakers vont enfin réaliser, les blessures et la méforme de Wilkes aidant, que Worthy n’est pas qu’un discret équipier. Jouer plus longtemps l’a incontestablement bonifié, fortifié » constate Riley.

            Worthy peut ENFIN jouer. Et il va laisser éclater son talent sur les parquets de NBA. Son opiniâtreté et sa générosité en avaient fait un défenseur hors pair, promu très vite garde du corps de Larry Bird, dans les matches au couteau contre le grand rival de l’Est. Mais Worthy fait aussi la preuve de ses arguments offensifs. De sa polyvalence qui lui permet même de remplacer Magic au poste de meneur, notamment lors d’un match contre Boston (encore…) où il marque 28 pts avec un 11/20 aux tirs. Worthy devient l’arme idéale, non seulement pour réduire un opposant au silence, mais aussi, seulement quand les circonstances l’exigent, pour prendre le score à son compte. En 84-85, dans une équipe pourtant riche en talents offensifs avec McAdoo, Jabbar, Byron Scott, il tourne à 17.6 pts en saison, pour terminer à 23.7 pts pendant les finales face à Boston (toujours…) Pat Riley peut s’extasier. Il est fabuleux. N’importe où autour du panier. En contre-attaque, il est aussi rapide que n’importe qui. Il a acquis une si parfaite maîtrise de son corps, de ses gestes qu’il peut s’adapter à tout. Et faire de ce qui paraissait d’abord un mauvais choix un bon tir. James va où l’espace est ouvert, où que ce soit, et créé le mouvement nécessaire pour arriver à ses fins. En fait, son jeu se créé au moment où il se joue…

 

« MR. PLAY-OFF»

 

            Ajoutez à cela que le joueur devient de plus en plus productif au fur et à mesure que la pression monte. Et Worthy va vite devenir chez les Lakers « Mr. Play-off ». Ses 60% de réussite aux tirs pendant les playoffs en font le leader NBA de tous les temps de la spécialité. Il tournera même à 72% lors d’une série de cinq matches face à Denver. Sera le 2ème marqueur des Lakers en 86 avec 20 pts de moyenne. Et enfin, sera élu MVP des playoffs en 88, en réalisant le premier triple-double de sa carrière face à Detroit lors du 7ème match : 36 pts, 16 rbds, et 10 passes décisives… Le « petit bijoux » de Dean Smith rayonnait de toutes ses facettes sur le jeu des Lakers…
            Son talent était enfin confirmé, consacré, reconnu. Après un chemin qui aurait pu être moins long peut-être si Worthy avait voulu être plus médiatique. On dit sur la côte Ouest qu’il y a longtemps que Worthy serait devenu une superstar… dans n’importe quelle autre équipe que Los Angeles. Qu’il a longtemps poussé dans l’ombre des autres. Sans doute. Mais Worthy s’en fout. Le gamin de Gastonia et l’étudiant de Chapel Hill ont rejoint le joueur des Lakers. Et ont gardé le même détachement, la même lucidité à l’écart des flashes et des magnetos indiscrets. Worthy avait même, en décembre 85, sidéré la faune des journalistes présents au match contre les Sacramento Kings. Qui s’étranglaient dans leurs micros en l’ayant vu réussir un époustouflant 14/14 aux tirs, qui plaçait James Worthy au 4ème rang des joueurs NBA ayant réussi cette performance… Lors des commentaires élogieux d’après-match, ils ont vu arriver un Worthy toujours aussi réservé qui leur a demandé de revoir la cassette du match. « Parce que » disait-il, « je me souviens avoir raté un tir dans le 3 quart-temps… » Et c’était vrai.

 

SERENITE POUR L’ETERNITE

 

            A Los Angeles, Worthy est une ombre qui a enfin accédé à la notoriété, mais qui continue à fuir l’éblouissement des projecteurs. Parce qu’il sait que rien n’est jamais acquis. Qu’un destin est une chose fragile. Il a pu s’en rendre compte en 87 lorsque des rumeurs faisaient état du désir de Jerry Buss, le proprio des Lakers, de l’échanger contre Mark Aguirre et Roy Tarpley de Dallas. II aura fallu les véhémentes protestations de Jerry West, prêt à démissionner si la chose se faisait, pour que la transaction tourne court. Quant à Worthy, personne ne lui avait rien dit. « Je savais que quelque chose était en train de se tramer. Je le sentais. Mais j’ai choisi d’agir comme si je n’avais pas à m’en inquiéter. Si j’étais vendu, peut-être que c’était pour le meilleur… Je pouvais aller jouer ailleurs… »
            Finalement, Worthy continuera à porter le maillot des Lakers. Pour le meilleur… ou pour le pire. Dans sa tête de toute façon, il a prévu ce qui pourrait arriver après. Après le basket. Worthy a des envies d’éternité. « Si je pouvais trouver un associé qui ait une entreprise funéraire, je me lancerais bien dans les affaires mortuaires. Pour m’occuper de concessions, de cimetières, de choses comme ça. Dans le passé, à Gastonia, c’était quelque chose qui faisait cruellement défaut… »
            Come-back to Gastonia. Avec Worthy qui parle de repos éternel. C’est sans doute pour préparer une autre forme de sérénité. C’est dans un coin de sa tête avec les images d’une petite punk aux cheveux roses, d’une cheville massacrée ou d’un coach si humain… Worthy va son chemin, personne ne le connaît, personne ne le changera.

            Tout ce qu’on sait de lui, en fait, c’est qu’en anglais « worthy » ça veut dire valable, estimable, digne… comme James Worthy…

 

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HW , Juillet 2008 pour Dimension USA

 

Basket : 3 on 3

            Le Bud Three on Three. Sur Venice Beach, le paradis des allumés, la plage la plus follement sportive du monde, à Los Angeles. Où les fêlés de la glisse croisent les accros de la glace en cornet ; où les nymphettes mordorées ondulent du baquet devant les rapeurs à baskets délacées et les adeptes de la nitro-gonflette. Là, en faune et fauves, le Bud Three on Three est devenu un must de la saison. Rien à voir avec le club Mickey ou la course en sac. Le Bud est un féroce tournoi de trois contre trois, rassemblant les meilleurs joueurs de rue de Californie et des Etats-Unis. Ces dernières années, les three-on-three explosent littéralement aux States. Atlanta au printemps, Chicago en juillet dernier. Plus qu’une mode ou un gadget sportif, c’est un phénomène de société, branché sur l’actualité. A Los Angeles, mise à sac lors des émeutes de soutien à Rodney King, le Black tabassé sauvagement par les flics, un audacieux projeta même d’organiser un trois-trois entre une mixte Bloods-Creeps, célèbres gang-bangers et la PD, Police Department de LA ! Le fric de la recette devait alimenter un fonds de reconstruction de la ville. Mais à Venice Beach, même si on dunk hard, c’est pour le fun. Ça donne des matchs à jeu continu sur tout un week-end. Dont le Slam-Dunk Contest est l’apothéose, le point culminant.

Programmé le dimanche à 13 heures, il constitue l’attraction du week-end, une sorte de défi aux lois de la pesanteur agrémenté d’une indéniable dimension artistique.

Les matchs s’interrompent pour une heure, un jury de trois arbitres vient prendre place au centre de l’aire de jeu, les gradins se remplissent de badauds et de supporters turbulents alors que, tout autour du terrain, les touristes se bousculent en rechargeant leurs appareils photo.

Alignés sur la ligne médiane, les dunkers resserrent alors les lacets de leurs Air Jordan ou de leurs Reebok Pump. Extatique, le speaker enclenche sa cassette fétiche. Sono à bloc. Cette année, l’inévitable « jump » de Kriss Kross, le tube rap de l’été, va rythmer la cadence. Et cest parti ! « And Nooooww, crowd… [il a empoigné le micro et chauffe la foule], I want to introduce Demetrius “Hook” Mitchel ! »

Les mecs, un peu mous, exhalent un Yeaah de premiers communiants. Alors, le DJ en remet une louche comme un annonceur de ring: « Come on, crowd ! I want you to pump him up! » Yeaaahh ! Et l’ambiance monte… propre. Savoir marier passion du jeu et sens des relations publiques.

Nanti d’une vague formation d’avocat et doté d’une passe d’honnête joueur (il a joué à Saint-Raphaêl en D3 dans les années 60), ce natif de l’Oklahoma s’est d’abord lancé dans sa conquête personnelle de l’Ouest. Un trip qui l’a mené de la promotion du ski à celle du volley-ball.

 

Il y avait un hic Tandis que le beach-volley (sport à dominante blanche) se répandait à toute vitesse coast to coast, le basket de rue (à dominante noire) marinait dans de sinistres parkings sans âme, sans arbitres, sans trophées ni spectateurs. Glauque. Haskins se mit une idée en tête. Sortir son jeu favori du ghetto où il restait souvent confiné au propre comme au figuré.

« Pas normal pour un sport aussi spectaculaire ! », marmonne-t-il encore. Manquait un sponsor. Coup de fil chez le brasseur Budweiser, baratin persuasif. voyage éclair dans le Missouri et l’affaire se réglait vite. Le Summer All Star Basket-ball Tour était né. Et porté sur les fonts baptismaux, la binouse tenant lieu d’eau bénite… Avec un peu de ténacité et d’astuce, le projet prit corps. Quelques retouches s’imposèrent en chemin : toilettage des règles, composition d’un pool d’arbitres. Aujourd’hui, le Bud Three on Three est devenu une sorte de arque itinérant, plantant ses panneaux et ses tréteaux d’une côte à l’autre des Etats-Unis.

Démarrant traditionnellement à Oakland, côte Ouest, il transite ensuite à New York et Atlanta pour rallier ses bases californiennes à la fin de l’été: San Francisco, San José et Venice Beach, terminus habituel de ce tournoi nomade.

Recrutant sans cesse de nouveaux adeptes, le Summer Tour met aux prises équipes itinérantes et teams locaux. Les meilleures équipes locales, celles qui tiennent le choc, raccrochent le wagon et suivent le trip. Elles sont sélectionnées pour les étapes suivantes. En neuf ans d’existence, jack Haskins a tissé un solide réseau de compétiteurs dans chacune des villes où le tour fait escale. L’an passé, force était restée à la loi. De Los Angeles. La triplette championne répondait au doux nom de Mighty 690. L’an prochain, de nouvelles dates viendront encore étoffer le calendrier. « Le succès de mon Tour repose sur deux principes très simples », explique Jack. D’abord le plaisir. Les joueurs évoluent en plein air, au soleil, devant un public chaleureux, en musique, et en présence des médias. Ils prennent leur pied. C’est ensuite, pour le public, l’occasion de voir du jeu de très bonne qualité, dans une super ambiance, avec une cerise sur le gâteau : le Dunk Contest. Un concours qui garantit 1000 dollars à son vainqueur et qui, il faut bien le dire, demeure le clou du spectacle.

« Pour les dunks, les boys ont le niveau NBA, pas de doute là-dessus », me glisse, optimiste tout de même, Jack, qui m’avoue que son rêve est d’associer Harley Davidson à son show pour disposer des gros cubes comme obstacles lors des figures libres…

Une fois le concours terminé, le tournoi reprend ses droits pour les phases finales.

La plupart des équipes engagées sont généralement formées d’un ténor trentenaire ayant joué en CBA, en NCAA Division 1 de collège, voire d’un mercenaire ayant évolué à l’étranger (Asie, Europe) associé à un ou deux plus jeunes (4 joueurs par équipes, 3 joueurs autorisés sur le terrain quand la balle est en jeu).

Cette année, surprise ! Pour la finale entre Above The Rim de San Diego et les Hits Hunters de Pomona, cinq joueurs sur huit étaient blancs !

Vainqueurs surprise de l’édition 92 ? La triplette de San Diego, plus expérimentée, décrocha la timballe en catégorie open après une intense demi-heure de jeu. 

« Yo ! mes frères. Aujourd’hui la preuve est faite ! White men can jump ! », s’esclaffera le speaker, piratant le titre du dernier film en vogue. Toujours à l’affut d’une bonne blague, le maître de cérémonie a réussi une nouvelle fois dans son entreprise : faire gondoler Venice. Ce qui est, aussi, le but du jeu.

 

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HW , Juillet 2008 pour Dimension USA

 

Patrick Roy : Stop Tout

Hermétique, étanche. Patrick Roy, la muraille vivante des Canadiens, avale les shoots les plus dingues. A Montréal, ce goalie blindé de 26 ans assure la protection hyper-rapprochée des filets. Les buteurs sont ficelés : en sept ans au Forum, Patrick Roy a bétonné les Canadiens

 

A Montréal, on dirait que la vie dépend de la santé de Patrick Roy, le goalie des Canadiens.

Depuis sept ans qu’il garde les filets dans le legendaire Fomm, le temple antique du hockey canadien, c’est comme si les pulsations artérielles des Habs n’étaient rythmées que par les tirs bloqués de Patrick Roy, 26 ans, a su recréer devant ses cages les principes de l’emballage hermétique selon Tupperware.

Ne parlez surtout pas de ce mur vivant aux Hull, Stevens, Messier et autres buteurs-flingueurs. Ils ont beau s’acharner à perforer ce rempart vivant des Canadiens avec des pucks mortels chauffés à blanc, Roy les gobe tous comme s’il écrasait des moustiques au plafond.

Enfin presque. Fin février, Roy trônait en tête des gardiens NHL avec une moyenne de 2,10 buts encaissés par match et un total de 4 shutouts – ce qu’on appelle joliment là-bas un blanchissage, une partie sans prendre le moindre but.

Après son troisième All Star Game (1989, 90 et 91), les spécialistes lui ont déjà promis un troisième Vezina Trophy, le bon point refilé chaque saison au meilleur gardien NHL. Roy l’a déjà empoché en 89 et 90, et il se mettrait presque à effacer les traces indélébiles laissées par Kenny Dryden, une vieille gloire des Canadiens, lui aussi goalie légendaire.

Pat Burns, le coach des Canadiens, lui accorde une confiance aveugle. « Patrick, dit-il, s’est établi comme l’un des meilleurs goalies de la NHL. Il est le type de gardien qui peut sortir le grand jeu et faire tourner le match en notre faveur. »

Cette étanchéité incroyable lui assure une gloire surnaturelle depuis sept ans. Playoffs 1986. Roy boucle une incroyable saison de rookie. Le petit génie des jambières termine la saison avec 1,92 de goals against average.

En explosant les Flames 4 matchs à 1 le 24 mai 1986, à Calgary, Montréal arrache sa 23è Stanley Cup. Roy, lui, s’en tire avec le Conn Smythe Trophy de MVP des playoffs. De toute l’histoire de la NHL, Patrick est le plus jeune joueur héritant du trophée : il n’a que 20 ans.

Pourtant, à l’époque, il est déjà la cause des cauchemars des coaches NHL. Les scouting reports pondus sur lui ont décelé une faiblesse technique : « Roy arrête bien les palets mais a quelques difficultés, en particulier pour manoeuvrer le puck. » Ces maladresses avec la crosse poussent les New York Rangers à établir une stratégie – vaine – anti-Roy : il s’agit simplement d’expédier le palet dans la zone de Montréal et forcer Roy à le perdre.

Depuis, Roy s’est évidemment amélioré. Mais son style de protection rapprochée des filets reste immuable, classique. Comme beaucoup de grands goalies (1,83 m pour 82 kilos), Patrick passe plus de temps à genoux que debout. Il avale les palets dans ses jambières en papillon, les jambes se refermant sur leur proie comme des mâchoires de crocodile. Les coaches conseillent aujourd’hui de tirer haut sur Roy parce qu’il tombe très vite sur ses genoux. Stratégie à peine efficace. Roy-le-gaucher est si rapide avec son gant qu’il cimente ces infimes interstices devant la cage. Sa main gauche branchée sur 10000 volts foudroie les palets en plein vol comme une langue de caméléon.

Cette invincibilité a été menacée  pendant la saison 90-91, pour la première fois depuis 1986. En décembre, il manque 25 matchs pour un genou cassé puis 16 autres pour des problèmes de ligaments à une cheville. Toute la saison, Il joue dans la douleur. Peu importe, il boucle tout de même l’exercice à la 3e place des goalies en NHL derrière Ed Belfour, nouvelle terreur des Chicago Blackhawks, et Don Beaupré, des Capitals. Bilan personnel : 25 victoires, 15 défaites, 6 nuls, avec 2,71 de goals against average.

Pourtant, Roy n’est plus protégé par ses défenseurs de la belle époque, comme Larry Robinson, Chris Chelios, Rick Green ou Craig Ludwig. Il joue avec des jeunes moins expérimentés comme Matthieu Schneider, Lyle Odelein, Sylvain Lefebvre. En 91, ceux-là ne passent vraiment pas pour des stars. Mais leur inexpérience n’affole pas Roy. « J’aime retrouver les gars, dit-il. Je les aime énormément. »

De toute façon, un goalie n’a pas le choix. « Un gardien doit aimer ses coéquipiers, explique Roy. Sa carrière dépend d’eux. Moi, je subis les attaques. Je ne peux pas marquer de buts. Je dois compter sur mes coéquipiers pour survivre. »

Ce paradoxe lourd de l’existence du goalie, Roy le vit depuis toujours. « Quand j’avais 7 ans, je trouvais déjà excitant de garder les filets. » Tout petit, il était obsédé par les jambières. « Je joue avec les jambières en cuir traditionnelles, je ne pense jamais utiliser les jambières légères », dit-il. Gamin, Patrick joue dans la rue. Un filet, une balle en caoutchouc et quelques potes d’école primaire suffisent à l’occuper des journées entières. L’espace d’un match improvisé, il se prend pour Ken Dryden, ou Gerry McNeil, gardiens des Canadiens de l’époque. En catégorie Midget, il joue pour les Gouverneurs de Sainte-Foy. Pas moyen de l’extirper de la patinoire: il sait qu’il y passera sa vie. Pour la glace, il néglige même ses études.

En 1984, les Canadiens cognent à sa porte. Les prouesses que Patrick a déjà accomplies les forcent à le drafter, en quatrième place, derrière Petr Sviboda, Shayne Corson et Stéphane Richer.

Après, tout va très vite. Il joue avec les Canadiens de Sherbrooke, en American Hockey League, sorte de classe prépa à la NHL. « L’année d’avant, se souvient-il aujourd’hui, j’étais si mauvais que ma moyenne avait atteint 5,55 buts encaissés en 44 matchs. » Pour Sherbrooke, ça suffit. Ils savent qu’il lui faut d’abord une bonne défense. Ils l’appellent pour jouer les 12 matchs de playoffs AHL. Roy les emmènent à la Calder Cup, la version AHL de la Stanley Cup, avec seulement 2,89 de goals against average !

Depuis, la carrière de Roy file aussi vite qu’un shoot de Hull. Il a raflé tous les honneurs dont un goalie NHL puisse rêver, mais il refuse de se conforter dans un personnage fabriqué de superstar. Sa vie est réglée comme une horloge atomique. Roy se lève. Roy déjeune un peu. Roy parcoure les journaux – pas trop : « Si un article est favorable, ça peut t’enfler la tête. S’il est trop négatif, ça peut t’abattre. »

Roy sort de chez lui, sa maison d’Ile-Bizard, Québec. « Je ramasse Carbo en passant et on se rend au Forum. » Carbo ? Abréviation amicale pour Guy Carbonneau, le centre star des Canadiens. Sur la route du retour, il passe s’acheter un filet mignon, que sa femme Michèle lui prépare avec des patates et des petits pois. Sieste de deux à trois. « Quand je me réveille, je me sens bien. Je ne parle pas trop. Je fais des exercices d’étirements en regardant la télévision. Je mange un toast avec un verre de Perrier. Je reprends Carbo et on va au Forum, deux heures avant le match. J’enfile lentement mon uniforme sans parler trop à personne et je joue avec une rondelle. »

Le match commence vraiment dans la salle de vidéo. Les gardiens et les défenseurs épluchent les derniers matchs des adversaires du jour. Malgré son expérience, cette préparation est primordial pour Roy : « Je garde ces images dans la tête pendant l’échauffement et j’attends avec impatience le moment de la mise en jeu. C’est le premier tir que j’arrête qui me libère de la nervosité. C’est très important, ce premier tir ! »

Cette routine scrupuleuse, Roy ne la tiendra pas éternellement. Le hockey pro ? Il n’y finira pas sa vie. Aujourd’hui, il passe son temps entre ses deux enfants, Jonathan et Frédérick, et une monstrueuse collection de cartes de baseball et de hockey. En tout, Patrick en possède 50000 : en hockey depuis 1950-51 (un « set » qui vaut 4000 dollars), et depuis 1975 en baseball.

Patrick Roy sait que sa carrière ne durera pas beaucoup plus de dix ans. Plus tard, il pense retourner sur les bancs de l’école. « Je veux retourner à l’université et prendre des cours d’administration. Je veux savoir comment et pourquoi mon argent sort de mon compte en banque et à quoi il sert. »

Montréal devra alors se trouver un nouveau héros. En attendant, dans les filets au Forum, Patrick Roy bloque tout ce qui bouge.

 

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HW , Juillet 2008 pour Dimension USA

 

Super Bowl : la Naissance

 

En un peu moins d’un quart de siècle, le SuperBowl est devenu l’un des monuments les plus sidérants de la civilisation US. Pour quelques dizaines de footeux qui s’empoignent, ce match draine chaque année à la même époque, fin janvier, des centaines de millions de téléspectateurs et des milliards de dollars en recettes publicitaires. Le battage médiatique, le « hype » dit-on outre-atlantique, qui précède le Super Sunday, jour quasi-férié pour les américains, est tel qu’en comparaison le lancement pourtant oppressant de Batman ne vaut guère plus qu’une simple annonce paroissiale. Lorsque le kick off du Super Bowl est donné, l’Amérique entière plaque tout, débraie et redécouvre pendant quatre heures de direct le goût de la bière en boîte et le mœlleux lénifiant des sofas. Ce n’est pas compliqué: les Etats-Unis, “sold-out”, ne répondent plus sous prétexte que le champion de l’American Football Conference rencontre au cours d’une finale grandiose son rival de la National Football Conference.

Aujourd’hui cette hypnose collective est d’autant plus phénoménale qu’à ses origines, le Super Bowl n’a jamais été conçu comme un produit purement évènementiel. Loin de là. La première édition de ce choc, le mémorable Packers-Chiefs daté du 15 janvier 1967, n’était pour ses initiateurs qu’un vulgaire match-exhibition, un appendice sportif du conflit autrement plus virulent que se livraient alors les deux factions ennemies du foot pro. La National Football League vieille fille née au début du siècle et baptisée en 1922, ancêtre inébranlable composée de quinze clubs. Et sa dauphine, l’American Football League créée en 1959 et surnommée dans la foulée « Mickey Mouse » en raison du maigre plateau de huit équipes qu’elle proposait.

Au début des sixties. L’AFL est le quatrième challenger à vouloir briser le monopole du football professionnel que détient la NFL. Les tentatives précédentes ont échoué misérablement au bout de quelques mois. Le capricieux Lamar Hunt, richissime texan, digne rejeton d’un magnat du pétrole, a lancé cette league concurrente parce que la NFL avait refusé peu de temps auparavant de lui allouer une de ses franchises. Doué pour les affaires, et manifestement inspiré par le foot, Hunt a saisi l’une des composantes essentielles du système: la télévision et l’intérêt grandissant des networks pour les chahuts spectaculaires des gridirons. Pour appâter les grandes chaînes TV, Hunt et ses sbires redessinent les play-books du foot pro, à l’opposé des stéréotypes en vigueur chez le voisin. Les clubs de l’American Football League donnent donc dans l’exercice de style. Plus de passes aériennes, moins de courses au centre. Que de la beauté. Les télés achètent les droits de retransmission ravie par la qualité de jeu proposée. ABC d’abord puis NBC qui, en 1964, lâche 36 millions de dollars pour une exclusivité de cinq ans.

Avec ces énormes rentrées budgétaires, l’AFL, définitivement établie, possède enfin les moyens financiers de pirater les effectifs de la NFL et de s’offrir les tout meilleurs joueurs universitaires. Mais ces derniers, extrêmement convoité, savent se vendre, au point de jouer les divas. Les deux Leagues qui se livrent une guerre terrible pour arracher les adhésions de ces petits prodiges sont bien obligées de surenchérir à l’extrême. En 1966, leurs dirigeants respectifs craquent, furieux d’avoir dilapidé des fortunes pour une poignée de mômes en devenir. Pete Rozelle, le haut-commissaire de la NFL, et AI Davis, celui de l’AFL, acceptent le principe de la fusion qu’ils officialisent en juin. Cette union est prévue pour la saison 1970.

Pour patienter, ils organisent un draft en commun et un match de parade à disputer en janvier, entre le champion de la NFL et son homologue de l’AFL. C’est le “AFL-NFL World Championship Game”, une appellation que Lamar Hunt résume en ces termes: Super Bowl. Cette rencontre ressemble à un amuse-gueule. Il n’y a pas de véritable enjeu. Les Green Bay Packers, entraînés par le célébrissime Vince Lombardi, sont les stars de la NFL sacrés quatre fois champions en six ans. Les Kansas City Chiefs sont les nouveaux lauréats de l’AFL et les experts ne leur accordent pratiquement aucune chance. C’est la règle atroce de ce Bowl. Les Packers sont sensés caraméliser les Chiefs et asseoir la suprématie sportive de la NFL.

A Las Vegas, les bookmakers ont coté Green Bay à + 14 et les Américains ne sont pas vraiment emballés par l’affiche. Le 15 janvier 1967, ils ne sont qu’un peu plus de 60 000 spectateurs à s’installer dans les travées du Memorial Coliseum de Los Angeles. Il reste 30 000 billets à fourguer. Dans l’histoire du Super Bowl, le S.B.I est le seul à ne pas être complètement booké. Mais à L.A., le moment est mal choisi. Ce jour-là, les Doors donnent une série de concerts dans la San Fernando Valley pour tous les lycéens de la région et, “downtown”, sur Wilshire Boulevard, les profs de UCLA manifestent contre Ronald Reagan, le nouveau gouverneur de la Californie. Le L.A Times a titré sa Une ainsi: « Reagan prend un mauvais départ ». Le Super Bowl n’occupe que les pages Sports. Actualité anodine.

Pire encore, Quelques semaines plus tôt un voleur a cambriolé le siège social des Kansas City  Chiefs « oubliant » derrière lui 2000 billets d’entrée pour le Super Bowl ! Les journalistes ne sont pas davantage motivés. Pour eux, il s’agit essentiellement de profiter de la douceur californienne pendant quelques jours. Aucune conférence de presse n’a été programmée. Les rares scribouillards qui veulent tirer à la ligne vont directement voir dans leur chambre d’hôtel les joueurs et les coaches qui ne s’en formalisent pas. En revanche, CBS et NBC, qui retransmettent simultanément la rencontre, ont orchestré une couverture impressionnante, n’hésitant pas à « gonfler » cette Grande Première artificielle.

De son côté, Vince Lombardi, le coach des Packers, se sent extrêmement gêné. Ses joueurs affirment ne l’avoir jamais vu aussi tendu qu’avant ce Super Bowl inaugural. Pour lui, la saison est terminée. Green Bay a remporté le titre NFL en cognant de justesse, le 1er janvier, les Dallas Cowboys, 34-27. Il ne connaît mm pas les Kansas City Chiefs, ses adversaires. Pour la forme, il a envoyé l’un de ses assistants sur la finale AFL, Kansas City-Buffalo. Seulement, il a compris que les Packers, avaient tout à perdre à l’occasion de cette pseudo finale. « Vous ne représentez pas seulement les Green Bay Packers », rabâche t-il à ses troupes, inlassablement. » Vous représentez aussi le National Football League ! » De plus, l’irrespect des membres de l’AFL déplait fortement à ce maniaque de la bienséance. Le prestige de sa League est en jeu, et Lombardi ne rigole pas avec les codes d’honneur. D’ailleurs, Lombardi ne rigole jamais.

 

Cet ancien professeur de latin, homme pieux s’il en est, n’apprécie pas les plaisanteries. Rigoriste, intransigeant, il entretient avec ses joueurs des relations souvent difficiles. « Nous étions tous ses enfants », avoua quelque temps plus tard, Herb Adderley, un de ses cornersbacks. Voici un deuxième commentaire, plus acide, signé du défensive tackle Herny Jordan : « Lorsque Lombardi me disait « assieds-toi », je ne cherchais pas à savoir s’il y avait une chaise sous mes fesses. Lombardi nous traitait tous de la même façon…Comme des chiens ». Le despotique Lombardi a ainsi mis au pas des Packers pourtant réputés pour leurs éclats de leurs virées nocturnes. Quand ils débarquent à l’entraînement, ces joyeux lurons paient largement pour leurs frasques. Lombardi les soumets à des véritables séances de torture. Lombardi est le type qui a prononcé cette phrase immortelle : « Winning isn’t everything. It ‘s only a thing », à traduire approximativement par : « Gagner n’est pas tout. Mais c’est tout ce qui compte ».

 

Cette devise est devenue le grand refrain du sport américain et au-delà, de l’Americain Way of Life.

Gagner… Les méthodes employées par les Packers ne sont pas du goût de tous. Les détracteurs de Lombardi reprochent à Green Bay une absence totale d’imagination ou d’improvisation. En practice, le père Vince  répète tous ses schémas jusqu’à écœurement. En match, ses joueurs se contentent de réciter par cœur, sans apporter de quelconque surprise. Ils sont fades, ils le savent mais ils s’en moquent parce qu’ils sont irrésistibles. Leur jeu au sol est une merveille. Ils martèlent inlassablement les défenses, alternant courses au centre et débordements. Cette technique du débordement, le sweep, se veut une spécialité maison. Lombardi l’a reprise et considérablement améliorée au point que les experts l’ont qualifiée de Green Bay Sweep. Le procédé est systématique. Les deux guards des Packers, Jerry Kramer et Fuzzy Thurston, décrochent pour ouvrir des brèches dans la défense adverse. Les deux running backs de Green Bay, deux stars, Jim Taylor et Paul Hornung n’ont plus qu’à s’engouffrer dans ces tranchées humaines. Taylor, un fullback de 98 kilos, passe pour un colosse infatigable aussi délicat à stopper qu’une semi-remorque. Hornung, surnommé le Golden Boy, en raison de sa blondeur immaculée, se prévaut, lui, d’une notoriété quelque peu épouvantable, Il a obtenu le Heisman Trophy à l’hiver 1956 après avoir été l’admirable quarterback des Irish de Notre Dame. Il a joué à ce même poste avec les Packers jusqu’à l’arrivée de Lombardi en 1959. Lombardi préfère le décaler en halfback et le remplacer par Ban Stan, autre QB prodige. Hornung recyclé, est remarquable mais l’ennui, c’est qu’il est aussi célèbre pour ses exploits sur le terrain que pour ses performances de célibataire. Pas vraiment du goût de Vince-la-Morale.

Starr, en revanche, personnifie au mieux les idéaux de son coach, il est d’une modestie exemplaire, il bosse comme un acharné et il envoie il ses receveurs, tels Boyd Dowler aussi bien les compliments que les ballons.

Durant les saisons 1964 el 65, il a lancé 294 passes consécutives sans être intercepté. Aujourd’hui avec 23 718 yards gagnés, et 152 touchdowns lancés, il est toujours le meilleur quarterback qu’aient connu les Packers.

Starr, Hornung et Taylor ont depuis été intronisés parmi les gloires du Pro Football Hall of Fame, Panthéon des légendes vivantes de ce sport. Dans la promotion Lombardi des Packers, ils ne sont pas les seuls. Le tackle Forrest Gregg, le centre Jim Ringo, le middle linebacker Ray Nitschke, le défensive end Willie Davis, le cornerback Herb Adderley et le safety Willie Wood ont eu droit à la même consécration.

Neuf Hall of Famers au total! Neuf joueurs exceptionnels! En ce mois de janvier 1967, les Kansas City Chiefs ont largement de quoi se montrer inquiets malgré quelques atouts de taille. Les Chiefs, ex-Dallas Texans appartiennent au sus-nommé Lamar Hunt, ravi de posséder enfin son propre club. Grâce à ses fonds personnels, Hunt a recruté une pléthore d’universitaires sacrés All-Americans, dont Otis Taylor et Mike Garrett, et il a ratissé les “rosters” de la NFL. Len Dawson, quarterback qui a longtemps ciré les bancs des Steelers et des Browns, figure parmi ces transfuges. Les Kansas City Chiefs, que les mauvaises langues traitent de “Supermarché” du foot, ont donc des arguments à  faire valoir, mais il leur manque une histoire et ils complexent à l’idée de rencontrer Green Bay, l’une des équipes les plus titrées de la NFL. A ce sujet, le comportement de Buck Buchanan, defensive tackle de K.C., est révélateur. Une semaine avant le Super Bowl, Buchanan s’est avalé le bouquin de Lombardi, « Run to Daylight”. Il s’est particulièrement attardé sur les passages concernant son adversaire direct. Fuzzy Thurston. Buchanan, qui pèse 20 kilos de plus est impressionné par la réputation de Thurston alors que ce dernier se demande, en plaisantant s’il va sortir vivant de leur duel.

Au Memorial Coliseum de Los Angeles, les illusions déjà limitées des Chiers ne durent pas plus d’une mi-temps. Dawson se débrouille fort correctement, et, à la fin du deuxième « quarter », le score est serré: 14 -10, à l’avantage de Green Bay. C’est alors que le Super Bowl vire au cauchemar pour Kansas City. Les Packers enquillent trois touchdowns avec une aisance étonnante. Starr, sur l’ensemble du match. réussit 16 de ses 23 passes pour un gain de 250 yards. Il est élu Most Valuable Player du Super bowl bien qu’il n’en soit pas l’unique héros. Max McGee, le wide receiver de Green Bay a tout autant contribué à la victoire des siens au gré de circonstances extraordinaires. A 34 ans, McGee achève sa carrière sur le bord de touche puisque Lombardi lui préfère Dowler. Au cours de la saison régulière, il n’a réceptionné que trois passes. Une misère! Persuadé qu’il ne jouera pas contre les Chiefs, il a bravé les consignes de Lombardli et s’est permis de découvrir L.A. by night la veille du Super Bowl rentrant à l’hôtel sur le coup de 7 heures du matin, le dimanche. Sans remords. Dowler est bien titularisé. Le match commence et McGee bavasse tranquillement avec Hornung des projets de mariage de celui-là, quand Lombardi hurle soudain Son nom. « McGEE !! » Le pauvre Max manque s’évanouir. Il est certain que Lombardi a eu vent de son escapade et il s’apprête à encourir les foudres du coach, ainsi qu’une amende de 5000 dollars.

Ce qui l’attend est encore pire. Dowler est blessé au genou. Le tyrannique Vince a choisi McGee pour le remplacer. Quelques minutes plus tard, ce veinard inscrit le premier touch-down de l’histoire naissante du Super Bowl sur un « 37 yarder » de Starr, et il en ajoute un deuxième dans le troisième quart-temps. Trois autres touchdowns, de Taylor et Pius achèvent la déroute de Kansas City. Image symbole de leur déconfiture: la sortie sur une civière de Fred Williamson, leur cornerback. Williamson, qui s’est auto-baptisé le « Hammer », le marteau a l’habitude de punir les receveurs adverses en leur administrant au placage un solide coup de coude. Lombardi un peu bégueule, a laissé entendre qu’une petite leçon de modestie serait sûrement profitable à ce fanfaron, devenu par la suite une star des « black movies ». Gale Gillingham l’un des linemen de Green Bay, s’en est chargé sur un sweep. Il a assommé Williamson pour le compte en lui projetant habilement son genou en plein casque.

Pour l’heure, l’écrasante victoire des Packers confirme leur domination absolue sur le football professionnel. Lombardi, vicelard, déclare que cinq ou six équipes de la NFL auraient très bien pu se charger de ces Chiefs. En privé, il confie que Kansas City l’a favorablement impressionné. C’est d’ailleurs un avis partagé par beaucoup. La détermination et l’engagement des deux équipes, la qualité du spectacle produit el l’intensité de cette fausse finale ont séduit le public et les spécialistes. Le Super Bowl a une prestance folle et c’est un vrai match. En janvier 1968, le Miami Orange Bowl, plein à craquer, accueille le Super Bowl II au cours duquel ces mêmes Packers étrillent les Raiders, 33-14. Un peu moins de 25 ans plus tard, se rappeler qui a enlevé le Super Bowl V, VII ou X demande quelques efforts de mémoire. En revanche, le Packers-Chiefs du Super Bowl I, tout le monde s’en souvient. Surtout ceux qui ne l’ont pas vu.

 

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HW , Juillet 2008 pour Dimension USA

Cal Ripken : Prison Streak

 

Un peu d’algèbre: la saison de base ball compte 162 matchs. 26 semaines. Ajoutez 16 petits jours de quartier libre pris au goutte à goutte. Retenez les heures d’avion, les entraînements, les interviews et les séances d’autographes. Posez le tout, et il reste. . . Cal Ripken Jr.

Ripken, dix ans de MLB, a joué tous les matchs des Baltimore Orioles depuis le 29 mai 1982. Tous. 1 451 au total. Pas un jour de repos. Pas une blessure. En langage statistique, c’est une streak. Une série. En langage baseball, Ripken y a mis les majuscules. Le monument de Baltimore, c’est bien The Streak, cette série de 1 451 rencontres alignées sans interruption par Ripken Jr.

Au fil des ans, la routine la plus lancinante de ce stakhanoviste est véritablement devenue un exploit. Ripken se rend chaque jour de la saison au Mémorial Stadium, au volant de sa Lincoln Continental, avec la régularité et l’insouciance du postier qui dépose le Washington Post au pas de sa porte tous les matins. Une constance immuable. Même ses coéquipiers voient Ripken comme un meuble imperturbable trônant en position de shortstop. « Mes feuilles de lineup sont imprimée d’avance avec son nom, plaisante Frank Robinson, le manager des Orioles. En face des initiales SS (shortstop) : Cal Ripken. »

L’objectif de Ripken est de détenir la plus longue série ininterrompue de matchs disputés en une carrière. Sur la

liste, Cal est le dauphin de Lou Gehrig, le recordman de tous les temps. De 1925 à 1939, la première base des Yankees s’est farcie 2 130 matchs sans débander.

Pourtant, Cal Ripken Jr. n’a pas besoin de ce record pour passer à la postérité. Il est déjà une légende de Baltimore. Un Oriole à l’état pur. Pour une bonne raison : Cal Ripken est un joueur hors du commun. Avec 36,2 % de batting average, 32 runs et 12 homeruns (à la mi-juin), il trône parmi les trois meilleurs frappeurs de l’American League. Mais Ripken est surtout un défenseur. Le pur shortstop. Il semble marqué comme par enchantement par le village du Maryland où il est né : Havre de grâce, en français dans le texte. Physiquement, il rappelle d’ailleurs plus l’échassier longiligne et musclé que le loriot dodu qui orne la casquette de Baltimore. Ripken allonge 1,94 m et se déplie sans peine sur l’infield. L’aisance, la beauté du geste. Une apparente simplicité qui lui a permis de se conserver physiquement. A 30 ans, le mètre-étalon tient surtout à rester en pleine forme pour casser le record de Gehrig. Il manque à peu près 636 matchs à Rip pour jouer son Game n° 2131. A peu près quatre ans de MLB à plein temps.

«Impossible, persiflent ses détracteurs. Il est usé, crevé. Il doit se reposer. » Les jaloux ont de bons conseils. Mais Cal Ripken Jr., aliéné par sa Série, son oeuvre de dix ans, ne les suivra pas : « Je ne suis pas près de m’arrêter, promet-il. Maintenant, je suis prisonnier de ma streak. » : Prison Streak ?

 

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HW , Juillet 2008 pour Dimension USA

 

Pat Riley : la Motivation avant tout

 

C’est long un an dans le noir… Il aura fallu un an pour que l’homme fasse sa douloureuse traversée du désert, le tour de lui-même, des autres, et de la cruauté du basket américain. Un an. Le temps que Pat Riley, le joueur mort dans sa tête sous le maillot des Phoenix Suns, rayé des cadres, ressurgisse dans les impeccables costumes du coach Pat Riley, pour donner aux Los Angeles Lakers quatre titres en sept ans…

           

            Phoenix. 1976. Ca grince des dents aux Phoenix Suns. Le joueur Pat Riley, qu’ils viennent d’acheter aux Los Angeles Lakers en échange de quelques précieux tours de draft, ne tient pas la route. Toujours des problèmes de genou. Jusqu’à ce jour fatidique où Pat Riley va s’effondrer. Son genou opéré, raccommodé, déchiré, bouffé par les injections de novocaïne et de cortisone, lâche complètement. La dernière injection a provoqué une hémorragie, le sang gicle de chaque côté du genou, et la jambe du joueur est devenue morte, insensible. La NBA ne fait pas de sentiment. A 31 ans, Riley, qui a derrière lui huit saisons professionnelles dont cinq années et 294 matches sous le maillot des Lakers, est considéré comme perdu pour le basket. Viré. Riley n’existe plus… Los Angeles. Juin 88. Les Lakers savourent leur 2e titre consécutif. Et ce doublé-là est un véritable exploit. C’est le soir où les dieux du basket font la fête à Los Angeles. Dans l’allégresse ambiante, un homme déguste avec une patiente volupté son champagne jusqu’à la dernière bulle : le coach, Pat Riley. Ce titre là est son 4e à la tête des Lakers. Riley est devenu un des plus grands. Même s’il n’a pas encore été jugé digne, comble de l’ironie, de recevoir la sacro-sainte distinction du « meilleur coach de l’année ». Mais ça fait longtemps que Pat Riley a appris à ne plus se laisser griser par les vertiges de la victoire et de la gloire… Et ça fait un moment que les joueurs de L.A. en ont pris leur parti : ce type là les a conduits au paradis plus d’une fois, ils en ont bavé avec lui, et lui avec eux, mais ils n’en savent pas plus sur lui qu’il y a sept ans… Pat Riley n’est pas vraiment un coach que l’on contrôle, qu’on manipule et qu’on apprend à connaître. Comme dirait Michael Cooper : « Tu penses que tu le connais, et puis un jour, sans prévenir, il fait ou dit quelque chose qui te laisse complètement ébahi. Quelque chose qui vient de ce qui est enfoui tout au fond de lui, et que tu n’as jamais deviné, ou alors le temps d’une fraction de seconde… » Pat Riley avait ainsi abasourdi ses joueurs quand, alors qu’ils étaient en train de célébrer leur titre 87, quelques heures à peine après le match, entre toasts et petits fours, il avait déclaré à toute la presse qu’il avait une certitude : mieux même, il garantissait, lui, Riley, que ses Lakers seraient à nouveau champions en 88… Stupéfaction dans les rangs des joueurs encore éprouvés par leur long combat face aux Celtics. « On voit que ce n’est pas lui qui joue » avait grommelé Jabbar dans son coin. « C’est pas possible, il a du boire une coupe de champagne en trop » rétorquait quant à lui un Magic passablement outré. Et pourtant, pourtant il avait raison d’y croire le coach. Même si cette saison qui allait suivre, avant de lui donner raison, lui apportait son lot de sueurs froides et de coups de gueule. Même si les Lakers ont souffert jusqu’au bout pour arracher un titre auxquels étaient si bien accrochés les Pistons, même si le talent meurtri du lutin Isiah Thomas a peut être été l’étincelle qui a manqué pour que le feu d’artifice final ne soit tiré à Detroit… Pat Riley ne savait pas non plus alors que Magic souffrirait méchamment d’une délicate blessure à l’aine, ni que Michael Cooper aurait du mal à revenir à cause d’une cheville traumatisée… Non, il avait tout simplement la conviction que son équipe en était capable. Quelques puissent être les inévitables impondérables qui jalonnent une saison de basket. Parce que même avec la meilleure équipe du monde sous la main, le coach Riley n’arrête pas de disséquer, cerner, analyser pour traquer l’imperfection. Parce que les huit saisons passées sur les parquets de NBA, à mouiller son maillot sans se préoccuper du lendemain, lui ont appris que le basket ne se satisfaisait pas que de talent, d’instinct et de feeling. Et que moins on laisse de place à l’imprévu, mieux on l’affronte…

 

VOYOU, CHEVEUX LONGS ET COUPS DOUTEUX

            Et Pat Riley n’a jamais refusé aucun combat. La stricte et dure éducation dispensée par un papa Riley qui n’admettait pas la faiblesse a laissé des traces indélébiles. Dernier gamin d’une famille de six gosses, Pat Riley n’aura pas vraiment eu droit à la part de tendresse réservée en général au petit dernier… Pour Riley père, manager de base-ball toujours en déplacement, il importait surtout que son dernier rejeton ne connaisse jamais la peur. Ainsi, il demandait de temps en temps à ses aînés d’emmener leur petit frère dans le quartier le plus mal famé de la ville, de le planter là, et d’observer. Le petit Pat prenait le plus souvent son compte de raclées de la part des gamins du quartier, se sauvait en courant, et retrouvait le chemin de la maison où il fonçait se cacher au fond du garage. Quand ses frères, mal à l’aise, demandaient à leur père pourquoi il s’acharnait à infliger un traitement aussi dur au petit Pat, la réponse tombait, invariable : « Je voudrais qu’il apprenne à n’avoir plus jamais peur… » Lee Riley allait être servi au-delà de ses espérances : le petit Pat allait devenir un véritable voyou avec le temps. Cheveux longs, idées rebelles et coups douteux : vandalisme à l’école primaire, bris de vitres, effractions, et même un jour avec des copains, raid sur la cafeteria de l’école où ils dévalisaient tout le stock de glaces. Bref, plus d’une fois le petit Pat allait se retrouver embarqué par les flics de service. Et semer la perturbation dans les rangs de la Linton High School à Schenectady (NY) Jusqu’au jour où on lui découvrira quelques talents d’athlète. Au football et au basket, où il ne tardera pas à s’imposer très vite comme le meilleur joueur du groupe. « C’est à ce moment que j’ai commencé à réaliser que je pouvais me créer une personnalité, une identité grâce à ce que je faisais sur le terrain. En fait, tout ce que j’avais fait avant, c’était un peu la quête d’une certaine identité, d’une certaine reconnaissance. C’était la recherche du respect…» analyse aujourd’hui cet homme de 43 ans. Le respect allait lui venir alors naturellement. En refusant une proposition pour aller jouer au football à Alabama, et en acceptant l’offre que lui faisait le prestigieux coach Adolphe Rupp de venir intégrer l’équipe de basket de Kentucky, Pat Riley avait sûrement fait le bon choix. Rupp était l’un des plus grands, presque une légende vivante. Et l’homme et sa philosophie, au même titre que le coach et son basket allaient eux aussi marquer à jamais de leur empreinte le jeune Riley. « Ca fait partie de ces voix qu’on n’oublie pas, qui restent marquées dans votre subconscient, et qui attendent… » se plait souvent à rappeler aujourd’hui le coach des Lakers. Qui reste encore actuellement, sur les tablettes de l’université de Kentucky, à Lexington, un des meilleurs joueurs de tous les temps.

 

VEDETTE A KENTUCKY

 

            C’est que, malgré ses 1m 95, Riley fait un ailier tout à fait convenable : une détente qui lui permet de rendre une tête ou à peu près à la plupart de ses adversaires (il devait même se retrouver un jour face à un pivot phénoménal qu’on appelait alors Lew Alcindor…), et il est doté d’un jump-shoot aussi efficace qu’esthétique. Seul défaut véritable, Riley a tendance à prendre beaucoup trop de fautes. Ca ne l’empêchera pas, pendant les trois années qu’il passera à Kentucky, de 65 à 67, d’être élu trois fois meilleur joueur. D’être aujourd’hui avec 18,3 pts de moyenne le 12e marqueur de tous les temps de l’Université. Et d’accéder en 66 à la finale du tournoi NCAA, finale que Kentucky perdra face à Texas Western de 7 points (65-72)… Si Pat Riley a toujours les cheveux longs et la moustache abondante des jeunes contestataires de l’époque, il a pourtant désormais contrôlé sa rébellion intérieure. Et, malgré une hernie discale opérée pendant l’été 66, il frappe aux portes de la NBA. Les San Diego Rockets en feront leur premier tour de draft en 67. « Mac Mahon, le coach des Rockets m’a choisi au premier tour parce qu’il avait subi la même opération que moi. Et il s’était dit que si j’avais pu faire une saison avec un disque foutu, je devais sûrement être assez bon pour jouer à San Diego… » se rappelle encore Riley. Qui ne fera pourtant pas un passage éblouissant aux Rockets, passera du poste d’ailier à celui d’arrière, et jouera pendant ces deux premières saisons à raison d’une douzaine de minutes par match pour une moyenne de 7 à 8 points. Et lui, l’ex-star de Kentucky, se glisse peu à peu, mais avec beaucoup de conviction et de sérieux dans la peau de « role-player » qui lui est destinée. Puis, lors de la 3e saison, c’est le sale accident : rupture des ligaments d’un genou. On est en 70, et pendant les quelques années qui vont suivre, la poisse ne le lâchera plus… C’est cette année là que Portland va le choisir, dans le cadre de l’expansion draft. Il y restera trois semaines à peine. Commencera à travailler comme commentateur TV et radio avec Chick Hearn, la voix et l’oeil des Lakers sur les ondes. Pendant que les Trailblazers s’arrangent pour le vendre aux Los Angeles Lakers.

 

LAKERS : LE SALAIRE DE LA PEUR

 

            Voilà donc Pat Riley amené à reprendre du service dans une équipe où régnait encore le grand, l’immense Wilt Chamberlain. Dans ce genre d’équipe, les places sont chères. Et Pat Riley va s’en apercevoir bien vite. Et comprendre aussi qu’il ne peut rien espérer de mieux que de jouer au service des autres. Pour les autres. Qu’il doit simplement ouvrir le chemin et donner les balles aux Chamberlain, West and Co. « Pendant cinq ans aux Lakers, j’ai joué avec la trouille. J’avais toujours peur de perdre ma place. Et je faisais tout ce qu’il fallait pour rester dans l’équipe. J’ai vite appris… Et j’ai travaillé. Personne ici n’a jamais eu à me dire de travailler. Et j’ai toujours fait ce qu’on attendait de moi. » Et, malgré la pression, l’insécurité, il va s’en sortir Riley : 294 matches en cinq ans, à raison de 11,6 mn par match, pour une moyenne de 12 points et 2,9 passes décisives. Du travail propre, honnête, sérieux. Comme à son habitude. Et qui lui permet de prendre sa part dans la fabuleuse saison 71-72, où les Lakers alignent une mémorable série de 33 victoires consécutives dans leur course vers un titre qui ne leur échappera pas. Mais il était dit que ça ne durerait pas. En 75, Pat Riley a de plus en plus de problèmes avec son genou. Et doit se résoudre à passer sur le billard pendant l’été. Et, malgré toute la hargne qu’il met à sa rééducation, pendant le camp suivant, on lui fait comprendre qu’il est un peu lent à revenir au niveau. Que les Phoenix Suns seraient prêts à le prendre en échange de certains tours de draft. Que de toute façon, il n’a plus sa place aux Lakers… Soit. Riley jouera à Phoenix. En payant de sa personne jusqu’à l’extrême limite de ses forces. Pour ne pas s’arrêter de jouer. « J’avais tellement mal qu’il me fallait des injections régulières de novocaïne et de cortisone pour tenir le coup. C’était stupide… Et un jour, après une injection, tout a lâché. Ca saignait de partout, et je ne sentais plus rien du tout en dessous du genou… C’était la mentalité alors. Jouer jusqu’au bout, sans se soucier des conséquences. Pas une fois je n’avais pensé à ce qui pouvait arriver de pire. Aujourd’hui, les joueurs sont bien plus prudents avec leur carrière… » Pat Riley n’oubliera jamais cette plongée dans le gouffre. L’oubli et l’indifférence des autres, son amertume et sa rage de se voir ainsi laissé pour mort sur le bord du chemin. Il se réfugie chez lui, avec sa femme Chris, diplômée en psychologie, et dont la présence et le soutien vont être ses plus précieux atouts… Riley ne supporte pas d’être improductif. Il a de l’énergie à revendre. Se construit tout seul un local de travail vidéo, écrit un livre de 400 pages sur ses sensations et sa vie de basketteur, s’occupe à se reconstruire lui- même. Pour s’être fait refoulé au Forum un soir à l’entrée d’un cocktail (« Les anciens joueurs n’ont pas accès ici…»), Riley sait qu’il lui faut devenir quelqu’un d’autre. Pourtant, une personne se souvient de lui. Chick Hearn, qui n’avait pas oublié la pertinence et la qualité de ses commentaires veut l’engager comme assistant. Riley accepte, bosse comme un fou, et de 77 à 79 devient un véritable pro de la TV. Pense avoir enfin trouvé sa voie. Jusqu’au jour du grave accident de bicyclette du coach MC Kinney, au début de la saison 79-80. Westhead, son assistant est promu coach, et lui aussi se rappelle de Riley, ce commentateur qui semble si bien maîtriser son sujet : c’est lui qu’il veut comme assistant coach. Oh, il n’hésitera pas bien longtemps, l’ex-joueur des Lakers. C’était en 1980 : les Lakers filaient vers le titre, la NBA découvrait lé démentiel talent d’un jeune joueur de 20 ans surnommé « Magic Johnson », et Pat Riley coupait cheveux et moustaches pour adopter un look gominé et bc-bg : celui de 1’assistant-coach des Lakers…

 

LE GRAND RETOUR

 

            Westhead semble avoir l’équipe bien en main, et le génie florissant de Magic va entraîner tout ce joli monde dans une autre spirale victorieuse : les Lakers seront cette année encore la meilleure équipe de NBA. Cependant, il semblerait bien que les jours de Westhead soient déjà comptés, pour « incompatibilité d’humeur » avec certains de ses dirigeants. En 81, les Lakers échouent lamentablement au 1er tour des Play-off face aux Houston Rockets. C’est le début de la zizanie. Après 11 matches, l’automne 81 sonne la chute de Westhead : l’équipe se traîne, c’est la grogne générale et Magic annonce publiquement qu’il a la ferme intention d’aller dribbler ailleurs… Westhead est fusillé sur le champ, et Buss, le propriétaire du club, annonce lors d’une conférence de presse que West et Riley seront les co-entraîneurs des Lakers. Sur quoi on vit West (qui avait gardé un souvenir assez détestable de 3 années de coaching aux Lakers…) bondir sur l’estrade, se saisir du micro pour annoncer : « Non, le coach sera Pat Riley… » Ainsi donc, six ans après son départ, Pat Riley se retrouvait en face à face avec les Lakers. La boucle était bouclée, mais de peu glorieuse manière. Et l’obsession première du coach allait être de prouver qu’il était l’homme de la situation, et pas juste le remplaçant de la dernière minute. « J’avais du mal à m’entendre appeler “coach” la 1ère année. Parce que je pensais que je ne le méritais pas, que je n’avais pas les années d’expérience qu il fallait pour ça, que je n en avais pas payé tout le prix… » Pourtant, les autres, les joueurs lui accordent d’instinct un certain crédit : « On sait d’où il vient, on sait qu’il a donné sa part sur les terrains. Il comprend mieux ce qui peut nous arriver » expliquera un Magic visiblement bien disposé à l’égard de ce nouveau coach. Pourtant, Riley ne cherchera pas du tout à se faire aimer. Considérant qu’une grande équipe et de grands joueurs devaient veiller plus que d’autres à la recherche d’une perpétuelle progression. Et travailler plus que d’autres. « Quand je suis arrivé de San Antonio » raconte Mychal Thompson, « j’ai été sidéré de voir qu’il nous faisait travailler aussi dur que ça… Ce n’était pas par autoritarisme. Simplement, il voulait qu’on continue à affûter notre talent, au lieu de l’économiser… » Et, ça va faire sept ans que ça dure. Tous sont soumis au même régime. « Il n’arrête pas de nous travailler, physiquement et psychologiquement. Il nous met des choses en tête qui nous obligent toujours à réfléchir, à remettre en question. On a besoin de ça, on est une équipe qui connaît la mutine, et on a besoin d’être remués, poussés… » Ainsi parlait Magic, en avril 88, alors que les Lakers traversaient une période de doute. Les Lakers venaient de perdre à Portland de 10 points. Deux jours après à l’entraînement, Riley fait diffuser à ses joueurs un film qu’il a composé avec les meilleurs morceaux choisis des erreurs commises lors du match à Portland. Pas un joueur n’est épargné par le montage, en long, en large, en travers, et au ralenti. Pas une lacune défensive, pas un des 16 dunks de Portland ne manque à l’appel… Silence de mort dans l’assemblée. A tel point que Bertka, l’assistant de Riley s’écrie bien fort : « Dis donc, Pat. Si je comprends bien, je suis le seul à qui on n’ait pas smashé sur la tronche pendant ce match-là… »

 

UN COACH ENTRE COEUR ET COLERE

 

            Mais, attention, Pat Riley n’est pas un adepte de la provocation gratuite, et il n’a jamais enfoncé personnellement aucun de ses joueurs. Par contre, il aime les remises en cause. « Si on est trop négatif avec eux, on risque de les mettre sous pression, une mauvaise pression. Je préfère qu’ils voient eux mêmes où et quand ils ont mal fait. Même s’ils m’en veulent pour ça, ce que je veux c’est juste qu’ils réagissent, même si leur colère doit s’exprimer contre moi… » Car le coach possède certainement ses approches de la nature humaine, et encore mieux celle de ses joueurs. Riley est quelqu’un qui aime la jouer sur le mode psychologique. Même ses explosions de colère sont soigneusement pensées et contrôlées. Etudiées pour ne pas desservir les effets attendus. « La colère ne doit jamais être destructive, et surtout ne jamais s’exprimer de personne à personne » se plait à rappeler Riley. Et il le prouve. Les Lakers perdaient à San Antonio; et à deux minutes de la fin, alors que Riley dessine les dernières tactiques du match, il constate qu’une partie de ses joueurs n’écoute pas et que l’autre regarde les cheerleaders… Une fois le match bel et bien perdu, dans les vestiaires, Riley est en ébullition. Mais ne dit rien. « Il fallait que j’éclate, mais je ne savais pas comment faire. J’avais une cassette en main. J’aurais pu la balancer sur l’écran de télé, mais j’avais peur que ça n’implose et ne blesse quelqu’un. Une autre fois j’avais balancé une chaise, et je m’étais fait mal… Je cherchais. Et j’ai vu entrer dans les vestiaires un type qui apportait sur un plateau du Coca. Une quarantaine de gobelets en carton remplis de coca… C’était ma solution. » Et Riley l’a fait. Devant ses joueurs déjà rhabillés, il a envoyé valdinguer tout le plateau de coca d’un revers de main… Eclaboussant les murs des vestiaires et… le costume tout neuf de Jabbar… Qui, comme les autres regarda sans rien dire son coach piétiner furieusement les glaçons sur la moquette… Le coup du coca, c’était pour la colère. Mais Riley sait aussi très bien faire jouer la corde sensible. Pour exalter des vertus qu’il sait chères au coeur de ses joueurs, comme au sien. Autre anecdote. En 84, 2e match des finales à Boston. Dans le bus qui les emmène à la salle, Riley regarde ses joueurs. Jabbar voyage avec son père. En les voyant tous les deux, Riley se souvient de son père. Qui lui avait dit peu avant sa mort : « un jour, n’importe où, n’importe quand il faudra que tu t’arrêtes quelque part, pour faire ta place, même si pour ça il faut que tu mettes quelques coups de pieds dans le cul à certains. Quand ce moment arrivera, fais ce que tu dois faire… » Et la voix de Lee Riley est revenue aux oreilles de son fils. « Je me suis dit que le moment était arrivé. Je leur ai raconté tout ça. Je leur ai parlé de leurs pères, de ces voix qu’on oublie pas… Ca a été mon speech d’avant match. » Et les joueurs n’ont pas oublié. « Quand il nous a parlé de nos pères, de ces voix, le score était déjà de 5-O pour nous » dira Michael Cooper. « C’était opportuniste, mais c’était aussi subtil. C’était dramatique, c’était vrai… »

 

CELUI QUI FAIT LA DIFFERENCE

 

            Ainsi donc parlait, parfois, le coach des Los Angeles Lakers. Le coach qui détient le plus extraordinaire pourcentage de victoires de la NBA. Celui qui a ouvert de nouveaux horizons aux talents naissants de Byron Scott et AC Green, qui avouent eux-mêmes n’avoir jamais autant progressé qu’avec lui. Celui aussi qui avait dit à Cooper, au début de leur collaboration, qu’il avait en lui les moyens de devenir le meilleur défenseur de la NBA. « Il m’a fait voir la lumière » dit joliment « Coop ». « Il m’a montré que j’étais une partie intégrante de l’équipe. Que moi, comme les autres, je pouvais non seulement être utile, mais aussi bien jouer… ». Quant à Magic, il se rend compte maintenant avec les années, qu’aujourd’hui, c’est sûrement plus Riley qui fait les Lakers que l’inverse : « Il fut un temps, il suffisait de nous donner la balle à l’engagement, et on gagnait nos matches tout seuls. Il n’y avait alors en NBA que cinq ou six bonnes équipes. Aujourd’hui, ça a changé. On a besoin d’un coach qui puisse faire la différence… Pat est ce coach là… ». Quant à Riley, la silhouette toujours aussi élégante et impeccable, ses quatre titres gagnés en 82, 85, 87, et 88 ne lui ont pas fait oublier le mauvais temps. Et, si sous les costumes de soie, les tempes gominées et le cheveu lisse, se trouve l’homme qui a si bien séduit Hollywood et le président Reagan, le très classe Pat Riley n’est pas rien qu’un « glamour boy ». Pour être aujourd’hui membre privilégié de la très sélect « Guilde des acteurs » de Hollywood, et avoir été plébiscité par certains metteurs en scène qui lui proposaient des rôles intéressants, Riley n’en oublie pas moins qu’il a aussi été, il n’y a pas si longtemps un joueur brisé et oublié… Et peut-être aussi est ce pour cette raison que lui, le coach des Lakers, ne voie pas toujours d’un très bon oeil la faune tapageuse et vaniteuse des célébrités de Los Angeles venir faire du charme à ses joueurs dans les vestiaires. Parce qu’il a pu constater, lui, comme l’équilibre d’une vie d’homme est fragile, il se bat contre le mirage doré qui pourrait bien étourdir certains de ses garçons. « Mon seul souci, c’est de leur ménager un environnement parfait, où leur talent puisse s’épanouir en paix… » aime-t’il à rappeler. Et il n’hésite pas à agir personnellement. Ce qui explique qu’on l’ait vu un soir virer Michael Jackson des vestiaires par exemple… Tel est Riley, toujours soucieux d’être honnête avec lui-même. Riley dont ses joueurs disent aujourd’hui : « Il n’y en pas beaucoup dans l’équipe qui le considèrent comme un ami. Mais on le respecte tous… »

            Riley quant à lui ne cherche pas à avoir des relations personnelles privilégiées avec ses joueurs. Même s’il les invite parfois tous chez lui, où sa femme Chris et son gosse James, un enfant adopté, les accueillent en toute simplicité. « Histoire de leur montrer qu’il n’y a pas de rideaux noirs aux fenêtres, et que je ne passe pas mon temps à regarder 8000 vidéos par jour… »

            Cette année là comme les autres, Pat Riley a invité ses joueurs chez lui. Cet été là comme les autres, il leur a écrit sa lettre habituelle, subtil mélange de recommandations, de sensations, d’encouragements… Mais, cette année là, Pat Riley n’a pas encore déclaré, pour l’instant, que ses Lakers seraient encore champions en 89…

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HW , Juillet 2008 pour Dimension USA

Jerry Rice : le Deuxième Homme…

Rice, l’Homme de Mains des 49ers

 

A San Francisco, quand Joe Montana distribue le jeu, Jerry Rice joue toujours servi. Il a la main et, dès qu’il relance, l’adversaire s’étale. Depuis six ais, il rafle tout en NFL Titres, touchdowns et records. Ralenti

 

La date : un jour compris entre septembre et janvier. Le lieu : Candlestick Park, ou n’importe quel autre stade de foot. L’action : les San Francisco 49ers sont en attaque. Le centre Jesse Sapolu transmet la balle à Joe Montana. Montana recule de quelques pas. Autour de lui, le ballet entre ses bloqueurs et Les défenseurs est terrifiant. Mais Joe « Cool » s’en moque. Son regard, vide d’émotions, effectue un travelling panoramique. Tout d’un coup, ses yeux se fixent. En un dixième de seconde, il arme son bras droit et balance sa passe. Une dizaine de mètres plus loin, en avant – « Downfield », disent les Américains –, Jerry Rice, l’un des wide receivers des 49ers, se dirige vers le point de chute du ballon. Rice déplie ses bras, les tend vers le ciel comme pour une offrande. C’est lui qui reçoit. Il maîtrise son ballon, évite un puis deux défenseurs, accélère et pénètre tranquillement dans la end zone adverse. Touchdown !

Cette scène, vous l’avez vue des dizaines de fois et vous la reverrez tout autant.

Vous l’avez admirée en saison régulière, en playoffs et même pendant deux Super Bowls. Une véritable routine ! Montana-Rice. Montana vers Rice. Ce numéro de duettistes est devenu aussi célèbre que les Bonnie and Clyde, Tom et Jerry ou Laurel et Hardy dont raffole la mythologie américaine. Dotée de tels artistes du jeu aérien, l’attaque de San Francisco est une mécanique infernale capable d’exploser n’importe quelle défense.

Sur un terrain, leur connivence est totale. Montana et Rice semblent réfléchir avec le même cerveau. « Simple question de travail, assure Rice. Nous bossons beaucoup ensemble durant les camps d’entraînement. Il faut bien connaître votre partenaire et ses types de réactions dans un tas de situations différentes. Parfois, les tactiques prévues ne marchent pas et il s’agit alors d’improviser. »

C’est dans ces moments-là que le wide-out des 49ers est le plus impressionnant. « Jerry va toujours là où est le ballon. Quand vous avez un problème, il se débrouille pour offrir une solution. Quand ça tourne mal, je sais qu’il est quelque part et qu’il va se démarquer tôt ou tard », confesse son compère Montana. Imparable.

Impeccablement servi en cadence par le QB des 49ers. Rice n’en finit pas de semer la panique dans la National Football League. Voici ses états de service cumulés après six saisons en NFL : 446 réceptions, 7866 yards gagnés et 79 touchdowns.

A presque 29 ans, Rice est l’argument massue de l’attaque des Niners, capable d’enquiller cinq touchdowns en un après-midi. Rice pèse très lourd comme le montrent ses stats pour la saison 1990 : 100 catchs, 13 touchdowns et 1502 yards. En d’autres termes : un tiers des passes réussies de Montana, la moitié des touchdowns sur passe et 25 % des yards gagnés par les Niners. Phénoménal !

D’autant plus que, sur un terrain, Rice passe aussi inaperçu que Madonna dans un couvent de bonnes sœurs. Chaque dimanche, les stratèges défensifs adverses s’obstinent à lui assigner deux sbires. Les pauvres s’essoufflent en vain. « Vous savez exactement ce qu’il va faire et il parvient quand même à l’accomplir. On dirait un voleur dans la nuit, admet Leroy Irvin, un cornerback des Los Angeles Rams. Rice possède tous les atouts et toutes les ficelles. Plus tout ce qui ne s’explique pas ! »

Physiquement, Rice l’anguille n’a pourtant rien d’ahurissant. 1,88 mètre pour 90 kilos. Des mensurations banales pour un receveur du foot pro. A la course, Rice ne menace pas Carl Lewis ou Leroy Burrell. S’il court vite, Rice n’est pas un dragster, un brûleur d’astroturf. Sa foulée est au contraire souple, déliée. Aérienne. Jerry se faufile dans les backfields et glisse entre les zones de couverture. « Rice, c’est de la poésie en mouvement », rigole Mark Collins, un defensive back des New York Giants.

Un sonnet qui tourne au roman noir pour Colins et ses collègues. Car, soudain, lorsqu’ils le croient à leur portée. Jerry le courant d’air s’envole et s’échappe. C’est cette capacité à changer de rythme, à enclencher l’injection, qui le rend si terrible. Une feinte, il reçoit en pleine course la balle de Montana et ensuite, au revoir ! Bye-bye ! Rice n’a pas son pareil pour transformer un slant (une petite course vers le centre, en chevauchée de 60 yards).

Et ne comptez pas sur Rice pour relâcher sa balle. Son pourcentage d’erreur avoisine 0%. Ses mains sont aussi fiables qu’un computer de la Silicon Valley. Fines et longues en apparence, elles sont en réalité bétonnées, capables de résister à tous les chocs que leur infligent les défenseurs vicieux.

 

Les mains de Jerry ont durci à force d’attraper les briques que lui lançait son maçon de père!

 

Cette force manuelle, Rice la tire de son enfance. Né le 13 octobre 1962, il a grandi à Crawford, un bled d’à peine 500 âmes dans le Mississippi, où il retourne habiter durant l’intersaison avec sa femme Jackie et leur petite fille. L’été, Jerry et ses frères filaient un coup de main à leur père, maçon de profession. Et là, dans la moiteur étouffante du vieux Sud, Jerry, perché sur un échafaudage, passait des journées entières à rattraper les briques que lui lançait son paternel. A la fin, le gamin finissait par les amortir quatre par quatre. Poussé par ses professeurs de lycée, Jerry s’est mis au football. Avec succès. Après les séances d’entraînement familial, réceptionner un ballon avait tout d’une sinécure.

Subjuguée par ses performances en high school, l’université de Mississippi ValIey State lui a rapidement offert une bourse pour qu’il intègre le campus d’Itta Bend. Rice ne s’est pas montré ingrat. En quatre ans, il a pulvérisé 18 records de Deuxième Division et les experts du College Football n’ont pas tardé à le nommer dans la plupart des All-America Teams, ces équipes honorifiques regroupant les meilleurs joueurs de tout le pays. Une carrière chez les pros lui ouvrait grand les bras.

A sa sortie d’université, la bataille entre la NFL et sa rivale, l’United States Football League, est à son paroxysme. Les deux ligues s’arrachent les meilleurs espoirs a coups de millions de dollars. N°1 du draft 1985 de l’USFL, Rice refuse les offres alléchantes des Birmingham Stallions et opte pour les San Francisco 49ers. Les vainqueurs des Super Bowls 82 et 85 ont échangé plusieurs choix pour être en mesure de sélectionner Rice en 16e position du draft NFL. Bill Walsh, le maître d’oeuvre des Niners, devine en Rice le complément indispensable de Joe Montana. Le deuxième as d’une paire qui va dicter sa loi à tout un championnat. Walsh a misé juste.

Rice ne tarde pas à s’imposer comme l’un des meilleurs receveurs des années 80. Toute sa classe éclate en 1987. En 12 matchs, il accumule 1078 yards et surtout 22 touchdowns sur passe, établissant ainsi un nouveau record NFL. Les journalistes le désignent presque unanimement Most Valuable Player de la saison. La saison suivante est tout aussi fructueuse : 64 réceptions, 1306 yards, 20,4 yards de moyenne et 9 touchdowns. Mais c’est en playoffs que Rice carbure au maximum. Trois touchdowns contre Minnesot, deux contre Chicago, et San Francisco se retrouve au Super Bowl. Le premier pour Rice, bien décidé à y laisser sa trace.

Souvenez-vous. Le 20 janvier 1989, les Cincinnati Bengals mènent 13-6 au début du quatrième quart-temps quand Montana déniche Rice en plein centre. Le wide-out gobe la balle sans ralentir d’un pouce, contourne la défense et plonge dans l’embut. Touchdown. 13-13. Mais les Bengals repassent devant sur un field-goal de Jim Breech. Arrive alors le fameux drive, l’une des séries offensives les plus excitantes de l’histoire. Ranimé par un gain de 27 yards de Rice, cet assaut fantastique s’achève par une passe de Montana à John Taylor, l’autre receveur vedette de SF. Score final : 20-16.

Auteur de 11 réceptions pour 215 yards, deux nouveaux records du Super Bowl, Rice est élu Most Valuable Player de la rencontre. En dépit des honneurs, la finale 1989 laisse un goût amer au n°80 des Niners. Car, au bout du compte, c’est le sang-froid de Montana ou l’opportunisme de Taylor qui s’étalent le lendemain à la une des journaux. L’extraordinaire performance de Rice passe, elle, au second plan. A la grande déception de l’intéressé qui remue ciel et terre pour qu’on lui rende justice. A tel point que Rice se taille vite une réputation de « pleureuse » perpétuellement insatisfaite de son sort.

Cette image négative n’altère en rien ses résultats sur un terrain. Un an plus tard, les 49ers retournent au Super Bowl et Rice donne une nouvelle preuve de son talent. Il précipite le calvaire des Denver Broncos en plantant trois touchdowns. Record NFL ! Malgré cela, c’est l’incontournable Montana qui rafle le titre de MVP. Rice affiche un sourire crispé.

N’y voyez là aucune mesquinerie entre coéquipiers. Rice est comme ça. Il veut être aimé, admiré. Reconnu. Or, jusqu’à présent, le Number One demeurait Montana. Rice, lui, partageait le cran au-dessous avec Roger Craig et Ronnie Lott. Ces derniers ayant quitté, cet hiver, San Francisco pour les Los Angeles Raiders, Rice devrait désormais obtenir toute l’attention que réclame son égo.

 

 

« J’ai encore beaucoup de choses à prouver. Pour être le meilleur, je dois détenir tous les records », affirme-t-il

 

Exigeant avec les autres, Jerry l’est tout autant avec lui. Jerry ne chôme pas durant l’intersaison. II entretient sa forme physique, maigrit de 10 kilos s’il en ressent le besoin. Chaque été, il se présente au top-niveau de ses capacités au training camp des 49ers. « Ce que j’admire le plus chez Jerry, c’est son goût du travail. Parfois, quand un gars réussit une belle carrière, il se la coule plus douce. Jerry, lui, n’est jamais complaisant envers lui-même », glisse Dave Waymer, l’ancien safety de San Francisco. « Les gens pensent que je suis un receveur naturel, que je suis né avec toutes ces qualités. C’est faux ! J’ai travaillé dur pour y arriver ! », ajoute Rice avec conviction.

Aujourd’hui, le cas de Jerry Rice divise les spécialistes qui se déchirent sur une seule et simple question : est-il tout bonnement le plus grand receveur de tous les temps ? Oui, répondent aussitôt ses inconditionnels. Les autres se réfugient prudemment derrière les statistiques et les records. Officiellement, Steve Largent, à la retraite depuis fin 1989, tient la corde. En quatorze ans de carrière, l’ex-flèche des Seattle Seahawks a atteint des chiffres effarants : 819 réceptions, 13089 receiving yards et 100 touchdowns. Des records NFL que l’on croyait inexpugnables. Erreur ! La star des Niners pourrait dépasser la barre des 100 touchdowns dès 1992, et les autres devraient suivre. « J’ai encore beaucoup de choses à prouver. Pour être le meilleur, je dois détenir tous les records. Pour l’instant, Steve Largent est le meilleur. » Un règne aux jours apparemment comptés.

HW Juillet 2008 pour Dimension USA

 

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Houston Oilers: record historique de Moon

Hallucinants. Extraordinaires. Magiques. Voilà les qualificatifs qui viennent à l’esprit en regardant les chiffres amassés en 1990 par l’attaque des Houston Oilers. A tel point qu’il a presque fallu appeler Red Adair et ses superpompiers pour éviter la surchauffe qui menaçait les computers de la National Football League.

 
C’est bien simple, les Texans du coach Jack Pardee ont terminé la saison en tête de la plupart des secteurs offensifs : yards gagnés (
6 222 yards), pourcentage de passes réussies (62,4%), progression moyenne par action (6,4 yards
), nombre de first downs - les premières tentatives obtenues - (376). La liste est interminable.


Bref, les Pétroleurs ont mis à feu et à sang les end zones les mieux protégées. De préférence par la voie des airs. La force de la meilleure attaque de la NFL réside dans son jeu aérien. C’est un véritable tapis de bombes qui se déversent chaque semaine sur leurs malheureux visiteurs. Aux commandes du bombardier Oilers : Warren Moon, 34 ans, un quarterback noir au bras dévastateur.


En 1990, il a donné des sueurs froides à tous les defensive backs du championnat. Voici ses statistiques personnelles : 362 passes réussies sur 584 tentatives, 4 689 yards gagnés, 33 touchdowns lancés. Partout, Moon s’est offert la pole position. Seul Jim Kelly, des Buffalo Bills, a obtenu un meilleur rating, ce taux d’appréciation totale d’un QB, ainsi qu’un plus fort pourcentage de passes reussies.


Pour contrer Warren Moon, les stratèges adverses ont noirci des cahiers entiers de théories fumeuses. En vain. « Bien mieux que tous ses collègues, Warren sait prendre ce que lui donne la défense adverse, explique Ernest Givins, l’un de ses receveurs favoris. S’ils se replient, il les enfonce avec des tracés courts. S’ils avancent, il envoie la meilleure passe longue que j’aie jamais vue! »

 

Le 16 décembre 1990, les Kansas City Chiefs ont eu droit à une démonstration «  live » des propos de Givins. Ce jour-là, dans le froid et le grésil de l’Arrowhead Stadium de K.C., Moon a réussi 27 passes sur 45 pour 527 yards et 3 touchdowns. 527 yards ! La deuxième meilleure performance de l’histoire après les 554 yards de Norm Van Brocklin, datés de 1951.


A ce rythme, les spécialistes ont même pensé un instant que Moon allait chatouiller le record des 5 084 yards gagnés en une saison, en 1985, par Dan Marino, la star des Miami Dolphins. Hélas, lors de l’avant-dernière journée, Moon s’est fracturé le pouce de la main droite. C’est du bord de touche qu’il a assisté à l’effondrement de son équipe, balayée 41-14 par les Cincinnati Bengals au premier tour des playoffs.

 

Pour le consoler, l’agence Associated Press lui a attribué la palme du meilleur joueur offensif de l’année, et ses pairs l’ont invité au Pro Bowl, son troisième d’affilée.

 

Sacrée revanche sur les préjugés racistes qui ont transformé la carrière de Moon en chemin de croix. « Noir » et « quarterback » sont deux mots qui se marient difficilement en NFL, paradis des réactionnaires de tout poil. « Question d’aptitudes intellectuelles ! », osent prétendre certains. Aujourd’hui encore, les QBs blacks sont rares.

 

Depuis ses débuts, Moon n’a donc pas échappé à cette discrimination. Du lycée à la NFL en passant par l’université de Washington, il s’est toujours trouvé quelqu’un pour lui conseiller de changer de poste. De glisser à celui de receveur, par exemple. Têtu, Warren a enfoncé un à un tous les obstacles.

 

En 1978, sa dernière année de fac, il est élu Most Valuable Player du Rose Bowl, l’une des finales universitaires, remportée par ses Washington Huskies. Malgré cette perf, il laisse de marbre les recruteurs pros. Après divers contacts avec des clubs NFL, il comprend qu’il ne sera pas choisi avant le 5e ou le 6e tour du draft. Galère et anonymat garantis. « Ce n’est pas du racisme pur. Si un rookie de la classe de Doug Williams - vainqueur du Super Bowl XXII avec les Redskins - débarque en NFL, il restera QB. Mais s’il n’a pas l’air au point, on lui proposera de le décaler vers un autre poste », raconte Moon. Implacable.

 

Une fois encore, il refuse de jouer les victimes expiatoires. Il s’exile aux Edmonton Eskimos, en Canadian Football League. Histoire de montrer ce qu’il vaut réellement. Il y séjourne six ans. Les deux dernières saisons, Moon gagne plus de 5 000 yards par la voie des airs. Prodigieux. Fort de cinq titres de champion CFL et d’un trophée de Most Valuable Player de la League, le paria décide, en 1984, qu’il est temps de rentrer au pays.

 

Bud Adams, le propriétaire des Oi1ers, lui propose alors un contrat de cinq ans. Salaire annuel : un million de dollars. Enfin ! Malheureusement, l’arrivée en NFL n’a rien de triomphal.

 

De 1984 à 1986, Houston encaisse 35 défaites en 48 matchs. Moon se retrouve en première ligne. Si les experts reconnaissent la valeur de son bras, on lui reproche également son manque de toucher. Il est vite surnommé « Mister Bazooka ». Traduisez le bourrin. Visiblement peu à l’aise sur le terrain, Moon balance des tas d’interceptions : 26 en 1986 contre seulement 13 passes pour des touchdowns. Un bilan tout à fait digne d’un rookie. Dur quand on a passé la trentaine.

 

Bud Adams s’est montré patient. Il a eu raison. Moon se révèle un investissement hautement rentable. En 1990, il a même failli crever le plafond de la Bourse du foot pro. « Warren devient de plus en plus rusé. Il dispose de moyens physiques extraordinaires et, aujourd’hui, il les maîtrise pleinement », estime Givins.

 

Sûr de ses acquis, Moon s’est glissé sans difficulté dans le Run’n Shoot, le concept offensif désigné par Jack Pardee, débarqué aux Oilers en janvier 1990, et par Kevin Gilbride, son coordinateur offensif.

 

Cette attaque high Tech favorise le jeu aérien. Elle prévoit l’utilisation permanente de quatre wide-receivers et d’un seul running-back. La formation de base en NFL compte, elle, deux receveurs, un tight-end et deux coureurs. Autre innovation : la tactique employée pour chaque action n’est plus prédéterminée. Dans le Run’n Shoot, le quarterback étudie d’abord les réactions de la défense avant de choisir l’option adéquate. Cela nécessite bien sûr une entente et une synchronisation infaillibles entre le QB et ses coéquipiers, en particulier les receveurs.

« Trop risqué ! Trop compliqué ! », hurlent les traditionalistes frileux. Ils sont nombreux.

 

Pardee persiste. En 1990, les Oilers ont peut-être perdu 7 de leurs 16 matchs, mais les résultats enregistrés sont encourageants. Et puis, il a l’habitude de ces excommunications. Cela fait près de quinze ans qu’il essaie de dépoussiérer les play-books du foot pro.

 

A 55 ans, Pardee a déjà connu bien des aventures. Comme la World Football League en 1974, ou bien l’United States Football League dont il a remporté le championnat en 1984 avec les Houston Gamblers. En 1987, il a rejoint le College Football en acceptant le poste d’entraîneur de l’université de Houston. Partout, le prophète Pardee a prêché les vertus du Run’n Shoot, et chaque fois ses quarterbacks, qu’ils se nomment Jim Kelly ou Andre Ware, ont dynamité l’adversité avant de rafler titres et gloire.

 

Lorsqu’on lui a proposé le poste de head-coach des Oilers, après le renvoi du turbulent Jerry Glanville, Pardee bondit sur l’occasion. Il va enfin convertir la NFL. Aux côtés de Moon, l’effectif renferme, selon lui, tous les éléments indispensables à son Run’n Shoot. A commencer par un incroyable quatuor de wide-receivers.

 

Leurs noms : Ernest Givins, Drew Hill, Haywood Jeffires et Curtis Duncan. Des mousquetaires aux allures de moustiques. Avec 1,88 m pour 88 kilos, Jeffires fait figure de géant. La taille de ses comparses varie entre 1,75 m et 1,83 m. Comparées aux standards de la National Football League, il s’agit de mensurations de nains.

 

Mais, du côté de l’Astrodome, on a préféré les rebaptiser les « Fab Four » (les Fabulous Four). Comme les Beatles. Vifs, nerveux, insaisissables, ces quatre démons ont taillé en pièces les backfields de l’American Football Conference avant de truster places d’honneur et récompenses. Hill, élu au Pro Bowl, et Jeffires se sont partagés la première place de l’AFC avec 74 réceptions chacun. Givins, lui aussi invité au Pro Bowl, a fini 4e ; et Duncan, 7e. Un joli tir groupé. Le tableau aurait pu être plus idyllique encore si nombre de passes ne leur avaient pas troué les mains.

 

Ce ne fut pas le seul point noir des Oilers l’an passé. Une fois revenus sur terre, les rois des cieux ont paru bien patauds. Houston s’est classée 24e attaque au sol de la NFL avec 1 417 petits rushing yards. Faible pour une équipe de Run’n Shoot. En effet, un seul coureur peut faire beaucoup de dégâts face à des défenses omnubilées par la menace d’une passe. Les Detroit Lions et leur merveille Barry Sanders le savent parfaitement. Meilleur running-back des Oilers avec 702 yards en 1990. Lorenzo White n’est, lui, apparemment pas au point. White ne semble d’ailleurs pas assuré de garder sa place de titulaire très longtemps.

 

« Si l’on examine l’ensemble de notre attaque en 1990, je continue de croire que nous pouvons effectuer d’énormes progrès », avoue Pardee. Fragile au sol, l’attaque des Oilers n’a souvent pu conclure par un touchdown les situations idéales où l’avaient placé son jeu de passe. De même qu’elle n’a pu contrôler la montre dans les matchs serrés.

 

Autant d’arguments sur lesquels se sont jetés avidement les adversaires du Run’n Shoot. Moon hausse les épaules. « De toute façon, dit-il, nous ne convaincrons les réticents que lorsque nous aurons été jusqu’au bout. Jusqu’au Super Bowl ! »

                                                                                                                                      

HW Juillet 2008 pour Dimension USA

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Ken Griffey : Une affaire de Famille

« Je ne resterai  qu’une semaine »  Ken Griffey Junior frime devant ses coéquipiers de Bellingham, réservoir des Seattle Mariners. Il joue en classe A, première étape pro sur la route des Majors. A 17 ans, c’est déjà un exploit.
Pourtant. Ken Griffey promet à ses potes qu’il ne moisira pas là. « Je reste avec vous une semaine. Je serai à San Bernardino la semaine prochaine », et
En  « double A la semaine suivante ». Pour effacer les derniers sourires sceptiques, il ajoute :  Je serai dans le grand show à 18 ans !
George Kenneth Griffey Junior - aujourd’hui 22 ans, champ centre des Seattle Mariners - peut se vanter d’avoir tracé Une des trajectoires les plus fulgurantes en MLB. En réalité, même s’il promettait de jouer en Majors à 18 ans, il n’a atterri dans le show, à Seattle, qu’au printemps 1989, à 19 ans.
Griffey est du genre précoce. Opérationnel à peine sorti de la couveuse. Les Mariners ont eu l’œil. Depuis trois ans, Griffey déchaine tous les fantasmes: on parle de lui comme d’une bombe destinée à exploser dans quelques années. Griffey est le joueur de l’an 2000. Quand Ryne Sandberg signe, cet hiver, son contrat de 7 millions, on oublie vite le deuxième base des Clubs pour imaginer le salaire astronomique de Griffey quand il explosera définitivement.
Ken n’a pas attendu de changer de siècle pour assassiner les pitchers. Dès sa première saison MLB, en 1989, il découvre les joies de la frappe en puissance, avec 26,4 % de batting average et 16 homeruns. Bonne perf de rookie. Pas de chance: il goûte également à la disabled Iist, la liste des blessés. Mis sur le banc pendant près d’un mois pour une fracture de l’auriculaire droit, il loupe le titre de rookie of the year 89.
1990, deuxième saison MLB : la bombe Griffey est amorcée. Sa croissance semble stabilisée: 1,90 m pour 88 kilos. Il termine quatrième dans le classement des frappeurs d’American League, agrippant la barre mythique des 30 % de batting average et dégommant au passage 22 homeruns. 1991, Griffey An II : il grimpe à la troisième place et sa batting average gonfle à 32,7 %. En prime: 22 homeruns et 100 RBI.
Les stats 92 sont encore un peu fraîches pour être commentées, mais Griffey plafonne déjà α 26,7 % de batting average. Griffey est entré dans la saison 92 à 200 à l’heure. Dès la deuxième semaine, lors d’un match contre les Milwaukee Brewers, il s’est offert un match à cinq runs batted in. Trois frappes ayant permis de rentrer cinq points aux coureurs en base: un double à deux points, un simple à deux points, et un grounder.
Griffey n’est pas du genre à détailler les stats en fronçant les sourcils. Ni les lanceurs adverses. Il est simplement doué pour frapper, dans toutes les directions. Un swing de gaucher fluide, rapide, une excellente coordination oeil-mains.
Un style pur qu’il possède aussi en défense. Solidement boulonné à sa position de champ centre depuis qu’il a mis les pieds sur un terrain de Major League, Griffey a déjà raflé deux Gold Gloves à cette position (1990 et 1991), les trophées accordés chaque année aux meilleurs défenseurs. Son bras puissant et sa vitesse de pointe compensent ses petites bévues de placement. En 1990, il n’a commis que 7 erreurs défensives. Quatre seulement en 1991 ! Pour assurer cet hermétisme démoniaque, Griffey est prêt à des acrobaties dingues, Le 25 mai 1991, il a réalisé l’un de ses catchs les plus incroyables, Après un sprint à la vitesse de la lumière, il réussit à gober une balle en l’air en lui tournant le dos. Problème :  pour ne pas s’écraser dans le mur en champ centre, il se jette au sol - comme pour un slide. Quand il se relève, la balle est toujours dans son gant.
Un jour, raconte Jim Lefebvre, ex-manager des Seattle Mariners, il s’est écrasé dans le Green Monster, le mur en champ gauche, à Boston. Pour attraper une balle frappée!
En minor, en 1987, le même plongeon tête la première dans le ciment lui vaut une fracture de la clavicule. Griffey ne se demande jamais s’il peut mettre en danger la carrière brillante qu’on lui promet. Il fonce. Tant pis s’il se blesse.
A Seattle, les fans raffolent de ses cascades. Ken Griffey Jr. est d’ailleurs la seule lueur d’optimisme dans la franchise. Depuis sa création, en 1977, l’équipe n’a jamais bouclé une saison sur un bilan positif. Jusqu’à la saison dernière : 83 victoires pour 79. Faute de moyens, l’équipe est menacée de quitter la ville, Le MLB étudie actuellement - en se pinçant le nez - une offre de rachat déposée par des industriels japonais. Dans cette ambiance de naufrage financier, Griffey oxygène un peu les fans. Une parodie d’estampe japonaise récemment publiée par Sports Illustrated représente Griffey en samouraï du MLB. Comme s’il était le premier et unique représentant de la franchise de la ville. A 22 ans.
A Seattle- comme dans le reste des Etats-Unis -, on lui a confié ce rôle de star prodige sans hésitation: en 1991, Ken Griffey Jr. a récolté 2 248 396 voix pour participer au All Star Game. Dans la sélection d’American League, pas un seul joueur n’a reçu un tel triomphe. Autre signe du succès: une barre de chocolat α son nom, la Griffey Jr. Chocolate Bar, s’est vendue α 800 000 exemplaires, dès son année de rookie, en 1989.
Griffey jouit de la même admiration auprès de ses pairs. Un récent sondage mené auprès de managers de Major League a désigné comme le meilleur outfielder en American League. Les gens le comparent α Jose Canseco. raconte Man Young, ex-coéquipier de Griffey α Seattle. Mais Jose avait déjà 22 ans quand il est arrivé en Major!
Gene Clines, le batting coach des Mariners, ne se soucie pas non plus de l’avenir de son élève le plus doué: Je ne pense pas qu’un joueur ait été aussi bon à son âge. Il est le seul de son espèce. “He’s a natural.” Attendez qu’il mûrisse et il alignera les chiffres!
Attendez qu’il mûrisse. Une promesse qui cache le défaut principal de Griffey : sa jeunesse. Si, aujourd’hui, on ne lui reproche plus sa précocité, les pros, qui ont accueilli Griffey dans le MLB il y a trois ans, se souviennent de son insouciance avec le sourire.
A l’époque, il simplifie le jeu au maximum, il ne pense qu’à frapper la balle. Il enlève à l’art du baseball son caractère scientifique que des maîtres comme Cal Ripken, Nolan Ryan, Tony LaRussa ou Orel Hershiser lui donnent. Les infimes détails techniques lui échappent: en défense, il se fout du nom des batteurs adverses comme de ses premières spikes. Il est incapable de se positionner dans l’outfield.
En 1990, par exemple, Rusty Kuntz, coach des Mariners, examine le lineup adverse avant un match. Pour Ripken, explique-t-il à Griffey, tu te places là ; pour Worthington, ici. - OK, répond Griffey. Un peu plus tard, Griffey revient vers Kunt : Qui c’est, Ripken ? Le coach soupire : Alors je lui ai dit : “Hum !… OK, essayons autre chose: tous les Noirs, tu les joues sur ta droite ; tous les Blancs, sur ta gauche.”ça a marché, Il n’est pas idiot. Simplement, il n’a jamais réellement étudié le jeu!
A l’attaque, Ken n’était pas non plus un cerveau à ses débuts. La première fois qu’il affronte Bert Blyleven, alors pitcher des Angels, on le prévient de se méfier de sa curve. Merci , répond Junior. Puis il se retourne et demande: Blyleven, il est droitier ou gaucher? Même insouciance : avant un match contre Frank Tanana, pitcher, 17 ans de Major League: C’est qui, Tanana ? demande Griffey. Un rookie ?
A l’origine de celte inexpérience: la formation éclair de Griffey. Il a passé deux ans seulement dans le farm system des Seattle Mariners.
Quand il entre à la maison mère en 1989, à seulement 19 ans, il est alors le plus jeune joueur du circuit. En fait, Junior devait passer une année de plus de rodage, à Calgary, équipe de Triple A de Seattle, Les Mariners l’invitent tout de même au spring training, au printemps. Junior ne tient pas à jouer les seconds rôles. II explose littéralement tous les records de spring training des Mariners : 35,9 % de batting average, 33 hits et 22 RBI. Seattle ne peut pas se passer de lui.
Un peu avant le début de la saison, Jim Lefebvre le convoque: Tu es mon champ centre starter! Ken Griffey explose de joie: Ce sont les plus beaux mots que j’ai jamais entendus! , se souvient Ken.
Fraîchement débarqué en MLB, Griffey a du mal à mûrir. Chaque soir. il appelle sa mère Alberta à Cincinnati, en PCV. Elle le conseille et le soulage du mal du pays.
Cincinnati : c’est là que Junior a grandi. Son père, Ken Griffey Senior, joue alors chez les Reds. Plus tout frais, mais certain d’entrer un jour au Hall of Fame: Griffey Senior est l’un des membres illustres de la Big Red Machine, les Cincinnati Reds des années 70. Junior a grandi dans cet environnement, bercé par les exploits des Reds, une des plus grandes équipes de tous les temps. Ses héros de jeunesse : son père, bien sûr, Pete Rose, Johnny Bench, Tony Perez, Dave Concepcion.
En 1990, Cincinnati veut se séparer de Griffey Senior pour laisser la place à un jeune, Les Mariners sentent le bon coup. Ils rachètent le champ extérieur d’ occase et le collent dans leur champ extérieur, à côté du fiston, Seattle réalise là une première historique: la famille Griffey forme alors la première combinaison père-fils dans les Majors.
Depuis, Griffey Senior a raccroché le gant. La gloire appartient à son fils. Grandir à l’ombre d’un major leaguer n’a pas gonflé la tête de Junior. Aujourd’hui encore, il ne jure que par le fun, et il développe une philosophie personnelle du baseball. Facile : J’attends simplement que les lanceurs me donnent quelque chose à cogner!
La seule différence, c’est que, maintenant, il a appris leur nom.

HW Juillet 2008 pour DIMENSION USA

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Lindros : Jamais sans maman

« C’est mon petit de 19 ans ! Il a beau mesuré 1,96 m pour 103 kilos, il n’a que 19 ans ! » Bonnie Lindros protège son fils. Elle sait qu’elle a élevé chez elle, à Toronto, la prochaine merveille du hockey pro.
Le petit, c’est Eric Lindros. Depuis qu’Eric a chaussé ses premiers patins, Bonnie veille farouchement sur ses intérêts.
On la comprend. Tout ce que l’Amérique du Nord compte de scouts, entraîneurs, présidents de club et general managers a toujours louché sur ce colosse à peine démoulé, en attendant qu’il puisse jouer en professionnel. Ils devront attendre.
Eric Lindros était désigné comme le premier choix du draft NHL 1991. Normalement, il aurait dû intégrer l’équipe pro qui l’a sélectionné, les Québec Nordiques, prioritaires dans le choix du draft cette année.
Mais Lindros ne jouera pas en pro cette saison. Il a préféré être la méga vedette des Jeux Olympiques d’hiver.
Seuls les amateurs de l’équipe nationale canadienne auront la chance de patiner avec Lindros, et à Albertville, il jouera centre pour les Canadiens.
Tant pis pour les pros. Lindros a déjà goûté à l’élite, en août dernier. Il était sélectionné pour jouer la Canada Cup, tournoi de pré saison opposant les meilleures équipes du monde et ouvertes aux pros.
Eric a joué alors avec les meilleurs, Gretzky, Messier et Lemieux. Quand il arrive au training camp de la Canada Cup au Maple Leafs Garden de Toronto, les coaches et les joueurs qui ne l’avaient jamais vu jouer sont sidérés. Ses chiffres 90-91, pour les Oshawa Generals, en Ontario Hockey League : 57 matchs, 149 points, 71 buts, 78 assists. Et un total effrayant de 189 minutes de pénalités ! En prime, le Litre de MVP de l’Ontaio Hockey League.
Les scouts bavent devant ses stats. On l’annonce comme le Messie. Lindros, c’est le hockey de l’an 2000, un clone monstrueux de Wayne Gretzky.
Jeté dans la cour des grands contre les Américains, les Suédois, les Soviétiques, le petit Lindros joue les terreurs, intimide, balance ses 103 kilos sur ses adversaires, pour la plupart des All Stars NHL. Il termine le tournoi avec 3 buts et 2 assists et empoche la Cup avec son équipe.
Avec de telles perfs, Lindros est attendu sur les patinoires de National Hockey League pour la saison 9 l-92. Problème Lindros ne veut pas jouer où on lui dit d’aller, chez les Québec Nordiques.
Le 22juin 1991, la NHL tient sa grande foire annuelle du draft à Buffalo. Québec a le premier choix. Ils choisissent Lindros. Eric sert la main de Pierre Pagé, général manager des Nordiques, mais il refuse d’enfiler leur jersey. Tout le monde sait alors qu’il ne mettra pas un patin à Québec. Il demande donc aux Nordiques de céder leur droit de le garder à une autre équipe. Refusé. Les Nordiques ne veulent pas l’échanger : Lindros est leur seule chance de se reconstruire après une saison pitoyable.
Alors s’engage un bras de fer hyper médiatisé entre l’avenir du hockey, Eric Lindros, et les cancres de la NHL, les Nordiques. Lindros- et sa mère Bonnie - ne veulent pas céder.
Bonnie ne veut pas que son fils aille jouer à Québec. Trois raisons : c’est trop loin de chez lui. Ensuite, c’est français et elle ne veut pas limiter les sponsors de son fils à une zone francophone. La gloire de son fils en NHL sera aussi financière. Il est déjà une star. Sans jouer, il touche 500 000 dollars en contrats publicitaires. Des T-shirts, des cartes de collection portent son nom.
Enfin, étant donné les relations entre les francophones de Québec et le reste du Canada, Lindros ne veut pas se retrouver plus tard comme la star anglophone qui joue dans le mauvais camp.
Tout l’été 91, la Lindros Family Lindros s’est donc acharnée dans un chantage financier avec les Nordiques : Eric accepterait de jouer à Québec pour 2,6 millions de dollars par an !
Les spéculateurs les plus dingues murmurent alors que les Nordiques ne paieraient pas cette somme folle et qu’ils pourraient céder Lindros aux Kings contre Steve Duchesne et Luc Robitaille, ou aux Penguins contre Mario Lemieux. Des stars.
Au coeur du débat : la remise en cause du draft, qui impose à un joueur d’intégrer l’équipe qui l’a sélectionné. Où que ce soit.
Les meilleurs draftés veulent survoler la règle, parce qu’ils peuvent se monnayer facilement ailleurs. Bo Jackson a refusé une offre de 6 millions de dollars des Tampa Bay Buccaneers en 1986 ; Jim Kelly a refusé une place chez les Buffalo Bills en 1983.
« Ce système ne nous convient pas, explique Bonnie. Un jour, j’ai entendu quelqu’un dire à la radio qu’Eric devait aller à Québec parce que ce sont les règles ! Ce type-là, j’ai envie de lui dire : « Tu travailles où ? Et si je te disais d’aller à Winnipeg, tu aimerais ?»»
Finalement, rien n’a été signé. Depuis septembre, Lindros est retourné dans son ancienne équipe, les Oshawa Generals, en Ontario Hockey League. Il joue aussi pour l’équipe nationale de hockey, qui se prépare pour les Jeux Olympiques.
Eric a laissé entendre qu’il pourrait même abandonner le hockey pour se mettre au baseball, son autre passion. Les Toronto Blue Jays ont même invité Lindros à un batting practice, un entraînement à la frappe, au SkyDome de Toronto, cet été.
Lindros est allé à Dallas cet été pour être photographié pour une compagnie de cartes de collection. Tous les numéros 1 du draft 91 en foot, baseball, basket et hockey se font tirer le portrait. Lindros rencontre Brien Taylor, numéro 1 du draft en baseball. Taylor a eu les mêmes problèmes qu’Eric avec les New York Yankees, qui l’avaient sélectionné en numéro 1 du draft. Mais lui, il a signé.
Les Nordiques n’ont toujours pas craqué. Maintenant, ils ont deux ans pour signer Lindros, selon le règlement de la NHL, ou échanger leur droit de le sélectionner avec une autre équipe. Deux ans pendant lesquels la NHL se risque à laisser sur le pas de sa porte le gosse génial dont elle aurait besoin pour remplir les tribunes. Après, il retournera dans la liste des draftés.
Les Lindros n’en sont pas à leur premier coup d’éclat contre ce système du draft qu’ils trouvent arbitraire.
Juin 89, Eric se prépare à devenir pro. Première étape : l’Ontario Hockey League, qui recrute ses rookies par draft. Le first pick appartient aux Greyhounds de Sault Sainte Marie. Pour ses parents, c’est trop loin. Eric n’a que 16 ans, et il doit rester à l’école. Bonnie annonce qu’il ira plutôt jouer en amateur aux USA. A Farmington, dans le Michigan, où la famille Lindros a des amis. Simple menace pour que les Greyhounds cèdent les droits à un club plus proche de la maison familiale.
En douce, l’OHL change ses règlements et autorise les Greyhounds à échanger Lindros avec les Oshawa Generals.
Le petit Mozart de la crosse agace ses camarades. Pour protester contre sa sélection au All Star Game après seulement un match joué, les joueurs d’Oshawa portent des brassards noirs sur la glace ! Trop doué, Lindros était mal accepté par les coéquipiers de son âge.
Aujourd’hui, il a le problème inverse. Hors de la patinoire, Eric vit avec les adultes comme sur une autre planète. Contrats, dollars, négociations, avocats : tout est réglé par sa mère. Lui se contente d’être génial.
Lors de la Canada Cup, en août 91, les sujets de conversations entre les pros NHL le dépassent : le prix des canapés, la taille des sièges de bébés pour les Porsche. « Toute la journée, ils regardent CNN, ajoute-t-il. Je n’ai jamais été aussi informé de ma vie ! »

Mais les grands peuvent aussi être de bon conseil. Pendant la Canada Cup, cet été. Lindros a partagé la chambre de Brent Sutter, des Chicago Blackhawks. Sutter sait de quoi il parle. Sa mère a truffé la NHL avec six de ses fils. « Ne t’inquiète pas, a confié Sutter à Lindros, ta mère fait tout ce qu’elle peut pour son gosse. »

HW Juillet 2008 pour DIMENSION USA

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Larry Johnson : Interview

Larry, as-tu revu la vidéo de la demi finale NCAA perdue l’an passé contre Duke ?

Non, je n’ai jamais revu la cassette de ce match. Et je n’y pense plus. Tarkanian et moi, nous nous appelons souvent. Nous sommes vraiment restés très proches l’un de l’autre, car il m’a appris une foule de choses. Il s’est déplacé à Charlotte lorsque j’ai négocié les modalités de mon contrat avec les Hornets l’an dernier. Il assistait aux discussions, en compagnie de mon agent Steve Endicott. Mais je garde également un contact étroit avec ses assistants, ainsi qu’avec l’ex-Running Rebels. Quant à Stacey Augmon, des Hawks, et Greg Anthony, des Knicks, ce sont les matchs qui nous donnent l’occasion de nous retrouver. Augmon, Anthony et moi, nous avons choisi le numéro 2 sur nos maillots. C’était celui de Tark, lorsqu’il évoluait en universitaires. « Quand j’ai commencé le basket, mes idoles s’appelaient Julius Erving, Magic et Michael Jordan. Mais aussi Earl Campbell, le running back des Houston Qilers. J’ai grandi à Dallas. D’ailleurs, le nom de code d’un des systèmes des Hornets est « Dallas ». La balle m’échoit en tête de raquette et c’est à moi de terminer en un contre un ! »

Tu tournes à plus de 17 points de moyenne et tu figurais au 6ème rang des rebondeurs fin décembre. Comment t’y prends-tu avec tes 2 mètres pour défier les super géants ?

Une question de confiance en soi. J’ai eu dès les premiers matchs, la certitude que ça allait fonctionner. J’ai considérablement forcé sur la musculation l’été dernier. Et je m’imposais un footing pratiquement chaque jour. Ma perf au rebond ne m’a donc pas vraiment surpris. En pro, tout réside dans la concentration. Rester complètement focalisé sur l’action, à tout instant. Ensuite, il faut décrypter les intentions des arbitres à ton sujet. Savoir ce que tu peux te permettre ou non. Bon. Ça m’a valu quelques bleus et quelques courbatures. Mais rien de pire que lors de ma première année en collège !
Quant aux joueurs de 2,10 m ou plus, je constate qu’ils sautent un peu moins haut lorsqu’ils ont mes 114 kilos à remuer. Moi, je me motive assez simplement. Je me dis : « Ce rebond. il me le faut pour gagner. » Et lorsque je l’ai capté, je me persuade qu’il m’en faut deux. Et ainsi de suite!
Les joueurs qui m’ont le plus impressionné ? Barkley. Karl Malone. Buck Williams. Des rocs. Ils sont forts physiquement. Le plus costaud des trois, C’est Karl.

Passer d’un top team universitaire à une équipe de bas de gamme en NBA, tu le vis comment ?

J’ai pour habitude de penser ceci : si tu sors du terrain en t’étant défoncé à 110 % de tes possibilités, tu dois te sentir en paix avec toi-même, en théorie. Mais bon. Entre ce qu’on se dit et ce qui se passe, il y a une marge. Perdre, c’est quand même vachement dur. C’est même ce qu’il y a de pire en NBA. Mon meilleur souvenir, jusqu’à présent? La victoire à domicile contre les Celtics, à la mi-novembre. 27 points et 15 rebonds contre Bird, qui a marqué 25 points et pris 11 rebonds. Mais j’ai également un petit faible pour notre victoire à l’extérieur contre Seattle, où j’ai inscrit le panier décisif sept dixième de seconde avant le buzzer ! Je ne critique jamais mes coéquipiers, mais je pense que les Hornets peuvent se débrouiller mieux. En ce qui me concerne, le problème n’est pas de scorer plus, de piquer un max de rebonds, ou de serrer ma défense à bloc. Mon unique souci, ma responsabilité majeure consistent à aider l’équipe à gagner des matchs, avant tout !

Dans la course au titre de Rookie of the Year, quels seront les concurrents les plus dangereux ? Mutombo ? Et que penses-tu de cette cuvée 1991-92, qu’on dit exceptionnelle?
Sincèrement, je n’ai pas l’intention d’établir des classements et de personnaliser le débat. Je ne donnerais pas de nom. Je sais qu’ici, à Charlotte, certains fans auraient préféré que le club choisisse Mutombo comme first pick. Mon souci prioritaire n’est pas de plaire aux fans, mais de donner satisfaction à Allan Bristow, mon coach, et aux mecs de mon équipe. Je m’en tiens à un constat d’ordre général. Beaucoup de joueurs de très haut niveau ont fait leurs débuts en NBA cette saison. Tout le monde est d’accord là-dessus. Quant à désigner mes adversaires les plus féroces parmi les prétendants à ce trophée ? La réponse tient en un mot : tous !
A quoi occupes-tu tes loisirs ?

Ce que j’aime par-dessus tout ? Sou lever de la fonte. Me faire des muscles. Pomper. Ça me permet de tomber le tee-shirt sur la plage! Plus sérieusement : j’ai fait de la boxe tout gosse. Et du foot. Mais désormais, je n ai plus qu une obsession. Garder la très grande forme. Cavaler. Et augmenter ma densité musculaire. Mes premières folies? Je me suis acheté un billard. Disons que je suis un joueur « décent ». J’adore également le tennis de table. Au ping-pong, je suis mortel! La table de ping-pong ? C’était le cadeau d’arrivée, offert par un supporter du club. J’ai également craqué pour trois vidéos games que j’ai mis en place dans ma salle de jeux, à l’étage supérieur de ma villa qui domine le lac Wylie, dans la banlieue de Charlotte. J’en suis propriétaire. Ainsi que d’une Mercedes noire avec vitres teintées. Les sautes de température ne me troublent pas. Le premier jour où j’ai pris possession des lieux, un de mes voisins est venu me rendre visite avec son fils. Ils avaient apporté une pâtisserie maison.
En arrivant à Charlotte, mon souhait était de m’installer un peu en dehors de la ville, mais à deux pas d’un club vidéo. Pour louer toutes sortes de films ! En déplacement, je mets quelques compacts de rap dans mon sac. Public Enemy et Stéphanie Mills. Mon actrice favorite ? Jasmine Guy, qui joue dans « A Different World », un soap-opéra télévisé. Les soaps, ça me branche!

HW Juillet 2008 pour DIMENSION USA

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Lakers : Le Mythe

Des strass, du stress et des stars. Cette recette magique a fondé la plus formidable machine à gagner des années 80. Aux Lakers, tout est spectacle, même les - rares - coups de blues de Johnson. Mais avant d’accumuler succès et prodiges, Los Angeles avait connu bien des drames !

« Je ne me marre plus ! », déclare, l’air renfrogné, Earvin « Magic » Johnson. Nous sommes le 18 novembre 1981. Et la star de 22 ans joue les starlettes, menaçant, devant quelques journalistes, de demander son transfert. Le lendemain, Paul Westhead, coach des Lakers, est viré. Remplacé en deux heures d’horloge. Malgré ses 112 victoires en deux saisons. Et un titre de champion NBA en 1980. Westhead voulait changer ses batteries, geler l’atttaque de L.A., axer tous les systèmes offensifs sur Jabbar.

Magic ronchonne. Jerry Buss le proprio magnat se lamente : « Je suis le plus qualifié des fans pour parler. Je veux qu’on en revienne au Show Time. » Aux Lakers, tous tirent une tête d’enterrement. Pendant plusieurs semaines, Magic, suspecté d avoir allumé les hostilités, sera hué à son arrivée sur les parquets. En fait, ce n’est jamais que le début de son règne. Une décennie.

Dix ans de rigolades ? Pas toujours. Mais dix années de grand spectacle, oui. Celles qui amorce le boom du basket télévisé. L’ère nouvelle. Et d’abord un air nouveau.

« On a vu arriver un môme de 20 ans, avec son walkman sur les oreilles, raconte l’ex-Laker Norm Nixon. En plein milieu des halls d’aéroport, on entendait soudain un mec fredonner. Il s’arrêtait dans la foule des voyageurs et se mettait à danser pour lui- même… » Ce gosse insouciant et surdoué, aussi à l’aise avec les lycéens qu’avec Michael Jackson, c’est Magic Johnson. Dix ans plus tard, les Lakers sont devenus une formidable entreprise de spectacle.

Les places de parterres, que s’arrache le jet set le plus branché du monde, se vendent 350 dollars la rencontre. Près de 300 euros le match. Prises d’assaut. Confisquées. Raptées avant le début de la saison. La « franchise », bradée 5 millions de dollars par Bob Short au milliardaire d’origine canadienne Jack Kent Cooke, en 1965, est évaluée aujourd’hui entre cent et deux cents millions de dollars. En douze saisons de présence sous le maillot (or et violet), Magic a disputé neuf Championship Series et remporté cinq titres. C’est mieux qu’Edmonton en hockey, ou que San Francisco en foot dans la même période.

Une machine à gagner. Mais ça ne suffirait pas. Dans une ville basée sur la célébrité, il faut en mettre plein la vue. Créer un snobisme, une mode basket. « D’abord, je fais la guerre, ensuite je fais la guerre, enfin je fais la guerre », affirmait Clemenceau. « D’abord le show, ensuite le show, enfin le show », pourrait clamer Jerry Buss, le boss des Lakers. Ou encore : des stars, du stress, du strass.

Stars. Avec ses mèches argentées, comme laquées au sucre glace immuables depuis dix ans, avec son sourire ultra-brite, ses gourmettes, ses jeans et ses chemises échancrées, Buss ressemble à un Eddy BarcLay angeleno.

Avec West, Baylor et Wilt le géant, 33 victoires de suite en 1972 !

Ses parties tropézo-romaines sont célèbres dans toute la Californie du Sud. Il s’y crame les poils du torse pour amuser la galerie. Un folklore qui ne doit pas abuser. Buss, ancien chimiste ayant fait fortune de façon foudroyante dans l’immobilier, est un génie en affaires, un roi du business dont l’encéphale fonctionne à la cadence d’une calculette.

Lorsque Buss rachète la California Sports (les Lakers, les Kings, le ranch de 13 000 acres et le Forum d’Inglewood) à Cooke pour la somme pharamineuse - à l’époque - de 67,5 millions de dollars, il sait qu’il lui faut des monstres pour réussir à L.A. Or il en est pourvu. Il y a Jabbar ; et Cooke vient en outre d’investir sur Johnson, le jeunot. Aujourd’hui, les blasés diront qu’il était facile de fonder un empire avec les deux meilleurs joueurs du monde à leur poste. A l’époque, le pari était plus risqué.

Dix ans plus tôt, l’arrivée de Wilt Chamberlain, autre géant du basket d’après-guerre et monstre d’excentricité et d’égoïsme, avait semé une belle pagaille dans l’équipe.

Mis en concurrence directe avec Elgin Baylor et l’arrière Jerry West, deux formidables marqueurs, Chamberlain avait occupé les premiers mois de son séjour californien à s’engueuler avec le coach Butch Van Brenda Kolf. La querelle avait pris l’allure d’une campagne de presse, le Los Angeles Times soutenant l’entraîneur et l’Herald Examiner le joueur. Chamberlain, 2,14 m, costards vanille et liquettes hawaïennes, s’était fait construire, à Beverly Hills, une villa sur mesure de un million de dollars sur les vestiges d’un abri antiaérien de la Seconde Guerre mondiale. Il avait pris l’habitude, provoc’ ou insomnies, de se réveiller systématiquement un quart d’heure après le début de l’entraînement quotidien ! Stress…

Stress toujours. Avant de pactiser avec Johnson et d’admettre publiquement que le jeu de l’arrière miracle l’avait en quelque sorte relancé, Jabbar manifesta en maintes occasions ses désaccords. L’exubérance, le côté extraverti de Johnson l’exaspérait. « Lors du premier match, je me suis précipité vers lui pour exprimer ma joie, se souvient Magic. Il me doucha en me répondant qu’il en restait 81 à jouer dans la saison. »

Lors des NBA Finals 1980, Jabbar est sur la touche lorsque Johnson signe le premier et probablement le plus fabuleux exploit de sa carrière, en position de pivot de dépannage : 42 points, 15 rebonds, 7 assists et trois steals au terme du sixième match décisif qui donne le titre à Los Angeles face à Philadelphie. Quelques mois plus tard, Jerry Buss lance, à l’intention de Magic, la mode des contrats gagés sur l’éternité. 25 millions de dollars sur 25 ans.

Jabbar, qui a toujours nié avoir agi par jalousie, déboule dans le bureau du boss. « Reprenez vos esprits, patron ! Si vous mettez ce paquet de fric dans les poches du môme, personne ne pourra plus lui faire la moindre réflexion. Pas même le coach ! » En 1981, une réflexion de Jamaal Wilkes résume l’inquiétude des joueurs face à l’exceptionnelle « montée en puissance » de Johnson : « Si un jour la tête d’un des joueurs ne lui revient plus, devra-t-il boucler ses valises le lendemain ? »

Mais l’intelligence, l’intuition, le sens des relations publiques et le souci de son image épargneront au jeune Johnson de céder à l’ivresse de la gloire précoce. Passes aveugles, backs doors, contre-attaques au laser, le Show Time donne à plein régime entre 1982 - victoire sur Philadelphie 4-2 - et 1985 - triomphe historique contre les Celtics de Larry Bird au Boston Garden. Los Angeles s’est abonné aux Championship Series.

James Worthy, l’homme au facies de marbre qui rêve de créer une entreprise de pompes funèbres après sa carrière sportive, joue les killers dès 1983. En 1984, Magic établit l’inégalable record des passes décisives en un match : 24, contre Phoenix. Jabbar explose, avec un malin plaisir, le record global de points établi par Chamberlain. Le règlement de comptes entre les deux hommes - ils se détestent toujours aussi cordialement - se poursuivra par articles interposés. En 1985, Jabbar, inoxydable, remporte son deuxième sacre de MVP des playoffs, quatorze saisons après le premier. Il est désigné sportif de l’année 1986 par Sports illustrated. Et lors du scrutin composant les sélections du All Star Game, Magic devient le premier joueur à dépasser le million de voix…

Showtime ? Oui. Au plein sens du terme. Car à Los Angeles, même les défaites deviennent spectaculaires. 1984. Les Lakers s’incline en série finale devant Boston, premier épisode du feuilleton rituel des années 80. Au septième match. Magic, sonné, s’autoflagelle : « Nous avons perdu le titre sur cinq bévues. Ma responsabilité est engagée dans trois d’entre elles. » Après le dernier match, il s’éternise sous la douche et le public-relation de l’époque, Josh Rosenfeld, s’inquiète. Malaise ? Lorsqu’il s’y risque, c’est pour trouver Johnson et Michael Cooper assis sur le carrelage, moralement K.O., en train de rejouer le match, la gueule pleine de savon ! Dans les jours qui suivent, Johnson se cloître dans la villa de Bel Air où il vient d’emménager. Lumières éteintes. Errant dans des pièces vides, car le mobilier n’a pas encore été livré ! Noyant sa tristesse dans la maxi-baignoire encastrée qu’il a commandée après l’avoir repérée dans un spot de pub pour les savons Camay ! « Tragic Johnson », titrent certains journaux.

« Lorsqu’on dispute des Championship Series, explique Pat Riley, le coach aux cinq titres, aux 73,3 % de victoires, on a rendez-vous soit avec la gloire, soit avec la catastrophe ! Or les Lakers sont les finalistes potentiels de la décennie. Chaque rictus est capté par un zoom. Chaque défaillance, répercutée de la côte Ouest à la côte Est, prend des dimensions de drame national…

Au draft, L.A doit avoir du nez, car les superstars lui échappent chaque année !

D’autant qu’à L.A., lorsque le ballet des limousines dépose au pied du Forum Club les stars du jet set, le spectacle est à la fois sur le parquet et autour du terrain. Strass. 1991. Schwarzy, Hoffman, Dyan Cannon, Brooke Shields, McEnroe, Arsenio Hall, l’animateur vedette, sont, entre autres, au Forum. Ces prochaines années, il sera plus facile d’y déceler les absences.

1987. Joe Smith, président de la firme de disque EMI, négocie pour le compte de Magic - et contre Jerry Buss – la « restructuration » de son long term contract. « Si vous continuez de me houspiller, lâche Buss, je vous sucre votre fauteuil d’orchestre. » Smith réplique, sans se dé- monter : « Sur les 138 sièges VIP, 96 sont loués par des avocats d’affaire. Si vous m’écartez, c’est avec eux que vous allez discuter ! »

En 1986, Jack Nicholson, intenable, s’amuse des émeutes qu’il déclenche au Boston Garden. Les supporters des Celtics impriment des obscénités anti- Jack sur des t-shirts qu’ils mettent en vente à l’entrée. L’acteur en achète une collection, distribuée au détail à ses meilleurs amis !

Au Forum, installé à trois fauteuils du banc adverse, Nicholson, perturbateur et malicieux, exaspère certains coaches qui le verraient plutôt tenus en laisse. Lorsqu’un tournage le prive des matchs, il se fait envoyer les cassettes vidéo par le club en courrier express. Star parmi les stars, Nicholson, qui a tourné gracieusement - c’est unique - dans un spot NBA, appartient désormais aux meubles du Forum.
Un soir, en plein match, Jabbar s’interrompit pour le complimenter sur ses chaussettes. Une autre fois, Nicholson fit pouffer Larry Bird en conseillant à son propre filleul de « mordre ce fils de pute » alors que Larry longeait la ligne de touche !

Stars, strass, stress, show. Serait-ce la recette immanquable des Lakers ?

Paradoxalement, l’architecte de cette réussite est sans doute le moins extravagant des personnages principaux de la success-story. Jerry West, 52 ans, general manager du club depuis 1982. Champion olympique à Rome, en 1960, West était l’arrière-shooteur des premiers Los Angeles Lakers qui arrivèrent de Mineapolis voilà tout juste trente ans.

Avec plus de 25000 points en 14 saisons, West, surnommé « Mister Clutch » pour ses paniers victorieux à la dernière seconde, demeure le leader des scorers du club. Avant d’obtenir la consécration tardive en 1972, remportant cette année-là les NBA Finals contre les Knicks, ce joueur d’exception a collectionné la plus belle série de désillusions de l’histoire du basket. A six reprises, durant les Sixties, il vit ses Lakers buter contre les invincibles Boston Celtics.

« Mister Clutch », d’une adresse démoniaque aux lancers francs, interrompit sa carrière à 36 ans, sur un coup de déprime : « Je ne voulais plus prendre de coups dans la raquette, j’étais fatigué de perdre ! » Il traversa alors deux années difficiles. L’anti- Johnson. « Il transpirait, racontent ses proches, lorsqu’il devait donner des autographes. » Il fut un coach éphémère à la fin des années 70, très honorable mais affreusement tourmenté, se murant dans un silence total pendant les playoffs, raconte sa femme ! C’est cet éternel inquiet, incapable de rester assis pendant les matchs, qui a échafaudé l’équipe la plus irrésistible et la plus relaxe des Eighties !

Son principal atout ? Un oeil d’extralucide et une mémoire visuelle qui lui permettent de retenir, dix ans plus tard, les moindres détails d’une rencontre. De l’oeil. Et du pif. Depuis le début des années 80, les succès à répétition des Lakers les placent, chaque saison ou presque, en position défavorable au moment du draft. West, qui décide du recrutement, n’a la parole, au mieux, qu’en 23e position depuis plusieurs saisons. Vlade Divac, auteur de 27 points lors du Game 4 contre Chicago cette année, et considéré comme le successeur de Jabbar, a été « récupéré » en n° 26. Fantastique affaire. A. C. Green en n° 23. Magnifique placement.

West, humblement, semble borner son rôle au choix des « garnitures » qui entourent Johnson et Jabbar. « Nous avons eu de la chance, explique-t-il. Mais un jour, il nous faudra acquérir bien plus que des pièces de complément… » Et lorsque cette page sera tournée, qui peut prédire ce que seront les Lakers de l’an 2000 ?
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HW Juillet 2008

LACROSSE

Casqué et harnachés comme des mercenaires du cosmos, expédiant de leurs filets à papillon des tirs d’une puissance inouïe, voici les derniers-nés du sport américain : les pros du Lacrosse. Plus intense que le squash, plus rapide que le hockey, le Lacrosse en salle rencontre un succès foudroyant.

Si vous habitez dans le Nord-Est des Etats-Unis et que vous supportez mal les hivers rigoureux et les longues soirées, il existe un bon moyen de se réchauffer tout en passant un agréable moment et ce, pour 15 dollars maximum : assister à un match d’Indoor Lacrosse. Action et ambiance chaude garanties ! Mais accrochez vos ceintures, car c’est aussi musclé que le hockey sur glace et aussi intense et rapide que le squash.
Certes, au premier abord, on peut être un peu surpris. Une dizaine de types (1 gardien et 9 joueurs de champ) harnachés comme des gladiateurs, et munis d’une sorte de filets à papillons, courent dans tous les sens. Curieux. Mais après que l’œil se soit adapté à l’incroyable vélocité de ce sport, on comprend vite le but du jeu. Les joueurs, à l’aide de leur bâton à filet (stick) se passent une petite balle en caoutchouc et ont 45 secondes pour aller marquer dans le but adverse, qui n’est pas plus grand qu’une cage de hockey sur glace. Action « non-stop » et rythme infernal donc.
Mais après la surprise, c’est le choc ! Les joueurs sont loin d’être de paisibles chasseurs de papillons. Et le match ressemble à s’y méprendre à un règlement de compte entre deux bandes rivales. Les coups sont aussi violents que fréquents. Les sticks servent aussi bien à marquer qu’à frapper l’adversaire.
Mais où est donc passé ce sport se tranquille, connu sous le nom de Lacrosse, qui est pratiqué en plein air dans plus de 125000 clubs, universités et collèges à travers tout le pays, par des sportifs et des sportives qui apprécient – d’après les Literary Digest de 1929 – « le courage, la précision, l’endurance et … le fair-play » ?
Non il n’a pas disparu. Il existe toujours, même s’il a bien changé depuis sa création, il y plus de 500 ans par les Amérindiens, ensuite perfectionné par les Canadiens (d’où le nom à consonance francophone) et qui connaît depuis le début du siècle un développement foudroyant. On y joue aujourd’hui au quatre coins de la planète, notamment en Australie, au Japon, en Angleterre et en Tchécoslovaquie. Il existe même un championnat du monde qui a eu lieu tous les quatre ans.
Deux hommes d’affaires de Kansas City, Chris Fritz et Russ Cline, conscients du potentiel de ce sport jusqu’alors essentiellement universitaire et amateur, fondent en novembre 1986 la Major Indoor Lacrosse League. Le sport le plus rapide sur deux jambes devient alors un sport professionnel. Petite précision tout de même : comme les joueurs ne roulent pas trop sur l’or (seulement 200 dollars par match), rien ne les empêches de continuer une carrière parallèle, d’autant plus que les matches ont toujours lieu le week-end. Si les joueurs touchent de l’argent, ils ne sont pas à 100% professionnels. Composée au départ de quatre équipes, la Ligue en compte aujourd’hui six (New York Saints, Philadelphia Wings, Detroit Turbos, Pittsburgh Bulls, New England Blazers et Baltimore Thunder), toutes formées en franchises. Mais contrairement aux autres sports principaux, les clubs appartiennent tous aux deux fondateurs de la Ligue. La saison est relativement courte, puisqu’elle ne dure que trois mois (de janvier à mars), chaque équipe ne disputant que huit matches. Ceci explique le fait que les joueurs, pour raisons financières, ne peuvent faire de ce sport, pour l’instant, leur métier.
Une fois la saison terminée, des playoffs assez brefs ont lieu en avril selon la formule suivante : l’équipe qui termine première du championnat va directement en finale et affronte pour le titre de champion du monde (s’il vous plaît !) le vainqueur de la demi-finale entre le second et le troisième du championnat. On comprend mieux maintenant l’intensité qui règne pendant les rencontres découpée en quatre périodes de 15 minutes.
En effet, la moindre défaite peut compromettre les chances de participation aux playoffs. Et si, par hasard, le match va en prolongation, l’ambiance devient folle et l’intensité crève le plafond. Mais est-ce que cela justifie autant d’agressivité et d’excitation ? « Les Indiens pratiquaient ce sport pour préparer les braves aux future batailles et du temps des Iroquois, le jeu était beaucoup plus violent » répondent en chœur Chris Fritz et Russ Cline. Ouf ! Nous voilà un peu rassurés, mais allez dire çà à John Tucker, la vedette des Philadelphia Wings (par ailleurs vendeur chez AT&T) qui, en trois saisons dans la Ligue, a eu deux commotions cérébrales, s’est cassé trois côtes et un doigt et a dû être opéré du genou. « Heureusement que la Ligue couvre les frais d’hôpitaux, parce que sinon, bonjour l’addition ! » commente simplement John Tucker, pas trop perturbé par ses multiples blessures.
Alors pourquoi ces types passent-ils leur week-end à se faire taper dessus, au lieu de se détendre tranquillement après une semaine de travail ? La réponse des joueurs est d’une formidable simplicité : pratiquer un sport aussi brutal le week-end permet d’être décontracté la semaine au bureau !
Attention, les joueurs d’Indoor Lacrosse ne sont pas des novices. 95% d’entre eux ont déjà pratiqué ce sport quand ils étaient étudiants. Certains venant même des meilleures équipes universitaires de Lacrosse, comme Syracuse (champion universitaire de première division NCAA), North Carolina ou John Hopkins, même si le Lacrosse pratiqué en universitaire est foncièrement différent. En NCAA, on joue en extérieur et sur un plus grand terrain. Les spécialistes s’accordent à dire que ce sont les règles propres à l’Indoor qui rendent ce sport plus brutal. Le terrain mesure 60 mètres de long sur 25 de large, soit seulement un peu plus de deux fois un terrain de basket. Il est ceinturé de « boards », comme au hockey, sur lesquelles les joueurs vont allégrement se scratcher. Ces deux facteurs font que contacts sont plus fréquents et plus violents, sans parler de la limite de temps pour tirer (45 secondes) qui ne fait qu’accroître l’intensité du match.
Mais malgré toutes ces critiques, après trois ans d’existence, l’Indoor Lacrosse est un succès. Jugez plutôt : la moyenne de spectateurs était de près de 10000 la saison passée avec des pointes à 16000, notamment au Spectrum de Philadelphia, la Mecque de l’Indoor Lacrosse. Il est indéniable que ce sport musclé attire les foules, surtout dans les villes comme Philadelphie, New York ou Detroit, où les fans de hockey sur glace sont légions et apprécient ce sport qui « bouge » bien. Cela leur rappelle le hockey puisqu’il y a, outre de la bagarre, une prison et les joueurs évoluent en « shifts » (remplacements fréquents en cours de match).
Mieux, plus de la moitié des rencontres est télévisée (par câble) et les sponsors affluent de partout. Normal, pour al saison 1990, près de vingt millions de téléspectateurs à travers tout le pays devraient regarder les matches de la Ligue.
L’Indoor Lacrosse connaît actuellement la croissance la plus rapide du sport professionnel américain. L’inépuisable réservoir universitaire lui promet de beaux jours. Cline et Fritz voient grand pour la prochaine décennie : pas moins de neuf nouvelles franchises sont prévues d’ici à 1995, éparpillées à travers tout le pays, de Chicago à Los Angeles, de Cleveland à San Diego. Mieux, la Ligue devrait être rentable dès cette année, grâce notamment aux bas salaires et à l’afflux de sponsors. Et quand on sait que les deux compères de Kansas city sont propriétaires à 100% de cette Ligue et des franchises, on comprend qu’ils aient mis la main sur un sacré pactole.
Mais il n’y a pas que l’aspect « business », il y a aussi l’aspect sportif. Comme le résume simplement John Driscoll, joueur des New York Saints : « cela nous permet de jouer encore au haut niveau après l’université et rien que çà, c’est inestimables ».

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HW Juillet 2008

Ron Hextall, le mal-aimé

Une new-yorkaise. « Ron Hextall ! ! » Dans les gradins, la réplique est immédiate. « Tuez-le ! Charogne ! Crevez-lui les yeux ! Salaud ! » Les fans des Rangers fulminent. Ils sont coincés tout là-haut, dans les « blue seats» du Garden, leur Kop, et, les canettes de Budweiser aidant, ils « chauffent » la salle. Le nom du gardien des Flyers a provoqué chez eux une véritable explosion de haine. Ils savent pourtant que Hextall, mal remis d’un claquage, n’est que remplaçant. Ils s’en foutent. Hextall est là, sur le banc des visiteurs, planqué derrière le plexi, et ils veulent sa peau. A New York, les ultras - et les autres - n’aiment pas Hextall. Pas plus qu’à Buffalo, Montréal, Los Angeles ou ailleurs. En hockey, chez les pros, Hexy - c’est son surnom - traîne une réputation impossible : n° 1 du « hate-parade » (haine parade) de la NHL. Dans les cages il est admirable, mais quand il en sort il peut devenir très con. Dans ce dernier registre, deux épisodes cinglants et sanglants l’ont marqué à vie.
Premier flash-back : mai 1987. Les Flyers et les Edmonton Oilers de Gretzky se disputent avec acharnement la Stanley Cup. Ce sont les deux finalistes. Le titre NHL au meilleur des sept matches. Dans l’une de ces rencontres, Kent Nilson, des Oilers, a commis malgré lui une monumentale erreur, voulant s’approcher une fois de trop de la cage de Philadelphia. Hextall l’a vu arriver et il disjoncte. Il se précipite sur Nilson et lui abat violemment dans les jambes sa crosse qu’il tient à deux mains. Nilsson s’est écroule sur la glace comme une poupée de chiffon. Un bûcheron n’aurait pas pu frapper plus fort s’il avait voulu abattre d’un coup un baobab, et Schumacher, de Schumacher à Battiston, en aurait été impressionné. Dans le milieu de la NHL, où bastons et voies de fait sont un lieu commun, la brutalité de Hextall a choqué. C’est dire. Le fait que des millions de téléspectateurs l’aient suivi en direct à la télévision n’a rien arrangé. Hextall écope de huit matches de suspension.
Deuxième retour-image sur le printemps dernier. Les Canadiens de Montréal et les Flyers jouent le sixième match des demi-finales de la Stanley. Chris Chelios est l’un des défenseurs de Montréal. Il serait parfait s’il n’était pas, lui aussi, trop enclin aux débordements d’humeur. Chelios est un cogneur, et il vient de mettre hors service Brian Propp, l’ailier gauche des Flyers, d’un terrible coup de coude. Propp, K.O, doit être évacué. Hextall, garçon sensible, se sent aussi touché que Propp. Il est furibard. Deux minutes plus tard, il explose. Philadelphia est mené au score, la fin du match approche, mais il n’en peut plus. Il fonce sur Chelios, à une dizaine de mètres de lui. Hextall a gardé son «blocker », le gant dur des gardiens. C’est avec cette espèce de bouclier qu’il compte punir Chelios. Le Canadien échappe miraculeusement à l’assaut et Hextall écope de douze matches de suspension, l’une des sanctions les plus sévères jamais infligées par les instances de la National Hockey (NHL)League. Accessoirement, les Canadiens éliminent les Flyers, mais les gens n’ont aucune envie de se le rappeler, préférant garder en mémoire la tentative de meurtre à laquelle ils ont assisté. Encore heureux qu’ils n’aient pas vu, voilà quelques années, l’un des entraînements du Team Canada, quand Hextall réussit à fracturer le bras gauche de Sylvain Turgeon après une charge inconsidérée. Mais Hextall n’est pas simplement une brute épaisse dépourvue de tout scrupule. « Je ne pense pas que ce soit un taré, explique John Vanbiesbrouck, le goalie des N.Y. Rangers. Perdre son sang-froid comme il le fait, c’est dangereux. Il faut savoir respecter les limites et je me demande pourquoi il tient tant à ce qu’on le prenne pour un salopard. »
Car, sans ses impardonnables écarts de conduite, Hextall aurait droit à une toute autre renommée. Avec Grant Fuhr, des Oilers, il est actuellement le meilleur gardien de la NHL, dans la lignée des légendaires Jacques Plante ou Ken Dryden.
En 1986-87, pour sa première saison en pro, il remporte le trophée Venzina qui récompense chaque année le meilleur gardien de la League. Hexy, 1,93 m et 100 kilos, se fait remarquer dès ses débuts, à l’automne 1986. Les Flyers ouvrent alors le championnat contre les Oi1ers. A un moment, Gretzky part en contre-attaque. Il ne va pas loin. Hextall le cueille en beauté. « Mais tu te prends pour qui, toi ? » s’insurge The Great One. « Et toi, tu te prends pour qui ?» rétorque Hextall.
Cette même année, les Flyers réalisent un parcours magnifique, échouant de justesse en finale de la Stanley contre les Oilers. Edmonton enlève la série 4 matches à 3 après s’être heurté à un extraordinaire Hextall. Ron est sublime durant les play-offs multipliant les arrêts réflexes, contrôlant sa défense et protégeant sa cage avec la maîtrise d’un vieux briscard. Au terme du septième match perdu 3-1 face aux Oilers, Hextail est sacré Most Valuable Player des play-offs et se voit donc remettre le Conn Smythe Trophy. Fait unique. Généralement, le Conn Smythe est toujours promis à l’un des membres de l’équipe championne. Mais Hextall s’en moque. Il emporte son bout de ferraille et, une fois seul, fond en larmes, miné par la défaite.
Aujourd’hui, à 25 ans, il a entamé sa quatrième saison en NHL et d’ores et déjà bouleversé les fondamentaux du gardien. A le regarder s’activer, il est évident que le temps des goalies statiques, cloués sur leur ligne à attendre les shoots avec une placidité très cérébrale, est révolu. Il adore se déplacer, quitter sa zone et filer un coup de main à ses deux défenseurs. Hextall a d’ailleurs réussi ce qu’aucun autre gardien avant lui n’avait été capable de faire : marquer. Hexy a planté deux buts depuis qu’il évolue en NHL. Le 8 décembre 1987, contre Boston, au Spectrum de Philadelphie, il envoie un shoot de 60 mètres qui achève sa course dans la cage vide des Bruins. Et il récidive l’an passé contre les Washington Capitals, le 11 avril.
Ce n’est pas très étonnant. Pour ce qui est de manier la crosse, Hextall a de qui tenir. Son père, son oncle et son grand-père connurent de jolies carrières en NHL. Bryan Hextall Sr, le papy, évolua avec les New York Rangers qui gagnèrent le dernier titre du club en 1940. Bryan Sr inscrivit même en finale, lors des prolongations, le but qui offrit la Stanley Cup à ses partenaires. Bryan Sr et ses deux mornes, Bryan Jr et Bobby, jouaient tous trois ailiers. Naturellement, Ron hérita un peu de leurs qualités d’attaquants. « Je joue depuis l’âge de huit ans, dit-il, et si j’ai amélioré mon jeu comme gardien, c‘est parce que je me suis toujours entraîné comme un attaquant ou un défenseur.»
En revanche, ses aînés n’ont pas su lui transmettre leurs notions d’agressivité retenue. Bryan Sr était plutôt pacifiste sur la glace, et pendant des années il inculqua à ses fils une certaine morale ainsi que le respect de l’adversaire. Bryan Jr et Bobby se tinrent correctement, sans plus. Ron n’a pas suivi. Sur les patinoires, il se déchaîne alors qu’en famille il est d’un calme sidérant. Dans l’intimité, c’est un « père et un époux attentif », comme le prétend Diane, sa femme, une jolie Canadienne. Il est émouvant de tendresse quand il joue avec ses enfants, Kristin, 3 ans, et Bretton, 2 ans, dans leur belle demeure près de Philadelphie. Diane, une patineuse artistique, ne cache pas que la notoriété de son mari l’agace au plus haut point. « Les médias s’acharnent sur lui », dit-elle. « Sa réputation est complètement usurpée. A Toronto, ils disent que c’est un psychopathe ! Non mais, vous imaginez ? » Diane est peut-être révoltée, mais quand son Ron chéri tomba sur Chelios, elle fut la première à l’encourager. Elle l’avoue sans honte.
« Quoi que je fasse, je serai toujours le méchant, grogne Hextall. Où que j’aille, on me rappelle vite mes deux bagarres. Je n’y peux rien. Je déteste perdre. Je suis agressif et je ne me laisse pas intimider. Je me suis excusé je ne sais pas combien de fois. Je ne sais pas ce que je peux f aire d’autre.»
Des excuses ! Il les réserve essentiellement à ses coéquipiers, et, de toute façon, elles ne suffiraient pas à le blanchir. Hextall est le seul gardien de la NHL qui ait jamais été condamné à plus de 100 minutes de pénalité en une saison et, autre record, trois années de suite. 113 minutes exactement, l’année dernière, le plus souvent pour « slashing », « roughing » et « misconduct  ». Jeu dur et mauvaise conduite. « Il est vrai que Hextall joue physique », reconnaît naïvement le révérend Ed Casey, l’aumônier des Flyers.
Dire de Hextall qu’il joue physique est un euphémisme. Avant les matches, ses échauffements donnent un vague aperçu de la hargne qui pouvait bien s’emparer des chevaliers du Moyen Age quand ils s’affrontaient en tournoi. Le rituel d’Hextall est fascinant. Il tourne longuement autour de ses buts au gré d’arabesques très précises. Quand il a terminé, juste avant de regagner les vestiaires, il frappe le dessus de la cage le plus bruyamment possible avec sa crosse. Cette cross qu’il brise immédiatement après, en quittant la patinoire, dans un geste sauvage. Au cours d’un championnat, il en fracasse environ 400. C est ainsi qu’il se conditionne, lui, le public et l’adversaire.
Pour ajouter à l’ambiance, les Flyers sont l’image de leur gardien. Ils ont depuis longtemps oublié jusqu’au blanc de leurs aubes de communiants. Les Flyers se font appeler les « Broad Street Bullies ». Les brutes de Broad Street, l’une des rues les moins fréquentables de Philadelphie. Gamin, Ron Hextall les haïssait car il se souvenait de les avoir vus harceler son père. C’est un Flyer, Dave Schultz, qui détient le record NHL pour les minutes de pénalité amassées en une saison : 472 ! Près de huit heures à se morfondre dans le box des taulards. Oui, Hextall est très bien aux Flyers. Bien que sa quatrième saison se présente mal. Il a dû purger ses douze matches de suspension de l’affaire Chelios. Il n’a pas participé au camp d’entraînement avant la reprise du championnat car il souhaitait réviser les termes de son contrat (4 millions de dollars sur huit ans, avec des paiements étalés sur 20 ans. Trop long à son goût). Et quand il est enfin revenu, il a souffert de deux claquages successifs. Il devait reprendre à la mi-décembre, mais une déchirure aux adducteurs l’a écarté des stades pour six semaines supplémentaires. Enfin, Ken Wregget, le deuxième gardien des Flyers, se débrouille remarquablement bien.au point que la rumeur signale un éventuel transfert de Hextall. Voici ce que Bob Clarke, le général manager des Flyers, déclara quand on lui suggéra un échange avec Dale Hawerchuck, le goalie des Winnipeg Jets : « Je n’échangerais pas Hextall contre toute la province du Manitoba ! » Les Flyers sans Hextall ? Hextall sans les Flyers ? Pourquoi ne pas supprimer définitivement les bagarres en NHL et imposer les bises a chaque tiers - temps ? Demandez aux fans des Rangers, là-haut, au sommet du Garden. S’ils sont encore en état de vous répondre, ils vous diront très probablement que ça leur ferait quand même de la peine.

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HW Juillet 2008

Kurri , un européen en NHL

Il y a dix ans, Jan Kurri ne savait même pas s’il allait pouvoir se décider à quitter Helsinski. Kurri était alors l’un des grands espoirs du hockey finlandais, sinon le plus grand. Quelque temps plus tôt, il avait été sacré Meilleur Joueur du Tournoi des Quatre Nations, cette épreuve réservée aux 18 ans soviétiques, tchécoslovaques, suédois et finnois. Au moment du draft 1980, les Edmonton Oilers décidèrent, sans hésiter, de le sélectionner. Mais Kurri était assez réticent à l’idée de quitter le pays pour rejoindre les pros de La National Hockey League (NHL). Et quand, enfin, il en accepta le principe, il se mit â douter une nouvelle fois. «  Je croyais que je ne resterais qu’une saison aux Oilers et qu’ensuite je rentrerais chez moi», disait-il encore récemment.
Le 2 janvier dernier, Kurri est devenu le 25ème joueur de l’histoire de la NHL, et le deuxième européen après Stastny, à atteindre la barre des l 000 points. En obtenant sa deuxième passe décisive contre les Saint Louis Blues, il a bloqué son compteur personnel à 461 buts et 539 assists. Mais le plus formidable, c’est qu’il est parvenu à ce total en beaucoup moins de temps qu il n en a fallu a la plupart de ses collègues. Le Finlandais a marqué son millième point alors qu’il disputait sa 7l6me rencontre chez les pros nord-américains. Seuls Gretzky (424 matches), Mike Bossy (656) et Peler Stastny (682) se sont montrés plus rapides que lui.
Pour un type qui doutait de lui, Kurri s’est remarquablement bien débrouillé. Il a appris l’anglais en regardant le feuilleton « Happy Days », enlevé quatre Stanley Cups et s’est imposé comme l’un des hockeyeurs les plus doués de la League. «  Jan est le meilleur ailier droit de la NHL », reconnaît Gretzky. « Il est le joueur le plus complet qu’il y ait chez les pros », renvoie en écho John Muckler, son entraineur.
Fin janvier, Jan Kurri a participé pour la sixième fois au All - Star Game, version de la Guerre des Etoiles sur invitations. Tous les spécialistes le désignent volontiers comme un attaquant très fin guère enclin aux manoeuvres d’abordage. Kurri n’a pas un tempérament de lutteur de foire mais sa puissance de feu est terrible et, quand il défend dans les balustrades, il en ressort souvent avec le palet. Voici le témoignage de Mike Krushelnyski à propos de la précision des tirs de Kurri. Krushelnyski lui servait souvent d’écran devant les cages adverses. « Jan s’arrangeait pour viser entre mon bras et mon corps », se souvient-il. « Les gardiens ne voyaient pas le palet arriver. Les premières fois, j’ai bougé sur les tirs de Kurri et je me suis fait allumer. Ensuite, je n’ai plus bougé et ça passait »  Kurri, qui fut le troisième pro de la NHL après Gretz et Phil Esposito à dépasser les 70 buts en une saison (71 en 1984-85), s’est pourtant heurté à un problème : The Great One, Wayne Gretzky. Aux Edmonton Oilers, ils ont joué côte â côte durant huit années et pendant tout ce temps. Kurri ne passa jamais que pour le bras droit de Wayne.
Gretzky a quitté les Oilers en août 88 pour les Los Angeles Kings et chacun attendait l’effondrement d’Edmonton et de Kurri. Les Oilers se sont plantés, éliminés au premier tour des play-offs par les Kings après un championnat médiocre, mais Kurri s’en est correctement tiré. Sous le règne Gretzky, il tournait à 106 points de moyenne par année. La saison dernière, il en a obtenu 102 tout en prouvant qu’il était capable de mener le jeu.
Aujourd’hui, les Kings se traînent et les Oilers de Kurri sont l’une des équipes les plus coriaces de l’exercice 1989-90 avec les Boston Bruins et les Chicago Blackhawks. Mark Messier, le centre d’Edmonton, est en pleine forme. Il rivalise avec les meilleurs scorers du championnat. Et Kurri relève un défi dont il ne se serait pas cru capable voilà un peu plus d’un an : tenir le choc après les adieux de Gretzky.

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HW Juillet 2008

Histoire du Basket

C’était une sombre journée de décembre 1891. Au collège très très chrétien de Springfield. L’intendant Bill Stebbins revenait avec deux cageots de pêches dans les mains. Un sourire fit remonter la grosse moustache du professeur Naismith.
YMCA. Bien avant d’avoir été mis en musique par les déhanchés équivoques de Village People, ces quatre lettres ont marqué de leur sceau les fonds baptismaux d’une naissance qui a fait date dans l’histoire du sport. Celle du basket, deuxième sport collectif mondial, après le volley…
Les YMCA, comme Young Men Christian Association, les « Y », pour abréger, c’étaient les membres d’un gigantesque mouvement de jeunesse englobant plus de 4.500.000 membres regroupés en 10.000 associations, sur les cinq continents. L’immense toile d’araignée mondiale, quoi, qui a servi de fil d’ariane pour l’extraordinaire propagation sur le globe d’un nouveau jeu. Un nouveau sport inventé par une sombre journée de décembre 1891, quelque part dans le Massachussets, au Springfield College. Là même où l’on formait physiquement les chefs de file de ce gigantesque mouvement appelé à porter la bonne nouvelle partout dans le monde, avec en plus un ballon de basket dans les bagages. Mais on n’en est pas encore là…
Le Pok-Ta-Pok, ça vous dit quelque chose ? Pas vraiment ? Ou le Tchlatchli ? Non plus? Il s’agit d’un seul et même sport. Un jeu qui nous vient du fond des âges, du fond des Amériques centrales. Qui était pratiqué environ sept siècles avant Jésus Christ, par les Mayas, les habitants de l’Amérique centrale. Le Pok-Ta-Pok, nom originel, fût ensuite baptisé “Tchlatchli” par leurs successeurs historiques, les Aztèques.
Comme pour nos antiques jeux du cirque romains, on ne rigolait pas, au Pok-Ta-Pok.
On ne rigolait pas, parce qu’il s’agissait d’envoyer une balle en caoutchouc, d’environ 2 kilos, et contenant des herbes magiques, dans un rond de pierre creux, accroché perpendiculairement au sol sur deux murs de 7-8 mètres qui clôturaient eux-mêmes la largeur d’un terrain en forme d’I. Pour gagner la partie, il fallait envoyer la grosse sphère en caoutchouc dans ce cercle à peine plus grand que la balle…
Si personne ne parvenait à le faire une fois dans la partie (les victoires étaient entérinées à 1-0), on déclarait la victoire « aux points », en considérant le nombre de passages de la balle dans certaines zones interdites, ou le nombre de fois où telle équipe avait été en possession de la balle.
Fastoche, me direz-vous… Attendez.
On ne rigolait pas non plus, parce que ce but à atteindre devait l’être…sans l’aide des pieds…ni des mains… Que restait-il ? Eh bien tout le reste : les coudes, les genoux, les hanches. Le tout bien harnaché dans de solides protections en cuir, parce que question coups et chocs, ça devait bien donner.
Ca devait y aller d’autant plus allègrement que - et c’est un autre volet de l’absence de rigolade -, si la victoire appelait le triomphe, les offrandes, les plus grands honneurs, la défaite avait des conséquences fâcheuses : le capitaine de l’équipe perdante était tout simplement sacrifié aux Dieux, comme semblerait en témoigner un bas-relief découvert dans la presqu’île du Yucatan. Décapité. Autant dire qu’ils ne devaient pas se battre pour porter le brassard, ces « Ollamanis », véritables joueurs professionnels entretenus par leur souverain. Lesquels souverains pouvaient acquérir des villes et provinces à l’issue de ces parties sans merci, ni à la prochaine fois.
Pratiqué en Amérique centrale pendant plus de vingt siècles, ce jeu fût finalement interdit par le clergé espagnol en 1519. Sans doute jaloux de son exclusivité dans le défrichement des peuplades indigènes…
Il  serait étonnant que Jim Naismith se soit inspiré du Pok-Ta-Pok pour répondre à cette demande pressante du Dr Gulik, le directeur de Springfield. «Professeur Naismith, tout va bien lorsque la belle saison permet à nos élèves de pratiquer le football, le baseball, le cricket ou la crosse. Mais ce n’est pas en pratiquant de la gymnastique en salle qu’on intéressera et formera nos professeurs, en hiver. Alors il faudrait que vous trouviez quelque chose pour les intéresser. Un sport de salle.»
Dans les visions qui ont dû traverser le cerveau du jeune professeur Naismith à ce moment-là, sûrement pas de trace de Pok-TaPok. Parce que Naismith était plutôt porté sur la Théologie et l’amour du prochain, que sur la loi de la jungle et les joutes sans salut. Voyez plutôt :
Naismith est né en 1861, à Al- monte, dans l’Ontario (Canada). A 8 ans, il se retrouve orphelin, commence ses études primaires et secondaires, puis arrête pour aller bosser dans la ferme de son oncle. Il reprend et termine ses études de high school cinq ans plus tard, et rentre au McGill University de Montréal. Il en ressort diplômé en art en 1887. Et l’université, où il donne des cours d’éducation physique, lui permet de continuer ses études au collège presbytérien de Théologie de Montréal. Parce que Naismith projette de devenir pasteur. C’est ça son truc. Ca et le sport, les deux pôles qui semblent avoir inspiré sa vie, sa pensée…
C’est « Drunken » Donegan, un footballeur de l’université de McGill, qui a pu tâter de l’association détonante de ces deux pôles. Un jour où « Drunken » s’est laissé aller à traiter Jim Naismith de « tapettes », parce que celui-ci était plus souvent en train de marmonner, de psalmodier, la bible sous le bras, au lieu de venir en découdre sur les terrains avec ses camarades de promo. Après avoir volé dans les plumes de Donegan pour un KO magistral, Naismith s’est ensuite demandé si son avenir était bien tout en haut d’une chaire…
Alors Naismith abandonne provisoirement son idée de devenir pasteur - il le deviendra finalement en 1915, après être devenu également docteur en médecine à l’issue d’un passage dans l’université de Colorado-, et rentre à l’International YMCA de Springfield comme prof d’éducation physique. Il y fait également la connaissance d’Amos Alonzo Stagg, un ancien séminariste comme lui. Pour l’anecdote, Stagg avait placé le délicat Naismith au centre de son équipe de foot. Et Naismith ne comprenait pas trop bien le pourquoi de l’attribution de cette place particulièrement exposée… «Jim», répondit Stagg, « Je te fais jouer centre, parce que tu es capable de faire ce qu’il y a de moins honnête, avec l’air le plus gentleman…»
Alors Naismith, qui a tété de tous les sports, l’athlétisme, la gym, le foot, le rugby, la crosse, et qui enseignait le canoë, le cricket, la boxe, la lutte, « les bains » (la natation quoi), se retrouve donc investi de la mission quasi-divine de meubler les longues journées d’hiver de nos apprentis éducateurs.
Il faut un sport collectif d’intérieur. Là est tout le problème. Le cheminement de sa pensée, Naismith le décortique : « Première constatation : tous les sports d’équipe utilisent une balle. Laquelle choisir ? Une petite ou une grande ?
Tous les sports requérant l’usage d’une petite balle, tels le cricket, le tennis, le hockey, le baseball, avaient également besoin de l’aide d’un objet supplémentaire : des battes, des sticks, des raquettes, qui rendent l’apprentissage de ces sports encore difficile. Les Américains se sentaient perdus avec une raquette de tennis et les Canadiens ne se dépêtraient pas d’une batte de baseball. Je portai donc mon dévolu sur le ballon. Je pensais qu’il devait être aussi de taille respectable, afin qu’on puisse le manier aisément, qu’il soit parfaitement visible et qu’on ne puisse pas le perdre. A ce moment, j’avais encore le choix entre le ballon ovale du foot américain et le ballon rond du football européen, le soccer. Ce dernier était plus maniable, et je le choisis donc.
Le foot américain était sans doute à cette époque le sport le plus populaire aux Etats Unis, mais il était impossible de le pratiquer en salle, en raison des contacts très rudes. Une idée me vint : si je défendais aux joueurs de marcher en tenant le ballon, le jeu ne pouvait être brutal. Cette fois, j’avais bien trouvé le principe d’un nouveau sport.
Partant de là, le joueur avait encore le choix entre deux actions : passer le ballon ou le f aire rebondir sur le sol, en tenant le contrôle. En contradiction avec le rugby qui n’admet pas la passe vers l’avant, le ballon dans ce nouveau jeu, pourrait être envoyé dans toutes les directions. Pour éviter les contacts violents entre joueurs, je décidai qu’il serait défendu de se servir du poing.
J’avançais donc dans la construction de mon projet, mais je n’avais pas encore trouvé de but précis au jeu. Dans tous les autres sports collectifs, il y a un but, comme au football, au rugby, au hockey. Le tennis et le badminton ont des limites entre lesquelles il faut maintenir la balle, mais dans tous ces sports, un facteur essentiel régit le jeu : plus fort, on frappera, plus on aura de chances de marquer un point ou un but. Or la force et la puissance de shoot semblent incompatibles avec la pratique d’un sport en salle… »
C’est là que les souvenirs canadiens de Naismith lui font ressurgir les principes d’un jeu,  « le canard sur le rocher », traduction littérale du plus poétique « The Duck on the Rock »… «Et je trouvai tout de même la solution en me souvenant d’un jeu canadien de mon enfance, « le canard sur le rocher ». Il fallait lancer une pierre vers un objectif et la chance de réussite dépendait de la bonne trajectoire de la pierre, d’une trajectoire en cloche. Je me rapportai à ce système et décidai que les joueurs devraient lancer de même, donc davantage avec adresse qu’avec force. Encore fallait-il découvrir vers quel type d’objectif il faudrait viser. Je pensai à placer une boite à chaque extrémité de la salle et l’on accorderait un but pour tout essai concluant dans la boite.
Cependant, j’étais bientôt confronté avec une autre difficulté. Si tous les joueurs d’un camp, soient neuf, car j’avais dix-huit élèves, se massaient devant leur but, il serait impossible de franchir cet obstacle. Pour contourner cette difficulté, il suffisait de placer la boite au-dessus de la tête des joueurs. Les défenseurs devraient s’opposer à l’adversaire portant le ballon et l’empêcher d’atteindre son but…
« J’avais donc finalement mon nouveau jeu et le but adéquat…»
Nasmith n’avait plus qu’à aller voir Bill Stebbins, l’intendant du Collège, pour lui demander deux boites.
« - Deux boîtes ? Pour quoi faire ?
- J’ai inventé un nouveau jeu, et j’en ai besoin pour mettre à chaque bout du gymnase…
- Bon, mais qu’est-ce que tu veux faire avec ces boites ?
- Eh bien l’objectif est de mettre une balle assez grande dans ces boites…»

Stebbins disparaît, et revient avec deux cageots de pêches vides. C’est parti…
Naismith, un cageot dans chaque main, n’a plus qu’à rédiger ses 13 règles originelles, et à accrocher les deux boites à la rambarde du gymnase, à 10 pieds du sol. 3,05 m. La bonne vieille hauteur de nos supers panneaux huilo-pressurisés de maintenant. Mais ce que Naismith considérait à l’époque comme une hauteur infaillible, érodant le problème d’inégalité des tailles, ne l’est plus aujourd’hui. Les sommets vierges de son Himalaya à lui, 3,05, ont depuis été foulés par des générations d’athlètes du 20e siècle. On n’arrête pas les performances du corps humain.
«Encore un nouveau jeu ! », s’exclament, blasés, les 18 élèves de Naismith. Lequel leur lit les règles et se démène, sur le terrain, pour leur expliquer leurs erreurs, leur aveuglement à vouloir lancer la sphère dans le cageot, dès qu’ils en ont la possession. Les 18 joueurs courent dans tous les sens, un joueur shoote… panier. Ou plutôt but, comme on le disait à ce moment-là.
Et la balle reste en haut, au fond du cageot de pêche. On ne peut pas penser à tout…
Super - Stebbins est alors de nouveau réquisitionné, avec son échelle, pour rendre le ballon chaque fois qu’un panier est marqué. Pas génial comme solution. Mais les premiers scores ne sont pas non plus diluviens. Le premier « match de basket de l’histoire, digne de ce nom, aura en effet lieu le 11 mars 1892, à 17 h 15, entre les élèves et les professeurs de Springfield. Et les élèves l’emporteront 5 paniers à 1. Stebbiris a passé une après-midi tranquille…
Il ne restait plus à la colonie de Springfield qu’à trouver un nom à ce nouveau jeu. Le dernier des soucis de Naismith. «Appelons-le « Naismith Ball » », dit le choeur. « Ca me faisait bien rigoler », raconte Naismith. «Rien qu’un nom comme ça aurait suffi à condamner le jeu…»
Alors Franck Mahan, le chef de classe eût le dernier mot. «We have a basket; we have a ball, why not call it Basket-Ball? ». Eh bien oui, ils avaient un panier, ils avaient une balle, alors, pourquoi pas “Basket-Ball”…
Jim Naismith avait défini 13 règles essentielles. Mais le jeu ne demandait qu’à s’affiner sous le feu de la pratique.
Au niveau du panier de pêche, tout d’abord, à qui on coupa dans un premier temps le fond, parce que c’était quand même plus pratique que d’aller faire le zouave en haut de l’échelle. On introduisit ensuite un système de panier cerclé avec levier, qui permettait de faire basculer l’ensemble une fois la balle échouée dedans. Puis le cercle avec filet apparut, mais on avait toujours oublié de couper ce filet, pour qu’il restitue instantanément sa proie. Ce filet attendit finalement 1912 pour s’ouvrir.
Pareil au niveau du dribble. Un joueur ne pouvait courir avec la balle. Dès qu’il était en possession du ballon, il n’avait que deux solutions : faire la passe ou tirer. La pratique offrit un dérivé au joueur assailli par des défenseurs : jeter la balle en l’air, et la récupérer plus loin. Un meilleur contrôle de ce rebond de la balle, et le dribble était né.
Autre exemple d’affinement dû aux déviations, le panneau. Au départ, on pouvait mettre le panier au bout d une perche, ou l’accrocher à la main - courante des gymnases. C’est ainsi que lors d’un match à l’université de Columbia, celle de Wisconsin découvrit que les paniers étaient au bout de deux poteaux. Et chaque fois qu’il y avait shoot, il se trouvait toujours un joueur de Columbia pour secouer le poteau comme un prunier, et faire ressortir la balle. Sans compter les éventuels supporters des universités qui pouvaient se masser sur le balcon où était fixé le panier et influer, ni vu, ni connu, sur la trajectoire. C’est ainsi qu’en 1895, le premier panneau fit son apparition, pour protéger le panier. Et qu’en 1920, ce panneau fût placé à 60 cm des limites du terrain, pour éviter aux joueurs de grimper aux tentures couvrant les parois du gymnase.
Il n’y eût pas que le matériel qui évolua. Mais aussi, et surtout, le nombre de joueurs. Naismith avait créé ce jeu pour ses 18 élèves, soit 9 dans chaque camp. Mais aucun chiffre ne semblait fixe sur ce point. Et tout dépendait finalement de la grandeur du terrain, de sa capacité à accueillir une meute ignorante du nombre autorisé. Comme à Cornell, où eut lieu un match à… 50 contre 50.
Le folklore relatif de l’évolution des règles n’épargna pas non plus les arbitres. Dans le carcan assez rigide des règles intelligentes de ce basket de l’aube, le premier referee, Ernie Quigley, avait ses propres conceptions de la justice et du respect des règles. Comme ce jour où l’université de Missouri rencontra celle de Nebraska. Avec le coach Jumbo Stiehm, qui vociférait le long du terrain, pour finalement jaillir dessus à la suite d’une décision arbitrale. L’arbitre vint immédiatement à sa rencontre, pour lui tonner à la face : « Un lancer franc de pénalité par pas effectué pour retourner à votre banc ! » Tout penaud, le bon Jumbo tourna les talons, prît son élan, et réussit à regagner son banc… en deux pas de géant. Et Missouri tira ses deux lancers francs.
Même appréciation personnelle à l’encontre de ce joueur viré du terrain, sans motif apparent. Pressé par l’entraîneur de s’expliquer sur cette expulsion, Quigley eut cette phrase imparable : « C’est parce que j’avais détecté de la malice dans ses yeux… »
La véritable uniformisation des règles aura lieu en 1934. C’est à dire deux ans après la création d’une Fédération Internationale. Et deux ans avant la première apparition officielle du basket aux JO de Berlin.
Si le basket a pu avoir quelques tâtonnements, quelques applications folkloriques lors de ses premières années, c’est aussi, et surtout, parce qu’il fût victime de son succès. Le basket, propagé dans le monde à grande vitesse par les « Y », n’avait pas attendu l’uniformisation lente de ses règles. Très rapidement, des exhibitions de basket avaient été données à Albany, Troy, Schenectady, Providence. Avec l’introduction dans un grand nombre d’universités, le rayonnement ne se fît pas attendre. Et le premier match officiel, à 5 contres 5, opposa l’université de Chicago à celle d’Iowa le 16 janvier 1896. Sur le continent américain, pas de problème. Le système universitaire semblait le berceau idéal pour la propagation du nouveau  virus.
Pour le reste du monde, les « Y » s’avérèrent donc de précieux missionnaires. Le basket fût ainsi introduit dans de nombreux pays, où tous les élèves de Springfield étaient envoyés comme professeurs d’éducation physique des YMCA locales. Certain fondèrent même des écoles à l’image de la maison- mère de Springfield à Montevideo (Uruguay), à Madras (Inde), et à Genève. Et les « Y » ne se contentèrent pas d’apprendre. Ils mirent également la main à la pâte, en faisant construire des gymnases.
C’est ainsi que Bob Gailey, qui avait été centre dans l’équipe de foot de Princeton, introduisit le jeu en Chine en 1894. Duncan Patton, qui avait participé au premier essai avec les 18 étudiants, le fit pratiquer à l’Inde la même année. Même chose pour un autre des 18 cobayes, le japonais Genzabaro Ishakawa, qui le ramena dans ses bagages au pays natal, en 1900. Emil Thies l’avait appris à la France en 1893, C. Harek â la Perse (l’Iran) en 1901, etc…
Un autre phénomène est venu amplifié la propagation du basket dans le monde. L’influence de l’armée américaine sur différents continents. Comme ces soldats américains qui jouèrent au basket en Chine lors de la guerre des Boxers en 1900, ou aux Philippines, où le 20ème régiment de Kansas était stationné. L’Australie, le Canada, le Liban découvrirent également le jeu aux trois coups du 20e siècle.
Tous les autres pays suivirent entre les deux guerres. Et elles étaient 43 nations à avoir découvert le basket en 1925. Même l’URSS, où le basket vit le jour à l’époque des tsars, en 1906, grâce au Maiak (le Phare) de St-Pétersbourg (futur Léningrad), dont l’entraîneur était… un Américain nommé Eric Moraler. Le Mayak disputa même la première rencontre internationale de l’histoire, en 1909, contre une sélection des collèges catholiques américains. Les Russes l’emportèrent grâce à une tactique défensive prônée par leur capitaine Stephan Vassiliev : le “pressing”…

Admis aux Jeux Olympiques de 1904 en sport de démonstration, il ne restait plus au basket qu’à se structurer pour encadrer, faire grandir l’engouement.
Aux Etats-Unis, pas de problème : dès 1898, une ligue professionnelle avait été créée, avec six équipes : Trenton, Millville, Camdew, Philadelphie, Hawcock et Germantown. Trois équipes seulement participèrent aux JO de 1904. Trois formations épinglées YMCA : les Buffalo Germans, Chicago et New York. Et en 1923, les USA couronnèrent leur « champion du monde », suivant la formule toujours en vigueur, les Kingston Colonials de New York battant en finale les Original Celtics.
Dans le reste du monde, de l’Ancien Monde, la création d’une organisation internationale indépendante devenait impérative. D’une part pour mettre fin à des rencontres internationales qui se jouaient le plus souvent sur des règles différentes, d’autre part pour permettre aux fédérations nationales d’acquérir une véritable autonomie. Parce que celles-ci dépendaient en effet le plus souvent d’autres fédérations comme en France de l’athlétisme, en Argentine du football, en Tchécoslovaquie du volley, etc.
Différentes tentatives avaient déjà eu lieu, mais ce fût une nouvelle fois le collège de Springfield et l’Association Mondiale des Jeunesses chrétiennes qui donnèrent le coup de pouce décisif.
En 1927, comme à Madras, à Montevideo, une école internationale d’éducation physique se créa à Genève. Avec à sa tète le Docteur Berry. Lequel Elmer Berry, à la demande des fédérations italienne, suisse et tchécoslovaque, réunit huit pays pour discuter de la création d’une fédération internationale, un beau jour de juin 1932. Williams Jones en est le premier secrétaire général. Il le sera jusqu’en 1974, date où il cédera sa place à un certain Borislav Stankovic.
Renato William Jones, Britannique par son père, Français par sa mère, Italien de naissance, parlant sept langues, traversa les YMCA d’Italie, de Suisse, de Turquie, avant d’atterrir à l’école internationale de Genève en 1930. Puis comme directeur d’éducation physique des YMCA de Rome. Il fût un des principaux artisans de l’admission du basket aux JO de 36, à Berlin.
Un premier tournoi olympique remporté en tout bien, tout honneur par les Etats Unis, après leur victoire 19-8 sur le Canada. C’est Jim Naismith, canadien de naissance, citoyen américain depuis 1925, qui eût le bonheur de remettre leur médaille aux protagonistes de ce match. Un hommage doublé de l’offrande, par Williams Jones, d’une couronne olympique de laurier au père spirituel du basket. Naismith, rouge de plaisir, s’en coiffa, et ne quitta pas ce couvre-chef de la journée.
Le petit père Naismith, amoureux fou du sport en tant qu’expression pacifique, s’éteignit 3 ans après ces JO de 36. Juste après la déclaration de la seconde guerre mondiale, et juste après un remariage à 78 ans. Deux ans aussi après son retrait de l’université de Kansas, à laquelle il avait consacré 40 ans de sa vie. 40 ans de professorat, mais aussi 9 de coaching de l’équipe de basket. Laquelle équipe gagna 54 matches, et en perdit… 60 avec les conseils de Naismith. Un 47 % de victoires qui font de Naismith l’un des plus mauvais coach de l’histoire de Kansas.
Comme un joli Frankenstein, le basket avait-il un peu échappé à son génial inventeur ? « Mon Dieu, toute cette foule est là pour regarder un match de basket ! » fût sa réaction devant les 18000 spectateurs qui avaient rempli les gradins du Madison Square Garden, en cette année 1937.

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HW Juillet 2008

Emmith Smith un joueur Hors Normes

« Le problème en National Football League, c’est que les équipes recherchent toutes des running-backs de 1,96 m pour 115 kilos, courant le 40 yards en 4,2 secondes. Je n’ai pas ces qualités. Mais je sais porter un ballon. » L’auteur de ces mots s’appelle Emmitt Smith. Et comme il l’avoue lui- même, ce coureur des Dallas Cowboys est hors normes. Sur tous les points.
D’abord, il est petit. 1,75 m. Ensuite, il est léger. Sur une balance, il parvient péniblement à expédier l’aiguille au-delà des 90 kilos. Enfin, Smith est lent. A l’université de Florida, ses meilleurs chronos indiquaient 4,5 secondes sur 40 yards. Pas de quoi frimer pour un running-back.
Seulement voilà, et là encore il a raison, Emmitt Smith sait courir avec un ballon. En la matière, il passerait même pour un expert.
Cette saison, les spécialistes du foot pro attendaient un match ultraserré entre Barry Sanders et Thurman Thomas pour le titre de meilleur coureur de la NFL. Pas de chance ! Smith a mis tout le monde d’accord. Avec 1 563 rushing yards gagnés au sol, il a terminé seul en tête de la NFL. La consécration. A 22 ans !
Drafté en 1990, ce jeunot a démarré sa deuxième saison pro pied au plancher. 112 yards contre Cleveland, 112 yards contre Washington. 182 yards contre Phoenix. Impressionnant !
Et si ses stats ont un peu diminué en cours de saison, ce n’est pas dû à une quelconque baisse de régime de sa part. Plutôt une avalanche de blessures sur la ligne offensive et une focalisation des stratèges défensifs adverses sur sa personne. « Ces dernières semaines, tout ce qu’Emmitt a vu, c’étaient des défenses où huit bonshommes sur onze se concentraient sur lui », expliquait, mi-novembre, Michael Irvin, un receveur des Cowboys, lui aussi leader de la NFL avec 1523 receiving yards.
Pour échapper à cette étroite surveillance, Emmitt a un style bien à lui. S’il n’est pas une fusée, il ressemble en revanche trait pour trait à une savonnette. Il est tout bonnement insaisissable. « Smith fonce, feinte, revient en arrière, repart en avant comme un chariot de machine à écrire », note Jere Longman, du Philadelphia Inquirer. « Je le vois souvent rentrer dans un empilage et ressortir à l’autre bout. Intact ! », S’emballe Joe Brodsky, le coach des running-backs aux Cowboys.
Grâce à ce jeu de jambes explosif, le rendement de Smith a, dimanche après dimanche, retrouvé sa prodigieuse énormité. 132 yards à nouveau contre Washington. 112 yards contre New Orléans. Le 22 décembre, il boucle en beauté une saison royale. Face aux Atlanta Falcons, Smith avale 160 yards et s’approprie ainsi le rushing title 1991 devant Barry
Sanders, des Detroit Lions.
L’avènement explique largement la remontée en puissance des Cowboys cette année. « Il est incontestable que notre succès est lié aux dons d’Emmitt », avoue Troy Aikman, quarterback et autre future méga star des Cowboys. Deux ans seulement après la catastrophe de 1989 – 15 défaites en l6 matchs –, les joueurs du coach Jimmy Johnson ont, en effet, obtenu un carnet de notes plus que correct : 11 victoires contre 5 défaites. Dallas a ainsi retrouvé le chemin des playoffs. Les premiers depuis 1985.
Lors de ces phases finales, Smith a encore volé la vedette. Au premier tour, à Chicago, il a collé 105 yards et un touchdown lors d’une victoire surprise 17-13 de Dallas. Jamais les Bears n’avaient concédé autant de yards a un adversaire en playoffs.
Hélas, la semaine suivante, les Cowboys ont été piteusement laminés 38-6 par les lions. Ce jour-là, le match Sanders-Smith a tourné court. Le running-back de Detroit a en tout et pour tout produit un touchdown de 47 yards. Quant à Smith, il a été délaissé au profit du jeu de passe par un Dallas largué au score. Bilan de Smith : 80 yards en 15 tentatives.
Or les statistiques démontrent que plus Smith pèse sur un match, plus les Cowboys ont de chances de l’emporter. Cette année, Dallas a gagné toutes les rencontres dans lesquelles Smith a porté au moins 18 fois le ballon. Mais, à chaque fois que le nombre de ses courses a été inférieur à ce chiffre, Dallas s’est incliné. CQFD.
Le match contre Washington, le 9 septembre, illustre parfaitement cette équation. En première mi-temps, Smith se montre époustouflant. 109 yards en 9 courses. Rien ne semble pouvoir 1’arrêter. Surtout pas les défenseurs des Redskins. Sur une action anodine, Smith les laisse d’ailleurs tous sur place et il enfile 75 yards pour un touchdown. Au repos, Dallas mène 21-20.
La deuxième mi-temps n’est hélas pas aussi réussie. Souffrant de nausées et de déshydratation. Emmitt est incapable de tenir sa place. Les Cowboys doivent alors se contenter d’une maigre progression de 112 yards. Washington s’impose finalement 33-31. « Pour être clair, disons que tant qu’Emmitt était dans le match, nous gagnions. Lorsqu’il a quitté le jeu, ben, nous avons perdu », résume Nate Newton, un offensive lineman de Dallas, après la rencontre.
Plus équilibrée entre passe et course, l’attaque des Cowboys a retrouvé du punch. Classée dernière de la NFL en yards gagnés en 1990, elle a fini 8è cette saison. Treizième au sol et 8è en passe. Et tout le monde bénéficie de la présence de Smith. Troy Aikman le premier. Obnubilées par la crainte des chevauchées du n°22, les défenses adverses en ont presque oublié le danger que représente le QB des Cowboys. Cruelle erreur ! Aikman n’a pas manqué de leur faire payer leur insouciance. Personne en National Football Conference n’a égalé cette saison ses 65,3 % de réussite en passe. « Troy rend Emmitt meilleur et Emmitt rend Troy meilleur, avoue Irvin. Mais dès qu’il s’agit de réussir une action importante. Emmitt est là. »
Smith adore ce genre de sollicitations. Cela fait plus de dix ans qu’il y répond immanquablement. A 12 ans, le petit Emmitt – avec 2 « t » pour se démarquer de son père et de son grand-père – était déjà une star.
En quatre ans, il dispute 49 matchs pour Escambia High School à Pensacola, sa ville natale en Floride. A 45 reprises, il dépasse la barre fatidique des 100 yards. Il achève sa scolarité avec le fabuleux total de 8804 yards. Le deuxième meilleur total dans l’histoire du foot scolaire. Les magazines nationaux lui consacrent déjà des articles.
Inscrit à l’université de Florida. Smith ne rate pas son entrée en matière. Lors de son tout premier match pour les Gators, il engrange 224 yards face à Alabama. En sept rencontres, il atteint les 1000 yards. Plus vite que n’importe quel joueur de College Football. Après seulement trois années, Smith abandonne la fac pour rejoindre la NFL.
Là, les ennuis commencent. Comme tout candidat au draft. Emmitt Smith doit se soumettre aux tests physiques que lui font subir les recruteurs pros. Et pour la première fois de sa courte carrière, il déçoit.
Oublié les milliers de yards gagnés et les centaines de touchdowns marqués. Ses fameux temps de 4,5 secondes au 40 yards lui valent de fâcheux « trop lent » dans les carnets des scouts. Une annotation en forme d’épitaphe pour qui veut passer pro. « Ils parlaient tous de sa vitesse de course. Mais ces scouts n’avaient jamais vu de quoi il était capable. Ils n’avaient jamais vu ces sprints de 90 yards qu’Emmitt a plantés dans les championnats minimes », fulmine Mary, sa mère.
Il n’empêche que, le jour du draft, la cote d’Emmitt Smith a brutalement chuté. Les Cowboys n’en croyaient pas leurs yeux quand ils ont vu ce jeune prodige ignoré par les 16 premières équipes. Le coach Johnson a aussitôt investi le 17è pick de ce draft 1990 sur cette occasion en or.
Les dirigeants de Dallas ont eu tort de clamer haut et fort l’importance qu’ils attachaient à la venue de Smith. Finaud, celui-ci en a profité pour réclamer un deal juteux. Le désaccord sur le montant du contrat a duré tout l’été. Début septembre, juste avant la reprise du championnat, les Cowboys ont finalement banqué : 2.8 millions de dollars sur quatre ans. « Certaines personnes se demandaient de quoi j’étais capable. Elles voulaient savoir si je valais réellement autant d’argent », se souvient Emmitt Smith.
Ces sceptiques ont été rapidement fixés. Sans avoir participé au training camp, Emmitt a instantanément trouvé ses marques. Au total, 937 rushing yards et un titre d’offensive rookie of the year. Plus un rôle de remplaçant au Pro Bowl.
Pas mal pour un type qui, selon certains, ne pouvait pas intégrer la NFL à cause de sa « lenteur ». A Dallas, on rigole encore de l’erreur de jugement des autres équipes pros. « Il est juste assez rapide pour ne jamais être rattrapé », lance John Gesek, un guard des Cowboys. « C’est un grand coureur », continue plus sérieusement Johnson. « Il a une grande vision du jeu, de la puissance dans les jambes et des mains très sûres. Tout est exceptionnel. Sauf sa vitesse ! » A la différence des scouts NFL, les fans de Dallas, eux, sont tout disposés à lui pardonner ce petit défaut.

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HW Juillet 2008

Randall Cunningham Le Quaterback de l’an 2000

Randall Cunningham, le quarterback des Philadelphia Eagles, fait partie de ces joueurs de la NFL qui auraient pu réussir dans beaucoup d’autres disciplines. Portrait d’un athlète hors norme.

Randall Cunningham, c’est avant tout un extraordinaire athlète. Son désir de conquête l’a incité à briguer le poste le plus convoité du football américain. Il sera quarterback ou rien. Aujourd’hui encore, être noir et quarterback demeure antinomique. Randall est prêt à relever tous les défis, à tenter tous les challenges. Celui qui lui est proposé par Buddy Ryan, le coach des Philadelphia Eagles est de taille : devenir le seul quarterback de l’ère moderne à diriger lui-même son attaque du terrain.

Lorsqu’en 1986, Buddy Ryan, l’ex-coach de la grande défense des Chicago Bears, prend les commmandes de l’équipe de Philadelphie, Randall Cunningham n’est que quarterback remplaçant. Il est la doublure d’un joueur vieillissant mais au passé glorieux, Ron Jaworski. Personne ne veut alors croire que ce grand noir (1,93 m) aux qualités athlétiques flamboyantes est capable d’ingurgiter tous les schémas tactiques offensifs et d’expédier sans faillir des spirales vers ses receveurs. Buddy Ryan est tout de suite impressionné par l’horizon que lui laissent entrevoir les aptitudes illimitées de Cunningham. Ryan nourrit un vieux rêve. Lui qui s’est toujours consacré à la défense sait que lorsqu’elle est télécommandée du banc de touche, une attaque devient par trop prévisible. Il se souvient qu’en tant que coach défensif, il n’a jamais autant souffert que contre des joueurs qui commandaient leur attaque du terrain. C’est bien ce que Joe Namath, Terry Bradshaw et Jerry Tarkenton faisaient il n’y a encore pas si longtemps. Bien sûr, ce n’est pas à la portée du premier lanceur de balle venue. En Cunningham il devine le joueur capable d’assumer une telle responsabilité. Il renifle cette assurance insolente, chez ce jeune quarterback noir.

Lors de sa première saison à la tête des Eagles, Ryan fera jouer Cunningham dans les situations de « third and long » (troisième tentative et beaucoup de terrain à gagner). Ce sont les cas de figure les plus critiques. Il devient alors primordial de lire vite et juste la défense adverse pour trouver la faille, sans droit à l’erreur, sans seconde chance pour se rattraper. C’est dans ces situations difficiles que Randall va révéler son aptitude à supporter la pression et même à la dominer. Il va montrer sa capacité à prendre le jeu à son compte quitte à foncer balle en mains pour arracher le « first down » (première tentative) dans un ultime effort, d’un coup de rein désespéré à la rencontre des défenseurs adverses. Ryan comprend alors qu’il ne s’est pas trompé. Cunningham est bien le joueur d’exception capable d’emmener son attaque en solo.

Ce talent exceptionnel semble congénital. Randall est le petit dernier d’une portée de joueurs de football. Les Cunningham habitent une petite maison de Santa Barbara (Californie). A sa sortie du lycée, en 1981, Randall décline l’offre de l’université voisine, USC, qui voulait l’enrôler comme arrière défensif. Il aurait pu achever l’oeuvre commencée par son frère ainé, Sam « The Bam » Cunningham, qui fit la gloire de l’université californienne avant de porter le maillot des New England Patriots, dont il reste le meilleur coureur de tous les temps (5453 yards gagnés). II opte pour les « Runnin’Rebels » de l’Université de Nevada Las Vegas où il pourra défendre ses chances de devenir quarterback, aux cotés de Bruce, son autre frère qui est alors « defensive back » dans l’équipe de l’université du Nevada. Cette même année, Mabel Cunningham, sa mère, meurt d’un cancer à 55 ans. Quelques mois plus tard, c’est au tour de Tony Gilbert, ami intime et compagnon d’entraînement de Randall, d’être emporté par le même mal. Cunningham n’est alors que remplaçant au poste de quarterback. Lors du second match de la saison suivante, Randall est titularisé et prend en mains l’attaque des « Runnin’Rebel ». Pendant ses trois saisons passées aux commandes de l’attaque d’UNLV, Cunningham va égaler un record que seuls deux joueurs universitaires avaient approché avant lui (John Elway à Stanford et Doug Flutie à Boston College). Il gagne 2500 yards par la passe au cours de chacune des trois saisons suivantes. A l’issue de son parcours universitaire, Cunningham est choisi au second tour de la draft par les Philadelphia Eagles.

Sa première saison dans l’effectif des Eagles, Randall va la passer sur le banc. Mais le découragement ne va jamais l’effleurer. En plus d’être pétri de talent, Randall connaît les vertus du travail, Il va travailler tant et plus jusqu’à imposer le respect. « Les gens ont compris en me voyant m’entraîner que je donnais le maximum. Peu importe qu’il s’agisse d’une séance d’entraînement ou d’un match officiel. Je ne cède pas un pouce de terrain. Dans cet état d’esprit, il devient plus aisé d’accepter ses erreurs et de vivre avec, car vous savez alors que vous n’avez rien à vous reprocher. » C’est cette détermination qui va séduire Buddy Ryan à son arrivée à la tête des Eagles en l986. A l’issue de cette première saison, Ryan installe Cunningham au poste de quarterback titulaire. « Lorsque je me remémore les réactions qui ont suivi cette décision, rétrospectivement je rigole, » se souvient Ryan. « Personne ne voulait croire en Cunningham et on me prenait pour un illuminé. Encore cette saison, lorsque les gens ont appris que Randall allait choisir ses propres options tactiques du terrain, il y en a plus d’un qui ont souri. Mais Randall est comme ça. Il a besoin d’aller de l’avant, d’assumer encore plus de responsabilités pour être motivé. »

Depuis qu’il l’a titularisé en 1987, Ryan a oeuvré pour que l’attaque soit toute entière sous la responsabilité de Cunningham. A l’entraînement, même lui le coach, l’entraîneur en chef, appelle Randall « The Boss » (le patron). « Je veux que chaque joueur sache bien que c’est lui le patron de l’attaque. Et que lui aussi s’imprègne de cette responsabilité. Beaucoup de joueurs veulent gagner le dimanche quand le public est là pour les encourager. Mais Randall est différent, lui il veut se préparer parfaitement pour gagner, il n’envisage pas de perdre. En trois saisons, Il n’a pas manqué une seule séance d’entraînement. Personne ne peut lui contester son statut de « Boss ». Et puis après tout, c’est mon équipe, je la mène comme bon me semble, » argumente Ryan un brin agacé.

La vie de Randall a pris un tour nouveau au fur et à mesure de ses performances sur le terrain. Désormais plus personne ne doute de son potentiel. Il est maintenant apprécié comme un des meilleurs quarterbacks de la NFL, même si son style lui est propre. Rares sont en effet les meneurs de jeu pros qui se risquent à courir avec le ballon et même à sauter un mur de défenseurs, en « fosbury » s’il vous plaît, pour aller marquer un touchdown. Ses qualités physiques font partie intégrale de son jeu et Randall n’est pas prêt à subir la pression défensive dans la « poche » en attendant bien tranquillement que ses receveurs se libèrent.

Cette saison, Cunningham et les Eagles n’ont pas obtenu les résultats escomptés. Randall a notamment été crédité d’une contre-performance surprenante en playoffs contre les Los Angeles Rams. Un jour sans, qui a différé la révélation de son efficacité. Pourtant cette saison, ses statistiques ont été exemplaires (290 passes complétées sur 532 tentées et 21 touchdowns et 3400 yards gagnés avec en outre 621 yards supplémentaires gagnés par la course en 104 tentatives et 4 touchdowns). Mais il n’est pas loin le jour où le pur talent de ce grand quarterback éclaboussera la planète NFL.

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HW Juillet 2008

Mark Mc Guire

County Stadium de Milwaukee, mercredi 10 juin. De loin, Mark McGwire a l’air tout orange. Poil court, bouille de bébé, avant-bras de mammouth albinos, le première base rouquin des A’s est monstrueux. S’il ne s’était pas lassé pousser une petite barbe avant la saison, il aurait toujours ses airs de Richie Cunnigham sculpté aux céréales. 28 ans, 1,96 m, 102 kilos. Palmarès tout aussi musclé : rookie of the year 1987, World Series 1989, AIl Star Games de 87 à 91. Du lourd. Comme son arme, une batte Adirondack, 34 pouces et demi, 33 ounces -86 cm pour près d’un kilo. Un tronc d’arbre qu’il manie comme un Bic.
Pendant ce match contre les Brewers, Mark McGwire a dégommé un missile à quelques années-lumière du stade. Un homerun, une frappe qui survole les limites du terrain et accorde un point automatique au batteur. Pour Big Mac, c’est le 22e de la saison. Le 200e de sa fulgurante carrière.
Cette borne de 200 homeruns, il l’a atteinte à une vitesse vertigineuse, en un peu moins de six saisons.
Comme d’habitude, le statisticien américain suppute : avec 22 homeruns en 57 matchs, Mark Mcwire devrait tourner autour du record de Babe Ruth, c’est-à-dire 61 homeruns en une saison. Et largement dépasser les 51 homers de Cecil Fielder, le colosse des Detroit Tigers, en 90.
Mac se fout des chiffres comme de sa première acné. « Moi, je jette ces comparaisons à la poubelle Personne n’a jamais tenu ce rythme-là pendant une saison! Rigole-t-il. On en parlera en septembre, à la fin de la saison. Si je suis à 58 homeruns avec quinze jours à jouer, ça pourra être amusant… Mais maintenant, je ne veux pas y penser. »
Normal. Cet état de grâce, ces grappes de homeruns sont précieux: Mark et les A’s baignent cette année dans l’euphorie d’une résurrection. Il a vécu la saison dernière comme un long cauchemar. Le slump. La crise. La chute libre. A peine capable de s’agripper à a Mendoza line, les 20 % de batting average. Une sorte de mur de la honte pour les pros du nom d’un frappeur bidon des années 70.
McGwire, lui, boucle 91 sur 20,1 petits points de batting average. Et assez d’humiliations, de vexations, pour passer l’hiver au chaud. Hué pendant six mois. Traîné dans la boue. Humilié par la presse. Un peu après la saison, chez Tommy T, un cabaret de San Ramon, en Califomie, Mark Pitta, comique, détaille le menu du soir: « Tiens, un Mark McGwire burger; à 5,95. J’aurais plutôt vu deux-zéro-un ! .Allusion fine aux 20,1 % de moyenne. Heureusement, Pitta est un vieux pote. Mac est dans le public, et il remplit poliment la salle d’un rire sans joie.
Les quolibets le poursuivent même jusque chez lui. La piscine de sa maison d’Alamo en Californie, est séparée d’une école primaire par une palissade. McGwire a dû arrêter
Les brasses à l’heure des récrés pour ne plus supporter les: McGwire, t’es nul!
McGwire, tu pues » de ses petits fans. Même la cote de sa carte, la 1985 Topps
Rookie card, autrefois cotée à 25 dollars, se brade à 5 dollars. Le staff d’Oakland a indexé son salaire à ce slump: Mac était si mauvais en 91 que les A’s lui ont amputé son salaire- sanction rarissime en MLB. 2,6 millions de dollars pour la saison au lieu des 2,85 espérés.

Mark McGwire pense alors tout foutre en l’air. « Je déconnais avec les gars dans les vestiaires en prétendant que j’allais tout plaquer pour me mettre au billard ou de venir flic. Je plaisantais, évidemment, mais il y avait un peu de vrai là-dedans. »
Sur le terrain, impossible de remettre la main sur sa technique, son swing d’assassin. Il passe un an à changer les réglages mécaniques à revoir les niveaux, sans jamais sortir des stands. J’ai dû entendre une centaine de suggestions. J’ai dû en écouter 90. Je ne compte même pas le nombre de positions que j’ai utilisées, disons 162 [le nombre de matchs joués par saison]. J’ai changé de batte. Ça allait tellement mal que j’ai même commencé à écouter les fans dans les tribunes! Un jour à Oakland, un type hurlait: “Mark! Mark!” Finalement, je l’ai regardé, et le type me montrait ses mains, paumes tournées vers le bas, les doigts vers l’intérieur. Je n’avais pas idée de ce qu’il voulait dire, mais après le match, en entrant dans les vestiaires, j’ai revu le type. Il m’a dit de reprendre la position que j’avais au début de ma carrière, les pieds légèrement tournés vers l’intérieur. Vous savez quoi ? C’est ce que j’ai fait! A peine une boutade. Le vrai déclic s’est produit en octobre, exactement pendant les World Séries. McGwire était à Las Vegas avec BilIy Andrade, golfer pro et ami de Mark. Mac - passionné dé golf -lui a même servi de caddy, cet hiver, en Australie. « On était dans un jacuzzi, raconte Andrade. On regardait les World Series à la télé. Je savais ce que pensait Mark: « Je neveux pas être ici dans un jacuzzi avec Billy. Je veux être en train de jouer les World Séries.»
« Ce jour la, j’ai compris, se souvient Mc Gwire. Je ferais tous pour jouer à nouveau les world Séries. » Il lâche le golf et se lance dans un programme insensé de musculation. Il prend 11 kilos de muscles. Aux endroits les plus incroyables, d’ailleurs : Mark a passé des heures à se muscler les yeux : « je ne le savais pas, mais il existe des muscles des yeux qu’on n’utilise pas à leur pleine capacité. Je les ai entraînés.
Des janvier, il retourne s’entrainer avec le staff des A’s. Avec un nouveau batting coach, sorte de supermécano affecté aux frappeurs : Doug Rader, ancien gourou manager des Califomia Angels. Sa philosophie est simple. Voir la balle. Frapper la balle. Pas si simple, en réalité. Les vrais secrets du réveil de McGwire cette saison sont tus par lui et par ses coachs comme des projets de la Nasa. La seule partie visible du nouveau McGwire : son ancienne batte. Et son ancienne position, pieds légèrement tournés vers l’intérieur. Un pas vers la balle très court et très vif. « C’est simple : je ne fais rien de spécial. Je me concentre, je regarde la balle, et je suis agressif. Il se laisse pousser une barbichette sur le menton. Genre Bart Simpson déguisé en Lénine. « J’ai essayé la barbe, cet hiver. Et deux semaines avant le spring training, je sentais que j’avais besoin d’un truc nouveau. J’ai gardé ça. Je pense que ça ajoute 5 ans à ma tête de bébé. Nouvelle fiancée aussi. Kathy, son ex-fiancée, la batgirl de l’équipe de la fac, lui aura laissé un fils, Matthew. Le nouveau McGwire, le barbu, a déjà fait oublier le Mac version 1991. Les meilleurs souvenirs remontent enfin.
1984. L’équipe olympique s’entraîne au Fen way Park de Boston. Deux collèges boys bien dégagés derrière les oreilles se disputent la place en première base. Fraîchement débarqué de Mississippi State : WiIl Clark. Il est aujourd’hui la star des San Francisco Giants. Déjà drafté par les Oakland A’s à sa sortie de Southern California: Mark McGwire. Entre les deux cogneurs, la rivalité est immense. Pour les garder tous les deux dans le lineup, le coach transforme Clark en champ gauche le temps des Pan Am Games et des Jeux olympiques 84.
La même année, Mark entre en minor chez les A’s. Personne ne le connaissait au moment du draft 84. Mark, devenu entre-temps la mégastar des Athletics, rigole aujourd’hui de cet anonymat: « Je veux remercier toutes les personnes qui ne m’ont pas choisi lors du draft J’ai été Choisi par Oakland comme 10e choix. Il y a donc neuf équipes qui n’ont pas voulu de moi. » Un « tant pis pour eux » en forme d’hommage à Oakland et à la famille des Athletics.
Oakland: McGrey a tellement brillé qu’on dirait qu’il y joue depuis vingt ans. En fait, Mac n’est entré dans le show qu’en 1986. Deux semaines seulement après avoir goûté aux Majors, il gagne sa place en première base. Pendant sa rookie season, il explose tous les records possibles. Le plus infernal : les 49 homeruns en une seule saison Il empoche le titre de rookie of the year à l’unanimité.
Depuis, Mark n’a freiné que la saison dernière. Il reste toujours l’un des spécialistes du homerun de cette décennie. « Ça m’amuse toujours d’entendre les gens parler de homeruns hitters et ne plus me mentionner, rappelle-t-il. J’ai pourtant frappé plus de homeruns que quiconque ces cinq dernières années. » 187 au total, mi-juin. Il est également le seul joueur de l’histoire ayant frappé plus de 30 homeruns dans chacune de ses quatre premières saisons pros. Dingue.
Chez les McGwire, cette puissance est génétique. Dan, son frère, 2,03 m, joue quarterback chez les Seattle Seahawks, et tous les mâles de la famille dépassent les 1,90 m. Mac a grandi -poussé-à La Verne, Californie. A sa sortie de high school, il tape dans l’oeil des Expos de Montréal, qui le draftent au 8e tour. Le contrat proposé n’étant pas assez juteux, Mac bifurque vers la fac, Southern Cal. Au lycée, Mac se passionnait pour le golf. A Damien High, Mark a même laissé tomber le baseball pour suer sur les parcours et faire tomber son handicap à 6. Aujourd’hui encore, il traîne dans les milieux du golf pour affiner son swing. Chaque hiver, il participe, avec son ami Andrade, au AT&T Pro Am de Pebble Beach, un tournoi regroupant pros et amateurs.
Sauf l’hiver dernier, évidemment Les clubs sont restés au grenier, histoire de retrouver un autre swing. Le homerun swing. Le sacrifice a payé. Grâce à McGwire et à ses frappes astronomiques par paquets de dix, les A’s louchent sur les World Séries. Sa carte de rookie est remontée à 15 dollars. Derrière la palissade, les gosses l’encouragent pendant la récré. Et pour les comiques de cabaret comme pour les lanceurs d’American League, Il n’y a plus de quoi rire.
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HW Juillet 2008

Big men camp

Big men camp, quelques part en 1990 un camp un peu spécial.
Lorsqu’ils commencent à s’échauffer, le parquet du Saint Bernard’s High School, Verdugo Road, à Westhester, Californie, vibre. Mini-tremblement de terre, très localisé à Los Angeles. Il est 8 h 45 du matin. L’entrainement commence. Une vingtaine de stagiaires d’un genre un peu particulier entament leurs devoirs de vacances. Signe distinctif ? Géants ! il ya là Shaq O’Neal, le monstre, comme l’a appelé Magic Johnson au terme d’un pick-up game, au printemps dernier, Shaq. Numéro 1 du draft. Plus de vingt points de moyenne l’an passé avec Louisiana State, 14 rebonds par rencontre, plus de 5 blocks par match. Shaq, 20 ans. 133 kilos. 2,16m.

Nous sommes le 10 août. Dans la semaine qui a précédé la concentration de ces superforteresses, Shaq a signé un bail pharamineux avec les Orlando Magic. 40 millions de dollars sur sept saisons. L’encre du contrat n’est pas encore sèche. Avant même d’avoir disputé son premier match pro, O’Neal est riche pour la vie. Mais sur ses épaules monumentales pèse un sacré fardeau. Point de mire de tous les observateurs, cible désignée de tous les écumeurs de raquette, il est déjà - il le sait - le colosse à abattre. Il est aussi le challenger numéro 1 dans la course aux oscars individuels et collectifs du championnat. O’Neal, disent tous les scouts du pays, est taillé pour devenir la superstar de demain, le pivot de l’an 2000

Alors, au cœur de l’été, oubliant surfeuses de rêve et frimeuses de plage qui ondulent sous le soleil enchanteur de la Californie, Shaq opte pour le bagne et les plaisirs machistes, démentielle bande-annonce. Le camp des géants! Anticipant sur les training camps de l’automne, Shaq O’Neal est déjà au boulot. A très haute altitude. Autour de lui, tous en t-shirt XXL labellisé, ils sont une vingtaine à suivre un enseignement très qualifié: le jeu intérieur. Nabots de moins de 2.05 m s’abstenir.

Le gymnase du lycée Saint Bernard est situé à dix minutes de voiture de Venice Beach, le paradis des allumés du sport loisir, des frimeurs et des bodybuilders californiens. Le camp des géants inventé par Pete Newell - 76 ans, légende du coaching, champion olympique à Rome en 1960 et vainqueur du NCAA Tournament 1959 avec les Bears de California Berkele - est réservé aux ailiers et aux pivots. Cinq jours de travail intensif, rythmé par un staff hyper-compétent.

Voici le planning quotidien des réjouissances. D’abord, un quart d’heure de conditionnement physique, dirigé par Mark Grabow. des Golden State Warriors d’Oak land. Grabow. L’homme qui a remis sur pieds Chris Mullin après sa cure de désintoxication, il y a quelques années. Grabow a été le trainer personnel du tennisman Brad Gilbert, de Jennifer Capriati et de Patrick McEnroe. Une star du conditionnement. Puis, durant deux heures d’horloge, Newell, mèche argentée à la Karajan, dirige l’entraînement. Vers 11 heures, Grabow reprend le relais et personnalise la mise en forme musculaire avec chaque stagiaire. Car si les dunkeurs sont démesurés, l’entraînement et le perfectionnement sont, eux, sur mesure. Après un break jusqu’à 16 heures, Newell conclue la journée de stage par une session de soixante minutes. Pick-up games. Réglages individuels.

Le camp des géants a officiellement débuté en 1976. Mais, en fait, Newell en avait eu l’intuition trois années auparavant. Au départ, rien de plus banal qu’un SOS-Dépannage. Drafté en 1973 par les Los Angeles Lakers. Kermit Washington, ex-pivot universitaire de grand talent pour American University (deux fois élu All America), déprime. Les Lakers l’ont d’autorité changé d’affectation. Ils en ont fait, pour des raisons de stratégie collective, un ailier-fort. Déraciné, Kermit a perdu ses repères, ses réflexes. Ses stats sont pauvrettes, son moral au plus bas (3,8 points, 400 minutes de jeu en 45 matchs), il lance un appel de détresse à Newell, alors général manager du club. Qui déniche un gymnase disponible, qu’il squatte en passant par la fenêtre.

Les cours particuliers commencent, pendant la morte saison. Dans l’enseignement technique, ça s’appelle une classe de transition. Kermit a la rage, se souvient Newell. Et lui, Newell, il a le reste. La poigne. L’autorité. La science, les trucs qui transforment les bourriques brutes de décoffrage en vedettes du rebond. Et le boulot estival paie. D’une saison à l’autre, Washington améliore son rendement. Avec 350 rebonds, il accède au troisième rang individuel, devancé seulement par Happy Hairston et Elmore Smith. Rejoint par un lycéen trop vite poussé en graine, Kiki Vandeweghe, qui signera un peu plus tard aux Knicks de New York, Washington raconte son expérience à ses collègues d’atelier, les maxi-rebondeurs de la NBA. Pour répondre à l’afflux des demandes, Newell jette les bases du camp. Aujourd’hui, le Newell Camp est devenu une institution. 11 se déroule traditionnellement pendant l’été. Les plus grands, au propre et au figuré, y sont passés. Dans le listing des joueurs qui évoluaient en NBA en 90-91, soixante-dix - selon le prospectus du camp - ont subi le cycle de perfectionnement.

Parmi eux, au fil des saisons, sept first draft choice: Joe Barry Carroll, Brad Daugherty, Danny Manning,

Hakeem Olajuwon, Ralph Sampson, Bill Walton et James Worthy.

Cette année, pour la première fois dans l’histoire du camp, la recrue numéro 1 du basket pro, Shaq, a décidé de s’armer préventivement. Il répète donc ses gammes, travaille des appuis, prise de position préférentielle en poste bas, recherche de l’efficacité maximale, au milieu des intérieurs confirmés ou perfectibles de la ligue. Stacey King, des Bulls, 2,11 m. Sam Perkins, des Lakers, 2,05 m, Charles Smith, des Clippers de Los Angeles. Danny Ferry, des Cavaliers de Cleveland, A chaque session, coaches, coaches assistants, scouts noircissent des cahiers de notes,

Cette année, Larry Brown et Elgin Baylor, respectivement entraîneur et GM des Clippers, étaient dans les gradins. La philosophie de Newell est finalement assez élémentaire. En pro, aucun effort ne doit être gratuit. « Si vous voulez faire du fric en NBA, explique Newell, il faut aller le gagner là où il est : dans la raquette. Et sur la ligne de lancers-francs. » Aucun effort n’est gratuit. Donc, le stage est payant.

15 000 balles pour en chier pendant cinq jours de réglage. Et de bagarre en un contre un. Un investissement, en sorte.

Quelques perfectionnistes enragés s’offrent le Newell Camp sur leurs deniers personnels. Certains le réclament spontanément à leur club. Témoin Charles Smith, cet été. D’autres enfin, comme william Bedford, des Clippers, jugé un peu court la saison passée, s’y voient fermement convoqués par le staff de leur club. Qui banque pour eux. Le soir, la plupart des joueurs couchent à l’hôtel. Mais quelques petits malins se débrouillent pour réduire leurs frais de séjour. Tel Chris Dudley, des Nets (2.11 m). Hébergé par une bonne amie en ville. Pendant les breaks, on peut surprendre Danny Ferry et Chris Dudley soulever de la fonte au Gold Gym de Venice, le temple mondial de la gonflette.

Pourvu qu’on ait le profil type et la motivation, l’éventail des stagiaires est large. On y croise de vieux routiers de la ligue désireux de se relancer ; des jeunes turcs ambitieux tout juste sortis du collège et qui veulent se tanner le cuir. Comme Tracy Murray, l’ancienne star de UCLA, premier choix des Portland Trail Blazers 92. Au stage, Tracy arrive en cabriolet Mercedes gris métallisé. Le premier cadeau qu’il s’est offert pour fêter son arrivée en NBA. Puis, stagiaire de base et rookie en puissance, Tracy se met en tenue et se lance dans une infernale bataille aérienne. Il se bat comme un fou pour piquer des ballons très haut. Pour se faire une place parmi les géants. Parce que Murray sait pertinemment que, dans deux mois, les pros, eux, ne lui feront aucun cadeau …

NB juillet 2008

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NFL Draft

Il est un peu plus de midi et les salons du Marriott Marquis sont noirs de monde. En ce dimanche 21 avril, l’hôtel new-yorkais accueille pendant deux jours le draft 1991 de la National Football League. Tout le gratin du foot pro est rassemblé dans ce palace transformé en quartier général. Les pontes de la NFL sont tous là, accompagnés par les représentants de chaque club et plu- sieurs agents de joueurs. Des grappes de journalistes et les caméras d’ESPN, la chaîne câblée, suivent pas à pas les allées et venues de chacun. Dans quelques instants, la foire doit commencer, retransmise en direct pour des millions de téléspectateurs. Les pros, soucieux de renouveler leur fonds de commerce, sont venus faire leurs emplettes. Recruter les jeunes prodiges qui sont fraîchement issus des rangs universitaires.
Les Dallas Cowboys ont le privilège d’ouvrir le bal et d’annoncer ce que les Américains appellent le first pick. Le tout premier choix, le tout premier joueur retenu au cours du draft. Une espèce de major de promo. A Dallas, dans la salle de réunion où ils sont cloîtrés depuis déjà quelques heures, les responsables des Cowboys s’agitent fiévreusement. Sur d’immenses panneaux, ils ont inscrit l’identité de plusieurs dizaines d’éventuelles recrues. La grande table où ils cogitent est recouverte de téléphones et de paperasses, où ils ont noté les forces et les faiblesses des collégiens qui les intéressent.
Douze heures plus tôt, ils étaient encore sensés récupérer comme first pick Raghib Ismail, la merveille de Notre Dame. Mais le speedster des Fighting Irish, manquant d’assurance, a préféré signer avec les Toronto Argonauts de la Canadian Football League. En l’absence d’Ismail, les Cowboys ont décidé de se rabattre sans attendre sur Russell Maryland, le défensive tackle sorti de l’université de Miami. Le staff des Cowboys est relié au Marriott Marquis par une ligne directe branchée sur haut-parleur. Johnson décroche son combiné pour y prononcer ces simples mots : « Russeil Maryland. »
A New York, sur l’énorme tableau qui trône au mur du draft zoom, le nom de Maryland s’affiche en face de la case numéro 1. Suprême honneur. Car le seul fait d’être drafté constitue un superbe exploit. Chaque année, ils sont des milliers d’universitaires à vouloir tenter leur chance chez les grands, en NFL. La plupart ont bouclé leur quatrième et dernière année d’études. Quelques-uns ont obtenu une dérogation pour quitter la fac dès leur deuxième ou troisième saison. Le problème, c’est qu’ils ne sont jamais qu’un peu plus de 300 à être retenus lors du draft, au printemps. La sélection est terrible, et ces quelques heureux ne sont pas certains d’être gardés par les clubs.
Le déroulement du draft est fort simple. Il s’effectue sur douze tours. Pour préserver une certaine parité dans son championnat. La NFL a mis au point un système qui favorise les faibles. L’équipe la moins bien classée à la fin de la saison précédente hérite du first pick. Elle peut s’attacher ainsi les services du meilleur universitaire de l’année et se renforcer considérablement. Son suivant immédiat au championnat, guère plus glorieux, pioche en second et ainsi de suite jusqu’au 28e choix, attribué au vainqueur du Super Bowl, moins bien doté. Ces 28 premiers choix forment le premier tour, et ce schéma est repris jusqu’au douzième et ultime round.
Voilà pour la théorie. Dans la pratique, ce n’est pas aussi limpide. Dans ce marché aux universitaires, les clubs s’adonnent volontiers aux échanges. Ils négocient fréquemment leurs tours de draft, contre d’autres tours de draft ou des joueurs déjà sous contrat. Ils s’y prennent parfois très longtemps à l’avance. Entre chaque pick, les clubs n ‘ont pas plus de quinze minutes pour soumettre leur choix. Mais pendant ces quinze minutes, ils peuvent passer des dizaines de coups de fil pour négocier encore un échange. Cela devient alors un fantastique Monopoly, où il convient de connaître parfaitement les universitaires qui se présentent sur le marché et les besoins de chacun de ses concurrents. A ce jeu-là, il est évident qu’il vaut mieux avoir le sens des affaires et les nerfs solides.
Jimmy Johnson, le head-coach des Cowboys, et Jerry Jones, leur propriétaire, possèdent ces qualités. Les deux renards du Texas ont été remarquables lors du draft 1991. A l’aube du 21 avril, Dallas se flattait déjà d’avoir trois options, trois picks, dans le seul premier tour. Le n° 1, le n° 12 et le n° 14. Le n° 1, ils s’en sont servis pour récupérer Russel Maryland. Grâce au n° 12, ils ont mis le grappin sur Alvin Harper, un magnifique receveur. Mais avec le n° 14, ils se sont amusés. Ils ont effectué divers échanges et, au bout du compte, ils ont obtenu un deuxième tour, un troisième tour, deux quatrièmes tours et un cinquième tour! Exactement ce qui les arrangeait.
Avec une pareille récolte, les dirigeants des Cowboys sont persuadés d’avoir assuré  brillamment la relève de leur équipe. Selon les experts, ces affirmations paraissent assez prématurées. En effet, le draft 1991 n’a rien d’un grand millésime. Faute de quarterbacks ou de running backs géniaux, les équipes pros ont joué la sécurité. Elles se sont ruées massivement sur les défenseurs. Six d’entre eux ont occupé les six premières places du draft.
Pour ces veinards, comme pour leurs comparses choisis au cours des deux premiers tours, le futur s’annonce radieux. Ces tendres pousses seront choyées, bichonnées par leurs acquéreurs. Pour les autres, pris un peu plus loin, cest le plus souvent l’anonymat garanti à vie. Considères comme de vagues bouche-trous, il leur faudra batailler durement durant les training camps estivaux pour démontrer à l’entraîneur qu’ils valaient mieux qu’une sélection tardive.
Heureusement, il advient parfois qu’un de ces obscurs inscrive son nom au générique d’un très beau conte de fées. Chacun sait l’histoire de Joe Montana, le QB superstar des San Francisco 49ers, choisi en 82e position lors du draft 1979. Ou celle de Clint Didier, encore plus effarante. Issu du minuscule College de Portland State, ce tight end ne fut drafté par les Washington Redskins qu’au douzième tour. Apparemment, il n’avait aucune chance chez les pros. Pourtant Didier a remporté deux Super Bowls avec les Redskins et il s’est même permis d’y aller d’un touchdown contre Denver, en 1988.
Ces ratages ne sont pas très nombreux. Les clubs NFL disposent d’incroyables réseaux d’informateurs. Pendant la saison de College Football, leurs « scouts » sillonnent le continent américain de long en large pour repérer les espoirs dignes d’intérêt. Quand ils ne les voient pas jouer directement. ils se fadent des tas de cassettes vidéo que leur envoient leurs innombrables correspondants.
A l’approche du mois de février, ils accélèrent la cadence. Ils assaillent les coaches universitaires de questions sur leurs petits protégés. Tout y passe: le comportement social, les résultats scolaires ou le domaine affectif. « Parfois, nous nous comportons comme de vrais détectives privés », rigole Butch Davis, le coach de la ligne défensive des Cowboys. Quant aux performances athlétiques, elles sont épluchées de très près. En mars, les postulants pros sont invités par les clubs NFL à démontrer l’étendue de leurs possibilités. Ils sont soumis à une multitude de tests puis notés en fonction de leur force, de leur vitesse, de leur technique ou de leur endurance. La moindre défaillance et leur carrière est déjà compromise avant même d’avoir commencée. Quand le draft débute, chaque candidat a été fiché, évalué et classé. Possible premier tour, possible deuxième tour, etc. Et ce n’est rien en comparaison de ce qui les attend. Car, pour les rares élus, c’est lorsque le draft est boudé que le plus dur commence.

AW le 9 juin 2008

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Eric Dickerson

« Eric est heureux et je suis heureux. Eric voulait être l’un de ces types de Hollywood, alors nous l’avons renvoyé à Hollywood! » Appelé à commenter le transfert du running-back Eric Dickerson aux Los Angeles Raiders, Robert Irsay, le propriétaire des lndianapolis Colts, n’a pas mis de bémol à sa rancoeur. Le mépris suintait ouvertement à travers ses propos. Le deuxième volet des aventures d’Eric Dickerson en National Football League s’est achevé comme le premier. Dans le vinaigre. Quelques heures plus tôt, les Colts venaient de passer un deal avec les Raiders. Coupable, aux yeux d’Irsay, d’indiscipline et de caprices financiers, Dickerson était échangé contre un quatrième et un huitième tour de draft. Indianapolis soldait un casse - pied. Les Raiders ont accueilli une icône du foot pro.
Car Dickerson, 32 ans en septembre, est tout simplement le troisième plus gros mangeur de yards de l’histoire de la NFL. Depuis 1983, Dickerson a engrangé exactement 12 439 yards au sol. Dans cette catégorie, seuls le devancent encore Walter Payton et Tony Dorsett. Recordman absolu, Payton a bloqué son compteur personnel à 16 726 yards. Dorsett s’est, lui, arrêté à 12 739.
Ce que les Raiders ont récupéré, c’est également un formidable athlète. Avec 1,90 m pour 101 kg, Dickerson est un modèle comme on n’en fait plus. Aujourd’hui, la tendance est plutôt aux coureurs ras du gazon. Ce gabarit imposant a néanmoins permis à Dickerson de bien résister au matraquage que lui ont infligé les défenses adverses depuis neuf saisons. De 1983 à 1990, il a raté en tout et pour tout un seul match pour blessure.
Il est vrai que, pour amortir les chocs, Dickerson n’a jamais hésité à enfiler des protections supplémentaires. Une espèce de gilet pare-balles couvrant les côtes et les reins, des renforts sous les épaulières, sur les cuisses et les genoux. Une véritable armure, qui en a fait sourire plus d’un. « Je ne suis pas macho, rétorque-t-il. Je dirais aux gamins de porter autant de protections que possible. Ils grandissent encore et donc, ils sont fragiles. Tout ce que je porte m’est utile. Et rien de tout ça ne me gène ni me ralentit ! »
Exact. Grand et fort, Dickerson n’a rien à envier aux speedys miniatures en matière de vitesse. A 17 ans, Eric, né à Sealy, un bled perdu du Texas, a participé aux championnats d’athlétisme de son Etat. Il a alors aisément remporté le 100-yards en 9,4 secondes.
Curieusement, ce qui surprend chez Dickerson, ce n’est pas tant sa rapidité que la grâce avec laquelle il court. S’il va vite, sa course reste fluide, aérienne. Un glider, dit- on aux États-Unis. Pendant que d’autres running-backs labourent le terrain aussi sûrement qu’un tracteur John Deere, Dickerson, lui, glisse. Sans jamais donner l’impression de forcer.
A tel point qu’à son premier training camp chez les Rams le coach John Robin son et Bruce Snyder, l’assistant chargé des running-backs, lui sont tombés dessus. Ils le prenaient pour un flemmard. « Cours plus vite, Eric! Plus vite! Engouffre-toi plus rapidement dans les trous! »,  lui hurlaient-ils lors des exercices. Ce à quoi Dickerson a fini par répondre : « Si vous voulez, je vous prends sur une longueur de terrain. Vous verrez si je suis rapide ou pas ! » Les coaches des Rams ont vite admis leur erreur. « Il ne faisait pas de bruit en courant, reconnaît Robinson. « Il était si facile, son allure était si fluide ! C’est ce qui m’a surpris. Si vous étiez aveugle, il pourrait passer en courant à côté de vous sans que vous vous en rendiez compte, continue Robinson. A moins que vous ne sentiez le vent ! C’est un coureur très puissant, mais il est tellement gracieux que c’en est trompeur! »
Ce qui ne trompe pas, en revanche, ce sont les statistiques accumulées par Dickerson depuis le début de sa carrière, à la Sealy High School. En dernière année, il amasse 2 642 yards et 37 touchdowns.
Choyé par toutes les grandes universités, Eric opte finalement pour une fac minuscule basée à Dallas, Southern Methodist Universtty. Chez les Mustangs, il opère avec un dénommé Craig James, qui participera plus tard au Super Bowl XX avec les New England Patriots. Le duo gagne rapidement le surnom de Pony Express tant les deux coureurs carburent à fond la caisse. En 1982, Dickerson termine troisième de la course au Heisman Trophy, derrière Herschel Walker et John Elway.
Deuxième choix du draft 83, Dickerson poursuit sur sa lancée. Il finit son année rookie avec 1 808 yards. Jamais un débutant n’avait couvert autant de terrain. En 1984, il récidive et pulvérise le record de yards engrangés en une saison. Incroyable.
C’est paradoxalement à cette époque que commencent les ennuis du prodige Dickerson. Unique arme offensive des Rams, Eric sait combien il est important à son équipe. Or, s’il est doté d’un féroce appétit pour les yards, Dickerson est tout aussi friand de dollars. Né à la campagne, il a été élevé par ses grands-parents, Kary et Viola. Anciens métayers, ils lui ont inculqué un certain esprit paysan. Qui veut, même en version texane, qu’un cent soit un cent et que toute peine mérite salaire. A partir de l’été 1985, différends financiers succèdent aux saisons à plus de 1 000 yards et ainsi de suite. En 1987, le n° 29 des Rams ne touche que 682 000 dollars. Un scandale, selon lui, vu ce qu’il apporte au club. Ce qu’il veut, c’est ce qu’il appelle du « quarterback money ». Un salaire équivalant à celui des quarterbacks vedettes qui règnent sur la « money list » du foot pro.
Usés, lassés, les Rams jettent l’éponge en novembre 1987. Ils décident de se séparer de leur star. Les Colts se précipitent pour conclure un marché. Mais à grand joueur, grand deal. Celui-ci sera carrément monstrueux. Le « deal du siècle » comme le proclament les journaux. Au bout des transactions, Indianapolis expédie trois premier tour de draft, trois second tour et deux joueurs. Le tout pour Dickerson. A qui ils signent un contrat de 5 millions de dollars sur quatre ans.
A Indy, Dickerson aligne trois nouvelles saisons à plus de 1 000 yards. En 1988, il décroche même son quatrième titre de meilleur rusher de la NFL avec 1 659 yards. Malgré cette réussite, l’entente avec les dirigeants du club est de courte durée. Dès le printemps 1990, il réclame 2 millions de dollars au lieu du million et demi prévu et sèche le training camp. Puis se ravise mais refuse de passer un examen médical. Jim Irsay, fils de Bob et général manager du club, le suspend alors et lui colle 650 000 dollars d’amende.
Curieusement, sans doute soucieux de signer la paix, Irsay offre ensuite au rebelle un nouveau contrat. Avec 10,65 millions sur quatre ans, Dickerson devient le running-back le mieux payé de l’histoire. Hélas, la saison suivante vire au naufrage pour les Colts. En 1991, Indianapolis encaisse 15 défaites en 16 matchs. La cata. Dickerson n’arrange rien en balançant : « Une partie du problème vient du nombre de blessés. Mais la plupart du temps, les gars ne savent pas ce qu’ils ont à faire. Ils ne connaissent pas leur job! » Ambiance. Pis, mi-novembre, Dickerson déclare souffrir de la jambe et quitte l’entraînement. Persuadés qu’il joue la comédie, les Colts le suspendent à nouveau. Ces disputes achèvent de semer la pagaille dans un effectif miné par la litanie de défaites. « Aussi talentueux qu’il soit, Eric ne fait pas toujours le bien de l’équipe, commente alors son équipier Ken Clark. Il amène ses problèmes sur le terrain! » Conséquence : Dickerson ne joue que 10 matchs pour un gain de 536 yards. Ridicule. Complètement frustré, il prédit alors à un reporter américain : « La prochaine fois qu’on se verra, je serai dans un uniforme différent! »
Après plusieurs mois d’incertitude, les Colts lui ont donc donné raison, le 26 avril dernier, jour de draft. Comme les Rams avant eux, ils en ont eu assez des jérémiades et des caprices de la diva Dickerson. Au point de le brader.
De leur côté, les Raiders estiment avoir réalisé une très bonne affaire. Avec Dickerson, ils espèrent bien regonfler un corps de running-backs diminué par la blessure de Bo Jackson et la baisse de régime de Marcus Allen.
Pour signer à LA, Dickerson a accepté une énorme réduction de salaire. De 2,2 millions de dollars à 1,2, dit-on. Il est vrai que les Raiders représentent une chance inespérée pour lui. D’abord celle de remporter un Super Bowl. En neuf saisons, il n’a disputé qu’une finale de la National Football Conference, perdue face aux Chicago Bears. Ensuite, à bientôt 32 ans et après deux saisons médiocres à moins de 600 yards, Eric tient à démontrer qu’il n’est pas né pour pleurnicher, mais bien pour courir avec un ballon de foot.

Position dans le jeu: Running Back
Numéro de maillot : 29
Né le 2 septembre 1960 à Sealy, Texas
NFL Draft: 1983 / Round: 1 / Pick: 2
Université de Southern Methodist
Equipes NFL :
* Los Angeles Rams (1983-1987)
* Indianapolis Colts (1987-1991)
* Los Angeles Raiders (1992)
* Atlanta Falcons (1993)

Statistiques de carrière :
Rushing Yards : 13,259
Moyenen par course 4,4 yards
Touchdowns: 96
Récompenses :
* 6x Pro Bowl selection (1983, 1984, 1986, 1987, 1988, 1989)
* 5x All-Pro selection (1983, 1984, 1986, 1987, 1988)
* NFL 1980s All-Decade Team
* 1983 NFL Offensive Rookie of the Year
* 1983 UPI NFL-NFC Rookie of the Year
* 1986 NFL Offensive Player of the Year
* 3x UPI NFC Player of the Year (1983, 1984, 1986)
* NFL Record 2,105 Rushing Yards en 1 saison
* St. Louis Rams ont retirés le N°29

NB juillet 2008

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Sabonis et les Trail Blazers

A l’époque, les Blazers croyaient au père Noël. Il avait 23 ans, mesurait 2,23 m. C’était, disait-on, le meilleur pivot du reste du monde. Mais, problème, il était lituanien. En 1986, pourtant, Portland, pionnier de la perestroïka sportive, l’avait drafté au premier tour. Ces avances empressées étaient en avance sur l’Histoire. Le club tenta un lobbying frénétique auprès de parlementaires et de diplomates américains. Trop tôt. Gorby tenait encore les verrous du rideau de fer, même s’il tentait déjà de l’entrebâiller. Trop tard. Car le tendon d’Achille du pied droit de Sabonis céda une première fois lors d’un entraînement en vue de l’Euro 87 d’Athènes. On était en mai. En août, la blessure s’aggrava après une chute d’escalier.
Déprimé, le père Noël barbu se bourre la gueule pour oublier. C’est alors que Portland abat une deuxième carte, en s’offrant de le remettre sur pieds. Sabonis obtient un visa renouvelable, et débarque avec son médecin personnel. Kestutis Vitkus, sur les rives de la rivière Willamette.
Robert Cook, le docteur des Blazers, rafistole son tendon récalcitrant durant le printemps 1988. Six mois de hard labour pour un résultat probant. Sabonis explose tous les records de musculation des Blazers, lui qui n’avait jamais touché à la fonte. Ses entraînements individuels au centre athlétique situé près de la marina impressionnent les observateurs. Sa mobilité, son exceptionnelle dextérité séduisent les techniciens. Et font saliver les général managers. L’un d’eux déclare: « Il a quatre fois plus de talent que Mark Eaton. Vitkus fait l’article: « Il danse comme Michael Jackson. » Déconneur invétéré, Sabonis conquiert ses hôtes: « La première fois que j’ai vu un match de NBA à la télévision, je pensais que le poste était déréglé ou que le match était retransmis en accéléré. J’avais du mal à croire que le jeu était aussi rapide. »
Après six mois de rééducation aux frais des Trailblazers, comprenant une Jeep Eagle Premier, un appart de standing, un lit king size, indispensable à ses 223 centimètres, et quelques kilos de régimes de bananes, un luxe exotique inabordable en URSS. Sabonis revient au pays. Comme neuf. Problème. Les Jeux olympiques de Séoul s’annoncent. En réparant le missile rouge, les pros de Portland ont objectivement joué contre les intérêts nationaux de la sélection US.
D’ailleurs, l’été suivant, à Séoul, Sabonis écrase tout lors de l’emballage final. Après dix-huit mois d’inactivité, il laboure David Robinson et les USA (avec Richmond et Manning tout de même) en demi-finale. Ridiculise Vrankovic et marche sur Vlade Divac lors de la finale, face aux Yougoslaves. L’Union soviétique est championne olympique. John Thompson, le coach américain, l’a plutôt mauvaise: « Sabonis réalise la prédiction de Lénine : “Les capitalistes vendent aux communistes la corde pour se pendre !” Préparer Sabonis à jouer contre nous, c’était trop ! »
Fin de chapitre. L’empire soviétique implose. L’entraîneur Gomelski a passé, peu avant Séoul, un pacte souterrain avec ses Baltes. « Donnez-moi la médaille d’or. Je vous offre la clé de la liberté. Les Lituaniens s’éparpilleront à l’Ouest. Marciulionis choisit la difficulté. Les autres, plus dilettantes, jouent le cacheton. Sabonis, taillé pour la NBA, échoue en Deuxième Division espagnole, où il se balade pour 1 million de dollars. Du gâchis.
C’est ce formidable héritage, un peu dilapidé, que la Lituanie, mobilisée par Sarunas Marciulionis, envisage aujourd’hui de gérer. Les spécialistes américains estiment que le pivot balte n’est plus un impact player. Ses statistiques en championnat espagnol et sa démonstration lors du match du centenaire, son rendement lors du préolympique européen (33 points, 17 rebonds contre l’Italie, le dernier jour) inclinent plutôt à penser le contraire. En décembre 1991, Sabonis a enchanté Bercy. 36 points à 82 % de réussite, 24 rebonds, 6 passes décisives et 5 contres. Fabuleuse performance accomplie en marchant. Ou plus exactement en claudiquant Le Lituanien n’a jamais retrouvé l’intégralité de ses moyens physiques. Privé de sa mobilité d’antan, le centre lituanien use encore plus de sa science du jeu.
Mais attention la nonchalance légendaire d’Arvidas le Terrible combinée à son handicap physique risquent de coûter cher face à Charles Barkley, David Robinson et Pat Ewing, voire Chris Laettner. L’ex-meilleur pivot du monde trouvera-t-il assez de ressources pour se colleter avec les blockhaus humains de Chuck Daly? Les dirigeants du Real Madrid qui le pensent viennent de signer le géant lituanien pour 3 millions de dollars sur deux ans. Pour décourager les Américains?
Sabonis. L’enfant terrible du basket balte. Un Shaquille O’Neal blanc auquel le créateur aurait confié, en plus, un shoot longue distance. Le franchise-player que l’Oregon attendait pour mettre sous séquestre la NBA. Le champion olympique en titre, qui défendra son bien, entouré de ses ex-potes, Marciulionis, Khomitchius, Kurtinaïtis, et du jeune prodige Kharnishovas. pivot de Seton Hall. Sous ses nouvelles couleurs nationales. Patience, donc. Dans quelques jours, à Barcelone, on saura si le gigantesque père Noël des Blazers était réellement un cadeau.

Arvydas Romas Sabonis
Position: Poste 5, Pivot,    center
Taille: 2.21 m
Poids: 132 Kg
Né le 19 décembre 1964 à Kaunas, Lithuanian SSR, Soviet Union
Draft     24th overall, 1986 par les Portland Trail Blazers
Equipes:
Zalgiris Kaunas (1981-89)
Forum Valladolid (1989-92)
Real Madrid (1992-95)
Portland Trail Blazers (1995-2001, 2002-03)
Zalgiris Kaunas (2003-05)
Récompenses :
European Player of the Year (1984, 1985, 1988, 1995, 1997, 1999)
Eurobasket 1985 MVP
Euroleague Regular Season MVP (2004)
Euroleague Top 16 MVP (2004)
All-Euroleague (2004))
50 meilleurs joueurs d’euroleague de tous les temps en 2008
Médaille d’or aux JO en 1988 avec URSS
Médaille de bronze en 1992 et 1996 aux JO avec la Lituanie
Médaille d’or en 1982 avec L’URSS aux Championnats du monde
Médaille d’argent en 1986 avec L’URSS aux Championnats du monde
Médaille de bronze en 1983 avec L’URSS aux Championnats d’Europe
Médaille d’or en 1985 avec L’URSS aux Championnats d’Europe
Médaille de bronze en 1989 avec L’URSS aux Championnats d’Europe
Médaille d’argent en 1995 avec la Lituanie aux Championnats d’Europe

Ar mai 2008

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La DREAM TEAM

Un jour de juillet 1992 naquit la plus fabuleuse équipe nationale de tous les temps, celle que l’on surnomma très vite même avant ces premiers match sur le parquet des jeux de Barcelone : La DREAM TEAM.

Le 8 août, finale, balle à Stockton, vingt secondes à jouer. Trente-deux points d’écart pour les Américains. Un de moins que lors du premier match, dix jours plus tôt. Le point d’honneur des battus. Homme à homme. Stockton raconte qu’il entend son vis-à-vis croate lui souffler : « John, ne le tente pas ! » Message reçu. Stockton passe sur pilote automatique et dribble, dribble encore, dribble jusqu’au bout pour tuer le temps…
« Cette équipe n’à aucune revanche à prendre, me disait à Portland Mike Kzrzyzewski, Coach K, l’un des trois assistants de Chuck Daly. Contre qui ? Pour prouver quoi ? Non. Le dream team ne fonctionne pas comme cela. »
Fonctionner ! Un mois et demi plus tard, quelques chiffres sont là, définitifs, fous: 14 matchs. 14 victoires. 51 points d’écart sur les huit premiers, Tournoi des Amériques. 43 et des poussières lors des six derniers tournois olympiques. Contre eux, rien n’a marché. Ni la protection de balle, ni les shoots retardés. Ni la fierté espagnole - départ de muerte, et arrivée, tripes au soleil, en accidentés de la route. Ni la ferveur croate, retrouvée sur le tard. Ni la prudence allemande, dérisoire blindage. Ni le basket de l’Est, délivré du béton collectiviste mais privé désormais de tout ciment, toute fibre collective. Rien. Ni Oscar Schmidt, vieux fusil brésilien enrayé, ridiculisé. Ni les Portoricains, enterrés en trois cents secondes, 17-0 d’emblée, alors qu’un trompettiste lugubre entonnait, ce jour-là, une drôle de sonnerie aux morts. Rien. Et moins encore le sculptural Sabonis, naïf jusqu’à l’inconscience, paraplégique et essoufflé, reprenant ses esprits au deuxième passage, c’est-à-dire deux fois trop tard. Rien. Ils ont été tenus, dix minutes, en finale. Mais alors, bon Dieu ! à quoi marchaient-ils, eux, les dream teamers ? Flash-back.
Il est 1 heure du matin, la saison dernière, et Chuck Daly, insomniaque chronique - comme la plupart des coaches - ne trouve pas le sommeil. « Jordan Rules », le best-seller de Sam Smith, est sur sa table de chevet. Daly plonge dans l’épopée des Bulls 1990-91, la dévore. Lorsqu’il lève le nez, le réveille-matin marque 6h 30. Déjà en charge du dream team depuis quelques semaines, Daly a compris: « Pour nous battre, nous les champions, j’ai mieux saisi ce qu’ils avaient vécu. Par où ils étaient passés. » La hargne. La haine. La hantise quotidienne. Daly était en terrain de connaissance. Ce sentiment-là, il l’avait éprouvé, insufflé, exploité lui-même deux saisons plus tôt. Lorsque les Pistons ne rêvaient que de verre pilé, de grands dunks dans la gueule, de Lakers en miettes, de Bulls en bouillie…
Nuit blanche, idées claires. « En NBA, la rivalité entre clubs déteint sur les relations personnelles entre joueurs. Parce que c’est dur, horriblement dur. Ils se défient, ils s’envient. C’est violent. C’est la vie. »
C’était la vie, mais ça ne pouvait pas, non, décidément pas faire marcher le dream team. Comment haïr des adversaires qu’on sait battus d’avance ? Daly griffonne alors quelques notes : « En NBA, les coaches sont payés pour gagner, les joueurs pour jouer. Si le dream team veut être à la hauteur de lui-même, il faut que chaque joueur se sente coresponsable et copropriétaire de la victoire. Le défi olympique, ce ne sera ni l’Europe, ni l’Amérique du Sud, ni l’Afrique. Le défi, ce sera nous. Face à nous-mêmes. »
La Jolla, Califomie, 21 juin, au nord de San Diego. Dimanche après-midi. Premier meeting des dream teamers. Douze mecs, onze pros, mais neuf clubs. Tous All Stars. Ils ont tous connu, pour certains tout gagné ou presque. Tout vécu, à ceci près justement : vivre et jouer ensemble. Jordan s’est laissé pousser le bouc. C’est l’indice qu’il est en vacances. D’ailleurs, il n’y touchera pas jusqu’au podium olympique. Jordan a déposé ses valises au Sheraton Grande Torrey Pines. Carton plein, titre en poche, jambes lourdes. 102 matchs. Jordan est là mais il est las. En fait, à cette époque, il est ailleurs. Le parcours de golf est beau, le Pacifique bleu.
Le 21 juin à La Jolla, Jordan est une star surmenée. Qui voudrait débrancher mentalement et physiquement du basket.
Avant le meeting, Daly s’attache à régler ce qu’il croit être un problème celui du leadership du dream team. Magic et Bird sont des prétendants légitimes. Pour l’ensemble de leur oeuvre. Palmarès, passé, prestige, personnalité. A l’époque toujours, Daly penche pour un triumvirat. Magic, Larry, Mike. Il en parle à Jordan. Ils en discutent tous les quatre sans témoin. Et Mike se désiste, spontanément. Le meilleur joueur du monde redevient un équipier. Sans problème. Jordan s’aligne.
Et pour cela, il fera ce qu’il faut en permanence : meneur de jeu quand on en manque. Inventeur, défricheur d’espaces libres pour Barkley et Robinson, à coups de no-look-pass. Finisseur lorsque Pippen se voit confier les rênes. Premier défenseur, stoppeur et libero sur Marciulionis, dont il rendra la vie misérable au début de la demi-finale contre la Lituanie. Jordan servira de leurre. Et puis, avion furtif, il décollera comme il l’aime, lors des deux derniers matchs, le money time du team.
Il acceptera son rôle. Ni un second rôle, ni un rôle-titre. Star parmi d’autres, partageant temps de jeu et gloire comme le pain. Il oubliera ses réflexes, son statut, son moteur, ses mobiles. Sa passion obsédante : tout endosser. Incarner l’ultime recours. Il se dispensera donc d’être indispensable, ce qui, on s’en doute, a représenté un vrai sacrifice, sinon une ascèse. Le charme du dream team opère…
Déjà, à Portland, entre deux matchs de démonstration contre les Amériques, Mike, chahutant le protocole et déroutant les équipes TV, avait donné le ton. Comme pour un tournage hollywoodien, chaque joueur disposait à l’interview d’un micro, d’un bureau et d’une pancarte à son nom. Un jour, Jordan décida de squatter l’estrade de Magic, s’attablant en riant dans la boutique d’en face : celle de Magic Johnson. Arrivée de Magic trente secondes plus tard. Il considère l’intrus, la scène l’amuse, le gag, version orégonienne des chaises musicales, l’enchante. Il bifurque, s’installe lui-même dans les meubles de l’usurpateur, seul fauteuil vacant ! Avant de démarrer l’interview, Johnson pointe du doigt la pancarte Michael Jordan qui le surplombe et lance : « Ça me va ! D’ailleurs, ça devrait vous aller aussi. Nous avons les mêmes initiales : MJ. »
M.J. Les interfaces d’une même équipe. MJ. Comme Meilleur Joueur. Mais pour que cette formule magique fonctionne, pour que les deux super soient, comme l’a dit Johnson, interchangeables, il y avait un terrible préalable : qu’Earvin soit, ou plutôt redevienne, Magic. Or si les dreamteamers étaient arrivés saturés de matchs, à La Jolla, Johnson, lui, en était sevré depuis sept mois. Johnson ne savait plus ce que l’avenir lui réservait. Et nul ne pouvait établir un diagnostic physique fondé. Mais Magic était là, plus fort de bras que jamais. Et avec un moral d’enfer. C’était essentiel, aux yeux de Daly. Voici pourquoi.

Flash-back bis. Il y a environ un an, Daly et Magic se téléphonent. Magic est heureux, et pour lui, le sida, c’est les autres. Les deux hommes parlent du dream team. Magic est excité. Magic est inspiré. Daly raconte : « II m’a dit : la saison sera dure, elle laissera des traces, des cicatrices. Il y aura de la concurrence, des jalousies, des rivalités. Pour que cette équipe ressemble à une équipe, pour que ces mecs aient envie de fonctionner ensemble, on va inventer quelque chose. Un climat, une ambiance. » La convivialité. Le respect mutuel. Et surtout : l’envie de se faire plaisir. De se défoncer à douze. Le label dream team est né. L’équipe a son animateur. Un leader. Qui s’impose d’emblée. « J’ai vite saisi, poursuit Chuck Daly, quel type de leader il serait. Nous ne pouvions pas nous en passer. Je savais qu’il allait me faciliter la tâche. »
Novembre 1991. Drame. Magic est séropositif. Flash spécial sur CNN. Daly, qui apprend la nouvelle en même temps que tout le monde, est catastrophé. Emu. Désorienté : « Ça m’a ramené près de vingt ans en arrière. Jeune coach débutant, je me revoyais dans ce bureau, à Duke, apprenant l’assassinat de Kennedy à la radio. Bon. La mort d’un président et l’annonce d’une séropositivité, ce n’est pas la même chose. » Mais l’émotion, le sentiment de vivre quelque chose d’unique et d’intensément douloureux, comme un malheur injuste frappant la jeunesse, l’optimisme en plein coeur étaient les mêmes.
Automne 1991. Magic bouleverse les pronostics et annonce qu’il s’entraîne quotidiennement, qu’il est suivi et conseillé médicalement, qu’il se surveille, qu’il a bouleversé son mode de vie ; que sa vie a changé mais qu’elle a pris définitivement un sens. Il déclare qu’il lutte, qu’il ne renonce à rien. Devenu planétaire, il se multiplie : création de sa fondation, parution d’une brochure préventive, galas de charité, émissions TV. Magic s’explique. Magic en veut. Mais plus que tout, peut-être, Magic veut revenir en jeu.
Février 92, Orlando, All Star Game. 25 points, deux duels en homme à homme contre Isiah Thomas et Michael Jordan. Le three-pointer qui clôt le score. Ovation, émotion.
Daly se dit : « Je savais qu’en forme ou pas il devait être avec nous à Barcelone pour que ça marche vraiment. Magic a ce que très peu d’êtres humains possèdent : les dons, le charisme, la volonté. »
Splendide miracle. Les dons étaient intacts, le charisme total, la volonté décuplée. Un journaliste américain fait alors cet aveu : « Il avait dit qu’il serait prêt pour Barcelone, et il fallait le croire. Si, finalement, ça a été une surprise, ce fut de notre faute, pas de la sienne. » Magic en voulait terriblement. Il désirait boucler son fabuleux palmarès. Faire taire les rumeurs. Faire parler la poudre. « Pendant des mois, explique-t-il aujourd’hui, je me suis assis, j’ai répondu à des questions, j’ai parlé. Mais l’essentiel me manquait. Prouver que je restais performant. Entrer sur le terrain. Et vous montrer que Johnson continuait d’être Magic. Aujourd’hui, je n’ai plus à répondre. Ça se voit. »
Et comment ! Quelle démonstration ! 54 assists, 144 minutes de jeu à Portland. Nul n’a fait plus, ni mieux. A Barcelone : 14 points en 21 minutes de jeu contre la Lituanie : 4 sur 4 dans le champ. 2 sur 4 de loin, trois rebonds, huit passes ! « La perspective des Jeux, les doutes émis sur sa participation, les craintes exprimées par ce médecin australien, tout cela lui fut une motivation puissante », enchaîne son agent Lon Rosen.
Et puis il y avait, là, à portée de main, les joies basiques, indispensable drogue du pratiquant. Déconner dans un vestiaire en laçant ses baskets. Taper le carton au fond du bus. Hurler ses encouragements, du banc de touche. Réconforter l’Espagnol écrasé à la fin du match. Arrêter l’entraînement à La Jolla lorsque tout le monde déraillait et que ça tournait au bordel ambiant. Participer à tout. Applaudir dans les tribunes de Montjuich à la victoire de Gail Devers sur 100 mètres. S’étourdir à la vue des gymnastes, prodiges poids plume. Discuter, tard dans la nuit, avec Stockton ou Ewing de sujets graves comme la vie et la maladie. Tracter un caddy bourré de jouets de Noël en allumant des lueurs de ravissement dans le regard des petits mongoliens de l’Ayuntamiento de Badalone. Tout cela, il en avait envie. Il en dégustait chaque minute. « I am one of the Boys, again! » Ce message-là est passé comme une onde de fraîcheur et d’espoir à Barcelone. Parce que Magic est un médium absolu. Parce qu’il a le feeling. Parce qu’il est devenu, depuis quelques mois, le plus grand communicateur du sport. Et au-delà. Parce que Magic était magique. Seul capable d’attirer tous les regards, entre cinq mille athlètes défilant dans la chaude soirée d ouverture des Jeux. Tout le reste a suivi. Les matchs, l’intendance. Détails. Flash-back numéro trois.

La Jolla, dimanche 21 juin. Deux heures de prise de contact. Pas de basket. Devant les douze, le staff technique du dream team passe tout en revue. Horaires, hôtels, practices, blessures, assurances, sécurité. Un imprimé est remis à chaque joueur.
Le lendemain, rien que du basket. Le stage, cinq jours en tout, démarre vraiment. Voici le planning type sur deux heures d’horloge. De l’arrivée au gymnase à la média session. 10 h 30 : 15 minutes d’étirements, d’échauffement. 10 h 45 : exercices de lay-up sur demi- terrain. 10 h 50 : répétition des schémas collectifs en 5-0. 10 h 55 : travail de la contre-attaque à 4 contre 4. 11 h05  : défense à cinq contre cinq.
Et jeu de transition. 11 h 15 : 20 minutes de match contre le developmental team. Huit top college players, dont Grant Hill, Bobby Hurley (Duke), Chris Webber (Michigan), Eric Montross(North Carolina, 2,13 m), Jamal Mashbum (Kentucky). Des super ? Plus que ça. Des loups.
Le premier soir, Daly alerte Willis Reed, des Nets, son nouveau général manager, au téléphone : « Si tu escomptais dépenser du fric à superviser ces mecs, économise-le et écoute-moi bien. Ce sont tous des first draft choice potentiels.»
Cette équipe expérimentale, programmée pour défendre en zone et tirer à trois points, joua son rôle à la perfection. Dans la petite histoire, elle restera comme la seule formation à avoir jamais battu le dream team. En 20 minutes de jeu. Et grâce à une trentaine de points de three-pointers! 62-54, score final. C’est alors que Magic prit l’initiative de rassembler les mecs, de leur souffler dans les bronches sans que Daly, de mèche, se mêle d’intervenir. Le jour suivant, tout était remis d’équerre. Le niveau de confiance rétabli. La motivation relancée. Les teamers l’avaient bien pris. Il suffisait de construire, selon les termes du coach, une charpente légère. Quelques slogans simples. Daly décida concrètement qu’il n’y aura pas de cinq de base. Les dream teamers étant plus que nulle équipe au monde capable de s’autogérer, il n’était pas question de la corseter dans des systèmes rigides. Devant eux, Daly s’engage à ne jamais prendre l’initiative d’un temps mort. Il tiendra ce burlesque pari. Très vite, il se conforte dans l’idée que les règles internationales (shoot en 30 secondes, raquettes trapézoïdales, ligne de trois-points rapprochée, libre intervention des dunkeurs au-dessus du cercle, zone) ne handicaperont pas le dream team. D’ailleurs, quatre arbitres FIBA convoqués pour la circonstance aideront les joueurs à les domestiquer. Il sait aussi qu’aucune formation n’a les moyens de s’opposer au team. A condition que les défenseurs prennent l’habitude réflexe de monter sur les tireurs de loin. Et que les passeurs fassent tourner la balle méthodiquement, sobrement, sans hâte ni tape-à-l’oeil.
Le reste, tout le reste, suivit. Dans la joie. Selon l’inspiration du moment. Et suivant un code d’autodiscipline absolue. Liberté totale entre les points de ralliement. Ni couvre-feu, ni inspection de chambres. Loisirs diversifiés, ainsi que Magic l’avait envisagé au départ. Golf l’après midi, pour ceux qui ne pouvaient pas s’en passer. Jordan, toujours, Daly souvent. Pumpkin Ridge, celui de San Diego, porta très vite le surnom de PC officieux du dream team. A Monaco, Jordan, tout à son parcours, faillit louper l’entre-deux et cravacha pour arriver quelques minutes avant le match d’entraînement contre la France. Casino de Monte-Carlo, où l’on flambait et fanait un peu. Shoppings et balades en famille, avec femme, enfants, babby-sitters. Pouponnage-dorlotage. Dans le hall des hôtels, on pouvait voir, si on avait le badge USA Basketball, un joli spectacle : Karl Malone, le culturo des Jazz, donnant la béquée à sa fille, Kadee. Et si on avait un masque et un tuba, on pouvait surprendre John Stockton jouant les pécheurs d’éponge avec ses deux aînés, en apnée, dans l’eau bleu cobalt du Loew’s de Monaco.
Et puis il y eut les matchs. Les flashs. Les gros plans impérissables. Barkley. Son torse d’Hercule, sa puissance d’haltérophile, sa ceinture abdominale d’acier lui permettant de se repositionner à la verticale absolue avant de faire exploser son dunk. Barkley l’énorme. Sifflé dès l’Angola, pour une bourrade inutile, défiant la bronca pour décomposer un three-pointer, comme à l’échauffement. Barkley la baraque, Barkley la franchise, qui dévissait les oreilles de minuscules ballboys ravis, les soulevaient de terre, et les faisait rebondir sur son ventre.
Barkley le taulard rigolard. Un soir, assis comme un roi mage, je l’ai vu tripoter l’anse de son sac de sport, mimer une grosse colère. Envoyer dirigeants et journalistes qui épinglaient le team - « trois empaffés sur 6 000 - se faire aimer ailleurs ! Tout le monde se marrait. Personne n’avait peur. Barkley-Coeur-de-Lion offrant son maillot de dream teamer au Croate Rajda qui le lui réclamait le soir de la finale. Avec une énorme claque dans le dos en prime.
On vit ce qu’on a l’habitude de voir et dont on ne se lasse pas : les foulées de triple sauteur de Pippen, l’exquise finesse tactique de Chris Mullin, un fluide glacial, le travail méthodique de Pat Ewing, l’intelligence foudroyante de Bird, son sens du jeu. On vit ce qu’on rêvait de voir, ce qu’on ne reverra jamais plus, parce que la NBA n’autorise ni ces libertes ni ces contre emplois. Passes liftées, vrillées, label quarterback de Malone. Quinze mètres, diagonale folle depuis sa zone, servant au millième un fast-breaker démarqué. Cascades de contre-attaques aberrantes se terminant en prises multiples à haute tension, au-dessus du cercle, près du Plexi, à toi, à moi, à nous. A deux, à trois, à quatre. Manoeuvres collectives d’école, terminées par des trilles, des quartes, des quintes de violonistes virtuoses.
On vit aussi le team jouer de longues minutes avec deux pivots, Ewing et Robinson : coquetterie. Ou encore sans réel meneur de jeu, vertige. On vit Stockton, très noble, tuer les dernières secondes en dribblant. On vit enfin Magic, drapé d’étoiles, fermer les yeux sur le podium, comme s’il rêvait, nez au firmament, tout éveillé…

La Dream Team était composé de :
* Charles Barkley des Phoenix Suns sortant d’un trade avec Philadelphia 76ers
* Larry Bird des Boston Celtics
* Clyde Drexler des Portland Trail Blazers
* Patrick Ewing des New York Knicks
* Earvin “Magic” Johnson des  Los Angeles Lakers
* Michael Jordan des  Chicago Bulls
* Christian Laettner de Duke University
* Karl Malone des Utah Jazz
* Chris Mullin des Golden State Warriors
* Scottie Pippen des Chicago Bulls
* David Robinson des San Antonio Spurs
* John Stockton des Utah Jazz
* Coach: Chuck Daly des Detroit Pistons

Seul deux joueurs de cette équipe ne font pas partis des 50 plus grands joueurs de la NBA de tous les temps à ce jour Laettner et Mullin !!

RK mai 2008

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Final Four 1992

NCAA FINAL FOUR BASKETBALL 1992

VENDREDI 3 AVRIL MINNEAPOLIS AIRPORT

NW 143. Vol Northwest. En approche de la piste. Dans la nuit du Minnesota, les lumières s’étalent paresseusement le long des freeways. Au-dessus de la ville de Minneapolis, le commandant de bord débite les formules d’usage, « J’espère que vous avez fait bon voyage. La température extérieure est de cinquante degrés Fahrenheit… » Il coupe le son micro. Et le rétablit immédiatement. « Au fait, si vous venez pour le Final Four, je souhaite bonne chance à votre équipe ! »

Saint Paul et Minneapolis, les Twin Cities (les deux villes jumelles), vous plongent tout de suite dans l’ambiance. Hall de l’aéroport. Lettre « M » jaune frappée sur un T-shirt noir, un fan de Michigan traîne les semelles de façon nostalgique. Salle des pas et des illusions perdues. « Wanted Ticket », mendie la petite pancarte en carton qu’il exhibe. Pour ce nouveau pauvre de circonstance, nulle autre issue que les circuits parallèles. Ça va se négocier dans une fourchette de 250 à 2 500 dollars le billet !

Via la meute des scalpers, ces petits voleurs à la tire qui fauchent les portefeuilles, les découpent prestement au rasoir et revendent les tickets au noir. Car les trois matchs du week-end se disputent à guichets fermés.

David Piotrowski est supporter du Fab five de Michigan, cette équipe de mômes de 18 ans, imberbes et fabuleux, qui a arraché sa place dans le Final Four en tapant Ohio State (75-71) après prolongation en quarts de finale. La sensation de l’année universitaire. David s’est donc tapé le voyage, sans avoir l’assurance de récupérer ne serait-ce qu’un strapontin. Il a passé la nuit précédente dans son mobile-home. Une chambre d’hôtel sur quatre roues avec vue imprenable sur parking. Prix de la nuitée: 2,75 dollars, record battu ! Mais David est affirmatif, lorsqu’on l’interroge : « je suis prêt à mettre 300 dollars pour un billet ! »

Voici donc un échantillon de la population migrante investissant la ville, ce week-end-là. Enorme paradoxe. Car, d’habitude, Minneapolis ne vit ni ne vibre vraiment au rythme du basket. Les Timberwolves, équipe locale, ne sont pas encore parvenus à se faire une notoriété, bordurés par les Twins du baseball et les Vikings de la National Football League. Les Wolves paraissent s’accrocher à leur dernière place en championnat de la NBA dans l’espoir de toucher le gros lot - Shaquille O’Neal - lors du prochain draft. Non, décidément, le Minnesota n’est pas l’Indiana, et ici, le tournoi de hockey des lycées attire deux fois plus de monde que celui du basket.

Dans les arrière-cours, les kids ne dribblent pas, ils s’adonnent aux glissades sur lames de patin à glace.

Pourtant, trois jours durant. Minneapolis s’est remué, aux accents de la big dance du Collège Basketball. Une grande fête étudiante en forme de ballon. La veille des demi-finales, 32 000 personnes ont défilé au Metrodome pour assister aux practices des quatre équipes. Quatre teams pour une ville. Quatre hôtels pour un rêve en stand-by. Quatre universités vouées à la même folie.

Meilleur exemple ? Bobby Knight, le coach fou et génial de lU (Indiana University). Bad Bobby n’a rien trouvé de mieux, juste avant le Final Four, que de poser pour la photo en train de fesser, fouet en main, Calbert Cheaney, un des joueurs noirs de son équipe. Sourire de communiant à l’appui. Humour douteux, racisme … La polémique était lancée, Les affaires également.

Dans les rues de Minneapolis, les magasins étiquetés NCAA Official Souvenirs affichaient un nouvel article: le fouet de Bobby Knight. Tout est sujet à  commerce. Le Final Four tient de la fête foraine et du business ambulant. Dans son édition spéciale du vendredi matin, le Saint Paul Pionner Press, un des deux quotidiens locaux, annonce entre les statistiques des différentes équipes

« 45 000 personnes sont attendues. Chacune devrait dépenser 646 dollars. »

Les étudiants viennent au Final Four pour y brûler leur jeunesse. Trois des équipes repartent avec des larmes plein les yeux. Seul le dernier survivant gardera en souvenir une immense joie. Mais tous les ans, les universités et la NCAA s’en mettent plein les poches. Quel que soit le résultat, Duke était assuré de quitter Minneapolis avec 734 000 dollars. C’est aussi cela, le Final Four. Une grande messe à la gloire du basket et du dollar.

SAMEDI 4 AVRIL

DEMI-FINALES. METRODOME

David Ralston a un bon job : athletic trainer à Michigan. En clair, il assure le suivi médical des Wolverines. Pourtant, les soirs de match, son boulot se limite à porter des serviettes et de l’eau aux kids qui gesticulent sur le banc. De temps en temps, il trimbale également la plaquette sur laquelle Steve Fischer, le coach, gribouille les dernières consignes. David dispose donc d’un laisser-passer. La plaquette qui lui pend au cou le place aux premières loges de la demi-finale Michigan-Cincinnati. Avec cette inscription terrible : Only for Saturday games. Un aller simple pour les matchs de samedi.

La philosophie du NCAA Tournament se résume à cela : the next game, le prochain match. Une défaite, et vous êtes dehors. Ce n’est pas un tournoi, mais un coupe-gorge. A une ou deux victoires du championship, les marges de manœuvre se réduisent, et la moindre erreur devient un faux pas fatal. Voilà pourquoi les Blues Devils de Duke furent si friands contre les Hoosiers d’Indiana, en demi-finale.

Parce que, toute la première mi-temps, Duke fut complètement à la rue. Christian Laettner ne touchait quasiment pas un ballon. Et, chaque fois que le centre vedette des Blues Devils prenait un rare shoot, il y avait toujours deux ou trois maillots rouges d’Indiana pour traîner autour de sa belle petite gueule de parfait collégien. Syndrome du next game ? Laettner était spectral. L’ombre du joueur qui avait réussi une perfection de match au tour précédent contre Kentucky, 10 paniers sur 10 tentatives, dont un trois point, 10 lancers-francs sur 10. Et un panier décisif en tête de raquette, à moins de deux secondes de la fin pour arracher la victoire (104-103). Héroïque et historique. Christian  Laettner, 2,11 m, devenant le top scorer all time du NCAA.

LUNDI 6 AVRIL VESTIAIRES DU HUBERT

H.    HUMPHREY METRODOME

«  Allez, dégage. Vire-moi cette caméra, Tu veux me voir pleurer à la télé, ou quoi? je suis un homme, pas un animal en cage. » Chris Webber explose. Il s’échappe vers le locker-room de Michigan. Vidé. Ecœuré. Le plus talentueux des Fab Fives n’arrive pas à semer le cameraman de CBS qui s’acharne après lui. Sur le terrain, l’un après l’autre, mécaniquement, les joueurs de Duke grimpent l’échelle qui leur permet de découper leur deuxième filet Un second titre d’affilée. Le premier back-to-back depuis la fabuleuse série d’UCLA de 1967 à 1973. La consécration d’un programme.

Dans les tribunes, les Dukies, infatigables supporters des Blues Devils, agitent leur pancarte en raillant : « Only the Beatles are Fab » (Seuls les Beatles sont fabuleux). C’est fini.

Il ne reste plus rien des rêves fous de Steve Fisher. Le coach des Wolverines est un bonhomme hors norme. En 1989, Jack Weidenbach, l’athletic director de Michigan, vire Bill Frieder, l’entraîneur, juste avant le tournoi NCAA. Il refile le job à son assistant. Steve Fisher. L’intérim se transforme en marche triomphante. Les Wolverines alignent six victoires et décrochent le titre NCAA. Rien n’arrête Steve Fisher. L’été dernier, il recrute cinq des meilleurs joueurs de High School du pays. Chris Webber, un ailier-fort aux bras d’albatros, Juwan Howard, Ray Jackson, Jimmy King et Jalen Rose … Une génération de prodiges. En cours de saison, Steve Fisher prend une décision incroyable: aligner une starting-lineup uniquement composée de freshmen (des étudiants en première année). Avec eux, il s’apprête à écrire la plus belle des histoires du NCAA Tournament. La victoire de cinq kids des innercities. Cinq mômes des grandes villes et de la rue qui n’ont qu’un modèle : les Rebels d’UNLV, l’anti-Duke.

23 h 30. Conférence de presse au Metrodome. Christian webber a perdu toute son assurance. La superbe des Fab Fives a disparu. Portés par leur jeunesse, ils se croyaient invincibles. Duke les a ramenés à la réalité. La voix de Chris Webber n’est plus qu’une complainte. Lentement, doucement, tête baissée, il marmonne:  « Ce que nous avons réussi, aucune classe de freshman ne l’avait fait. Pourtant, nous voulions tellement ce titre. Ni dans trois ans. Ni l’année prochaine. Mais ce soir ! » Visiblement, il n’arrive pas à masquer sa déception.

Les Wolverines n’ont pas seulement été battus (71-51). Les Blue Devils les ont broyés, humiliés. Lentement mais sûrement. La fin de match a tourné à la démonstration. En 7 minutes, les joueurs du Coach K ont marqué sur chacune de leurs douze possessions. Empêtrés dans la défense de Duke, gênés par les fautes de Weber et Rose, les Wolverines ne voyaient plus le jour (23-6),

Deux jours avant, Chris Weber trônait à la une des journaux. Accroché au Cercle, il venait d’écraser un dunk épouvantable, langue pendant sur le menton à la Michael Jordan, Là, le match tourne au cauchemar à 14 secondes de la fin. Passe de Bobby Hurley sur Grant Hill. Une nouvelle fois, l’élastique ailier des Blue Devils s’engouffre avec avidité sur la ligne de fond. Un bloc monstrueux de Christian Laettner lui ouvre un peu plus la voie. Grant Hill glisse sous le cercle et claque un smash à deux mains, dos au panier.

Time-out. Mike Krzyzewski savoure son bonheur. Il envoie tout son banc sur le terrain Marty Clark, Kenny Blakeney, Ron Burt, Erik Meek et Christian Ast ont droit à leurs poussières de gloire. Steve Fisher ne regarde même plus le match. Il connaît le verdict. Le temps est aux larmes. Le coach de Michigan passe son banc en revue. Il remercie, réconforte. Ultimes gestes inutiles. Au buzzer, le Metrodome explose. 112 décibels au niveau du sol. Presque autant (120 décibels) que lors du sacre des Minnesota pour les World Series.

Mike Krzyzewski l’avoua plus tard: «C’est la plus grande année que j’ai eue à coacher. Ce qu’a réussi cette équipe, c’est formidable. Elle a battu les meilleurs. Elle a été classée numéro un toute la saison, Et maintenant, ce titre. »

Parmi le lot des consécrations, Bobby Hurley. Yeux perdus dans la furie du basket universitaire, ce meneur de jeu au regard impassible a décroché le titre de most oustanding player « Je me souviendrai toujours de son premier entraînement, commenta Christian Laettner.

Le coach lui a donné la balle et lui a dit : « Voilà, maintenant, cette équipe t’appartient. Tu dois la diriger. » » Mission accomplie pour Bobby Hurley. Scorer en demi

  • finale, passeur en finale. « Bobby nous apporte toujours ce dont nous avons besoin, ajouta Christian Laettner, d’ailleurs bien placé pour le savoir. »

Complètement perdu en première période (7 balles perdues, 2 sur 8 aux shoots), le joueur clé des Blue Devils profita de deux assists de son petit meneur de jeu pour marquer les cinq premiers points de Duke en seconde période. 44 secondes pour reprendre confiance et un total de 19 points. «  C’était la pire première mi-temps de Christian, cette saison, commentait sans complaisance Coach K. Mais sa prestation en seconde période a fait la différence. » Pour son dernier match universitaire, Laettner ne pouvait pas rester sur une bavure. En juin, il figurera dans les premiers choix du draft. Le temps efface trop vite les jeunes années. En mars 91, dans leurs petites high schools, Chris Webber et ses potes n’avaient aucune idée de ce que pouvait être un Final Four.

 

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Le règne des Steelers

Le règne des Steelers….


Les parallèles étaient inévitables, aussi débiles qu’ils soient. En dérouillant les Denver Broncos fin janvier, les San Francisco 49ers ont remporté leur quatrième Super Bowl, égalant ainsi le record des Pittsburgh Steelers. Les archivistes n’avaient pas attendu pour ressortir de leurs placards toute la doc qu’ils avaient pu amasser sur ces Steelers d’un autre âge. Il leur fallait des comparaisons, des traits communs entre ces deux équipes données comme les deux plus grands clubs de l’histoire du foot moderne. Existait-il des liens entre les Steelers des Seventies, pattes d’eph et rouflaquettes, et les Niners des Eighties proprettes?
Les recherches n’ont pas abouti, Dieu merci! A-t-on jamais essayé de comparer Blanche Neige à Elvira, Woody Allen à Sam Peckinpah, Roxy Music aux Sex Pistols ou Stallone à Kevin Costner? Non, non et non! Au soir du Super Bowl XXIV, on demanda à Montana comment il
se voyait par rapport à Terry Bradshaw, l’ex-quarterback star des Steelers. « Moi, j’ai toujours mes cheveux », répondit Montana. Et cela ne mérita pas plus. Les Forty-Niners sont des garçons chic, très gants blancs, opposés aux Steelers qui passèrent plutôt en leur temps pour des pithécanthropes.
Cette remarque n’est ni étonnante, ni méchante. San Francisco, ville intello et branchée, apprécie beaucoup les dorures sur tranche, tandis que Pittsburgh aime la sueur et guère plus. L’industrie lourde américaine a sérieusement morflé ces dernières années, Pittsburgh n’est plus la grande capitale de l’acier qu’elle était naguère, mais ses habitants ont gardé une solide mentalité ouvrière.
Ils ont toujours eu un goût particulier pour les efforts surhumains et le travail bien fait. Ils aimaient et ils aiment le football rude, âpre et sans fioriture. Durant ces années soixante-dix, il y eut entre eux et les Steelers une formidable histoire d’amour. Les Steelers leur ressemblaient. Les Steelers fonctionnaient comme une chaîne de montage. Pas beaucoup d’imagination, mais un rendement hallucinant
La popularité de ces durs à cuire prit d’abord tournure grâce à leur défense. « C’est en défense qu’une équipe montre si elle a des tripes », Bradshaw s’il était doté d’un bras fabuleux, n’a jamais cessé de travailler pour s’améliorer. Il était du genre à prendre des cours du soir. Le besogneux: type. Noll l’estimait beaucoup, mais il le harcelait inlassablement. Noll trouvait que les progrès de Terry n’étaient pas assez rapides, quand bien même il lui a toujours fait confiance.
Noll a d’ailleurs fini par accorder à Bradshaw le privilège rare de choisir, en match, ses propres tactiques. A aucun moment Il ne fut considéré comme un QB intelligent mais les fans des Steelers oublièrent vite son image grossière de campagnard pour saluer son aptitude à briller sur les gros coups.
Bradshaw afficha enfin l’étendue de son tempérament et de ses talents à l’occasion du Super Bowl de 1976. Les Steelers affrontaient Dal1as. Dans le quatrième quart-temps, Bradshaw devina un blitz de Cliff Harris, le safety des Cowboys. Au dernier instant, il changea de schéma et envoya une bombe de 64 yards, touchdown à la clef, à Lynn Swann, son receveur, avant de se faire enterrer sous les contours de Harris. Les Steelers l’emportèrent 21-17.
En plus de Bradshaw, l’attaque de Pittsburgh valait par son trio magique: John Stal1worth et Lynn Swann, les receveurs, et Franco Harris, le running back. Stallworth et Swann n’étaient pas très rapides mais ils savaient se démarquer dans les instants cruciaux. Ils couraient moins vite que Jerry Rice, le speedster de S.F, mais, dans le fond, ils étaient largement aussi malins.
Ces deux wide-receivers étaient le recours obligé de Bradshaw quand l’attaque au sol se voyait momentanément mise hors-circuit. Cette attaque avait un nom: Franco Harris. A ce jour, il demeure toujours comme le plus fantastique coureur que les Steelers aient embauché. De 1972 à 19831 il a engrangé 11 950 yards et marqué 100 touchdowns. Bulldozer de nature, il est longtemps resté l’unique moteur des Steelers en attaque. Harris est entré dans la légende alors qu’il était encore rookie. En 1972, Pittsburgh dispute Son tout premier match de playoffs depuis la création du club en 1933. Il reste 23 secondes à jouer et les Raiders mènent 7-6. Bradshaw est sur sa ligne des 40 yards avec un quatrième down et 10 yards à franchir. C’est énorme. Il lance une longue passe qui rate sa cible, rebondit sur un défenseur d’Oakland et retombe par miracle dans les bras de Harris qui se précipite pour le touchdown de la victoire. « The Immaculate Reception!” La Réception Immaculée, ainsi que l’ont surnommée les Américains, signe avant-coureur du fabuleux destin des Steelers.
Cette attaque magique a remplacé dans le cœur des fans un Steel Curtain déclinant. Malgré plusieurs blessures et le port occasionnel de plâtres, Bradshaw a continué à diriger son équipe jusqu’en 1983.
C’est à la fin des années 70 qu’il a définitivement accédé au statut de superstar. Un sacre de Most valuable Player de la saison 1978, deux nouveaux Super Bowls en 1979 et 1980 dont il est le MYP incontournable. Bradshaw était probablement un quarterback laborieux, mais il a écrit de magnifiques pages dans le livre d’or de la NFL. Il a fallu attendre Montana et le quatrième Super Bowl des 49ers pour voir les records des Steelers et de Bradshaw enfin effacés des tablettes.

SP juin 2008

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Jim Kelly

Portrait de Jim Kelly en 1991…..

Lord Jim. C’est le surnom qu’avait attribué, en 1986, le magazine Sports Illustrated à Jim Kelly. La Bible hebdomadaire du sport US ne s’était pas trompée. Malgré le récent échec des Buffalo Bills à Tampa, lors du Super Bowl XXV, Kelly se pose bien en seigneur. Celui des terrains de la National Football League. Là, dimanche après dimanche, de septembre à janvier, le quarterback des Bills perce, de ses spirales sifflantes, les défenses les plus hermétiques du championnat. Kelly est, en un mot, irrésistible.
Les performances qu’il a alignées durant la saison 1990 suffisent à le prouver. Kelly a pleinement assimilé les données de l’attaque sans huddles, sans regroupements préalables, de Buffalo. Mise au point par le coach Mary Levy, cette stratégie vise à désorganiser les défenses adverses en laissant tomber les mini conférences tenues avant chaque action et en enchaînant donc très vite les phases de jeu. Les défenses n’ont alors guère le temps de se replacer selon les multiples combinaisons que choisit lui-même Kelly.
Malgré la difficulté de la tâche, « Lord Jim » a enterré, cette année, tous ses confrères de la NFL. Avec 63% de réussite dans ses passes, Kelly, transfuge de la défunte United States Football League, a même devancé Joe Montana, le docteur ès précisions des 49ers. Il est aussi le seul à avoir dépassé, au cours de l’exercice 90, la barre des 100 points du fameux QB rating, l’indice qui calcule le rendement total d’un quarterback. En guise de récompense, ses pairs lui ont offert son troisième billet pour le Pro Bowl, le match des stars de la NFL, disputé à Hawaii. Kelly en a naturellement décroché l’Oscar du meilleur rôle.
Le principal atout du leader des Bills réside dans la puissance de son bras. Lorsqu’il était encore en fac, un recruteur pro est venu vérifier la valeur réelle de ses lancers. Kelly, ravi de pouvoir démontrer le bien-fondé de sa réputation, lui a adressé quelques boulets. En essayant de rattraper l’un deux, le scout s’est fracturé le pouce. Il est reparti définitivement rassurée.
Depuis, Jim a développé et maîtrisé tous les types de passes. A 31 ans, ce droitier peut contrôler la progression de son équipe avec des tracés courts instantanés ou bien foudroyer le backfield adverse sur une bombe de 80 yards. A l’autre bout de la chaîne, Andre Reed et James Lofton, ses receveurs fétiches, jouent sur du velours. Ils savent qu’il leur suffit de respecter le timing pour voir la balle se lover dans le creux de leurs mains.
Trio infernal, Kelly Reed et Lofton forment le fer de lance d’une High Scoring Machine qui a dicté sa loi tout au long de la saison. Après un parcours préliminaire presque parfait - 13 victoires contre 3 défaites -, les Bills ont massacré les Miami Dolphins et les Los Angeles Raiders en playoffs de l’American Football Conference. Au cours des deux rencontres, respectivement remportées 44-34 et 51-3, Kelly s’est montré divin. Voici ses statistiques cumulées : 36 passes réussies sur 52 tentatives, 689 yards gagnés et 5 touch-downs. De tels chiffres ont rapidement convaincu les pronostiqueurs de donner les Bills gagnants du Super Bowl 1991.
Ce qui n’a pas vraiment été le cas. Le 27 janvier, à Tampa, les New York Giants l’ont emporté 20-19 au terme d’une des finales les plus excitantes qu’ait connue la NFL. Bill Parcells, le coach des Giants, a trouvé le seule parade efficace contre Kelly : ne pas le laisser rentrer en jeu. Grâce à un jeu au sol méthodique et lancinant, l’attaque des Giants a confisqué le ballon pendant les deux tiers du match. Kelly a dû se contenter de 20 petites minutes, au cours desquelles il n’a pas démérité.
Face à la meilleure défense du championnat, le meneur des Bills a complété 18 passes sur 30 et engrangé 212 yards. Ce n’était pas assez, d’autant que ses complices ont vendangé un nombre effrayant de ballons.
Nul doute que Kelly, fier descendant d’Irlandais, va digérer cette amère déception. Originaire d’East Brady, un petit bled proche de Pittsburgh, en Pennsylvanie, il en a conservé la mentalité. Là-bas, dans ce pays de l’acier, un homme, un vrai, se doit d’être « tough ». Dur. Aussi bien moralement que physiquement.
Sur les pelouses de la NFL, sa carrure bétonnée - 1,90 mètre, 106 Kilos - lui permet d’encaisser les charges meurtrières des chasseurs de sacks avec un flegme déconcertant. Malmené, brisé, il se relève inlassablement pour balancer la passe qui anéantit l’adversaire. En jouant de la sorte, il adore affirmer qu’il est l’unique maître à bord. « Jim pense que le terrain lui appartient », confirme son ami Ben Bennett, l’ancien QB de Duke University.
Avec son caractère indomptable, la star des Bills rappelle souvent aux spécialistes un illustre quarterback : Joe Namath ? Vainqueur du Super Bowl III, à la tête des New York Jets. « Jim lui ressemble beaucoup, explique Argovitz, l’ancien patron de Kelly aux Houston Gamblers de l’USFL. Comme Namath, il est issu de la classe ouvrière, il est bourré de talent et foncièrement anticonformiste.
Son indépendance d’esprit s’est révélée un facteur fondamental dans le déroulement de sa carrière. Kelly aime surprendre, déranger. A la sortie du lycée, son avenir semblait obligatoirement passer par Pittsburgh ou Penn State, les deux grandes universités de la région. Ignoré par la première, le jeune Jimmy avait attiré l’attention de Joe Paterno, le head-coach de la seconde. Mais Paterno voulait absolument qu’il joue linebacker. Jim a claqué la porte. Il a préféré s’exiler à l’université de Miami, dont la programme de football errait dans le tréfonds du championnat NCAA. Durant les quatre années College de Kelly, les Hurricanes ont entamé un spectaculaire redressement au point de se classer parmi les toutes meilleures formations NCAA du pays.
Choisie par les Buffalo Bills lors du draft 1983, une promo qui comprenait également John Elway et Dan Marino, la forte tête a, une nouvelle fois, pris tout le monde à revers. Il a filé aux Gamblers de l’USFL. Parrainée par Donald Trump, le magnat de l’immobilier, cette league en était, à l’époque, à ses premiers balbutiements. Kelly l’insouciant a tenté l’aventure. Avec succès.
Pendant deux saisons, il s’est imposé comme le meilleur passeur de l’USFL. En 1984, son année rookie, Kelly a même décroché le titre de Most Valuable Player du championnat avec 5219 yards gagnés et 44 touchdowns. Cependant, les experts du foot pro ont longtemps boudé ses impressionnantes statistiques. Pour eux, n’importe quel QB de la NFL en aurait aligné autant face aux marshmallows spongieux qui servaient de défense aux équipes de l’USFL. De plus, ces pisse-vinaigre n’appréciaient nullement le train de vie luxueux et les multiples conquêtes de ce playboy invétéré né le jour de la Saint-Valentin. « Je savais la reconnaissance que j’aurais eue en NFL. Mais j’ai risqué le coup pour me faire de l’argent et pour me marrer. J’ai eu les deux », explique aujourd’hui Kelly.
Transféré aux New jersey Generals en mars 1986, il a assisté, impuissant, à la débâcle de l’USFL. Complètement ruinés, malgré un procès gagné contre la NFL, les propriétaires ont déposé les armes. Chômeur de luxe, Kelly n’a pas eu besoin de pointer…
A Buffalo, les dirigeants des Bills ne l’on pas oublié. D’après les règlements NFL, le club détenait toujours les droits de ce joueur extraordinaire. Ils l’on récupéré. Kelly, lui, n’a pas débordé d’enthousiasme à l’idée de rallier cette ville de l’Etat de New York, réputée surtout pour son climat polaire. Qui plus est, les Bills ressemblaient, au moment de son arrivée, à un ramassis de losers irrécupérables. En 1985, ils n’ont jamais gagné que deux matchs !
Après quelques atermoiements, l’ex-star des Gamblers a fini par signer avec eux un contrat de 8 millions de dollars. Malgré la crise économique qui ravageait la région, les supporters ne se sont pas choqués d’une pareille somme, prêts à tous les sacrifices pour accueillir le surhomme sensé les sortir du marasme. Quitte à payer plus cher les billets d’entrée au Rich Stadium.
Kelly n’a pas été ingrat. Dès son premier match, les 79951 spectateurs - un record - en ont eu pour leur argent. Le nouveau venu, atomisé plusieurs fois par les défenseurs des New York Jets, a quand même obtenu 292 yards par la voie des airs et i la lancé trois touchdowns. Même si les Jets ont arraché le match 28-24, Buffalo s’est mise à respirer un peu mieux. Sur une banderole, un fan n’a pas hésité à proclamer : « Jim Kelly is God ! » « Jim Kelly est Dieu ! »
Cette lune de miel a duré exactement deux ans. Emmenés par Kelly, les Bills ont ressuscité. Ils ont d’ailleurs atteint, en janvier 89, la finale de l’AFC, perdue face aux Cincinnati Bengals. Malgré cette défaite, l’avenir s’annonçait radieux.
Hélas ! L’exercice 1989-90 a marqué un sale tournant. Durant cette année noire, surnommée « saison de la discorde », l’esprit d’équipe des Bills s’est désagrégé. C’était à qui descendrait son coéquipier le premier. Des vestiaires ne sortaient plus que les échos des innombrables prises de bec qui déchiraient le groupe. Kelly n’a pas été exempt de reproches. Du haut de son piédestal, le star a osé désigner des boucs émissaires.

Jim Kelly est dans la plénitude de la trentaine, l’âge d’or pour un quarterback

Ainsi, blessé à l’épaule après un sack, il a accusé publiquement Howard Ballard, l’un de ses linemen, d’être responsable de l’accident. A l’écouteur, Ballard aurait mollement succombé à la charge d’un défenseur qui avait ensuite aplati Kelly comme une crêpe. Les autres joueurs n’ont pas tardé à riposter et leur quarterback s’est senti totalement isolé. Pire, il a été hué à chacune de ses apparitions par le public de Buffalo. Son public ! Dans cette ambiance de rêve, les « prétendants » ont cruellement ramé durant tout le championnat des playoffs face à Cleveland.
Aujourd’hui, le calme et la sérénité sont revenus à Buffalo. Levy, l’entraîneur, a repris les rênes et les bavards ont remisé leurs rancoeurs au placard. Plus mûr, Kelly ne renâcle plus devant son rôle de leader. Ressoudés, les Bills ont enlevé, en 1990, leur troisième titre d’affilée de champions de l’AFC East et ils ont raté d’un cheveu la consécration suprême, en janvier dernier, face aux Giants. Leur élan ne devrait pas s’interrompre là. L’effectif regorge de joueurs exceptionnels et toute l’Amérique se pâme devant les exploits de l’attaque de Buffalo. Pour Kelly, ce n’est plus qu’une question de patience. Dans la plénitude de la trentaine, l’âge d’or d’un quarterback, il est fin prêt pour son couronnement.

SP juin 2008

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Danny Ainge : le perturbateur

Danny Ainge, ou l’histoire d’un homme adoré par les siens, haï par les autres, et qui aurait pu faire sa place au soleil dans quantité d’autres sports. Découvrez cette légende des Celtics des années 80-90.

Il fait partie de ces joueurs que l’on hue, que l’on montre du doigt, que l’on insulte, comme Ralph Sampson des Warriors et Bill Laimbeer des Pistons. A Detroit, un t-shirt fait fureur. Il y est imprimé ce slogan terrible : « je déteste Danny Ainge ».

Qui est ce joueur qui suscite tant de haine ?
« Un garçon sensible, intelligent, et agréable » répondent les journalistes américains, mais en précisant de suite : « … hors du terrain !»

Déjà tout petit, le comportement de Danny entre deux panneaux offusquait les parents d’élèves. Il accrochait les maillots, bousculait ses adversaires, chambrait les arbitres. Une petite peste. « Il était le plus doux et le plus aimable des enfants » se souvient son père, Don. « Et puis, venait le match, et là, je ne sais pas ce qui arrivait… Je crois que c’est probablement de ma faute. Moi aussi, quand j’étais jeune, je jouais comme ça. Et ses frères aînés avaient le même tempérament. Ca doit être génétique. »

Danny avait probablement une trop grosse dose d’énergie à consumer. A la high school de Eugene, dans l’Oregon, qui ne se souvient pas de ce teenager blond qui était quaterback, wide receiver ou defensive back dans l’équipe de football du lycée, baseman dans celle de baseball, el guard tout en défendant sur le pivot adverse dans celle de basket ? Un samedi, il disputa un match de basket, une partie de baseball, avant de foncer au stade d’athlétisme pour concourir dans quatre ou cinq épreuves différentes. Fatigué par ces travaux d’Hercule notre adolescent ? Pas du tout. « Si j’avais eu le temps, j’aurais fait à la suite un parcours de golf de 18 trous. J’adore le golf. »

A l’issue de sa dernière année de lycée, Danny Ainge fut honoré comme « All American » en basket, en foot, et en baseball. Les trois sports majeurs américains, là où la concurrence est la plus féroce. John Robinson, coach de football à Southern Cal, déclara que Danny était l’un des meilleurs receveur qu’il n’avait jamais vu. Robinson en fit son deuil ; Ainge préféra rejoindre l’université mormone de Brigham Young, et son équipe de basket. Il en fut le leader (24,4 pts de moyenne), et disputa, en 81, les quarts de finale du championnat NCAA.

PROFESSIONNEL EN BASEBALL

Danny avait-il opté définitivement pour le basket-ball ? Pas du tout … Cela faisait quatre ans, l’été venu, qu’il était professionnel de baseball à Syracuse ; puis aux Blue Jays Toronto, qu’il rejoignait dare dare sitôt achevés les derniers examens scolaires.

Ainge était justement en déplacement avec les Jays à Chicago lorsqu’on lui annonça que les Boston Celtics venaient de le choisir en 31e position dans la draft de juin 81. Jusque là, jamais il n’avait songé à faire carrière en NBA. « Nous pensions que la ligue pro était un repaire de drogués » dit sa femme, Michelle. Danny affirmait alors qu’il préférait la « paix » du baseball, et que ce sport, en outre, était moins exigeant avec ses genoux. Pourtant Danny se demanda s’il n’allait pas regretter toute sa vie de n’avoir jamais tenté sa chance dans ce basket pro qui lui ouvrait ses portes en grand. Et comme il succomba au charme de Red Auerbach, le président des Celtics, il se décida à franchir le Rubycon.

Ce n’était pas si aussi simple que ça. Danny avait signé, en 1980, un contrat de trois ans avec. Toronto, et le club n’était pas décidé à s’en séparer. « Je pense qu’il aurait fait une meilleure carrière en baseball qu’en basket » dit, encore aujourd’hui, le General Manager des Jays. Les Jays, qui exigèrent des Celtics un dédommagement d’un million de dollars. Ceux-ci firent la sourde oreille. La situation demeura figée pendant quatre longs mois. Et puis, le 27 novembre 1981, un compromis était trouvé, Danny Ainge signait aux Celtics, et 15 jours plus tard, il entrait en piste …

Danny affirme que sa mauvaise réputation est née à cette époque, que les Jays cherchèrent à donner de lui l’image d’un briseur de contrat, d’un homme qui ne respecte pas ses engagements. Lorsque les Celtics effectuèrent les premières démarches pour le débaucher, Peter Bavasi, le président de Toronto, employa une métaphore très imagée : « Si Ainge part, nous serons dans la position d’une femme mariée souffrante qui se fait plaquer pour une quelconque pouffiasse blonde de Boston ! »

Ses débuts aux Celtics, timides … 10′ de jeu en moyenne, 4,1 pts la première saison. Un tout petit peu mieux les deux suivantes. Mais à la fin de l’exercice 83-84, Danny prit la ferme résolution de consacrer tout son temps au basket. Et le voilà qui s’engage à la « Southern California Summer Pro League », puis qui file à Salt Lake City pour la « Pro-Am League ». Danny score, à chaque fois, ses 20 points, et donne ses 10 passes, et, surtout, il joue 40′. Il a la tête définitivement dans le filet. Depuis cette époque, pas un Celtic n’arrive en meilleure forme que lui pour le premier camp d’entraînement.

En s’investissant à fond, Danny mit toutes ses chances de son côté de prendre la place laissée vacante par Gerald Henderson, qui venait d’être transféré à Seattle. Et à l’issue de la saison 84-85, en comparant les stats des deux joueurs, KC. Jones s’aperçut que Danny dépassait Henderson aux points, aux passes, aux interceptions, aux rebonds, aux pourcentages de réussite. Bref, partout.

Danny sera deux fois champion avec les Celtics, mais ce n’est que la saison dernière qu’il a accédé au statut d’Ail-Star, avec une sélection au All Star Game de Chicago, où il fut le plus efficace des joueurs … blancs.

87-88, c’est également pour lui l’occasion d’un record. Celui du nombre de paniers â trois points réussis dans une saison. Il appartenait à Darrell Griffith, des Utah Jazz, avec 92. Ainge pulvérisa tout ça : « 148 paniers primés. Sur 357 tentés, ce qui nous fait du 41,4 %. Essayez donc à 7,25 m avec des défenses qui se veulent aussi imprenables que Fort Knox. « Je me sens désormais plus confiant pour faire ce genre de shoot que pour n’importe quel autre tir » commenta le nouveau recordman.

Ainge disputa 81 des 82 matches de la saison régulière 87-88, et passa 3.018′ sur le terrain. Ils sont rares ceux qui pouvaient afficher un tel kilométrage à l’issue du championnat. Danny apparut un peu émoussé lors des playoffs. A trop tirer sur la corde, les Celtics ont fini par la faire craquer. Surtout que Danny Ainge, à l’instar de Larry Bird, ne se camoufle jamais sur le terrain. On ne l’a pas surnommé le « moustique » pour tien ; il bourdonne toujours sur la balle en défense.

Quand il s’estime victime d’une injustice, son sang ne fait qu’un tour, il se révolte, son visage, encore juvénile, prend alors des expressions terribles. Il devient menaçant, provoquant, arrogant. Les fans du Boston Garden aiment ce garçon qui est prêt à vendre sa chemise pour une victoire. Mais les autres publics le prennent en grippe. « J’ai toujours joué avec beaucoup d’émotion et agressivement » dit-il. « Les gens me critiquent pour certains actes de débordement que j’ai commis. Je crois qu’ils ont raison. Mais j’ai fait beaucoup d’efforts pour me contenir, et ma mauvaise réputation me frustre et m’affecte énormément. » Larry Bird, du haut de ses 2,06 m, observe tout ça d’un oeil amusé. « Danny est comme votre petit frère. Parfois il fait de vilaines choses, et vous avez envie de lui donner une petite fessée. Mais vous ne pouvez pas, car vous l’aimez trop. »

Danny Ainge est tout simplement un Docteur Jekyll qui se transforme, le soir venu, sur le terrain, en Mr. Hyde.

Maurice Cheeks, meneur des Philadephie Sixers, n’est toujours pas revenu d’une remarque que lui fit Danny lors d’un match des playoffs 85. Cheeks, sur une contre attaque, s’apprêtait à réussir un lay up, quand il se fit bousculer, désintégrer, par Ainge, qui n’avait pas supporté de voir son vis-à-vis inscrire deux points sans réagir. Cheeks n’apprécia pas que Danny ait employé une méthode à la fois illégale et dangereuse. « Arrête, Danny ! Tu fais toujours ça … » Ainge regarda son interlocuteur dans les yeux, et lui répliqua : « Je fais ça aussi à mes frères quand nous faisons des pick up games. Et si ma femme essayait de faire un lay up devant moi, je lui ferais la même chose … »

NB mai 2008

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Karl “The mailman” Malone

Interview de Karl « The Mailman » Malone réalisé en 1992.

Taillé comme Robocop, le power forward, le plue athlétique de sa génération abat violemment ses cartes. Longtemps frustré avec les Jazz, il veut jouer les Terminators des playoffs. Avant d’exploser aux JO. Entretien branché sur la force !

« C’est incroyable, s’extasiait Drexler à ton propos. Comment peut~i1 être si puissant physiquement (116 kg) et conserver cette fantastique rapidité? » A quels exercices spécifiques t’astreins-tu spécifiquement pour cultiver ça ?

En un mot, c’est simple. Je soulève de la fonte. Je pratique le home trainer et le Stair Master. Je ne me donne ni cadence de base ni limites. J’y vais jusqu’à plus soif ! Je ne me fixe pas de durée précise. Je bosse aussi longtemps que j’en ai la force !

Quand as-tu décidé de sculpter méthodiquement ton corps ?

En 1986-87. Durant ma deuxième saison en NBA.

Mais à quel moment précis as-tu réalisé que tu possédais de telles capacités physiques et musculaires ?

Très honnêtement je ne saurais le dire. D’ailleurs, on ne peut pas dire que j’en ai, aujourd’hui, la certitude. Je dispute des matchs. Je fais de la musculation. Je m’entraîne dur. Mais je ne passe pas mon temps à me regarder dans la glace en me disant : « Bon Dieu, ça y est, je suis le plus fort ! »

Tu t’es fait installer une formidable salle de musculation dans ta baraque à Salt Lake City. Tu y vas tous les jours ?

Oui. Absolument. Et même plusieurs fois par jour.

Quels sont tes records personnels aux 100 m, 200 m, 400 m et en haltéro ?

C’est quelque chose que je n’aborde jamais en public. Je ne donne aucun détail sur ce sujet-là. J’estime que ça fait partie de ma vie privée. Donc, je n’en fais jamais état !

A Louisiana Tech, ta fac, tu pratiquais le foot, le baseball, ou l’athlé ?

Non. Uniquement le basket.

Et tu pratiques d’autres sports pendant tes loisirs ?

Yeah ! La pêche ! Et le pilotage des poids lourds!

Ton poids de corps semble stable. Comment te maintiens-tu en forme ? Quel est ton régime alimentaire ?

En saison, je ne me refuse rien de particulier. Car je joue et je brûle pas mal de calories. L’été, c’est autre chose. Durant mon training estival, je force sur les fruits, les crudités en salade et la cuisson au grill. En règle générale, disons que j’évite les viandes rouges. C’est la base de mon régime.

« Je ne l’ai jamais vu fatigué ! », expliqua naguère John Stockton. Tu es d’accord ? As-tu jamais terminé un match sur les genoux ?

Non. Jamais. Enfin : jamais au point d’être totalement exténué. Avoir besoin d’un break pour reprendre mon souffle, ça oui ! Mais crevé, mort physiquement ? Jamais.

« Tempête, pluie, vent. Nul ne peut stopper Karl Malone », disait la pub LA Gears. « Personne ne peut m’intimider », clamas-tu jadis après avoir dunké sur le crâne de l’Intimidateur patenté Maurice Lucas ? Toujours vrai ?

Le fait est que je ne peux pas me permettre de subir une quelconque « intimidation ». D’ailleurs, je ne suis jamais dans une posture psychologique qui donne prise à ce type de sentiment. Je joue à bloc. Je joue dur. Mais je joue dans les règles. Là-dedans, il n’y a pas d’espace mental pour l’intimidation. Et je n’ai jamais ressenti ça, devant quiconque !

Récemment, tu as dit que tu avais délaissé le gymnase cet été. Et que tu t’étais borné à te maintenir en forme. C’était inhabituel. Alors, qu’as-tu fait au juste pour cet entretien physique ?

Simplement, j’estime que je passe suffisamment de minutes sur un parquet en saison pour m’épargner de le faire hors calendrier. Et Quand je parle de me maintenir en forme, c’est à prendre au pied de la lettre. Question basket, je ne risque pas de me rouiller ! C’est à l’automne que le basket revient. Avec le camp d’entraînement des Jazz !

Tu tournes à un peu plus de 28 points de moyenne cette saison. Sensiblement moins qu’en 89-90. Pourquoi ? Les Jazz s’améliorent ? Les remplaçants progressent ? Tu tires moins ?

Eh bien, c’est un peu tout cela, en effet. Aujourd’hui, il ne m’est plus indispensable de me déchaîner pour être un instant scorer ! Les Jazz ont franchi un palier. Et je n’éprouve plus la nécessité de m’acquitter de tâches que nul autre ne serait capable d’accomplir…

Quand on est deuxième marqueur de la ligue Indiscutable All Stars, où peut~ on encore progresser ? C’est vrai que tu veux atteindre les 90 % de réussite aux lancers francs ? Sérieux ?

Non, non ! Je ne vais pas me coller cette pression supplémentaire sur le dos ! J’en ai déjà bien assez comme cela! Je tiens à continuer de m’améliorer régulièrement, rien de plus !

En janvier dernier, tu as battu le record de points marqués aux Jazz détenu par Andrian Dantley avec 13 545 points. Tu en as été particulièrement fier ?

Ce n’est pas le terme que j’emploierais. Je me suis senti honoré d’obtenir ce titre officieux, mais pas plus que de prendre le meilleur sur quiconque. Je ne focalisais pas là-dessus deux ou trois mois avant. Ce n’était pas le but de mon existence !

Lorsque vous avez battu Chicago après trois prolongations, Jordan a été expulsé pour avoir bousculé un arbitre. Après coup, peux-tu comprendre ou admettre son énervement ?

Je ne sais pas. Même si elle t’affecte ou t’indigne, la décision d’un arbitre est réputée être indiscutable, Et tu dois t’interdire toute voie de fait à l’égard d’un arbitre. Il juge en son âme et conscience. Il faut s’y plier. C’est la base de tout.

Comme les autres stars du dream team, tu semblais enchanté de disputer les JO. Puis Jordan est entré en conflit avec la NBA et le litige s’est étendu. Quelle est ta position personnelle ? Es-tu disposé à laisser la ligue utiliser librement ton image ?

Sans aucun doute ! Ils peuvent exploiter mon image ! Le fait est que ma première réaction a été d’y mettre un frein. Mais, à la réflexion : où se situe le vrai problème ? Certainement pas à notre niveau, celui des salariés hauts de gamme qui touchent entre 2 et 3 millions de dollars par an. Mais plutôt au niveau des bas salaires. Donc, je n’ai aucun problème à ce sujet. D’un côté, je pense que nous apportons beaucoup à la NBA. De l’autre, je constate que la ligue a bien organisé le business, et elle a fait en sorte que nous soyons intéressés financièrement à la prospérité générale du basket. C’était un échange. Sur le coup, je m’étais dit : s’ils m’imposent leurs vues, pourquoi pas moi ? Mais, à y bien réfléchir, je ne veux

Pas m’engager dans la direction d’une épreuve de force…

Si certaines stars optaient pour un bras de fer et un boycottage, le public américain n’aurait-il pas tendance à les juger durement ? A les traiter d’ingrats et de rapaces ?

Je ne peux uniquement répondre qu’en tant que Karl Malone. Je ne suis pas le porte-parole de l’équipe, je ne sais pas ce que chacun a en tête. J’assume ma position. Je déclare clairement que j’irai. Que j’honorerai cette sélection. Aucun fan de basket n’est à même de me juger avant de m’avoir rencontré et de connaître ma position. Et cette position est simple : je veux participer aux jeux ! Cela posé : chacun a en lui, et pour ce qui le concerne intimement, une certaine dose d’égocentrisme. Et même dans cette sélection, ça varie en fonction des individus. Je n’ai pas la prétention de connaître tout le monde. Et chacun est libre de ses options !

Cohabiterais-tu sans difficulté comme starter avec Patrick Ewing qui est comme toi un low post player ? Chez les Jazz, les pivots connaissent leur rôle et s’y tiennent…

Mais je ne suis aucunement limité à un rôle de low post player ! Je peux shooter de loin s’il le faut. Tout cela, c’est une question de système de jeu. Comment faut-il s’y prendre pour gagner ? Je ne suis absolument pas obsédé par l’idée de marquer vingt points ou plus ou de figurer en tête des rebondeurs ! Si c’est le cas, ce sera grand. Mais bon : savoir si je jouerai « haut » ou « bas », ça ne me réveille pas la nuit !

En 1989, tu avais menacé de boycotter le All Star Game si ton copain Stockton, le point guard des Jazz, ton pourvoyeur, n’était pas sélectionné. Le referais-tu pour les Jeux ?

Sincèrement, je ne m’en souviens pas ! Je ne suis pas un adepte des boycotts, J’ai oublié cet incident. J’avais tenu à déclarer que je n’avais pas ma place si Stockton ne l’avait pas non plus. Point. Le mot « boycott » ne fait pas partie de mon lexique personnel. Et moins encore en ce qui concerne les Jeux. Voilà. La question est réglée.

Tu penses que Magic doit y aller si les médecins lui en donnent le feu vert ?

Je ne tiens pas à aborder cette question.

Après sept ans d’expérience en NBA, peux-tu faire un bilan sur l’évolution du jeu ? Le basket actuel est-il fondamentalement différent de celui du milieu des années 80 ?

En ce qui me concerne, oui ! A mes débuts, j’étais pris en homme à homme strict. Aujourd’hui, j’ai couramment trois ou quatre défenseurs sur le dos !

Charles Barkley réclame à cor et à cri des tests antidopage en NBA. Tu le suis ?

Yeah. Totalement ! Si je m’imagine fréquenter des drug dealers sur les parquets de basket, j’aurai la rage. Donc je suis absolument favorable aux contrôles. Et quelqu’un qui refuserait par principe de s’y soumettre serait, comment dire, suspect à mes yeux….

Si tu pouvais composer ta propre équipe et piquer quatre partenaires dans l’histoire du basket pro, qui choisirais-tu ?

Eh bien, je ne sais pas ! Je me sens incapable d’effectuer ce choix !

Naguère, tu critiquais tes coéquipiers. Ce sont de bons gars mais pas vraiment de super~athlètes. Récemment, tu as viré de bord, « Nous ne craignons plus personne. » Pourquoi ?

Précisément parce que nous possédons désormais de véritables athlètes aux Jazz. Des types qui savent entrer en jeu, et nous relayer, et maintenir le rythme dès qu’ils sont sur le parquet. C’est avec ce genre de relève qu’on gagne. Le banc s’est fortement amélioré cette saison.

En janvier. tu semblais un peu déconnecté. En bisbille avec les médias. Un peu fatigué du basket. Etait-ce uniquement les répercussions de ta « collision » avec Isiah Thomas, qui lui a valu 40 points de suture et qui t’a coûté 10 000 dollars d’amende et un match de suspension ? Songeais-tu vraiment à arrêter ?

Voici comment je vois les choses. J’ai toujours affirmé que je m’y prendrai à temps pour envisager l’après-basket. Et élargir mon horizon. Je ne retire rien. C’est vrai que j’aime profondément le jeu. Mais il y aura une vie après le basket, et j’entends bien m’y préparer. Je ne suis pas inféodé au jeu comme d’autres peuvent l’être. Donc, je m’apprête à anticiper ma reconversion. Bien avant la fin de mon contrat !

On sait que tu as appelé Isiah après l’incident. Et qu’il aurait menacé d’actionner ses potes de Chicago pour t’intimider. C’est vrai ?

Je ne veux faire aucun commentaire là¬dessus. Nous avons abordé tous les problèmes, sans détours. Mais je n’ai pas à rendre ces discussions publiques et je suis persuadé qu’il en fera de même. Ça ne regarde que nous. Les médias ont cherché à s’en emparer en donnant une version négative des faits pour vendre du papier. Moi, je m’en tiens à la confidentialité et je ne varierai pas.

Lors des premiers dépouillements du scrutin du All Star Game, tu étais devancé par Chris Mullin ou Tom Chambers. Tu as déclaré : « Je constate que des mecs qui abattent deux fois moins de boulot que moi sont devant, c’est comme une claque dans la gueule. » Finalement, tu a dépassé tout le monde, à l’Ouest, avec plus de 760 000 voix. Tu craignais pour ton Image publique ?

Evidemment, je ne vais pas soutenir ici que j’image que le publie a de moi n’a aucune importance. On est toujours attentif à l’idée, à l’opinion que les gens ont de vous ! C’est vrai que ce score final m’a réconforté. Je crois qu’un sportif ment s’il soutient le contraire. En fait, je suis beaucoup plus préoccupé par la façon dont on me juge en tant qu’homme plutôt qu’en tant qu’athlète.

Tu as beaucoup renégocié tes contrats. Naguère, tu disais : « Si les Jazz veulent clore le débat, ils n’ont qu’à me verser un des trois meilleurs salaires de la ligue. » C’est le cas ? Aujourd’hui, tu es satisfait ?

Permets-moi de te dire que c’est avec les Jazz que j’en discute. Et d’ailleurs, on a prévu d’en reparler un peu plus tard. De part et d’autre, nous savons ce que nous avons à faire !

En 1988, Larry Miller, le proprio, t’incitait à l’appeler Larry, Tu ne pouvais pas franchir le pas. Tu t’en tenais à Mr Larry ! Depuis, tu l’appelles par son prénom ?

Non. Je ne le peux pas. J’ai trop de respect pour mes semblables. Je veux dire par là qu’il ne s’agit ni d’une question d’identité, ni de statut ou de couleur de peau. Je respecte mes aînés. Ce n’est rien d’autre, finalement, qu’une question de respect humain. En règle générale, j’appelle monsieur ou madame toutes les personnes qui sont plus âgées que moi.

En 1989, avant le match, tu as eu le pressentiment que tu allais devenir MVP du All Star Game. Tu as pourchassé ta mère pour le lui annoncer. Et ça s’est réalisé ! Tu as un don de voyance ? Tu connais le nom du futur NBA Champion ?

Non ! Impossible ! Je ne suis ni un mage ni un devin. J’ai simplement une hyper confiance en moi, C’est tout!

Mais tu parais moins exubérant, moins expansif et plus secret que par le passé, Pourquoi ? Le poids des responsabilités ?

Oui. C’est exactement ça. C’est vraiment ce que je ressens actuellement.

En 1986–87, en pleine négociation salariale avec ton club, tu menaças de te vendre en Italie si tu n’obtenais pas une rallonge, Depuis, l’Italie est devenue une puissance financière qui rivalise parfois avec la NBA. Tu pourrais refaire le même coup ?

Je n’ai rien de précis à l’esprit. Mais il ne me déplairait nullement de jouer les prolongations une saison ou deux, après l’échéance officielle. En d’autres termes, j’aimerais que ma femme et mes gosses découvrent d’autres horizons, Ce serait plaisant.
Tu penses déjà à la fin de ta carrière ? Tu as encore sept ans de contrat !

Non ! Mais je fais des projets et je suis particulièrement sensible à l’évolution des choses ! je reste en éveil. Qui peut affirmer que les choses resteront figées à jamais ! Qui sait ?

Tu disais aussi : « II n’y a plus de Kareem en NBA. » Autrement dit : pas question de durer vingt ans sur les planchers. Mais, depuis, tu t’es toi-même fixé un cadre: quinze ans, Alors ?

Alors ? Rien de plus. J’ai dit quinze ans. Yeah !

Tu as été longtemps un célibataire endurci, très respectueux de ta mère Shirley. C’est elle qui disait : « La femme de Karl devra nous ressembler. Elle devra être une country woman. Elle devra cuisiner, épargner. Comme nous.» Kay, ta femme, qui fut une reine de beauté, cuisine- t-elle ? Est-elle économe ?

Oui. Elle a ces qualités-là. Elle est originaire d’Idaho Falls. Elle met la main à la pâte. Elle accomplit exactement ce que j’ai toujours attendu d’une femme. Et ça me va. On ne change pas une équipe qui gagne !

Tu disais aussi : « A chaque fois, je m’amène une fille à la maison, elle balise, elle en rajoute pour complaire à ma mère. Moi, je leur conseille de rester nature. » Kay était-elle nature lorsque tu l’as présentée à Shirley ?

Totalement. Elle est restée elle-même. Elle n’a pas essayé de nous en mettre plein la vue. Et c’est précisément ce qui m’a plu en elle. C’est pour cela que je l’aime si fort !

Tu supportais mal la solitude du célibataire. Te voilà marié et père d’une petite fille. Ça a bouleversé ta vie ?

Oui, on peut le dire. Ça m’attendrit et me ravit. C’est un véritable bonheur de se retrouver à la maison avec elles.

Tu as eu huit frères et sœurs ; la vie n’a pas toujours été rose, Tu as dit : « Ma force, c’est de savoir d’où je viens et de ne jamais l’oublier. » Ta fille, elle, sera une enfant de millionnaire en dollars …

Peut-être. Mais j’entends l’élever sans qu’elle en ait clairement conscience. Elle ne saura ce que c’est - le fric - que lorsqu’elle sera en âge de l’intégrer et d’en mesurer la valeur. C’est un cap difficile à tenir, je l’admets. Je veux qu’elle se discipline. Mais je désire qu’elle ne manque de rien. Mes gosses, je les chérirai, tout en leur inculquant le respect d’autrui.

On dit que, dans ta propriété, tu fais vivre une véritable ménagerie, animaux sauvages, félins, serpents, etc. Ce n’est pas dangereux pour le bébé ?
J’ai trois chiens dont un labrador noir. Et tout juste Quelques chats à la maison ! Rien de dangereux ! Et puis, nous disposons d’un ranch. Donc elle va s’habituer à vivre entourée d’animaux. La réciproque sera vraie aussi !

Tu as acheté ton fameux ranch dans le Texas ?

Pas encore. Mais c’est imminent. J’en ai quelques-uns en vue.

Quelles étaient tes idoles de jeunesse ? Ciné, tv ou sport ?

A la télé ? The Rifleman et Star Trek ! Aujourd’hui, je suis porté sur les films d’action avec Bruce Willis, Schwartzenegger, Stallone, Danny Glover.

Dès ta première leçon de pilotage, tu as demandé à ton instructeur de prendre les commandes du zinc. Au risque, disais-tu, de provoquer une hémorragie du côté des propriétaires des Jazz. Tu pilotes toujours ?

Eh non! Les Jazz ne trouvaient pas ça très judicieux !

Est-ce que tu possèdes toujours la vieille Ford V8 coupé 1940 que conduisait ton grand-père ?

Et comment ! Je suis même en train de la retaper !

Tu as eu une expérience cinématographique dans Rockwell … Dans quel genre de film aimerais-tu tourner ?

Un Film de guerre ou une grande épopée. Un truc héroïque, une saga où le gars du village devient le sauveur de son peuple, par exemple.

On t’a vu dans un tas de shows télévisés. Lequel as-tu préféré ?

J’ai vraiment pris mon pied avec Arsenio Hall. C’était grand. Et j’ai eu énormément de plaisir à participer à Nickelodeon durant le week-end du All Star Game. Parce que c’était une émission faite par et pour les kids.

En fac, tu as démontré que tu pouvais obtenir des résultats quand il s’agissait de donner un bon coup de collier. Ça ne te donne pas quelques regrets d’avoir largué les études avant terme pour passer pro ?

Vraiment pas. Aujourd’hui, je m’implique dans le programme stay in school. J’ai abordé ma scolarité pour m’en sortir dans l’existence. Dès que j’ai trouvé la solution, je l’ai quittée sans regret.
Tu dis que tu es conscient d’être un role-model pour les jeunes. Et que tu ne refuses pas l’éventualité de pouvoir « influencer une vie » si tu le peux. Comment t’y prends-tu concrètement. Organisations caritatives ? Stay in school programm ?

Ne nous étendons pas sur le sujet. Je n’aime pas trop parler de ce que je fais. Je le fais sincèrement et sans éclat. C’est tout.

Charles Barkley affirme que le fait de dunker, de shooter, en un mot d’être une star du basket, ne confère aucun autre label. Et que ça ne fait pas de vous un expert en quoi que ce soit. Il refuse d’être un role-model. Qu’en penses-tu ?

Chacun a l’opinion qu’il veut. Mais tu as raison. Shooter, dribbler. dunker ne vous décerne aucun droit ni aucun diplôme particulier. Et j’ajoute ceci : pour ma part, je ne me considère même pas comme un expert es-basketball ! J’ai encore bien trop de trucs à apprendre !

AB mai 2008 pour Dimension USA.

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Jordan 69 points !!

Michael Jordan encore à ce jour est une référence, revenons sur un de ces nombreux exploits de 1990 ou il scora 69 points !!!

« C’est le seul sur un million, le seul en milliard. Je ne pense pas que l’on reverra un jour un joueur de sa trempe. C’est sûrement le plus formidable athlète au monde. » John Williams, l’ailier des Cavaliers, ne cache pas son admiration pour la star des Bulls, bien qu’il soit profondément choqué. Ce mercredi 28 mars, Michael « The Air » Jordan vient de frappe. Encore. Pour la quatrième fois de sa carrière NBA, il a dépassé la barre des 60 points. En inscrivant pas moins de 69 points, il a pratiquement massacré Cleveland à lui seul. Le score ? 117-113, après prolongations, pour Chicago. C’est anecdotique. Avec ces 69 points, Jordan, non content de qualifier très tôt les siens pour les phases finales, s’est offert un nouveau record personnel et a relégué au rayon des Antiquités les 63 points qu’ils avait planté aux Celtics, en 1986, lors du premier tour des playoffs. Cette saison, Tom Chambers, des Suns, était bien monté à 60 points et Malone, des Jazz, à 61 points, mais c’est désormais de l’histoire ancienne. Jordan a récupéré son rang de maître scorer.
Ce fantastique exploit le place en neuvième position du hit-parade des points marqués sur un match. Il faut remonter à 1978 pour dénicher dans les archives une performance folle : David Thompson (Denver) en avait aligné 73 à Detroit. Wilt Chamberlain détient toujours le record absolu avec les 100 points qu’il a marqué un soir de mars 1962 contre New York et d’ailleurs, aujourd’hui, personne n’est prêt de s’en approcher. Avec Chamberlain et Thompson, il n’y avait qu’un troisième pro à avoir cartonné plus que Jordan : Elgin Baylor, gloire des Lakers durant les Sixties, crédité d’un 71 en 1960. De son propre aveu, Jordan n’a jamais aussi bien joué que contre les Cavs, le 28 mars. En 50 minutes de jeu, il a réussi 23 de ses 37 tirs et rentré 21 lancers francs sur 23. Il en a également profité pour améliorer un autre record personnel en allant chercher 18 rebonds. Il n’a pas laissé grand-chose pour ses potes des Bulls. Horace Grant a marqué 16 points et Bill Cartwright a fini le troisième meilleur de Chicago avec 9 points ! « Je me rappelle toujours cette nuit comme celle où Michael et moi avons totalisé 70 points », a noté en souriant Stacey King, l’ailier rookie des Bulls, heureux auteur d’un des points qu’a bien voulu abandonner Michael.
Mais il y a plus drôle. Les Cleveland Cavaliers sont en passe de devenir les cobayes fétiches de Air Jordan. Contre eux, il a déjà réalisé 25 séries à plus de 40 points, dont 6 au dessus de 50. « Je sais qu’ils me détestent ! », révèle celui qui les a éliminés des playoffs, la saison dernière ; après avoir obtenu un panier miraculeux à la dernière seconde du match décisif.
Miraculeux. Avec Jordan, c’est bien le mot qui convient. A chaque soirée de championnat, il rejoue pour ses coéquipiers des Bulls la Scène de l’Apparition. Mais cela ne suffit toujours pas à faire de Chicago un digne prétendant au titre. Jordan collectionne les distinctions individuelles et les records. Il est membre indéracinable du cinq majeur de la NBA. Ces trois dernières années, il a fini meilleur marqueur du championnat. En 1988, il est sacré Most Valuable Player de la saison et du All star Game tout en étant reconnu meilleur défenseur de l’année. Il enlève « haut la main » aussi bien les concours du slam-dunks sue les contrats publicitaires mais il reste une tâche sur son palmarès. A la différence de Magic ou de Bird, il lui manque en « NBA Championship ». Et c’est beaucoup pour un type qui veut être « The Best ».
A ce propos, Michael vient de dépenser 40 000 dollars en matériel de musculation afin de peaufiner chez lui sa condition physique. « Surtout pour travailler les jambes », dit-il. « J’ai besoin de plus de force pour tenir le coup toute la saison. L’année dernière, j’étais un petit peu fatigué même si je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. » Fantastique. Les Bulls pourront se reposer encore un peu sur lui. Question : sera-t-il premier basketteur pro à remporter en solitaire le Championnat de la National Basketball Association ?
L’avenir proche comme tout le monde le sait, nous donna la réponse quelques mois plus tard.

NB juillet 1990
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Larry “The Legend” Bird

Les jeux Olympique de Barcelone sont terminés, les USA et la Dream Team sont à jamais dans les rêves de tous…… et on se souvient aussi :

Il vient d’arrêter. De mettre un terme à cette interminable fastueuse carrière. En fait, il vient d’abréger ses souffrances. Il s’est esquivé, dans un demi-sourire chiffonné. Un bail à échéance. Héros du basket, Larry Bird, 2,05m, 35ans, fils de Georgia Bird, vivait les pieds sur terre. Il vient de le dire, de s’y résoudre, de se l’avouer sans discours ni tralala. Il ne fera pas une sortie de théâtre. Depuis des mois, il cachait ses tracas autant que ses émotions. Avec peine, la bouche tordue, le 16 février dernier, au Forum de Los Angeles, pour le salut aux couleurs de Magic, son rival, son ami. Il dissimulait encore son trouble pour Portland lorsque, promu, à parité avec Johnson, co-capitaine de la dream team, il s’avançait sous les bravos du Mémorial Coliseum. Aussi sûrement qu’il a toujours su cacher son jeun Bird cache ses émotions quand Magic les cultive… Bird. Le Country boy. Quelle trajectoire, pourtant !
Passé du Hick of French Lick, bouseux du Middle West, à Larry Legend, la sommité statufiée sui possède dans son patelin d’origine des rues, des boulevards à son nom. Larry s’est arrêté, perclus des vieilles douleurs dorsales, saloperies chroniques qui lui pourrissaient la vie et, pis encore, parasitaient son génie. Malgré une cascade d’interventions chirurgicales. Ca ne pouvait plus durer. A Portland, lors du Tournoi préolympique américain, il le savait déjà, sans doute. Alors très vite, il a pris le premier shoot. Marqué. Et il s’en est expliqué, avec ironie : « parce que je n’étais pas sûr d’en mettre autres. » Blagueur !
Bird raccroche après avoir beaucoup donné. Coups d’épaules, coups d’éclats, coups de génie. Convalescent, l’an passé, simple rémission entre deux cerises, ce milliardaire aux épaules tombantes réclamait encore ses quarante minutes de jeu réel comme l’ouvrier  scrupuleux ses quarante heures. Il était orgueilleux. A Portland, où la foule réclamait sans cesse sa présence, puis à Barcelone, il joua une fois sur deux, un quart du temps. Il joua juste, comme toujours acoquiné à Magic, qui, lorsqu’il séjournait sur le banc, organisait sa claque. Lors de l’épopée olympique, son épilogue personnel, on vit Larry dans toutes les positions. Mais, plus souvent qu’à son goût, dans celle du tireur couché, allongé, plat dos ou plat ventre sur le parquet, soulageant ses reins endoloris. Il n’avait pas la vocation, lui, le forcené, de moisir sur la touche. De faire tapisserie. De jouer, lui l’indispensable, les utilités.
Quelle trajectoire ! Au départ, tout, oui, tout pour faire un cas social. Trop vite orphelin de son père, trop vite et mal marié, hâtivement divorcé, papa trop précoce et étudiant trop lambin vite échappé des salles  de classe. A 19ans, il vide les poubelles de son bled, pêche à la ligne, bistrote, prise les plaisanteries de garçon de bain, part de grands rires agricoles. Au départ, rien, vraiment rien, pour bâtir une légende. Nez fluo, rouge panaris, tombant en piqué sur des lèvres de buveur de bière, épiderme laiteux, moustaches filasses. Look de plombier zingueur. Quand Johnson, déjà Magic a 20ans, ondule sous le casque de son walkman, fait le discours jockey, et s’offre chez les pros, qui ne sont pas des tendre, une entrée de star, Larry reste un rural, fier de ses racines, pour qui un sou est un sou.
Leurs numéros de maillot se suivent, 32 pour Johnson, 33 pour Larry, ils ne se quitteront plus, se mesurant trente-sept fois en face à face, s’étonnant, se surpassant l’un à l’autre. Ils n’auront connu que deux clubs, Lakers californiens violet gold et Celtics de Boston vert Irlande. Et ces deux clubs, finalement, n’auront connu qu’eux. C’est à Boston que débarque cette grande bringue de l’Indiana, promise sans doute à une carrière de sous shérif, de sergent de ville, si le basket n’avait pas existé. C’est Red Auerbach, le boss au cigare, qu’il estomaque en marchandant déjà fermement son premier contrat.
C’est au Boston Garden, hangar antique où l’on siffle et où l’on sue, qu’il tisse sa gloire, match après match. Treize années de carrière. Trois titre NBA, 60 points contre les Hawks en 1985, 21 rebonds face aux Bullets, le 16 mars 1982, 17 passes, contre les Warriors, le 16 février 1984, et, entre deux séjours au garage, un fantastique triple double cul sec/ 49 points, 14 rebonds, 12 passes décisives…
En NBA, tête de mule mais tête d’affiche de la décennie 80, il aura écrit l’Histoire. Aux Celtics, il faisait partie des meubles. Meuble de style, malgré les rugueuses apparences. Jaillies de mains épaisses, ses passes étaient fulgurantes, ingénieuses, littéralement géniales. Bird avait sur le terrain, un regard cosmique, un œil de Lynx, un appétit de loup. Un viseur sous la visière. Il avait un tir imparable, incroyablement sûr, en bascule, arme de poing, outil de précision. Bird avait de la poigne et du poignet. C’était un as de la ligne de fond. Un contre-attaquant d’une vigueur exceptionnelle. Promu vice-président des Celtics, Bird s’arrête. Sans parade, ni accolades, ni remise de décoration. Et Magic un peu orphelin quelque part, d’avoir le cœur serré…

LARRY BIRD Digest :
Position : Aillier poste 3, Small forward.
Numéro de jeu :33
Né le 7 décembre 1956 à West Baden Springs, Indiana, USA
Joue de 1979 à 1992 aux Boston Celtics NBA
NBA Draft: 1978 / Round: 1 / Pick: 6
Université: Indiana State

Stats et Récompenses Carriére :
21,791 points, 5,695 passes décisives et 1556 balles volées.
* 3x NBA Champion (1981, 1984, 1986)
* 3x NBA MVP (1984-1986)
* 2x NBA Finals MVP (1984, 1986)
* 9x All-NBA First Team Selection (1980-1988)
* 1x All-NBA Second Team Selection (1990)
* 3x NBA All-Defensive Second Team Selection (1982-1984)
* 1980 NBA Rookie of the Year
* 1980 NBA All-Rookie Team
* 12x All-Star (1980-1988, 1990-1992)
* 1x NBA All-Star Game MVP (1982)
* 3x NBA Three-Point Shootout winner (1986-1988)
* NBA’s 50th Anniversary All-Time Team
* 1979 USBWA College Player of the Year
Champion Olympique en 1992 avec la Dream team à Barcelone.

NB mai 2008
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Notre Dame saison 1989

Notre DAME

Atrocement motivés par la mort de leur quarterback, les Colorado Buffaloes ont failli gagner le titre NCAA. Notre Dame les en a empêchés. Miami est sacré champion 1989.

Sal Aunese est mort fin septembre d’un cancer inopérable de l’estomac. A 21 ans. Il était encore la saison dernière le quarterback des Colorado Buffaloes, tantôt fantasque, tantôt billant, un sacré meneur d’hommes. Avant de mourir, il a laissé un fabuleux mot d’adieu à ses coéquipiers. Je suis désolé de vous quitter physiquement, disait-il en substance, mais soyez assurés que, par l’esprit, je serai toujours avec vous. Là-dessus, Aunese, Buffalo dans l’âme, a formulé une dernière requête à ses joueurs : rapporter l’Orange Bowl à Boulder. Pour lui, pour la plus belle des épitaphes. Pendant des semaines, les Buffaloes, atrocement motivés, se sont donc montrés remarquables, voire méconnaissables. En 1987, 18 d’entre eux furent arrêtés par les forces de l’ordre pour avoir sème le terreur sur le campus et dans les bars du centre-ville. Aunese, pris parmi les fauteurs de trouble, passa même quinze jours à l’ombre. Les Buffaloes se virent alors interdire toute sortie nocturne en semaine.
Leur conduite était inqualifiable, une honte pour l’université et la ville.
Ils se rachetèrent tant bien que mal l’an passé, mais Boulder n’a réellement passé l’éponge que cette saison avec la disparition d’Aunese et la métamorphose radicale de ses footballeurs. Les Buffaloes, devenus presque angéliques, n’ont plus voulu se concentrer que sur le championnat.
Ils ont aligné victoire sur victoire durant l’automne 1989, au point de finir invaincus la saison régulière de College Football, classés n°1 de tous les Top 20 ou Top 25. Aunese, qui venait juste de donner un fils à Kristyn McCartney, la fille de son coach, avait en plus réussi, à titre posthume, à engendrer chez les siens son propre tempérament de champion. Avec un idéal de chevaliers du Moyen-Age.
Les Buffaloes se sont qualifiés pour l’Orange Bowl, disputé à Miami le 1er janvier 1990. Une victoire aurait été superbe. Pour Auneses et, accessoirement, pour les Buffaloes qui auraient été la seule grosse équipe à terminer la saison sans défaite, promis automatiquement au sacre de champion NCAA. Leur tout premier en cent ans.
Seulement, les Fighting Irish de Notre Dame n’ont pas ratifie ce scénario de rêve qu’Hollywood espère par ailleurs porter prochainement à l’écran. Notre Dame a remporté l’Orange Bowl en battant Colorado 21-6. Les Irish ont été cruellement bousculés durant les deux premiers quarts-temps, mais trois touch-downs d’Anthony Johnson (2) et Raghib Ismail leur ont permis de s’échapper sans crainte au cours de la deuxième moitié du match.
Notre Dame n’a pas pour autant enlevé le titre NCAA, pour la deuxième année consécutive en College Football, ce titre est accordé par différents jurys de journalistes ou d’entraîneurs au gré des sondages de fin de saison. Les résultats du championnat régulier et ceux des Bowls sont pris en compte. Au 1er janvier, trois équipes pouvaient encore être couronnées : Colorado, Notre Dame et Miami qui s’apprêtait à rencontrer Alabama lors du Sugar Bowl. Depuis septembre, ces trois teams avaient très nettement dominé l’exercice 1989. Un sans-faute pour les Buffaloes, un seul échec pour les Irish - face à Miami, qui avait perdu de son côté contre Florida State.
Notre Dame a récupéré l’Orange Bowl tandis que le même jour les Hurricanes de Miami disposaient d’Alabama et ses Crimson Tide, 33-25, au Superdome de New Orleans. Pendant trois quarts-temps, ils ont souffert devant près de 80000 spectateurs puis se sont détachés sur la fin grâce aux travaux millimétrés de leur quarterback, Craig Erickson. Erickson s’est vu gratifier de 17 passes réussies sur 27 et 250 passing yards. Les Hurricanes ont progressé au sol de 227 yards alors que les Crimson Tide se sont contentés de quelque 38 yards.
Dès lors, le choix des différents jurys pour la nomination du lauréat 1989 ne se limitait plus qu’à Notre Dame et Miami. Et tous ont désigné les Hurricanes après plusieurs votes extrêmement serrés. Dale Dawkins, le receveur de Miami, doutait encore de l’issue des scrutins malgré le succès des Hurricanes sur Alabama. « Je me demande toujours qui est n°1, au vu de ce que les gens pensent de nous ou de Notre Dame », avouait-il. « Les Irish sont le cadeau de Dieu au college Football, tandis que nous, nous n’en sommes jamais que les mauvais garçons. »
Inquiétudes inutiles. Voici le dépouillement des urnes. Les 60 journalistes votants de l’agence Associated Press ont placé Miami en tête avec 1474 points et 39 premières places, contre 1452 points et 19 premières places à Notre Dame. Le collège d’entraîneurs réunis par United Press International a même relégué les Irish au troisième rang de leur Top 20. 1er : Miami, 707 points, 36 premières places ; 2ème : Florida State, 661 points et 7 premières places ; 3ème : Notre Dame, 660 points et 6 premières places. Le quotidien « USA Today » a également désigné les Hurricanes avant les Irish (791 points à 771), tout comme l’ordinateur du « New York Time ».
Lou Holtz, le coach despotique des Fighting Irish, n’a absolument pas apprécié ce verdict qu’il juge sacrilège.
Selon lui, Notre Dame méritait le championnat car ses joueurs avaient eu un calendrier bien plus éprouvant que celui des Hurricanes. Sur leurs douze rencontres programmées entre septembre et décembre, neuf concernaient des adversaires de taille voués au Top 25 de « post-season ». Sur onze rencontres, les Hurricanes n’en eurent, eux, pas plus de quatre aussi corsée. Notre Dame a dû cogner successivement Virginia, Michigan, USC et Colorado, tous des terreurs dans leur genre. Miami a limité ses gros affrontements à Michigan State et Pittsburgh, deux facs au gabarit réduit. Holtz a vertement regretté que ce facteur n’ait pas été retenu, arguant du fait que le terrible parcours des Irish contrebalançait largement leur défaite contre Miami, l’unique raison de leur perdition.
A vrai dire, les jurys y ont réfléchi, bien que pas assez au goût de Holtz. Depuis qu’A.P. a créé son sondage de fin de saison en 1968, le 1.Miami, 2.Notre Dame avec 22 misérables points d’écart est le résultat le plus serré qu’il y ait eu après le 1.Brigham Young-2. Washington de 1984. « Vous pouvez peut-être justifier la victoire finale de Miami, hurlait Holtz, mais vous ne pouvez hélas pas justifier pourquoi nous ne sommes pas premiers ; »
Dennis Erickson, l’entraîneur des Miami Hurricanes, a évité de s’étendre sur ces divers classements, se contentant de remarquer qu’ils étaient tout ce qu’il y a de plus logique. Erickson est le premier entraîneur à remporter le championnat dès sa première saison, depuis Bennie Oosterbaan en 1948 à Michigan. Mieux encore, il vient d’offrir à Miami des lauriers extraordinaires : ceux de la meilleure équipe de foot universitaire des années 80. Les Hurricanes ont enlevé leur premier titre NCAA en 1983, renversant cette année-là les Nebraska Cornhuskers contre toute attente.
Howard Schnellenberger, parti ensuite à Louisville, était leur coach. C’est Jimmy Johnson, aujourd’hui aux Dallas Cowboys, qui l’a remplacé pour gagner le championnat en 1987. Avec Johnson, les Hurricanes finirent deuxièmes en 1986 et 1988. Pour 1989, Erickson a parfaitement assuré la relève aux commandes d’une équipe qui a produit ces dernières années pas mal de bons pros : Bernie Kosar, Jim Kelly, Eddie Brown, Jim Burt, Brian et Bennie Blades, Vinny Testaverde, Steve Walsh, Alonzo Highsmith, Jerome Brown… Belle association d’anciens élèves.
Les Hurricanes peuvent se réjouir leur troisième titre en sept ans, mais aujourd’hui les spécialistes ne partagent pas forcément leur enthousiasme. Ils se plaignent d’un système de Bowls trop compliqué et souhaitent à l’avenir organiser des play-offs par élimination directe qui permettront de désigner plus facilement le champion de l’année en cours. La commission télé de la College Football Association va plancher sur ce thème dans les mois à venir. Son idée : des phases finales à 16 équipes. Ce serait le rêve, mais il va y avoir quelques réticences. Pour participer au Sugar Bowl, Miami et Alabama ont chacun empoché près de 3 millions d’euros lourds. Pour disputer l’Orange Bowl, Notre Dame et Colorado ont chacune eu droit à 4 millions d’euros. Avec l’avènement des play-offs, ces gains extraordinaires seront désormais de moins en moins évidents. La seule devise des Américains n’est-elle pas le dollar, après tout ?

AJ juin 2008

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Michael Jordan : Une soirée chez les Bulls

Revivons ensemble un fort moment à Chicago avec le maitre Michael Air Jordan et toute son équipe lors de la saison 92 d’un nouveau titre pour MJ.

On était à cinquante minutes du match. Emu comme un môme, j’ai poussé la porte du vestiaire. Au-dessus, le Stadium, électrisé par l’ambiance des playoffs, mugissait déjà comme un voisin tapageur. Incroyablement relax, Jordan, assis, répondait d’une voix douce à dix journalistes en arc de cercle. Il était 11 h 10, ce dimanche-là. Game 2 du premier round contre Miami. Horace Grant rendait quelques sourires, John Paxson adossé au mur avait posé une poche de glace sur son genou gauche et Pippen tuait le temps en short blanc Phil Jackson, le coach, avait le teint blême et les traits tirés. Préparateurs physiques, reporters télé, l’oreillette sur le revers du blazer, tournaient comme des mouches dans un bocal. Et puis il y avait Jordan, dans son emballage cadeau, sapé en marié milliardaire. Tout s’agitait autour de lui. Dans sa bulle, Jordan avait l’air de sortir du film Cotton Club. Diamant scintillant à l’oreille. Chemise à col glacé, cravate de soie imprimée, montre Rolex, manchettes empesées avec trois initiales brodées: MJJ. Michael et Juanita Jordan. Il avait la taille prise dans un pantalon gris métallisé magnifiquement coupé, il portait des chaussettes blanches, une paire de mocassins de croco noir si brillants, si fins, que j’aurais juré qu’il allait faire un numéro de claquettes. Un danseur. C’était une vision incroyable, cette star totalement cool, lumineuse, tirée à quatre épingles, rasée de frais et donnant un talk-show précis, ajustant ses reparties au millimètre. On se serra la main, on échangea quelques aimables banalités, je lui tendis un magazine français, il se découvrit en couverture en riant aux éclats, il le feuilleta. Et le rangea soigneusement dans le sac de sport, à sa gauche. Le maillot 23 pendait sagement sur un cintre, à ses cotés. Heure H moins 45 minutes. Je pensais à toutes les simagrées à quoi s’obligent certains sportifs de chez nous, gueule en coin, barbe de quatre jours, rictus guerrier. Ils prétextent la pression. Jordan allait disputer son 84e match de l’année. Il venait de marquer 46 points deux jours plus tôt, contre les Heat. Dans l’air raréfié des playoffs. Il carburait déjà au méthanol, galvanisé par l’enjeu. Jordan parle d’«expectation », en anglais. Il sait qu’on l’attend. Qu’on n’en attend un peu plus chaque fois. Il sait qu’il sera à l’heure. La classe. La souplesse, la fluidité du tueur mondain. Mondial.
Jordan adore les séquences éliminatoires, le tableau final, où chaque match devient un contrat meurtrier. C’est son truc, son espace. Il y est toujours meilleur que pendant la saison régulière. Ses scores s’améliorent Ses démarrages sont plus violents, ses rotations plus frénétiques, ses tirs éclatent comme des flashs. Son calme est plus impressionnant encore ! Jordan, la glace et le feu, maîtrise complètement ses émotions. Il domine. Il démontre. Il explique très bien comment il s’affranchit magnifiquement de la tension du compte à rebours. Il refuse de se consumer durant les dernières heures Qui précèdent la rencontre. S’abstient de revisionner fébrilement les cassettes pour déjouer les dispositifs défensifs de ses adversaires. Il les connaît tous par cœur. Il sait qu’ils seront deux, voire trois, à avoir l’œil et la main sur lui. Il a intégré tous ces schémas. II trouvera une solution immédiate, foudroyante: «Je n’en suis plus à me calfeutrer à la maison en refusant de voir mes amis ou de répondre au téléphone. J’écoute la même musique, je ne change rien au rythme de mes entraînements. Mentalement, je suis prêt. Mes meilleurs matchs, c’est lorsque je suis totalement relax, » Prêt. Cette hyper confiance qui s’installe dans les moments clés lui vient de loin. De North Carolina, son équipe de collège. Dean Smith, qui n’est pas un laxiste, lui disait alors: « Prends ta chance, arme dès que tu l’estimes nécessaire Tu es seul Juge. » Un artiste en scène. En baskets noires, ce jour-là.
Lors de la présentation ahurissante, véritable parade au laser, Jordan arrive le dernier sur le parquet. Pippen, Grant. Le¬vingston, BJ, tous les autres l’ont précédé. Scott Williams, hilare, tourne en toupie sur lui-même comme un rappeur. Le niveau sonore est effrayant. Phil Jackson, en costume strict, se dirige d’une démarche raide vers le banc, on le dirait monté sur des échasses. Il est escorté de sa garde d’assistants, Winter, Bach, tous en veste noire. Lorsque le projo balaie violemment les travées pour venir braquer finalement l’étendard, la bannière du titre 1991, le regard de Jordan change. Magic Johnson, présent au Stadium, qui l’ovationnera follement à la mi-temps, commentait, consultant de luxe, la rencontre pour NBC sur la chaine 5, en tandem avec Dick Enberg. Il notera cette lueur assassine Qui s’allume dès que la balle est en jeu, Dès la prise d’antenne. Jordan change de nature. Il est littéralement dopé, transfiguré, galvanisé par l’intensité du spectacle, la fièvre de l’enjeu. Son univers? Un monde médiatique où les foules rugissent, où les applaudissements crépitent comme une pluie d’orage, Un monde où il produit et déplace des ondes magnétiques.
Cette semaine, il avait reçu mille lettres - cadence de croisière hebdomadaire -, poèmes, déclarations d’amour folles, hommages délirants. Au Stadium, pour un match plié d’avance contre Miami. il y avait cinquante-cinq photographes de presse disposant leurs objectifs comme un peloton d’exécution, autour des deux panneaux, quinze équipes de télévision en batterie tirant des câbles autour du parquet, postant des cadreurs au sol et dans les deux galeries supérieures.
A l’entraînement du samedi, Deerfield Multiplex de Lake Cook Road, les caméras, interdites de terrain, volaient les images des practices derrière un Plexiglas. Jordan, cadré serré, répétait à quatre chaînes successives : « Nous sommes prêts! Confiants. Surtout pas arrogants, » Les pronostiqueurs donnaient les Bulls en trois manches sèches. Rony Seikaly, le pivot des Heat disait: « On est rudement content d’en être arrivé là. » Leur voyage de collégiens en goguette allait s’arrêter précisément là où celui de Jordan commence, Le royaume de l’omniprésence, de la « versatility »….

MICHAEL JORDAN sa Carrière :
Position : 2ème Arrière, Poste 2, Shooting Guard
Numero de maillot :23, 45, 9 (JO)
Taille :6′6 (1.98 m)
Poids :216 lb (98 kg)
Né le 17 février 1963 à Brooklyn, New York City, état de New York,
NBA Draft: 1984 / Round: 1 / Pick: 3
Université : University of North Carolina
Equipe NBA :
* Chicago Bulls (1984-1993, 1995-1998)
* Washington Wizards (2001-2003)

Statistique Carrière : 32,292 points, 6,672 rebonds, 5,633 passes décisives
Récompences et performances en Carrière :

* 6x NBA Champion (1991, 1992, 1993, 1996, 1997 1998)
* 5x NBA MVP (1988, 1991, 1992, 1996, 1998)
* 6x NBA Finals MVP (1991-1993, 1996-1998)
* 1x NBA Defensive Player of the Year (1988)
* 10x All-NBA First Team Selection (1987-1993, 1996-1998)
* 1x All-NBA Second Team Selection (1985)
* 9x NBA All-Defensive First Team Selection (1988-1993, 1996-1998)
* 1985 NBA Rookie of the Year
* 1985 NBA All-Rookie Team
* 14x NBA All-Star (1985-1993, 1996-1998, 2002-2003)
* 3x NBA All-Star Game MVP (1988, 1996, 1998)
* 2x NBA Slam Dunk Contest winner (1987, 1988)
* NBA’s 50th Anniversary All-Time Team
* 1x NCAA Men’s Basketball Champion (1982)
* 1982 ACC Freshman of the Year
* 1984 ACC Men’s Basketball Player of the Year
* 1984 USBWA College Player of the Year
* 1984 Naismith College Player of the Year
* 1984 John R. Wooden Award
* 1984 Adolph Rupp Trophy
* 1991 Sports Illustrated Sportsman of the Year
* 2000 ESPY Athlete of the Century
* 1990s ESPY Male Athlete Decade Award
* 1990s ESPY Pro Basketballer Decade Award

Médaillé Olympique avec les USA 2 fois médaille d’Or à Los Angeles en 1984 et à Barcelone en 1992.

NB mai 2008

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David Robinson

Retour dans le passé fructeux des San Antonio Spurs . Retour dans les années 90 du temps d’un certain David L’Amiral Robinson. Flash Back.
« Il y a plus d’action dans les travées de cet avion qu’il n’y en avait ce soir sur le parquet ! ». La phrase, lâchée à haute voix, a jeté un froid dans la cabine du Boeing 737, spécialement affrété par les San Antonio Spurs. Personne n’a relevé la vanne furibarde de Red McCombs, le proprio de l’équipe. Remarquez, c’était préférable.

Quelques heures plus tôt en ce 14 février, les Spurs venaient de prendre une raclée au Coliseum de Seattle. 108-91 contre les Supersonics. La veille, contre Golden State, David Robinson et ses coéquipiers avaient déjà encaissé un sévère 109-94. Deux matchs dans lesquels les Spurs s’étaient montrés insipides et maladroits.

Quelques mois plus tard, les Spurs restent décevants. Ils n’ont toujours convaincu personne qu’ils pouvaient rivaliser avec les gros calibres comme Portland ou Chicago. Ils ont bien terminé la saison régulière avec 47 victoires et 35 défaites et ils ont ainsi décroché un ticket pour les playoffs.

Là, au premier tour, San Antonio devait se passer de Robinson, la star des pivots, dans son duel face aux Phoenix Suns. Opéré fin mars des ligaments du pouce. Robinson était indisponible jusqu’au deuxième tour des phases finales. Mais deuxième tour il n’y a pas eu, malheureusement. Car, Robinson out, les Spurs ont été éliminés en trois manches sèches. Trois scores sans appel : 101-92, 117-111, 119-107.

Normal. Robinson est à San Antonio ce qu’est Jordan aux Bulls, ou Patrick Ewing aux New York Knicks : un franchise player, la pierre de base de tout un édifice. Il n’y a qu’à regarder ses stats pour s’en persuader. Cette saison, le pivot de 2,16m a tourné à une moyenne de 23,2 points - avec 55,1 % de réussite aux tirs-, 12,2 rebonds, 2,32 interceptions et 4,49 contres par match. Cinq données statistiques dans lesquelles le triple All-Star figure parmi les dix meilleurs du championnat. Une perf unique!

Pourtant, Robinson n’est pas la seule arme de San Antonio. Les Spurs possèdent sans doute l’un des cinq majeur les plus équilibrés de la NBA. A 31 ans, l’ailier Terry Cummings garde toute sa fraîcheur, à 17.3 points et 9 rebonds par match. Pour sa troisième année pro, Sean Elliott, l’autre forward et seule véritable gâchette extérieure des Spurs, réussit 49,5 % de ses shoots. Derrière, Rad Strickland, quatrième de la league avec 8,6 passe décisives, est un honnête playmaker. Dernier membre de ce cinq léché, Willie Anderson, le shooting guard, a malheureusement raté un tiers de la saison à cause de blessures.

Si les starters sont hauts de gamme, il n’en va pas de même avec les remplaçants. Hormis Antoine Carr, un backup center qui a su hausser son jeu en l’absence de Robinson. En revanche, Vinnie Johnson, l’ancien de Detroit, se remet lentement d’une opération au genou et le jeu du Microwave toussote actuellement comme un vieux four à charbon.

Mais ce qui manque le plus aux Spurs, c’est un véritable leader. Si Robinson sait parfois jouer les délégués syndicaux - c’est lui qui a obtenu du club que les déplacements se fassent en avion privé -, son caractère réservé l’empêche d’agir en patron sur un parquet. Un rôle que ne parviennent pas non plus à assumer les vétérans Cummings ou Johnson.

Résultat : la jeune équipe des Spurs - Cummings mis à part, le cinq majeur a une expérience moyenne de trois saisons pros - perd souvent toute cohésion sans raison apparente. Comme lors des matchs de Golden State et Seattle, en février.
Cette inconstance qui leur avait déjà coûté deux éliminations prématurées au premier tour des playoffs 90 et 91. Et c’est également cette absence chronique d’intensité dans le jeu des Spurs qui a provoqué le départ du coach Larry Brown, en janvier dernier. Son remplaçant, Bab Bass, le superintendant du club, a obtenu de bons résultats : 21 victoires en 30 matchs avant la blessure de Robinson. Mais il est incapable d’en expliquer la cause : « Parfois, une voix différente dans les vestiaires change les choses. Nous avions déjà de bons joueurs. Nous avions une bonne équipe. Ils se sont simplement mis à mieux jouer. Et il est difficile de savoir pourquoi! Pour coacher les Spurs l’an prochain, le club a signé Jerry Tarkanian, le vieux rebelle de l’université de Nevada - Las Vegas. Nul doute que la priorité absolue du Shark sera justement de découvrir ce « pourquoi ».

Bio Carrière de David Robinson :
Position : Pivot/center
Numero de maillot :50
Né le 6 aout 1965 à Key West en floride
NBA Draft: 1987 / Round: 1 / Pick: 1
Université : Navy

A joué uniquement aux San Antonio Spurs de 1989 à 2003
Et cumulé 20,790 points, 10,497 rebonds et 2,954 contres
Ses récompenses :
* 2x NBA Champion (1999, 2003)
* 1x NBA MVP (1995)
* 1x NBA Defensive Player of the Year (1992)
* 4x All-NBA First Team Selection (1991-1992, 1995-1996)
* 2x All-NBA Second Team Selection (1994, 1998)
* 4x All-NBA Third Team Selection (1990, 1993, 2000-2001)
* 4x NBA All-Defensive First Team Selection (1991-1992, 1995-1996)
* 4x NBA All-Defensive Second Team Selection (1990, 1993-1994, 1998
* 1990 NBA Rookie of the Year
* 1990 NBA All-Rookie First Team
* 10x NBA All-Star (1990-1996, 1998, 2000-2001)
* 1x NBA Sportsmanship Award
* NBA’s 50th Anniversary All-Time Team
* 1987 USBWA College Player of the Year
* 1987 Naismith College Player of the Year
* 1987 John R. Wooden Award

Médaillé Olympique avec les USA de :
Bronze en1988 à Seoul
Or en 1992 à Barcelone
Or en 1996 à Atlanta

Champion du monde en 1986 en Espagne.

AC le 4 juin 2008 pour Dimension USA

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Earvin “Magic” Johnson

Voici une des plus grande star et légende du sport Américain et en particuliers du Basket-ball Mondial. Earvin « Magic » Jonhson. Saison 1989-1990.

Cick Hearn, voix légendaire, Cick commentateur attitré des Lakers, s’est écrié un Jour « Quand il c’est arrivé à Los Angeles. c’est comme s’il avait allumé la lumière !”,Earvin Johnson Jr, le meneur polymorphe de ces Lakers, a débuté au Forum d’Inglewood à l’automne 1979 et, depuis, son étoile, d’ores et déjà promise au Walk of Fame de Hollywood, n’a jamais cessé de briller au firmament du basket professionnel. Cette année, la onzième qu’il ait passée à polir les parquets de la National Basketball Association, le Sir Johnson a effectué un championnat fabuleux, probablement le plus beau de sa carrière, alors qu’il n’avait décidément plus grand-chose à prouver.
En onze ans. Il a glané suffisamment de titres et de distinctions honorifiques pour équiper en médailles et quincailleries diverses les poitrails de tous les rappeurs new-yorkais. En mai, les journalistes américains, spécialisés “NBA”, lui ont pourtant décerné un énième Oscar. Ils l’ont couronné pour la troisième fois, après 1987 et 1989, Most Valuable Player de la saison régulière. Meilleur premier rôle, Chez les pros. Magic est ainsi devenu le tout premier guard il obtenir trois “MVP Awards”. Dans la famille “backcourt”, Bob Cousy. Oscar Robertson. Michael Jordan et lui sont les seuls arrières qui aient remporté le “Maurice Podoloff Trophy”, nom de code de la récompense,
Lors de l’édition 1990 du scrutin, le factotum des “L.A. Glitter Boys” a coiffé sur le poteau Charles Barkley, le pivot anthropophage des Sixers, et Michael Jordan, le fou-volant des Chicago Bulls, Un panel de 92 experts était invité à se prononcer.
Voici le résultat de leurs suffrages. Magic a recueilli 27 premières places et 636 points. Barkley, 38 premières places et 614 points, Enfin, Jordan 21 premières places et 571 points. Ce vote est le plus serré qui ait eu lieu depuis la victoire de Julius Erving sur Larry Bird en 1981, Magic n’a pas été élu à l’unanimité, loin de là, mais sa consécration ne doit pas pour autant prêter à controverse, Barkley traîne toujours une réputation justifiée de mauvais coucheur qui lui vaut quelques inimitiés farouches. Avec 38 citations en tête de liste, il a frôlé l’exploit. Hélas, ses écarts de langage et ses réactions caractérielles, indignes d’un Most Valuable Player, lui ont coûté de précieux points, Quant à Jordan, il a su séduire des millions d’Américains mais il n’est pas encore parvenu à “charmer” les onze types qui comptent le plus pour lui, ses propres coéquipiers.
Par ailleurs, l’élimination prématurée des Lakers au deuxième tour des playoffs, balayés 4 matches à 1 par Phoenix, n’enlève strictement rien à la nomination de Magic Johnson. Dans le naufrage, il s’est montré admirable, totalisant 43 points dans chacune des deux dernières rencontres de la série, Worthy, Green, Divac et Thompson se sont ramassés. Pas lui. En bon capitaine, il a assuré jusqu’au bout, fidèle à ses habitudes. De toute façon, que ce soit regrettab1e ou non, les performances enregistrées au cours des phases finales ne sont pas retenues dans le mode de désignation du MVP.
Cc prix est attribué au joueur sensé avoir survolé les 82 rencontres d’une “regular season” aussi éprouvante qu’un marathon jalonné de sprints à chaque fin de kilomètre. Réexaminons donc le parcours harassant mais glorieux des Lakers et de Magic durant l’exercice 1989-90. Pour la première fois en quatorze ans, ils ont joué sans la présence imposante ct rassurante de Kareem Abdul Jabbar, parti en retraite au printemps dernier. En l’absence de celui qui fut longtemps le maître de céans, on s’attendait de leur part à un léger fléchissement. Le contraire s’est produit. Les Lakers ont bouclé le championnat avec 63 victoires, 6 de plus par rapport à l’an passé, en arrachant au passage la troisième meilleure perf de l’histoire du club ! La raison essentielle de ces succès répétés n’est autre que le boulot herculéen abattu par Magic.
En NBA, aucune équipe, excepté le “One-Man Gang » de Chicago, n’a jamais joué avec un stakhanoviste de la trempe de Johnson, modèle 1989-90. Cette saison, les Lakers n’ont pas vraiment été exceptionnels. Au rebond, ils ont fini 14èmes de la League et, à l’adresse, ils sont descendus sous le 50%. Cela ne leur était pas arrivé depuis 1978-79. Fermement décidé à tenir la boutique après les adieux du Big Fella, Magic n’a pas hésité à se démultiplier un peu plus pour ravaler la façade. L’homme-orchestre du basket pro, le prodige des fast-breaks panoramiques, des pénétrations éclairs et des passes en recommandé, a réussi à perfectionner son registre offensif en ajoutant deux nouvelles armes, deux “lethal weapons” à un arsenal déjà vaste. Des montées fulgurantes au poste pour muscler son cinq à l’Intérieur et un solide tir à trois points pour amplifier les ravages en extérieur. Les « three-pointers » ne l’ont à aucun moment enthousiasmé. En dix ans, il en il tenté 490. C’est faible. Mais, durant ces derniers mois, il est monté à 276 et il en a rentre 106, tournant à près de 40% de moyenne. Tout simplement remarquable. Il n’a jamais été aussi difficile de défendre sur lui que cette saison.
Cet excès de vigueur s’explique facilement. Malgré une décennie d’usure professionnelle et des tonnes de glaçons aux articulations, Magic, est toujours resté un formidable gagneur. Et il a toujours été capable de se surpasser quand il se sentait défié. Son curriculum-vitae de basketteur est bourré de challenges personnels et de matches fatidiques en un-contre-un dans la lignée des chocs mythiques tels Russell vs. Chamberlain ou Jerry West vs. Oscar Robertson.

Pour Magic, il y a d’abord eu le feuilleton interminab1e dans lequel il disputait la vedette à Larry Bird. Ils ont joué ensemble une seule fois, C’était en 1978, au sein d’une vague sélection américaine. Ils chauffaient le banc des remplaçants, Par la suite, ils n’ont pratiquement pas cessé de se battre l’un contre l’autre. Premier épisode: le Final Four 1979. Bird achève son cursus universitaire aux Indiana Slate Sycamores. Earvin Jr termine sa deuxième année, sa « sophomore year » avec les Spartans de Michigan State. Bird vient d’être promu meilleur joueur de l’année mais, lors de la finale, ce sont les Spartans de Magic qui dérouillent les Sycamores. Magic, nommé Most Outstanding Player du Tournoi NCAA, récolte 24 points, 10 assists et 7 rebonds. Bird se contente d’un médiocre 7 sur 21, de 2 assists et 13 rebonds.

Quelques mois plus tard, ils débutent ensemble en NBA pour se livrer une guerre fratricide qui va durer des années. Bird débarque à Boston, Johnson à Los Angeles. Au printemps 1980, l’ailier blondasse des Celtics est sacré Rookie of the Year. En retour, Magie offre aux Lakers le NBA Championship grâce à un exploit éblouissant dans le « Game 6 » des finales qui les opposent aux Sixers. Il se fend de 42 points, 15 rebonds, 7 assists et 3 balles volées. Il est le MVP incontestable des playoffs. Le débat est alors ouvert. Bien qu’ils ne se ressemblent guère, les experts alignent comparaison sur comparaison et se demandent inlassablement lequel de ces deux monstres est le plus fort. Pour Magic, aujourd’hui, la réponse est évidente, il regarde ses mains et compte les bagues de champions qui ornent ses doigts. II en a cinq. Bird s’est arrêté à trois. Fermez le ban.

On a eu droit ensuite au match imaginaire entre Magic el Michael Jordan. Le rendement spectaculaire contre les cascades aériennes. La star de la jet-set hollywoodienne contre l’idole des foules. Magic, sûr de son fait, a eu l’idée d’un duel au sommet. Un one-on-one de deux fois quinze minutes face au génie des Bulls. Il aurait dû se dérouler ce mois-ci. Les instances de la NBA ont refusé, Frustré, le playmaker des Lakers s’est vengé en se « fadant » Jordan à la régulière, lors du All-star game de février. Ce combat rapproché s’est prolongé pendant plus de vingt minutes, à l’avantage de Magic, élu MVP de la rencontre.

Il y a enfin le match contre Jabbar. Ou plutôt contre le fantôme de Jabbar. A l’automne, lors des chroniques rituelles de pré-saison, Magic n’a pas tellement apprécié Ies questions du style: “Les Lakers survivront-ils au départ de Kareem?” Elles l’ont terriblement agacé. “Cest votre première saison sans Kareem. Comment ça se passe?”, lui demandait un journaliste présent. Réponse catégorique de Johnson : “II ne nous manque pas beaucoup. J’ai pris les responsabilités qu’il a laissées et je faits les choses à ma manière!”

A sa manière! En décuplant ses efforts. Magic a voulu prouver qu’il était capable à lui seul de présider aux destinées des Lakers. C’était là son objectif prioritaire et il l’a parfaitement rempli. Il n’aurait pas supporté une quelconque dégringolade. Les défaites, comme celle subie contre les Suns, l’horrifient. Terriblement secoué après les; NBA Finals de 1984 perdues face aux Celtics, Johnson, taillé par les médias, s’est cloîtré quelques jours dans son appartement de Culver City, banlieue chic de Los Angeles, refusant de parler à qui que ce soit. Quand Christine, sa mère, l’appelle et lui fait part de son inquiétude, il lui répond:

“Maman, je n’ai pas envie d’en parler”. Magic Johnson s’est transformé en Tragic Johnson.

Ce serait effectivement mal juger Magic que de le considérer uniquement comme un “entertainer” ou un « showman », Ses actions sont peut être renversantes mais elles ont toujours un but précis. Johnson est flamboyant, mais pas flambeur. Au fond, c’est un intégriste du jeu. Les puristes ne l’ont pas toujours compris ainsi. Ils ont longtemps préféré ‘ « l’efficacité » de l’ailier des Celtics au « sens théâtral » du meneur des Lakers. C’est un raccourci douteux. On pourrait en dire autant du parallèle Johnson-Jordan. L’efficacité de Magic et le sens théâtral de Michael ! Trop facile!

L’ennui avec Earvin Johnson Jr, c’est qu’il a souffert pendant des années d’une image hasardeuse d’enfant gâté due à son sumom inouï, “Magic”", et à l’environnement pour le moins doré dans lequel il s’est épanoui à Los Angeles. Earvin a été rebaptisé “Magic” au vu des exploits qu’il collectionnait avec l’équipe de son lycée, la Everett High School de Lansing, dans le Michigan. Sa mère, une femme pieuse. Adventiste du Septième jour, n’aimait absolument pas ce “nickname” qu’elle trouvait blasphématoire. « Quand vous dites Magic, les gens en attendent tellement!”, répétait-elle.

Jadis, Earvin Jr était le « Hanneton » pour ses potes et ses voisins qui le voyaient écumer à l’aube les terrains de basket avant de filer il l’école en dribblant. Il est encore aujourd’hui « Magnum » pour Isiah Thomas et Mark Aguirre, deux de ses meilleurs amis, “Buck” pour la vieille garde des Lakers et “E.J. the DeeJay” pour les fêtards de « L.A. by night ». Mais pour les fans et les médias, c’est “Magic”, point final.

Cela ne l’a pas forcément aidé. Pas plus que sa réputation de bon vivant. Johnson, le milliardaire de Bel Air, l’homme affable et à femmes, l’ami de Jack Nicholson et de Michael Jackson, le californien jazzy et bon teint, a déplu il plus d’un. Certains l’auraient volontiers qualifié de star dilettante. « Ce qu’il a d’abord amené aux Lakers, c’est un enthousiasme fou et beaucoup d’imagination », expliquait Pat Riley. Ses détracteurs en sont restés là. Ils ont oublié un temps l’incroyable désir de victoire qui n’a jamais cessé de l’habiter. Et, cette année, ils ont eu l’occasion rêvée de le comprendre enfin….

Magic :
Position de jeu : Meneur de jeu.
Numero de maillot : 32
Taille : 6′9 (2.06 m)
Poids :255 lb (116 kg)
Né le 14 aout 1959 à Lansing, Michigan, USA
Nba saison : 1979-1996 au Los Angeles Lakers
NBA Draft: 1979 / Round: 1 / Pick: 1
Université: Michigan State

Stats de Carrière :17,707 points, 6,559 rebonds et 10,141 passes décisives.

Palmares et récompenses :
* 5× NBA Champion (1980, 1982, 1985, 1987-1988)
* 3× NBA MVP (1987, 1989-1990)
* 3× NBA Finals MVP (1980, 1982, 1987)
* 9× All-NBA First Team Selection (1983-1991)
* 1× All-NBA Second Team Selection (1982)
* 1980 NBA All-Rookie Team
* 12× All-Star (1980, 1982-1992)
* 2× NBA All-Star Game MVP (1990, 1992)
* NBA’s 50th Anniversary All-Time Team

 

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Super Bowl XXIV

SUPER BOWL XXIV

Par où commencer ? Difficile. Peut être par les chiffres, histoire de vous sonner tout de suite, d’en traîner d’emblée vos certitudes dans un tourbillon étourdissant. Car ces chiffres cognent bien fort. Première volée à encaisser : 127 millions de téléspectateurs américains en 1986, 150 millions de dollars de bénéfices (75 millions d’euros) dans les caisses des hôtels, des restaurants et des commerces de la ville organisatrice, 2500 journalistes venus du monde entier. Vous tenez le choc ? Alors recevez encore ceci : plus de 100 pays concernés par l’événement télévisé, de la chine aux Iles Vierges en passant par la France ou le Groenland, 1000 dollars (500 euros), somme moyenne qu’un supporter doit débourser s’il veut acheter une place au marché noir, 600 dollars (300 euros), somme moyenne qu’un VIP qui se respecte devra débourser s’il veut obtenir une place, toujours au marché noir, pour monter sa frimousse dans les soirées très privées qui agitent la ville organisatrice durant les dernières nuits qui précèdent la rencontre… Voilà pour les chiffres. Pour les premiers chocs. La suite ? Elle garde la même puissance. Le même goût pour le luxe, l’excès, la démesure et la folie. Comme si le Super Bowl, non content d’être aujourd’hui l’événement le plus important de l’année dans le sport US, prenait aussi un malin plaisir à condenser ce besoin de superlatifs dont se gargarise la société américaine. Le super Bowl, c’est trop. Le Super Bowl, c’est plus, toujours plus, forcément plus.
Pour l’Américain moyen, le spectacle du Super Bowl prend les teintes bleutées et les contours carrés d’un écran de télévision. Retransmise tour à tour par CBS, ABC et NBC, les trois grands networks, la rencontre fait régulièrement exploser les records d’audience. Pour ce « Super Sunday », l’Amérique toute entière s’installe au living-room. Face à l’écran. Au classement des dix plus grosses audiences de télévision aux Etats-Unis depuis les années 60, les différentes finales du Super Bowl occupent allègrement huit des dix premières places. Seules deux séries - M.A.S.H et Roots - tiennent encore le choc. Plus pour longtemps.
Pendant les quatre heures de la retransmission, c’est toute la vie du pays qui s’arrête. De New York à Los Angeles, de Dallas à Washington, les policiers et les employés du téléphone sont en chômage technique. La consigne est régulièrement donnée aux téléspectateurs américains de ne pas tous se précipiter à chaque arrêt de jeu vers leur frigo, histoire d’ouvrir quelques boîtes de bière, car cela fait peser un grand danger sur les installations électrique des grandes villes. Une année, le maire de New York, Ed Koch, a même recommandé à ses électeurs de ne pas tous se rendre aux toilettes entre chaque quart-temps, les égouts de la ville risquent alors un dangereux trop-plein. Et il se murmure qu’un haut dignitaire du Pentagone aurait avoué que le jour de la finale du Super Bowl est le seul de l’année au cours duquel le téléphone rouge, entre Washington et Moscou, ne fonctionne pas de la journée…

SI DIEU ETAIT SUR TERRE, IL SERAIT SUREMENT AU SUPER BOWL

La vie s’arrête, dit-on. « Si Dieu était sur terre, il serait sûrement au Super Bowl », dit-on encore. De l’issue du match dépend la santé de Wall Street, dit-on aussi. Excès. Folie. Et pression. Celle qui s’exerce sur les joueurs de deux équipes finalistes est telle que, parfois, certains ne peuvent la supporter. Les 2500 journalistes qui envahissent la ville organisatrice, souvent près d’une semaine avant le dimanche du match, croquent goulûment jusqu’à la dernière miette d’information entourant la vie des joueurs. Au point d’avoir fait craquer Dexter Manley, le défenseur des Washington Redskins, à la veille du Super Bowl en 1988. « Je suis saoulé de questions. Je n’en peux plus, j’en ai marre », lâcha ce colosse, effondré, au beau milieu de l’une des dizaines de conférences de presse qu’il dû tenir cette année-là.
Gagner le Super Bowl est pourtant bien le couronnement de la carrière d’un footballeur américain. Et la bague ornée de pierres précieuses, souvent moche et franchement kitsch, que chaque vainqueur reçoit en guise de trophée, vaut pour son propriétaire bien plus que son simple poids de métal fin. Et, paradoxalement, une victoire au Super Bowl marque souvent pour l’équipe gagnante le début de graves ennuis. Chaque joueur exige de renégocier les termes de son contrat, les salaires flambent et les têtes gonflent. Et il est courant de voir la formation tenante du titre dégringoler rapidement, l’année suivante, vers les profondeurs du classement. Une chute d’autant plus délicate à enrayer que le vainqueur du Super Bowl hérite lors du prochain championnat - c’est la règle en NFL - du plus périlleux des calendriers.
Les joueurs craquent. Et les coaches vacillent. La guerre tactique démarre bien longtemps avant la première passe du quarterback. Et elle tourne parfois à la véritable paranoïa. Les Washington Redskins, vainqueurs en 1988, restent encore aujourd’hui persuader que leur défaite contre les Raiders de Los Angeles, quatre ans plus tôt, sentait bien fort la magouille et l’espionnage. Al Davis, l’entraîneur en chef des Raiders, aurait fomenté un inavouable complet et bénéficié de l’appuie logistique de plusieurs avions pirates, spécialement dépêchés à la verticale du terrain d’entraînement de Washington durant les six jours qui précédèrent la finale.
Accueillir cet événement planétaire est, pour toutes les grandes villes américaines, bien mieux qu’un simple honneur. Le Super Bowl rapporte gros à la ville organisatrice. En 1988, 150 millions de dollars de bénéfices nets ont été dégagés par San Diego, la cité hôte du XXIIème Super Bowl. Les supporters des Washington Redskins et des Denver Broncos ont allégrement consommé dans les commerces, les hôtels et les restaurants. La ville a vécu une semaine de fête, chaque nuit étant copieusement garnie de soirée très jet-set, généreusement pourvues en stars du show-bizz américain. Des « party » bien arrosée, au cours desquelles on parle football, un peu, et business, beaucoup. Selon Jim steeg, le directeur des activités annexes du comité d’organisation, 80% des 500 plus grosses fortunes des Etats-Unis sont représentées pendant la grande semaine du Super Bowl. « Parfois par une ou deux personnes, mais le plus souvent par cent ou deux cents ».
Dimanche 28 janvier 1990, la terre va s’arrêter de tourner pour plus de deux cent millions d’américains. La folie va s’installer. Sur le terrain comme partout ailleurs sur le sol des Etats-Unis. La grande messe sera dite. Et la fête, c’est sûr, sera réussie

SP juin 2008

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Naissance de la NFL

Ce n’est pas seulement pour accréditer l’idée que son avènement fut digne du plus hermétiques des casse-tête chinois que le football professionnel américain est né à Canton. C’est aussi parce que sous son label exotique, à l’orée des années 20, cette petite ville sans âme de l’Ohio profond recouvrait curieusement tous les dehors d’une véritable terre promise.
En ces temps reculés, le football avait mauvaise réputation. Depuis le début du siècle, les joueurs morts au champ d’horreur se comptaient par dizaines. Le président Théodore Roosevelt, lui-même, s’était ému de ces excès de violence et avait menacé de suspendre à jamais la pratique de ce « sport de sauvage ».
La convocation à la Maison Blanche, d’un « comité d’éthique » et l’entrée en vigueur de nouveaux règlements permirent de surseoir sa décision. Le football ne fut pas absout pour autant. Supplanté par le baseball, dont les vertus pacificatrices étaient autrement appréciées, il dut abandonner ses bases new-yorkaises et émigrer vers les plaines du Midwest.
En 1900, 5000 équipes tout au plus, poussaient le vice jusqu’à jouer au football au moins une fois par semaine. Davantage dans les collèges et les universités que sur des terrains privés. Il existait bien de-ci de-là quelques vedettes locales dûment appointées mais aucun athlète sérieux n’envisageait à l’époque de pratiquer cette spécialité en exclusivité.
Le dénommé George Halas n’échappait pas à la règle. Etudiant à l’université d’Illinois, ce fils de tailleur d’origine slave, né à Chicago, s’était assez tôt laissé séduire par les tenues matelassées des costauds croisées aux alentours. Il n’en avait pas moins choisi de s’exercer en priorité au baseball comme le goût du jour le commandait et comme sa famille - fait non négligeable - le lui suggérait.
En 1918, Halas décroche une place de « rightfielder » chez les New York Yankees. La performance est notable. Beaucoup plus appréciables en tout cas que les résultats qu’il obtint lors de ses premières sorties. Dès la saison suivante, ses patrons le rétrogradaient en équipe de réserve. Le rookie accuse le coup, mais il ne renonce pas. A défaut d’accepter la sanction, il s’empresse de proposer ses services aux stalcy Starchmakers de Decatur, le club de football qui, il y a une demi-douzaine d’années déjà, peuplait ses rêves d’adolescent. Son contrat est à la hauteur de la réputation de ses employeurs : pour quelques coups de pieds et coups de poings de plus, ceux-ci lui promettent, en tout et pour tout, cinquante dollars par semaine.
Le futur « Papa Bear » ne se formalise pas outre mesure. Tout autant qu’une place sur le terrain, il veut gagner la confiance de ses pairs et s’impliquer activement dans l’organisation de son équipe. Il n’a peut-être pas l’étoffe d’un héros, mais il a sûrement le profil d’un gestionnaire. Comme le voulait l’usage, le club de Decatur était la propriété exclusive d’un manufacturier local (A.E. Staley) pour qui le football n’était qu’un moyen de promotion à bon compte. Halas lui propose de jouer les rabatteurs et de contacter, sur les campus, d’éventuels champions en herbe. Il lui suggère surtout de rencontrer Ralph Hays, entrepreneur comme lui, à Canton (Ohio). Hays, comme ses costumes trois-pièces et ses bottines lustrées ne l’indiquaient pas, dirigeait une importante concession Hupmobile. Un statut social qui lui avait permis de prendre sous son aile les Cantons Bulldogs et d’engager le joueur le plus réputé du moment : Jim Thorpe.
Halas n’a pas à s’employer outre mesure pour jouer les entremetteurs. Aux deux hommes d’affaire, il souffle l’idée d’une ligue capable de réunir en son sein, les meilleures équipes pro de la région. Une manière comme une autre de fédérer les énergies et de mettre un peu d’ordre dans la « maison » football. Une façon d’éviter, par exemple, que les Colombus Panhadles ne rencontrent six fois les Knuk Rockne (sous six maillots différents) comme cela avait été e cas au cours de la seule année 1919.
La première réunion des apôtres de l’organisation est programmée pour le 17 septembre de l’année suivant. Le cadre ? le garage Hupmobile des Hays où, au milieu des vapeurs d’essence et des pyramides de pneus de rechange, les représentants des onze équipes intéressées par l’aventure se partagèrent les deux malheureuses chaises mises à leur disposition. La discussion ne traîne guerre. Le bien fondé de l’initiative de Halas tombe sous le sens. En l’espace de quelques heures seulement, l’acte de naissance de l’American Professional Football Association (APFA) est signé pas l’ensemble des intervenants.
Avant même qu’il ait eu le temps de réagir, Jim Thorpe est bombardé président de l’association, rebaptisée pour l’éternité ( ?) National Football League (NFL). Multi médaillé olympique aux jeux Stockholm en 1912, « le plus grand athlète du monde », tel que l’avait intronisé le roi de Suède, Gustav V, jouissait d’un crédit certain. Même déchu de ses titres, accusé de professionnalisme avant l’heure, Thorpe n’avait pas trop de ses deux pieds et de ses deux mains pour s’illustrer indifféremment sur les terrains de baseball et de football. Sa réputation était à la mesure de son talent. Les pères de la NFL qui en étaient conscients utilisèrent cette « vitrine » avec beaucoup d’intelligence.
Parmi les treize formations représentées, deux seulement ont survécues aux assauts du temps : les Saint-Louis Cardinals et les Chicago Bears. Les Onze autres (Canton Bulldogs, Rochester Jeffersons, Dayton Triangles, Akron Steels, Hamond Pros, Cleavland Panthers, Rock Island Independence, Buffalo All Americans, Chicago Tigers, Columbus Panhandles, Detroit Heralds) ont disparu corps et biens, victimes des aléas d’une mise en route pour le moins cahoteuse.
Les intentions des « Cantonais » étaient pourtant limpides. Un minimum de rigueur, un calendrier circonstancié, une grille des salaires équitables, un contrôle des transferts stricts ne pouvaient que favoriser les desseins d’un sport jusque là voué aux gémonies. Des erreurs, des retards des maladresses n’empêchèrent pas les ratés pour autant. Des la deuxième saison, les Chicago Tigers et les Hammond Pro jetèrent l’éponge. Aucun des clubs impliqués ne consentit à verser les cents dollars de franchise réclamés par l’autorité de tutelle. Et Jim Thorpe, enfin fut destitué de son titre de président au profit de Joe Carr, un promoteur de spectacle - heureusement pour la suite des évènements - beaucoup plus doué pour les affaires que lui.
Il l’était tellement, qu’il restera en place jusqu’à sa mort en 1937. Entre temps, Georges Halas, était devenu le coach très respecté des Chicago Bears, le football avait acquis un semblant de respectabilité et la NFL avait posé officiellement sa candidature au titre de huitième merveille du monde.

SP juin 2008

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Coach Glanville

En pénétrant pour la première fois dans le bureau du Coach Jerry Glanville, le visiteur a souvent l’impression d’atterrir dans une foire à la brocante. C’est simple, on trouve à peu près tout et n’importe quoi dans l’autre du coach des Atlanta Falcons.
A l’entrée, un James Dean grandeur nature, tout droit sorti de La Fureur de vivre, vous souhaite la bienvenue. Sur le bureau trône un buste d’Elvis Presley. Plus loin, une photo dédicacée du général Norman Schwartzkopf, le héros de la guerre du Golfe, accompagne un casque de pilote d’hélicoptère ayant servi durant l’opération Désert Storm. Une collection de voitures miniatures. Un Stetson noir. Un pan de mur couvert de photos des enfants à qui il rend visite dans les hôpitaux. Plus une tonne de babioles. Voici un rapide aperçu du monde merveilleux de Jerry Glanville. Etrange étalage pour un étrange personnage.
Eternellement vêtu de noir, l’entraineur des Falcons détonne férocement dans une profession où le sérieux et la discrétion sont élevés au rang de vertus premières. Dans les superproductions de la National Football League, Glanville, 51 ans, reprend saison après saison le même rôle: celui du trouble-fête complètement givré.
Fasciné par les années 50, ce loufoque a, par exemple, pris l’habitude de laisser, aux guichets des stades, des places à l’attention de stars disparues comme Jimmy Dean, Elvis ou Buddy Holly. Glanville répète d’ailleurs à qui veut l’entendre qu’Elvis n’est pas mort et que le King vit dans un bled au fin fond du Michigan.
Ses activités durant l’intersaison ne sont pas plus conventionnelles. Pendant que d’autres s’en vont s’aérer les neurones Sur un parcours de golf, Glanville préfère, lui, organiser avec ses potes John Mellencamp et Kris Klistofferson des concerts de rock au profit des fermiers américains surendettés. Ou bien s’essayer à la course automobile. En avril, ce dingue de vieilles bagnoles et de vitesse doit effectuer ses débuts officiels en Nascar, ce championnat de stock-car qui embrase le sud des Etats-Unis de février à novembre. « Une course de Nascar, c’est le danger par excellence, explique Glanville. Parce que si vous déconnez, c’est votre peau que vous allez laisser sur le mur de ciment qui entoure la piste! »
To live on the edge. ” Vivre sur le fil du rasoir. Prendre des risques. Une philosophie qui vaut également pour le football. Sur un terrain comme sur un speedway, Glanville adore relever des défis impossibles. Et ça lui réussit plutôt bien.
Débarqué à Atlanta en 1990, Glanville a, en moins de deux ans, transformé des ringards en seigneurs. Alors qu’en 1989 ils avaient trusté la dernière place de leur poule pour la sixième fois en sept ans, les Falcons ont terminé la saison 1991 avec 10 victoires et 6 défaites, décrochant au passage une place de wild cards pour les playoffs. La première depuis 1982. « On a un peu secoué la league cette année, non? rigole Glanville. » Signe des temps: les Falcons ont cogné à deux reprises cette saison les San Francisco 49ers, autrefois rois de cette poule Ouest. Peu importe que l’aventure se soit achevée au second tour des playoffs, face aux Washington Redskins. Le spectacle est bien de retour dans un Atlanta Fulton County Stadium qui se remplit à vue d’œil.
Avant Atlanta, Glanville avait déjà opéré pareille résurrection aux Houston Oilers. Arrivé comme coordinateur défensif en 1984, il y a été promu head-coach en 1986. Et là aussi, miracle! Les Oilers, qui n’avaient pas disputé un match de playoffs depuis 1980, s’y qualifient trois années de suite, de 1987 à 1989.
Sur le terrain, les choix tactiques de Glanville collent forcément à sa personnalité. De Houston à Atlanta, il a imposé la prise de risque maximale comme loi n° 1. Glanville n’est pas patient. Il veut sans cesse réussir le gros coup, celui qui assommera l’adversaire. En attaque, il utilise, par exemple, le Red Gun. Comme le Run’n Shoot, c’est un système à quatre wide-receivers qui mise tout sur la passe. En défense, il élabore des systèmes appelés le Grit Blitz ou The Black Wave. La Vague Noire. Glanville y envoie six ou sept défenseurs submerger le quarter-back. En contrepartie, il laisse ses cornerbacks prendre en un-contre-un les receveurs adverses. Extrêmement dangereux. Glanville le reconnaît volontiers : « Avec les risques que nous prenons, nous pouvons encaisser jusqu’a 60 points si ça tourne mal. Mais est-ce que ce n’est pas là tout le piment de ce jeu ? »
Ne vous y trompez pas ! Glanville a beau plaisanter, il déteste perdre. Lui et Doug Shively, en charge de la défense chez les Falcons, ont déjà bossé ensemble lors d’un premier passage de Glanville à Atlanta, de 1977 à 1982. « A l’époque, quand les Falcons perdaient, il lui fallait au moins deux jours pour s’en remettre » se souvient Shively.
Cette obsession de la défaite, Glanville l’éprouvait déjà quand il était un simple assistant à l’université de Georgia Tech, à la fin des années 60. Un soir qu’il raccompagnait en voiture Brenda - sa fiancée qui allait devenir sa femme - après une défaite, Jerry pile brusquement, ouvre la portière de sa passagère et lui intime de finir le chemin en auto-stop. Brenda avait eu le malheur de dire: « Mais, chéri, ne te mets pas dans un état pareil. Après tout, ce n’est qu’un match! »
C’est de cette volonté absolue de gagner, de cette intensité qui confine à la folie, que vient sans doute la réussite de Glanville. Il ne coache pas, il prêche, il convertit ses joueurs à sa religion.  « Depuis qu’il est arrivé, les FaI¬cons jouent à fond. C’est un peu comme si Glanville leur avait donné une espèce de sens spirituel, confirme Jamie Williams, un tight-end des 49ers, il est comme un évangéliste el, eux, ce sont ses fidèles ! »
Glanville exige avant tout de ses joueurs d’être agressifs. « Jerry nous apprend à s’attendre à tout mais à n’avoir peur de rien », explique Robert Lyles, un linebacker qui l’a suivi de Houston à Atlanta. «  Quand je suis arrivé à Houston, en 1984, on avait les types les plus gentils de la NFL. Leurs mères les adoraient. Leurs pèles les adoraient.
Ces joueurs ne vous auraient pas frappé même si vous leur aviez donné un bâton », balance Jerry Glanville.
Or ce dernier veut que ça cogne. Que ça fasse mal. En défense, il ordonne à ses onze joueurs d’aller plaquer le porteur du ballon. Durant son règne, l’Astrodôme de Houston avait d’ailleurs été rebaptisé The House of Pain. La Maison de la Douleur. Charmant.
Mais ces méthodes ne plaisent pas à tous. Les équipes de Glanville sont régulièrement accusées de frapper à retardement. Lorsque l’action est finie. Comme pièce à conviction, l’accusation produit ses chiffres. En 1988, les Oilers étaient n° 1 de la NFL en terme de fautes personnelles et de yards de pénalités.
Conséquence directe, Glanville  n’est guère apprécié par ses pairs. « Pour Thanks giving, j’ai appelé tous les amis que j’ai dans la NFL, se marrait-il en décembre 1991. Ca m’a pris exactement 12 secondes! »
Lorsqu’il était encore à Houston, Chuck Noll et Sam Wyche, entraîneurs respectifs de Pittsburgh et de Cincin¬nati, refusaient carrément de lui serrer la main à la fin des matchs. En 1987, des millions de téléspectateurs ont même assisté à cette scène mémorable après une rencontre Oilers-Steelers : Noll et Glanville se dirigeant vers les vestiaires tout en s’injuriant et en se menaçant du doigt.
Les coaches adverses ne sont pas ses seuls ennemis. A Houston, il était de notoriété publique que Mike Holo¬vak, le général manager du club, et Warren Moon, le quarterback star des Oilers, n’appréciaient pas du tout les excentricités du coach. «  Il y avait tellement d’éléments perturbateurs qu’il était vraiment difficile de se concentrer sur le football », se défend Moon. Quant aux journaux locaux texans, ils haïssaient Glanville, qui le leur rendait bien. « Là-bas, j’étais constamment à un match de la pendaison », raconte l’intéressé. Un jour de janvier 1990, après une troisième élimination en playoffs, le nœud coulant s’est refermé. Holovak a viré le clown.
Cette humiliation n’a pas calmé Glanville. A Atlanta, il n’a pas changé et il ne changera jamais. Même la mort ne l’effraie pas. Cet incorrigible casse-cou en a d’ailleurs déjà réglé tous les détails. «  S’il m’arrive malheur, j’ai demandé une faveur à six copains, habitant aux quatre coins du pays. Quelques semaines après ma mort, ils ont ordre de raconter que je leur suis apparu dans un Burger King. Et puis, sur ma tombe, je voudrais qu’on inscrive: “s’il vous plaît, laissez-moi deux tickets pour le prochain match !” »
Jerry Glanville (né le 14 oct 1941 à Perrysburg, Ohio)
Masters Degree à Western Kentucky
Expérience de joueur: Linebacker, Northern Michigan, 1961-64
Expérience de Coach :
2006 -2008 Portland State head coach
2005-06 Hawai’i Coordinateur défensif
1990-93 Atlanta Falcons (27-37) Head Coach
1986-89 Houston Oilers (33-32) Head Coach
1984-85 Houston Oilers Coordinateur défensif
1983 Buffalo Bills Assistant Coach
1979-82 Houston Oilers Coordinateur défensif
1977-78 Atlanta Falcons Assistant Coach/Special Teams
1974-76 Detroit Lions Special Teams/Assistant en Defence
1968-73 Georgia Tech Defensive Ends/OLBs/Special Teams
1967 Western Kentucky Coordinateur défensif /Special Teams
1966 Cincinnati Reading HS, Reading, OH Coordinateur défensif
1964-65 Lima Central Catholic HS, Lima, OH Coordinateur défensif

Match coaché en BOWL: Sun Bowl, Peach Bowl, Liberty Bowl, Senior Bowl (twice), Hawai’i Bowl, NFL Pro Bowl.

Match de NFL Playoff : 7 comme head coach (3 victoires).

Expérience Nascar
No. 81 Glanville Motor Sports, Inc.

Distinction au Hall of Fame
Northern Michigan University
Perrysburg (OH) High School
Georgia Country Music

AW le 9 juin 2008

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Le premier français en NFL

RICHARD TARDITS
Voici l’histoire du premier français en NFL. Un des premiers français sur le seul américain en Universitaire ce qui à l’époque était déjà rare mais il  à été le premier pro en NFL le sport Américain par excellence, qui en s’apprend pas en France mais bien las bas aux States.
Quatre ans après avoir commencé le foot américain, Richard Tardits signe aux Phœnix Cardinals. Unique! Et il raconte, Tout de l’intérieur.

Richard, vous êtes passé pro aux Phœnix Cardinals après avoir joué quatre ans à Georgia University. Pour  vous, la National Football League, c’est un bouleversement ou une progression normale ?

Pour moi, le football américain était d’abord le meilleur moyen d’obtenir une bourse universitaire et de prolonger mes études aux Etats-Unis. Etant du genre à m’investir à ]00%, tant qu’à jouer au football, j’ai voulu me donner à fond. Mais le MBA était ma priorité. Et quand je suis arrivé en fin de cycle à Georgia, je comptais vraiment travailler. Je pensais partir à Istanbul pour Renault. Des clubs pros m’ont appelé parce que je les intéressais, mais Jamais Je n’aurais imaginé mettre un jour le pied chez eux.

Entre sport universitaire et professionnel, la différence est-elle réellement aussi importante ?

Oui. Au plan sportif, les pros représentent l’élite absolue. En football, par exemple, les équipes universitaires sont innombrables, mais il y a seulement 28 clubs pros. Avec chacun 47 joueurs. C’est le must! Ici, en NFL, vos adversaires ne vous ratent jamais. En Collège, on sait qui est moins bon. On peut se permettre une faute, éviter un mauvais coup. Chez les pros, impossible. Ces gars là, chacun à son poste, pratiquent leur métier ! Les chocs sont donc plus rudes. C’est bien plus rapide, plus intense.

A Georgia, Vous étiez le spécialiste des sacks de quarterbacks. A Phoenix, quelle est votre tâche ?

Aux Cards, mon rôle de linebacker est plus sobre. Je pars en couverture, je quadrille certaines zones défensives.

Vous avez affaire à des fous dangereux en face. Les gars que vous rencontrez en attaque sont énormes !

Un ami m’a dit : «Sur le terrain, tu te retrouves parmi les plus grands mecs du monde. Des types qui mesurent deux mètres pour 140 kilos. Parfois, ils sont huit ou neuf comme ça en match ! Je ne sais pas dans quel autre sport je pourrais côtoyer de tels colosses …

Aux Cardinals, utilisez-vous des ordinateurs pour définir vos schémas tactiques ?

Forcément. Quelqu’un insère toutes les statistiques de notre prochain adversaire dans une bécane. Le déroulement minute par minute, seconde par seconde de ses cinq derniers matches. Leurs attaques, leurs défenses, leurs types de formation en fonction de l’endroit de la remise en jeu. La position des joueurs X, Y ou Z. L’ordinateur digère et ressort un «computer book» volumineux grâce auquel les entraîneurs établissent divers systèmes de jeu. Nous, nous les apprenons par cœur. Pour réagir instantanément face à telle ou telle situation.

Avez-vous beaucoup à bûcher ?

Le « play-book » de Phœnix est énorme. Moi, j’ai une trentaine de défenses à potasser systématiquement. Mais c’est le quarterback qui fait mémoriser le plus. Il est obligé de connaître les défenses adverses jusque dans le moindre détail. Où foncent les défenseurs, comment ils rushent. Au premier coup d’œil après l’engagement, s’il n’a pas classifié le schéma défensif adverse employé, il est cuit. Les bons quarterbacks sont donc ceux qui ont une longue expérience. Montana, Simms … Parce qu’ils pratiquent depuis longtemps leurs adversaires, parce qu’ils savent lire les défenses plus facilement, donc plus vite.

Le rôle des défenseurs, en fait, c’est de descendre les attaquants !

Pratiquement. Prenez le running back. C’est à lui que le quarterback tend le ballon pour un rush. Il doit avoir une confiance phénoménale en ses offensives linemen, ceux qui lui ouvrent les brèches dans le front défensif. Le boulot des défenseurs est de choper le running back le plus tôt possible et de le secouer sérieusement. La fois suivante, il pénètrera moins vite.

McMahon, le quarterback de Chicago, s’en plaignait que la violence des placages n’est pas gratuite.

Et pour cause. Le meilleur moyen de prendre le dessus sur un très bon joueur, c’est de le mettre littéralement hors-jeu. Définitivement. A Georgia, c’était ma mission. Sacker le quarterback. Lui faire mal. C’est dans l’esprit. Un quarterback a besoin de trois, quatre secondes pour effectuer sa passe. Vous l’attrapez une fois, vous lui enfoncez un peu les côtes et la fois d’après, il regardera davantage autour de lui. Il perdra du temps, temps dont la défense profitera pour mieux s’organiser.

Les lendemains de match, dans quel état êtes-vous ?

Je suis vidé. Épuisé. J’ai de la peine à marcher. L’an dernier, j’ai été paralysé du dos. J’ai été plaqué par le haut. Les types en face m’ont complètement tordu. Je suis resté cinq, six heures sans pouvoir bouger.

Etes-vous conditionnés dans les vestiaires. Avant les matches?

Non, ce n’est pas comme au rugby. Au football, nous sommes parfaitement conscients des dangers encourus: les genoux, le cou ou les épaules brisés. Le conditionnement est donc inutile. Nous savons tous très bien que le meilleur moyen d’éviter un pain est de donner en premier. On se dit : « Il faut que je mette un carton, sinon c’est moi qui le prends. »

Etes-vous fasciné par le foot U.S. comme symbole du Sport américain?

Oui, assez, mais il y a des anormalités déplorables. Comme ces salaires en millions de dollars. J’ai un Master en Business et Administration. En entreprise, je vaux entre 50 et 80 mille euros par an pour un job difficile. Et un athlète, sous prétexte qu’il court vite, gagnerait cinquante fois plus que moi ? Ça me paraît grotesque.

Pourtant, ça ne vous déplaît pas de jouer au foot pour l’argent ?

Évidemment! Jouer avec les pros pendant un ou deux ans me rapportera plus que n’importe quel autre travail. Je ne peux pas refuser une telle opportunité. Pas à mon âge. Mais pour moi, ce n’était pas vital.

Pour d’autres, ça l’est ?

Beaucoup de footballeurs arrivent en NFL uniquement avec leurs muscles. Ils n’ont pas de diplôme. Certains n’ont même Jamais suivi un cours. Le foot pro, c’est leur seule chance. C’est la NFL et 10 000 dollars par mois ou la dèche. Etonnez Vous après qu’ils se dopent pour mettre le plus de chances de leur côté. Mais moi, je peux faire autre chose. Et j’ai envie de faire autre chose. Je ne veux pas avoir le cerveau qui ramollit comme eux.

Les joueurs utilisent-ils beaucoup de stéroïdes ?

Les gens croient que les pros en sont bourrés. C’est inexact. Le mal ne réside pas là, mais dans les lycées et les facs. Un athlète de high school va se shooter pour être plus costaud, plus rapide. Dans quel but? Assurer sa sélection dans une équipe universitaire! En fac, un gars va se charger pour assurer son passage chez les pros. Mais, une fois en NFL, les gars marchent moins aux stéroïdes. Ou plus intelligemment. Au lycée, en fac, les gamins les prennent de manière sauvage. Sans faire gaffe.

Les entraîneurs les encouragent-ils ?

En pro, c’est nouveau pour moi. Mais je dirais que si certains coaches ne poussent pas à la consommation, ils ferment les yeux en tout cas. Car certains joueurs en ont besoin.

Qui?

Les blancs, surtout. En général, ils n’ont pas la masse musculaire et la densité athlétique des noirs.

Et en fac ?

Là, il y a un fléau beaucoup plus grave : le trafic d’héroïne et de cocaïne. Dans le football, mais plus encore dans d’autres sports. Les nageurs, les tennismen. Ce sont eux les grands dealers de coke en Amérique. C’est dingue.

Plus que les basketteurs ?

Ah oui ! Les nageurs, les joueurs de tennis Sont plus intelligents. Ils font ça proprement. Ce sont eux qui dealent cette merde aux footeux et aux basketteurs !

Pour en revenir aux finances, vous avez négocié vous-même votre contrat, je crois.

Oui, j’ai étudié les affaires pendant quatre ans. Je voulais passer de la théorie à la pratique. j’ai peut-être perdu un peu d’argent, mais j’ai beaucoup appris.

Etiez-vous payé pour participer au «training camp » des Cardinals ?

Oui, j’ai été payé pour avoir été retenu par eux.

Combien?

60000 Dollars !!. Uniquement pour intégrer leur camp. Absurde. Bien que je n’aie pas refusé le chèque. Et encore! Je n’ai été retenu qu’au cinquième tour du draft. Assez loin. Les draftés du premier tour ont reçu des bonus très conséquents. Aikman, les quarterback pris par Dallas, a reçu 2 millions d’euros uniquement pour accepter de signer son contrat. Placés à la banque aux taux d’intérêts les plus bas, ce sont des dividendes assurés de 80 mille euros par an. Il n’a que vingt et un ans !

Et vous, vous estimez valoir un peu plus de 300.000 mille euros sur trois ans.

(Rire). Beaucoup plus! Sérieusement, à l’échelle du football américain, oui. C’est bizarre. J’ai vu mon père bosser comme un malade pour gagner décemment sa vie et je me retrouve subitement avec 30000 euros sur mon compte !

Qu’en avez-vous fait ?

Je les ai mis à la banque. Dès que je m’installe, je les investis.

Quels sont les gros salaires chez les Cardinals ?

Neil Lomax, le quarterback. Il a signé un contrat garanti de quatre ans. 1,5 millions d’euros par an. Il s’est blessé l’an dernier. Cette saison il ne jouera pas, mais il touchera pourtant ses 1,5 millions d’euros.

J’ai l’impression que cet argent vous effraie ?

Non, çà ne m’effraie pas, mais j’estime qu’à la fin c’est malsain. Anormal.

Pourquoi n’avoir pas pris d’agent pour vous assister dans la négociation du contrat avec Phœnix ?

Je voulais m’en occuper seul et j’avoue que me méfiais un peu d’eux. Quand j’ai été drafté, j’en ai rencontré beaucoup, pour avoir un maximum d’informations. J’ai vu de tout. Des types extraordinaires. Et des requins. Ceux-là prêtent du fric aux joueurs tant qu’ils sont encore en fac. Ils vous assurent que vous les rembourserez sur votre premier contrat. Moi, on m’a proposa de l’argent, de m’aider à acheter un appartement. Parfois, c’est des cartes de crédit, des bagnoles. J’ai préféré me débrouiller seul.

C’est interdit non ?

Complètement. Tant qu’il est en fac, un joueur ne peut pas signer avec un agent. Et en plus cela peut finir mal. Je connais un joueur qui a été retenu au premier tour du draft. (NDLR : Tim Worley, choisi par Pittsburgh.) Il pouvait espérer 1 à 1,2 millions d’euros par an. Il a finalement signé pour 2,2 millions d’euros sur trois ans. Çà paraît beaucoup, mais, à son niveau, ce n’est pas terrible. Pourquoi ? Parce qu’il s’est fait rouler. Son agent lui avait consenti des prêts à des taux impossibles. Pour payer ses dettes, il a été obligé de signer un contrat minable.

J’imagine que les agents sont très, très pressants.

Quand nous sommes allés jouer au Japon, avec Georgia, à la première visite guidée nous sommes tombés sur eux. Comme pas hasard. La National Football League essaie de nous protéger, mais l’Association des Footballeurs professionnels insiste pour que nous prenions des agents. Au début, quand j’appelais la Players Association, ils refusaient de m’aider. Ils me conseillaient prendre un agent et de revenir les voir après. Quand ils ont compris que j’étais sérieux, très sérieux, ils m’ont enfin filé un coup de main. Eux craignaient que je cafouille dans les négoces, que je baisse la moyenne salariale du cinquième tour. En fait, mon contrat était plus bas de 14%.

Avez-vous touché de l’argent quand vous étiez en fac ?

Non, mais c’est pratique courante. Surtout quand les facs vont recruter les meilleurs footballeurs en lycées. Parfois, un très bon joueur en scolaire peut recevoir des dizaines de propositions d’universités différentes. Les facs lui proposent la bourse d’études classique, et ensuite parfois il y a les dessous de table. Certains joueurs sont issus de milieux très pauvres. Les entraîneurs essaient de les appâter avec un peu ou beaucoup d’argent. Toujours le même scénario. Puis la fac leur trouve un ancien élève, un « alumnis », une sorte de sponsor non déclaré qui les prendra à sa charge. Les sanctions peuvent être très graves. La NCAA, l’organisation qui chapeaute le sport universitaire, peut interdire toute forme de compétition à une université si la preuve de ce genre de pratiques frauduleuses a été établie.

En France, on connaît peu le sport universitaire américain, en fait.

C’est un monde gigantesque. Les sélections olympiques américaines sortent des rangs universitaires. Aux Etats-Unis, un gamin qui souhaite pratiques un sport à haut niveau n’a pas le choix. C’est la fac. Biarritz a une équipe de foot, de rugby, de volley, des D.I, des D.II, des D.III, des poules régionales. Aux Etats-Unis, çà n’existe pas. Vous êtes bon au lycée, vous obtenez une bourse pour jouer en fac. Vous êtes en fac, vous passez pro. C’est la pyramide obligée du sport U.S. Si fous échouez à l’un de ces niveaux, vous arrêtez sur le champ. Il ne vous reste plus qu’à vous amuser à la balle avec vos copains.

Comment s’est passée votre première entrée sur un stade à Georgia University ?

Aux Etats-Unis, le Sud, c’est un peu le royaume du football. A Georgia U., le stade contient 87000 places. Pour chacun de onze matches de foot de la saison, c’est plein à craquer. La première fois que j’y ai joué, avec tous ces gens autour de moi, j’ai aussitôt eu envie d’y revenir. Le rugby au Pays Basque, c’est 200, 300 personnes maximums pour un match de juniors.

Vous étiez international junior de rugby à Biarritz. Quand vous êtes arrivé à Georgia, avez-vous été impressionné par le niveau des athlètes américains ?

Pas vraiment. Ce qui m’a le plus frappé, c’est le côté militaire du foot U.S. Et du sport américain, Discipline ! Organisation ! Ça ne rigole pas !

Quels étaient vos rapports avec les entraîneurs. Vince Dooley, celui des Georgia Bulldogs, est un ancien Marine !

C’est le système de la carotte et du bâton. Si on réalise un bon match avec victoire à la clef, l’entraînement de la semaine à venir est relativement facile. Par contre, en cas de défaite, le lundi qui suit sera terrible. Lorsque nous perdons, il y a punition collective, mais les sanctions retombent sur chacun de nous séparément. Si j’ai été mauvais, je sais à quoi m’attendre. Le coach m’humiliera pour me montrer mes torts et m’obliger au rachat la fois suivante.

A Georgia, les footballeurs sèchaient-ils les cours régulièrement ?

Hélas, c’est le gros problème du sport universitaire. Le spectacle est extraordinaire, l’ambiance folle, mais il y a énormément d’argent en jeu. Trop, peut-être. Le football seul a rapporté à Georgia University 15 millions d’euros lourds voilà deux ans. Net ! Après impôts ! C’est effarant. Or, dans ce sport, il existe des joueurs-clés, capable à eux seuls d’influencer la bonne marche d’une équipe. Alors les universités n’hésitent pas à sacrifier leur éducation pour qu’ils soient au top de leur forme le week-end. Pour qu’ils fassent gagner l’équipe, pour qu’ils fassent gagner de l’argent à la fac. Et ce sont les noirs, bien évidemment, qui en pâtissent le plus.

Pour certains joueurs de fac, le football ne tourne-t-il pas parfois à l’hystérie ?

Ce serait presque normal. Etre un honneur extraordinaire. Les familles sont excessivement fières d’avoir un gosse qui enfile le casque des Bulldogs. Pour eux, c’est pire qu’une raison de vivre. Des pères m’ont écrit en envoyant la photo de leur fille aînée. Dans l’espoir qu’elle m’épouse ! Enfin, pas tant moi qu’un footballeur des Bulldogs !

Ah oui, parce qu’avec les filles, çà doit plutôt bien marcher pour les footballeurs !

(Rires.) Bien sûr ! C’est le prestige de l’uniforme, le prestige du footballeur américain.

Les cheerleaders constituent-elles votre cheptel particulier ?

Non. Tout le monde le croit, mais c’est faux. On leur interdit très souvent tout contact avec nous. A Georgia, je n’ai jamais connu la moindre cheerleader. En quatre ans !………..

SP juin 2008

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Technique : l’interception dans le basketball

Interception

TOUT EST DANS LE PIED

Laissez les voleurs en liberté ! Le basket est leur paradis. Mais que fait la police ?
Elle regarde, elle admire. Impuissante. Les voleurs de ballon sont les princes de la fauche, les rois de l’inattendu, les sultans de l’instantané. Ce sont des aimants aimant par-dessus tout aspirer la balle qui se trouve dans les mains de leurs adversaire. Ils te piquent en douceur et tu restes planté là, tes baskets collées au plancher. Il faut avoir vu sa passe être interceptée, s’être fait prendre la balle en dribble - ou pire dans les mains - pour comprendre la frustration, la gêne, voire le ridicule que cela entraîne. Mais si tu es dans les chaussures de l’autre, alors là, quel bonheur ! Richard Dacoury : « C’est un geste très excitant. Surtout quand cela se passe dans les moments chauds d’une rencontre. Là, çà devient carrément jouissif. » « Intercepter une passe c’est bon mais piquer la balle en dribble, c’est encore plus génial », avoue Mike d’Antoni, actuel coach de Milan et intercepteur réputé pendant sa carrière NBA. « C’est une sensation étonnante car, souvent, on a tout le terrain qui s’ouvre devant soi. » « On est aspiré vers le panier adverse », confie Jurij Sdovc, considéré comme le meilleur défenseur d’Europe et surtout le meneur de jeu de l’équipe Yougoslave… aujourd’hui slovène.

L’INTERCEPTEUR C’EST UN PEU COMME LE CHAT QUI S’APPRETE A BONDIR.
LA SURPRISE EST SA GRIFFE.

Toujours au niveau des sensation : « si tu connais le jeu de l’équipe adverse, anticiper sur une phase de leur système et voler des ballons te donne un peu l’impression de les rouler dans la farine », c’est Andy Fields qui s’exprime ainsi. Le pied, c’est le résultat. Mais comment s’y prendre pour être un Arsène Lupin du basket ? « Il faut aimer défendre. J’ai construit ma réputation sur la défense. C’est ma marque. J’y tiens. Il faut surtout de la volonté et de la concentration. A partir de là, il y a plein d’occasions dans un match pour piquer des ballons à l’adversaire », Alvin Robertson sait de quoi il parle, il est le quatrième meilleur intercepteur de tous les temps de la NBA. Mais le maître absolu de l’interception s’appelle Maurice « Mo » Cheeks (New York Knicks) : « Il faut effectivement plusieurs qualités pour devenir un spécialiste. Mais je crois que la principale c’est l’expérience. Avec la connaissance du jeu, u anticipes facilement. » « Mo » Cheeks, recordman de tous les temps avec 2194 ballons volés. Sacré butin petit lutin ! Et en plus, il a raison Maurice. Les qualités, il en faut. En vrac : anticipation, agressivité, réflexe, technique, explosion musculaire, expérience et surtout le coup d’œil. Et s’ils avaient des yeux au bout des doigts ?

MISTER CHIPE TE LAISSE NU AU BEAU MILIEU DU VILLAGE

L’intercepteur, c’est « Mister Chipe » qui te met face à ta propre fragilité. Il te laisse nu au beau milieu de la place du village sous le regard amusé, voire moqueur, de la foule. Tu te sens petit, visé, mal à l’aise, benêt quoi ! Alors il te prend l’envie de mettre tes poings sur les hanches en criant « pourquoi moi ? Y’en a d’autres ! » Regardez bien un joueur venant de se faire prendre le ballon, il a toujours un moment sans réaction plus ou moins court avant de pouvoir se relancer. Et souvent quand il réagit, il est déconcentré et fait faute. L’interception est une action individuelle mais qui bien souvent découle d’un travail d’équipe. C’est un piège collectif. « On piège l’adversaire en lui faisant croire qu’il a assez de place pour effectuer sa passe et hop ! un partenaire surgit sur la ligne de passe. C’est gagné ! » Frédéric Forte, le nouveau meneur de jeu de Limoges, a le sens de la formule. L’équipe entière y participe et çà fait du bien à tous. Jacques Monclar, l’entraîneur d’Antibes : « Quand je jouais, j’aimais çà plus que tout. Et encore maintenant je considère que c’est l’un des éléments les plus positifs d’un match. C’est comme un smash, çà dynamise tout le collectif. Et il savait s’y prendre « Jacquou le Croquant » qui ajoute : « L’élément clef en fait, c’est d’avoir vraiment faim de ballon. » Puisque la police est impuissante, autant les reconnaître avant qu’ils ne commettent leur larcin. Physiquement, ils sont plus du genre tonique et vif que lourdaud et empâté. Mais bon, le meilleur moyen, c’est de regarder les pieds. L’intercepteur, c’est un peu comme le chat qui s’apprête à bondir. Il est toujours sur l’avant du pied. Mais malheureusement, les vrais voleurs de ballon sont une race en voie de disparition. Qui dit vol, dit prise de risques. Or, c’est à double tranchant. Une tentative ratée, c’est comme tendre le bâton pour te faire battre. La punition est immédiate. La défense est d’un seul coup déstabilisée et c’est souvent deux points pour ta pomme. Dusan Ivkovic, le sélectionneur yougoslave au championnat d’Europe à Rome : « Plus que par le passé, priorité est donnée à la défense sur l’homme plutôt qu’à l’anticipation sur le ballon. » Il n’est plus question de lâcher son vis-à-vis pour tenter l’interception. Pourtant, travailler le sens de l’interception, c’était l’un des meilleurs moyens d’apprendre à défendre. Larry Bird ou le basket des étoiles : « Défendre sur les lignes de passe, c’est comme çà que j’ai appris à défendre en individuel aussi bien qu’en zone. C’est une partie importante du jeu. Dommage, c’est un art en voie de disparition. » Malgré cela, à l’aide ! Des voleurs sont toujours là ! Haut les mains, peau de lapin ! C’est un hold up !

SAVOIR INTERCEPTER

Qui mieux qu’un coach universitaire pouvait nous expliquer l’art d’intercepter ? Nous avons demandé à Paul Evans, coach de l’université de Pittsburgh, l’une des plus fortes équipes universitaires de la Conference Big East, de nous donner quelques conseils : « Je dis toujours à mes joueurs : ayez l’œil et l’envie. Sachez lire le feu de l’adversaire. Amis français, voici quelques exercices simples. Le premier jeu est très simple mais très efficace : C’est le jeu de la passe à dix. Le dribble n’est pas autorisé. L’équipe offensive essayera de faire ses dix dans une surface limitée. Dans le même genre de surface, par exemple la zone à 3 points, je vous conseille un autre exercice amusant. Tous les joueurs ont un ballon, tous dribblent et tous essayent de voler le ballon de l’adversaire. Le dernier a gagné. Autre entraînement. A trois cette fois ci. Deux joueurs immobiles se passent la balle, le troisième se trouve au milieu et essaye de l’intercepter. Si le défenseur récupère le ballon, c’est celui qui a fait la mauvaise passe qui prend la place au milieu et ainsi de suite. Toujours à 3 joueurs. Un passeur, un shooteur, un défenseur. Les deux premiers n’ont pas le droit de dribbler. Le défenseur doit en priorité empêcher la passe. S’il n’y parvient pas, il jouera ensuite le un contre un face au shooteur. Voilà de quoi prendre son pied. Bon courage !

FE avril 2008 pour Dimension USA

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Pete Pistol Maravich

Je me sens vraiment bien. »  Ce furent les derniers mots de Pete “Pistol” Maravich. Quelques secondes plus tard, Maravich s’écroulait sur le sol, victime d’une crise cardiaque. A 40 ans décédait le plus fantastique shooteur de l’Histoire de la NCAA. Sur un champ de bataille. Lors d’un match de démonstration â Pasadena, Californie.

Maravich n’avait pas joué au basket depuis près d’un an, depuis le match des “vieilles gloires” de la NBA, â Seattle, qui précède régulièrement le All-Star Game. Une autopsie révélera que Pistol souffrait d’une malformation congénitale. La nature ne l’avait pas doté d’une artère coronaire gauche. Un cas rarissime. « C’est comme une pièce de musée » déclarera le Dr. Maron, abasourdi de cette découverte chez un homme qui démontra sur le terrain un souffle inépuisable, et qui, en dehors, brûla longtemps la chandelle par les deux bouts.

Les fans des seventies conserveront l’image d’un joueur, portant une longue crinière de cheveux qui flottait derrière lui, des chaussettes en accordéon, et qui vida son barillet sans se soucier des munitions, sur tous les terrains de l’Union.

Son père, Press, qui joua dans la BAA (la ligue pro, qui précéda la NBA), avant de coacher Clemson puis North Carolina Slate, l’avait initié à la balle au panier. Pete, qui fut surnommé Pistol dès l’école élémentaire, dribblait sur le chemin de l’école, ou quand il enfourchait une bicyclette. Et même parfois après avoir ouvert la fenêtre de la voilure familiale,  pendant que son père conduisait. ..

Dès qu’il avait un moment de libre, il allait shooter, sous tous les angles, de n’importe quelle distance, pendant des heures, chaque jour. «  En high school, j’ai commencé à montrer mon latent. Mais j’ai aussi découvert les vices de la vie, l’alcool et les femmes. Ca fait beaucoup à la foi » dira t-i1 plus tard. « Si j’avais continué à travailler sérieusement, j’aurais été au moins 30 % meilleur que je ne le fus. »

Ce fut déjà pas si mal.

Maravich alla rejoindre Louisiana State où son père venait d’être nommé coach. Celui-ci laissa à son rejeton toute la souche de tickets de shoots. Les systèmes offensifs furent bâtis autour de la main brûlante de Pistol. Et Maravich s’appropria tous les records de points imaginables : dans une saison, dans une carrière, au total, à la moyenne. Avec une pointe à 69 contre Alabama. Et pourtant, il ignorait les règles élémentaires de l’entraînement, et se retrouva au centre de scandales, notamment lorsqu’il fut inculpé de conduite en état d’ivresse après un accident de voiture.

Les fans de Louisiana State lui pardonnaient tout. Ses bourdes sur le terrain (pertes de balles, et pourcentages très moyens) et ses écarts en dehors. Il réveilla le basket à LSU, et suite à son passage l’université fit construire une nouvelle salle dotée de 15.000 sièges.

Les Atlanta Hawks en firent leur premier choix de la draft de 1970. Pete signa un contrat de 1.9 million de dollars, soit plus que ce que Milwaukee avait investi dans Lew Alcindor la saison précédente. Il continua de canarder, là encore à la grande joie du public, qui oubliait qu’il n’était pas forcément rentable. Maravich n’était pas un gagneur, mais son style flamboyant avait le don d’électriser les foules.

Il fut transféré en 74 aux New Orleans Jazz. En 76-77, il engrangea 2.273 points, et gagna le titre de meilleur marqueur de la ligue. Le 25 février 77, devant 11033 spectateurs au Superdome de New Orleans, il battit face aux Knicks le record de points pour un guard, 68, que détenait Jerry Lucas. Et pourtant, c’était Walt Frazier, le meilleur arrière défensif de la NBA, qui avait été chargé de le surveiller. Ce soir-là, Pete n’avait pas gaspillé les balles : 26 sur 43 aux tirs du champs, 16 sur 19 aux lancers-francs.

Mais les Jazz ne parvinrent jamais en playoff, et quand ils déménagèrent â Utah, Pistol, pas très heureux de ce transfert, en proie à des problèmes de genou et à des troubles en dehors du terrain, commença à dégringoler. Il n’avait disputé que 17 matches à Utah, quand il fut licencié en janvier 80. Il signa comme free agent aux Celtics. Et comme réserviste. Quand Boston fut éliminé des playoff par les Sixers, Maravich décida, à 33 ans, de se retirer.

« J’ai toujours été associé avec le succès. Mais, à cette époque, j’étais un être misérable et sans cervelle. J’étais une personne terrible. Je me fichais de la religion. Je n’avais jamais ouvert une Bible de ma vie … «  Pistol fit cette autocritique quelques années plus tard. Durant les mois qui suivirent sa retraire, Pete vécu reclus dans sa maison. Puis après une nuit blanche et noyée de larmes de 1982, il emmena sa femme et ses deux enfants dans un gîte rural de Louisiane. Sa vie changea du tout au tout. Il adopta un régime très strict, devint très pieux, et essaya de convaincre ses amis de changer eux aussi leur style de vie. Il organisa également un camp de basket avec son père, qui devait décéder d’un cancer en avril 87.

«  Pistol a passé la moitié de sa vie sur un terrain de basket » dit Jay McCreary, qui fut assistant-coach à LSU. « Je pense qu’il aurait souhaité ça, mourir sur un terrain »

RD avril 2008

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Patrick Ewing

Retour sur une légende du vieux parquet du Madison square Garden…Patrick Ewing.
Il porte deux genouillères de caoutchouc noir, remontant haut sur la cuisse, et qu’on jurerait découpées dans la combinaison d’un plongeur de combat. Doublées d’un molleton blanc pour amortir les chocs. Aux poignets, un bracelet, large comme un bandage.
Des emplâtres, Patrick Ewing, 30 ans, huitième saison de professionnalisme, appelle ça ses cicatrices de guerre. 115 kilos et demi, 2,13 m, l’empennage d’un bombardier lourd. Ewing, plus de vingt-quatre points, plus de onze rebonds de moyenne, près de trois blocks par match.
Une main, ouverte, en appel de balle, l’épaule opposée pesant sur l’adversaire comme un pont-levis. Lorsqu’il se retourne et arme ce tir en tourelle, quasi imparable, Patrick Aloysius Ewing manœuvre en deux temps, deux temps stratégiques qui s’apprennent dans les écoles militaires.
L’infanterie occupe, l’artillerie conquiert, Et puis il y a ce masque médiéval. Cette sueur de cheval de corrida, cette cuirasse musculaire, ce bras tendu qui dunk en s’abattant, pylône électrique de haut voltage. Ewing fait peur, c’est son registre. Aux Knicks de New York, l’équipe la plus riche du monde et la plus bordélique ces dernières années, ses coéquipiers le surnomment « The Beast » (la Bête). Ou encore « The Boomer », qui est aussi, dans la gamme des percussions de rock, le haut-parleur des basses. Celui qui cogne.
Ewing, dont la voix de baryton couvrirait aisément un aspirateur, ne parle pas ou peu. Après avoir renégocié assez douloureusement son contrat, en juillet dernier, il est devenu le basketteur professionnel le mieux payé, potentiellement, du globe. Il a joué son propre rôle dans une pochade de Gene Wilder, New York Times; celui d’un ange - quel contre-emploi ! - dans l’Exorciste III. Ses pompes portent son nom, label unique. Mais il continue de s’entraîner, l’été, avec ses anciens coéquipiers de Georgetown, et de faire ses courses à Paramus, dans la grisaille du New Jersey.
Ses confidences, il faut les arracher aux forceps. Corps à corps perdu d’avance. Pour quelle folie craquerais-tu un mois de salaire? Je ne dépense jamais d’argent bêtement. Si tu n’avais pas joué centre, quelle place aurais-tu aimé occuper? Centre. Et rien d’autre. En NBA, qu’est-ce que tu détestes? Le calendrier. Quel est le meilleur souvenir de ta carrière pro? Je l’attends encore. Au lycée de Rindge and Latin, Massachusetts, les crétins se payaient sa tête, à l’extérieur: « Analphab(ê)te! Illettré! » Enormité. Ewing est diplômé en Arts et Lettres de Georgetown, une des facs les plus réputées des Etats-Unis. Simplement, avant de choisir de se taire, il lui avait fallu apprendre à parler.
A 12 ans, il arrive de Kingston Jamaïque, où les sept frères et sœurs vivaient en baraquement. Janvier 1975, Dorothée, leur mère, a tracé le sillage quelques mois auparavant, après avoir trouvé un boulot de cantinière au General Hospital de Cambridge. Le père, Carl, est mécano. Les enfants mâles sont promis à la mine de bauxite. Dorothée trouve à se loger pas très loin de Charles River, en face de Boston.
Boston, cœur de l’immigration américaine, où la première vague des pionniers parlait un anglais pointu. Pour les descendants du Mayflower, le patois jamaïcain passe pour un jargon incompréhensible. Une langue étrangère. Tous les matins, entre deux leçons de grammaire, Ewing longe le playground de Hoyt Park. De loin, il tente de décoder les règles d’un jeu apparemment simple, qu’il ne connaît pas. Puis il passe son chemin, et file au perfectionnement. Un matin qu’il s’attarde, les mômes le tirent par la manche. « Tu veux jouer? »
Jarvis, le coach, le place à l’arrière puis au centre. I1 mesure 1,85 m à 13 ans. Le lycée gagne trois titres du Massachusetts. Quatre ans après son arrivée aux Etats-Unis, un mec lance à Ewing « Tu joues comme Bill Russell. » La légende des Celtics. Ewing, qui n’y pige rien, se demande si on l’insulte. On l’appelle Peking Man. Et ça, renseignement pris, c’est une vacherie. « Laisse causer, lui dit sa mère qui n’assiste jamais aux matchs. Bosse dur ou laisse tomber! »
Il a 17 ans, des notes faiblardes en lecture, une tutrice qui le bouscule: « Tu ne vas tout de même pas devenir le plus grand benêt de la terre! », et il dispute une finale d’écoliers à deux pas du Boston Garden. Red Auerbach, le manager au cigare, reçoit le coach John Thompson,
de Georgetown, pour parler de tout et de rien. «Viens voir ce môme. » Bluffé, Thompson imprime immédiatement. « Ou’ on me le donne et je gagne le titre universitaire!» Thompson débarque chez les Ewing, à Pleasant Street, en février81. Dorothée consulte son mari. Qui signe pour Ewing. Entre-temps, Jarvis a polycopié une lettre type à 150 collèges de Première Division NCM. A Georgetown, Ewing se plie au système ultra défensif du coach. Il devient un blockeur fabuleux. Freshman, il échoue d’un point en finale contre Jordan, Worthy, Perkins, le trio star de North Carolina. Quelques semaines plus tard, Thompson s’invite à nouveau, Les recruteurs professionnels tournent comme des mouches. Ewing, qui est en deuxième année d’université, est estimé à un million de dollars par an. Le marché est en ébullition. « J’étais là pour les informer, se souvient Thompson. J’ai pris une leçon.» Dorothée tape du poing sur la table: « Pas question. Je veux qu’il ait une véritable instruction !» Ewing se tait. Puis prend Thompson à part. Il lui dit qu’il s’aligne.
En 1984, Georgetown remporte le titre. Ewing, champion olympique l’été suivant, est devenu un objet de curiosité. Thompson fait barrage. L’Ewing Commitee, cercle officieux d’amis, de profs, d’intimes, tire un cordon sanitaire autour du géant. Sur le campus, tandis qu’il peint des paysages dans sa chambre, il faut attendre deux semaines et remplir des kilomètres de formulaires pour l’interviewer 30 minutes. En octobre 1984, le maire de Cambridge lui remet les clés de la ville en montant trois marches sur le perron pour le regarder dans les yeux. On le trimballe en Oldsmobile avec chauffeur jusqu’à l’hôtel de ville. Allocution des corps constitués. Dukakis, futur candidat à la candidature démocrate pour la course présidentielle, est là. Le soleil tape fort. Dorothée Ewing a succombé, treize mois plus tôt, à une attaque cardiaque massive.
Habillé et empesé comme un diplomate, médaille d’or en sautoir sur le gilet du trois-pièces, Ewing s’éponge la nuque, console sa sœur qui ravale une larme, s’arrache quelques phrases de remerciements : « Je ne sais que vous dire. Vous me traitez comme un saint! C’est trop! Thompson m’a toujours affirmé qu’il ne pouvait y avoir de saint sous les panneaux !»

Puis il part s’appuyer sur un arbuste de même taille et mendie un baiser sur la joue à Rita Williams, la condisciple qu’il épousera six ans plus tard …
Courant 85, c’est la ruée, Portland tente de griller tout le monde, avant le draft et se fait taxer de 250 000 dollars pour dépassement interdit. La NBA inaugure, en pare-feu, le système de la Lottery. Ewing met la barre très haut. Stern le boss plonge dans l’une de Plexiglass et pioche la dernière enveloppe. Les Knicks de New York, Le contrat sera pharamineux pour l’époque : 32,5 millions de dollars sur dix ans, Dave De Busscherre, le général manager, se lève et boxe des courants d’air comme un champion poids lourd sur le ring. Les six perdants du tirage au sort font la gueule.
Ewing débarque à New York. New York. Vingt millions de spectateurs au Madison Square Garden depuis l’après-guerre. New York, propriété des pétroliers de Gulf and Western, pète de fric, mais le balance par les fenêtres, Deux saisons calamiteuses en 1984 et 1985. Quinze ans de vaches maigres depuis la retraite de Willis Reed. Ewing doit tout changer. Mais Ewing ne sait pas où il met les pieds. De 1985 à 1991, l’ex-pivot défensif devient une scoring machine, à plus de 20 points de moyenne. Monte progressivement en charge au rebond. 28.6 points en 89-90. 51 points en mars 90 contre Boston. Entre-temps, Hubbie Brown, coach caractériel, s’est acharné à l’utiliser à l’aile, corrigeant ses erreurs peu avant de gicler! Ewing s’abonne, plaisir solitaire, au All Star Game. Cartonne à plus de 50 % dans le champ. Seul. Trop seul. Miné par les luttes incessantes d’influence, les querelles de personne, le club accumule les statistiques désastreuses. Cinq entraîneurs, deux executive supervisors et trois GM se succèdent en cinq ans. Al Bianchi, l’avant-dernier, lance cette loufoquerie avant de passer à la trappe, en mars 1991 :« Je ne serai jamais assez payé pour faire ce job stupide.» « Si vous les appelez au téléphone pour conclure un transfert, c’est un théâtre d’ombre, expliquait Frank Layden des Jazz. On vous fait rebondir sur trois ou quatre mecs, dont aucun ne dispose d’un vrai pouvoir de décision.» Il faut réunir un conseil d’administration et balancer un kilomètre de fax pour obtenir une réponse
. Et puis il y a la presse new-yorkaise, cynique et intransigeante, dont les éditoriaux vachards allument périodiquement le staff. C’est en ouvrant un canard que le coach Rick Pitino, initiateur d’un système de pressing pourtant efficace, apprend, en 1988, que son supérieur hiérarchique direct ne partage pas ses choix tactiques. Ballottée, l’équipe encaisse mal ces soubresauts de couloir, traverse des trous d’air et éclate en miettes, incapable de se fédérer spontanément sur le terrain.
En six saisons, Pat Ewing disputera 26 matchs de playoffs sans jamais passer deux tours éliminatoires. L’an passé, les Knicks sont sauvagement défenestrés en trois manches sèches (moins 41 points lors du premier match) par Chicago!
C’est alors que Pat Riley arrive, cravates de soie imprimées, costards italiens sur mesure, en pompier de la dernière chance. Riley l’indiscutable, Riley le quadruple champion, avec les Lakers. Mais Ewing, stakhanoviste des parquets, qui n’avait manqué que trois matchs en quatre ans, décide de rendre son tablier. L’issue de secours tient, avancent ses avocats, dans une clause un peu dingue de son contrat béton: il ne figure plus parmi les quatre super salariés de la NBA ! Un expert est mandaté pour arbitrer le litige. Il sort sa calculette et tranche en faveur du club. « Sa seule victoire de l’année ! », écrit un chroniqueur acerbe.
Riley panse les plaies, rebâtit l’équipe, relance l’arrière Mark Jackson - ex-All Star, traumatisé -, redonne sa chance à John Stark - un ex-journalier à la petite semaine en CBA. Il impose des entraînements à huis clos. Fait trimer ses joueurs les jours chômés. Et remotive le Boomer, avec qui il n’a jamais coupé les ponts pendant la tractation: « Toutes les stars ont connu la déprime lorsque les résultats ne venaient pas. Barkley, Malone. Jordan, bien sûr. Patrick s’en remettra » Les Knicks resserrent leur défense, et on peut voir Riley hurler ses ordres de la touche, en blazer de cachemire moutarde! « Tout a changé, a conclu Ewing cette année. On a gagné des matchs en jouant mal, en shootant mal. Paradoxalement, c’est la marque d’une grande équipe. » Tout a changé? Pendant toute la saison régulière, Riley avait imposé une loi: pas de rentier. Aucun starter des New York Knicks ne savait s’il allait conserver sa place le match suivant. Sauf un. Surnom: la Bête…

Position de jeu : Pivot, poste 5, center
Maillot : 33
Né le 5 aout 1962 à Kingston, Jamaica
NBA Draft: 1985 / Round: 1 / Pick: 1
College: Georgetown
Equipe NBA :
* New York Knicks (1985-2000)
* Seattle SuperSonics (2000-2001)
* Orlando Magic (2001-2002)

Stats et récompenses carrière :
Points         24,815
Rebonds        11,607
Contre         2,894

* 11x NBA All-Star (1986, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997)
* NBA’s 50th Anniversary All-Time Team
* 1984 NCAA Basketball Tournament Most Outstanding Player
* 1985 Naismith College Player of the Year
* 1985 Adolph Rupp Trophy
* 1986 NBA Rookie of the Year
* 1x All-NBA First Team selection
* 6x All-NBA Second Team selection
* 3x NBA All-Defensive Second Team
* 2x Olympic gold medalist (1984, 1992)

RK mai 2008

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Le tir à trois points

Les eighties ont vu l’avènement du tir à 3 points. D’abord méfiants, les pros NBA se sont peu à peu laissés séduire par ces shoots à longue portée et ont enfanté une génération de spécialistes : les bombardiers.

Le 13 octobre 1967, un drôle de ballon bleu-blanc-rouge expédié par un certain Les Salvage derrière une ligne située à 7.25 m du cercle, donna 3 points à son auteur et des idées à tout le monde. Ce jour-là, Salvage, meneur de jeu d’Anaheim, une équipe de la défunte ligue ABA devenait le premier basketteur de l’histoire à passer la ligne de démarcation.
Douze ans plus tard, la NBA adoptait cette nouvelle règle. Et Chris Ford, plus tard assistant coach aux Boston Celtics, devenait le premier joueur de NBA à inscrire un tir primé. Depuis, de nombreux « three pointers » (tirs à 3 points) ont transpercé les cercles de la NBA.
Pourtant, l’intégration du tir primé, NBA fut très lente. Lors des premières années, boudé par les pros, le tir de loin était exclusivement l’œuvre d’une poignée de desperados. Le shoot de la dernière chance à la fin d’un quart-temps ou d’une mi-temps. « A cette époque, nous ne l’utilisions que pour tenter d’égaliser en fin de match » se souvient Darrell Griffith, des Utah Jazz.
Fidèle à sa tradition, le basket américain était surtout organisé autour des grands pivots. Les entraîneurs préféraient que leurs joueurs s’expriment le plus près possible du panneau, pourcentage de réussite oblige. Les adversaires de la nouvelle règle lui reprochaient de dénaturer l’essence du jeu.
Durant la saison 1980-81, les Atlanta Hawks, les plus frileux de tous, ne tentèrent en moyenne qu’un misérable tir par match au-delà de la ligne à 7.25 m !
Après 1984, le shoot de loin est progressivement rentré dans les mœurs. La saison dernière, ce fut l’explosion : 13.431 tentatives. Cinq ans plus tôt, on en recensait seulement 4.480.
Deux événements extérieurs à la NBA expliquent cet engouement. D’abord, la prise de conscience du retard américain dans le domaine du shoot extérieur. Les universitaires américains prirent une véritable leçon dans ce domaine lors des deux plus grandes défaites du basket US. Aux Jeux Panaméricains de 1987 à Indianapolis, le Brésilien Oscar Schmidt torpilla les Etats-Unis avec 46 points, dont six shoots primés e, deuxième période. En demi-finale des JO de Séoul, le moustachu lituanien, Rimas Kurtinaïtis, un métronome du tir à longue portée, élimina les super-athlètes américains en réussissant 28 points, avec notamment quatre tirs primés.
Mais ce fut l’introduction du tir à trois points chez les universitaires en 1986 qui s’avéra réellement déterminante. Placée à 7.25 m chez les pros, la ligne étai ramenée à 6.02 m en NCAA (6.25 m en Europe). Le panier à trois points devenait à la portée du premier venu. Cette nouvelle règle a réévalué le rôle des shooteurs extérieurs, souvent des « petits » jusqu’ici négligés par les coaches. La cote de certains spécialistes s’est vu ainsi rehaussée comme Dennis Scott, l’ailier de Georgia Tech (77 tirs à trois points de plus que de tirs à deux points en deux saisons) ou Jeff Fryer, l’arrière de Loyola Marymount (59% de ses shoots décochés derrière la fameuse ligne). Et comme en basket quasiment tous les joueurs évoluant en NBA passent par la filière universitaire, les spécialistes des « missiles » sont de plus en plus nombreux chez les pros.

LE CAS MICHAEL ADAMS

Un homme symbolise à lui seul le coup d’accélérateur donné par le basket universitaire à la NBA dans ce domaine : Rick Pitino, aujourd’hui coach de l’université de louisville. En 1987, il a conduit son équipe de Providence formée de joueurs assez médiocres, en demi-finale du championnat universitaire. Son secret : l’utilisation constante du tir à trois points. Lorsque l’année suivante, Pitino prit la direction des New York Knicks, il prêcha le même credo avec un argument mathématique implacable : un panier sur trois à 3 points équivaut à un panier sur deux à deux points. Avec Pitino à la barre, les Knicks ont fait des étincelles, explosant tous les records de shoots à trois points : 386 panier primés sur 1147 tentatives en 1988-89. Les trois meilleurs bombardiers des Knicks (Trent Tucker, Johnny Newman, Mark Jackson) ont expédié chacun plus de tirs de loin que 18 formations de la NBA cinq ans plutôt !
Toutes les équipes ont été obligées de s’adapter à cette nouvelle donne. Les Los Angeles Lakers ont travaillé le tir de loin, un élément peu présent dans leur arsenal. « C’est devenu une arme offensive en laquelle nous avons confiance » explique ainsi le coach de l’équipe californienne, Pat Riley. Son utilisation intensive est aujourd’hui monnaie courante en NBA. Le 2 mars 1989, lors de la rencontre Indiana Pacers-Golden State Warriors, 46 tirs furent ainsi décochés à plus de 7.25 m. Toutefois, le recours aux missiles varie selon les équipes. Les Knicks tentaient en 1990 en moyenne 14 shoots derrière la ligne contre seulement 3 pour les Washington Bullets.
Avec l’accent mis sur la vitesse et la disparition des pivots dominateurs, le tir à trois points a aussi contribué à changer le visage du jeu, désormais plus aéré. Donner la balle à un intérieur près du cercle n’est plus toujours l’option majeure, et l’encombrement sous les panneaux a tendance à diminuer. Autres avantage : les fins de matches sont souvent plus spectaculaires, car les tirs de loin peuvent permettre de combler plus rapidement un écart.
La mode des lance-missile a aussi bouleversé la carrière de certains joueurs. Le cas de Michael Adams est édifiant. A sa sortie de Boston College en 1985, ce meneur de jeu de petit format (1.75 m) est drafté au troisième tour (numéro 66) par Sacramento. Il dispute seulement 18 matches avec les Kings et finit sa saison chez les bien nommés Bay State Bombardiers, en CBA, la ligue des rejetés de la NBA. Adams joue 63 matches la saison suivante avec les Washington Bullets sans vraiment convaincre. Un déclic se produits lors de son passage aux Denver Nuggets en 1987. Dans un team décidé à utiliser son curieux shoot à longue portée, qu’il expédie d’une main, à la manière d’un joueur des années cinquante, il gagne sa place de titulaire dans le cinq majeur. En 1988-89, il tourne à 18.5 points de moyenne par match. Le 14 mars 88 contre les Utah Jazz, il tente même 15 shoots à trois points. La saison suivante,  « crazy gunner » a tenté et réussi à lui seul plus de tirs bonifiés que dix des vingt-cinq équipes de NBA !

MEME MANUTE BOL

Une autre étape importante pour la reconnaissance du tir à trois points sera la création en 1986 du « Long Distance Shootout », un concours organisé lors du « All Star Game ». Le public américain apprécie de plus en plus les belles courbes des bombes. La star de Boston Celtics, Larry Bird, a fait de cette épreuve son domaine réservé. Au point même de déclarer à ses adversaires lors de la seconde édition, en rentrant dans les vestiaires : « alors les gars ! Qui va finir second ce soir ? »
En l’absence du maître, blessé, Dale Ellis des Seattle Supersonics remporte l’épreuve en 1989. Ces deux stars deviennent ainsi les deux leaders d’une confrérie qui fait chaque année de nouveaux adeptes. «le tir à trois point est la base de tout mon jeu » n’hésite pas à déclarer le prometteur Reggie Miller (24 ans), des Indiana Pacers.
Craig Hodges des Chicago Bulls doit sa carrière en NBA à sa capacité à dégainer une certaine fiabilité à pus de 7,25 m. Le reste de son jeu n’est pas du même niveau. Avec Milwaukee en 86-87, son pourcentage de réussite à trois points (45.2%) était très proche de celui de ses tirs à courte distance (52%).
Les joueurs de NBA sont d’ailleurs de plus en plus adroits dans cet exercice. Au début des années 80, seulement un shoot de loin sur quatre transperçait le filet. En 1992, le pourcentage approchait un sur trois, et dix joueurs dépassaient la barre des 40%. Jon Sundvold des Miami Heat a même obtenu une réussite exceptionnelle (52.2%), mais avec un nombre de tentatives assez réduit. Mark Price (1.85m), le meneur de jeu des Cleveland Cavalier, est devenu une star ces dernières années grâce à son shoot extérieur. Il possède le meilleur pourcentage à trois points sur une carrière (43.8% en trois saisons).
Les lance-missiles ne sont pas que des joueurs de poche. Des pivots comme Bill Laimbeer des Detroit Pistons ou Jack Sikma des Milwaukee Bucks (2.11 m tous les deux) s’adonnent à cette pratique avec un certain bonheur. Jusqu’à cette grande gigue de Manute Bol (2.31m) qui voulut lui aussi suivre la mode. Mais le pivot soudanais ne put en réussir que 20 sur 81 la saison dernière. Bol, à coup sûr, n’aura pas sa place avant longtemps au concours de tir à trois points du « All Star Game ». La confrérie des « three-pointers » n’accepte que les spécialistes authentiques.

Heri mai 1993 pour Dimension USA

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Lebron James

LeBron James est le plus « HOT » et le plus « HYPE » des nouveaux talents de la NBA. Il était destiné à la plus haute marche et pour longtemps dès sa première saison avec les Cavaliers de Cleveland. Il y a d’ailleurs de plus en plus de personne qui ose penser que Lebron James est un homme qui a la capacité de dépasser Michael Jordan et Magic Johnson !!

Il serai un euphémisme de dire que Lebron James a eut une enfance difficile. Il est né le 30 Décembre 1984 à Akron dans l’état de l’Ohio. Gloria, la mère de Lebron avait seize ans à l’époque où Anthony McClelland, son père quitte la jeune femme et l’enfant. Gloria éleva seule Lebron. Les choses se sont compliquées à cause des petits amis de Gloria. L’un d’entre eux s’appelait Eddie Jackson il joua une part essentielle l’éducation de Lebron. De sorte que sa présence rassure le jeune Lebron James au point qu’il ne ressente l’absence d’un père.

LeBron James est d’une nature athlétique et utilisa cela dans le football et le basket-ball. C’est au cours de ses années à l’école qu’il rencontrait l’homme le plus important de sa vie. Frankie Walker a été l’entraîneur de basket-ball du jeune homme. Il a non seulement entraîné Lebron James, mais également accueilli dans sa famille. Il voulait donner à Lebron James une chance de vivre une vie normale sans le spectre de la violence et la drogue suspendue au-dessus de sa tête. Il a enseigné au jeune Lebron comment tirer avec sa main gauche. En classe de huitième, il mesurait 182cm, pouvait jouer les cinq postes et il avait le sens pour le jeu.

Il était temps pour Lebron James de montrer ses talents sur le terrain. Il est allé aux « USA Basketball Development Festival ». Il a été le premier aussi jeune joueur à être invité à ce camp. La performance de LeBron James justifiait l’invitation; Il a brisé le record de point marqué du festival. Le fait qu’il soit aussi talentueux a commencé à se propager très loin. Alors qu’il était étudiant en deuxième année au lycée à St. Vincent-St. Mary, il a mené son équipe à deux championnats consécutifs. Après son premier cycle, Lebron James se voit offrir un contrat de neuf millions de dollars pour jouer au basket-ball en Italie. Michael Jordan l’a invité pour une séance d’entraînement sur son terrain privé avec Antoine Walker, Michael Finley, Juwan Howard et Penny Hardaway. Lebron a fini par conclure un lien durable avec Antoine Walker. Il commençait à faire les couvertures des magazines de basket-ball. C’est seulement à cause des règlements de la NBA qu’il n’a pas été admis lors du Draft de 2002.

LeBron James est devenu l’un des tous meilleurs joueurs de basket-ball que le monde n’ait jamais vu. Il est très bon passeur. LeBron James semble avoir la capacité de dessiner un plan de se qui va se passer sur le terrain dans sa tête, sa vitesse et sa force sont supérieures à la moyenne. Le seul maillon faible dans son jeu est le tir à longue distance mais deux années dans la NBA y remédieront.

Lorsque la nation est dans une telle frénésie sur un individu, il n’est pas possible que les firmes de sportswear et autres soient loin. Nike et Adidas ont été dans une bataille royale pour se faire représenter par Lebron James. Adidas a même déployés Kobe Bryant pour capturer Lebron. Il a finalement signé pour Nike pour près de 90 millions de dollars. Tout cela avant que Lebron rejoint la NBA. LeBron James a été le premier à être choisi lors de la Draft 2003, il a été choisi par les Cleveland Cavaliers. Afin de tester le joueur et faire taire les medias, l’entraineur des Cavaliers a enfreint les règles de la NBA en invitant Lebron James à jouer dans l’équipe avant la Draft. LeBron James a séduit tous ses futurs coéquipiers avec ses dunks sur la tête de pros chevronnés tels que Jumaine Jones et Chris Mihm. Ses passes étaient meilleures que ceux de n’importe quel joueur régulier de l’équipe de Cleveland Cavaliers.

Lebron James, 2m02 et 113 kg joue au poste d’ailier dans son équipe. Il a été sélectionné dans l’équipe des U.S.A. et a remporté la médaille de bronze au J.O de Athènes en 2004. LeBron James a été le plus jeune joueur de basket-ball masculin à jouer en équipe national pour les Etats-Unis. Il a remporté toutes les distinctions « Rookie of the month » (« Meilleur débutant du mois ») de sa Conférence lors de sa première saison. LeBron James est le plus jeune joueur NBA à avoir été élu « Rookie of the year » (« Meilleur débutant de l’année »). Il a été mêlé à un peu de controverses lorsque sa mère lui a acheté un Hummer avec un prêt bancaire. Il a également eu des problèmes pour avoir accepter des maillots gratuits d’un magasin de sport. LeBron James porte le même numéro que son idole Michael Jordan - 23. Il est récemment devenu père d’un petit garçon. Lebron a le nom de sa mère, Gloria, tatoué sur son biceps. Sa mère porte un maillot de basket-ball aux jeux avec les mots, “la mère de Lebron” sur le dos.
Lors de sa saison 2004-2005 il est sélectionné au ALL Star Game. Durant la saison il est le plus jeune joueur de l’histoire de la NBA à faire un triple double, il scora 50 points également lors d’un match et fut élu dans la première All NBA team. Ses stats 27,2 points, 7,2 passes décisives, 7,4 rebonds et 2,2balles volées par match.
En 2005-2006 il fut aussi élu au All star Game mais fut le meilleur de son équipe et fut élu MVP du ALL star game , devenant ainsi le plus jeune joueur à recevoir ce trophée. Sa moyenne saison fut 31,4 points, 7 rebonds et 6,6 passes. Il emmena son équipe en playoff se que les Cavaliers avaient pas connu depuis 1998 mais chutèrent au second tour contre Detroit.
James résigna un contrat avec Cleveland de 60 millions de dollars.
La saison 2006-2007 fut encore au All star game. Ses stats de saison furent 27,8 points , 6,7 rebonds , 6 passes et 1,6 balles volées par matchs. Il tira ensuite son équipe en playoffs puis en finale de conférence ce que les Cavaliers n’avait pas connu depuis 15 ans.
En 2007-2008 James continua de dominer le jeu et fut élu au All star. Il remporta le titre de MVP du ALL star game. Il réalisa 7 triple double lors de la saison (17 dans toute sa carrière à ce jour). Ne fut pas très loin d’être élu MVP de la saison derrière Kobe Bryant. En playoffs les Cavaliers chutèrent au second tour contre les Boston Celtics.
Une grande carrière qui s’annonce plutôt bien……

BD juin 2008

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Les 10 meilleurs saisons individuelles

Depuis la naissance de la National Basket-ball Association (NBA) en 1949, il y eut de tout temps des joueurs qui excellèrent par leurs prestances, leurs sciences du jeu, leurs talents ou leurs qualités physiques.
Mais qui fut le meilleur sur une saison ? Qui compila les meilleures statistiques sur une saison ? Qui fut le meilleur des meilleurs joueurs de cette ligue et ainsi sûrement du basket mondial ? Nous pourrions en débattre des heures tant il est déjà si difficile d’élire le MVP ou MOST VALUABLE PLAYER sur une saison (meilleur joueur de l’année), le dernier en date étant KOBE BRYANT des Lakers de L.A pour la saison 2007-2008 devant Kewin Garnett et Lebron James.
Voici compilé pour vous les 10 plus grosses saison statistiques de joueurs aujourd’hui légende pour que vous trouviez ainsi votre MVP à vous.

1. Wilt Chamberlain (saison 1961-62)
L’échassier surnommé aussi “The Big Dipper”: le grand plongeur cumula sans rechigner une saison inégalé encore à 50,4 points et 25,7 rebonds par matchs pour son équipe des Philadelphia Warriors. Wilt et les Warriors finissent 11 matchs derrière les Celtics de Boston dans la conférence Est et s’en allèrent à San Francisco la saison d’après.

2. Oscar Robertson (saison 1961-62)
Peut être la plus fabuleuse saison d’un joueur dans l’histoire de la NBA. Cette saison là Oscar réalisa un triple double (30.8 points, 12.5 rebonds, 11.4 passes décisives par matchs), et il réalisa cela des sa 2ème saison en NBA.

3. Michael Jordan (saison 1987-88)
MJ fut MVP de la saison régulière, meilleur défenseur de l’année et avec un ratio de 31,7 lors de sa quatrième saison NBA. Il domina aussi la league au scoring , aux tirs et au temps de jeu passé sur le terrain.

4. Michael Jordan (saison 1988-89)
Michael continua dans sa foulée avec  32.4 points, 8 passes décisives et 8 rebonds par matchs. Seul Oscar Robertson réalisa 2 saisons de cette qualité.

5. Kareem Abdul-Jabbar (saison 1971-72)
Kareem, dans sa 3ème saison NBA, remporta son second titre de MVP de la saison régulière et finis meilleur marqueur avec 34,8 points.

6. Nate Archibald (saison 1972-73)
Tiny fit une saison énorme pour les Kansas City-Omaha Kings, leader de la NBA avec 34 points et 11,4 rebonds.

7. Wilt Chamberlain (saison 1962-63)
Wilt domina la raquette et la league dans 10 secteurs statistiques, dont les points avec 44,8 points par matchs et les rebonds avec 24,3 par matchs.

8. Magic Johnson (saison 1986-87)
Magic fut l’homme de l’année 1987. Il réalisa un record de carrière à 27 Per  et gagna le titre de MVP de la saison régulière et MVP des « finals ». Ses stats de saison furent 24 points, 6 rebonds et 12 passes décisives.

9. Shaquille O’Neal (saison 1999-2000)
L’extra terrestre, le monstre physique « Shaq attack » fit sa plus grosse saison avec 29,7 points, 13,6 rebonds et 3 contres par match, fut élu MVP de la saison régulière  et MVP de la finale des play-offs et MVP du all star game.

10. Oscar Robertson (saison 1963-64)
Le Big “O” manqua de peu la moyenne pour un triple double sur la saison de 0,1 et finis un record de carrière de 31,4 points par matchs. Il fut MVP cette saison là aussi.
RO mai 2008
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Le basket des playgrounds

La NBA règne sans contest sur le basket Americain et rayonne mondialement mais quand il s’agit du basket de rue, appelé « streetball » en Europe dans les années 80, là curieusement la NBA est totalement absente … Ce basket pourtant est l’essence même de notre sport « BASKETBALL » et tous les joueurs NBA le savent bien et parfois s’y aventure encore sans l’accord de leur club bien sûr mais toujours avec le gout du jeu , de la sueur . Loin des strass et des parquets reluisant mais proche de ce qui fait que ce sport est bon : le retour au source : le Défi permanent.

Cerné par des immeubles délabrés qui transpirent de désespoir, à l’angle de la 155ème Rue et de la 8ème Avenue, le Holcombe Rucker Park: est sans doute le plus triste, le plus sordide, mais aussi le plus fameux de tous les play-grounds du pays. Nous sommes au nord de Harlem, un des coins les plus durs du ghetto, plaque tournante de tous les trafics de drogue. La dose de crack y est la plus pourrie et, à trois dollars, la moins chère de toute l’Amérique. C’est pourtant sur œ coin de bitume miséreux que les plus grandes stars des play-grounds ont exercé leur talent.

Ici, pas de table de marque, pas de filet au panier, pas d’arbitre non plus. Pour tout décor, des panneaux dont le métal prend la rouille, un cercle vissé encore par on ne sait quel miracle et surtout, l’objet indispensable à tous les matches, le «Street-hustle», cet énorme poste radio portable, bien utile pour couvrir le bruit des disputes qui arrêtent les rencontres toutes les trente secondes.

Le « Rucker » a vu défiler tous ces personnages étranges des play-grounds new-yorkais au surnom savoureux. De Joe « The Destroyer » Hammond, à Herman « The Helicopter» Knowing par Lewis « Black Magic» Liyod, un temps pro aux Houston Rockets et même son altesse Kareem Abdul Jabbar en personne. C’est ici et nulle part ailleurs que se font les réputations.

Dans le froid et le vent, les doigts deviennent gourds. Sur ce macadam, martyrisé depuis une quarantaine d’années par des centaines de milliers de paires de sneakers, les jambes s’alourdissent. « La première fois que je me suis retrouvé sur un parquet, j’avais l’impression de voler » raconte Sam Brook, alias « Flunk. » Je ne sentais plus rien, c’était si facile. La balle revenait bien au creux de ma main, j’en faisais ce que je voulais». World B. Free, ancien pro aux Philadelphia Sixers et aux Cleveland Cavaliers, se souvient lui aussi de ces rencontres du « Rucker ». « Pour gagner, il fallait abattre le gars d’en face. Sinon, c’est lui qui le faisait » Les propos peuvent surprendre, mais dans cet univers féroce, la chance ne passe jamais deux fois. Rares sont les joueurs qui ont pu sortir du ghetto et vivre de leur talent de basketteur avec les pros.

Dès le matin, quelques mômes arrivent un ballon sous le bras, la casquette vissée de travers. Deux équipes se constituent rapidement. Le match se joue en 11 paniers. Pas de lancers-francs, pas de tirs à trois points. Les règles sont les plus proches possibles de l’essence du jeu. Les vainqueurs restent sur le terrain, les perdants cèdent leur place à l’équipe suivante. Chacun attend sagement son tour dans l’ordre d’arrivée. Si un joueur arrive seul, il cherche à compléter un groupe, pour former une équipe

En fin d’après-midi, le caïds débarquent Le cas de l’équipe qui tient le terrain est vite réglé. Place nette est faite aux stars. Aux fenêtres des immeubles insalubres qui surplombent le terrain, les têtes apparaissent autour du grillage qui ceinture le terrain, des centaines de silhouettes s’installent, du chauffeur de « yellow cab» au petit dealer minable, en passant par le type un peu là par hasard. Le spectacle commence, étrange, baroque surréaliste.

Les play-grounds des grandes cités révèlent chaque année des types au talent fou, mal maîtrisé, dont, l’audience ne passe que rarement les contours du quartier. Très peu d’entre-eux se voient offrir une chance de se faire recruter par les coaches des grandes universités. La plupart des responsables universitaires se méfient de ces joueurs incroyablement doués, mais souvent inaptes à toute forme de vie sociale, voire tout à fait illettrés. Les New-Yorkais n’hésitent pas par exemple à affirmer qu’un habitant sur deux de Harlem ignore que l’océan est tout proche.

Ken McFadden « The Mouse» (la souris), est une des gloires du « Lower East Side » de Manhattan. Comme tous ces joueurs issus de ces terrains bosselés des playgrounds de New York City, « The Mouse » est un joueur intuitif, élevé au royaume du un-contre-un et à qui personne n’a jamais enseigné les mystères de la zone match-up ou de la 1-3-1. Tout gamin, « The Mouse» n’a retenu qu’une chose. L’hiver, sur les terrains rapidement dégagés de la neige qui les avait envahis et balayés par un vent glacial, il a dribblé des heures, apprenant à apprivoiser ce ballon si précieux. En dehors de tout système organisé, il s’est forgé un maniement de balle tout à fait personnel « The Mouse» est devenu un fameux dribbleur, imbattable sur terrain glissant. Mais dans les salles douillettes du championnat universitaire, le vent glacial de la baie de New-york ne passe pas la porte d’entrée.

Inscrit au lycée de Seward Park, Ken McFadden quitta l’établissement quelques semaines seulement après s’y être installé. A 16 ans, « The Mouse » accepta des tas de petits boulots pour venir en aide à sa famille. Le lycée ne fut plus qu’un souvenir. Mais avec ses potes des « Broncos », une équipe du « Lower East Side» qui domina les play-grounds de New York voici 5-6 ans, il se fit une telle réputation que quelques coaches universitaires vinrent contrairement à leur habitude pointer le bout de leur nez du côté de ce quartier à l’abandon.

Dans ces tournois qui pullulent au printemps, « The Mouse» laissa songeur Kevin Mackey, le coach de Cleveland State « il a marqué 45 points face à Kenny Smith (meneur actuel des Sacramento Kings) el 55 devant Pearl Washington (ancienne star de Syracuse). Lorsque je l’ai découvert, je me suis frotté les yeux. Ce gars-là avait un talent fou et personne ne le connaissait ». D’une formation pour le moins modeste, «The Mouse» fit de Cleveland State une équipe qui se qualifia pour le tournoi final NCAA. En dénichant ce joueur, Cleveland State avait eut beaucoup de chance, trop sans doute, puisqu’à la suite d’une enquête de la NCAA. CSU fut suspendu de tournoi final et  « The Mouse » devint « inéligible », c’est à dire rayé des cadres universitaires pour niveau scolaire insuffisant. A deux doigts de dénicher un club en NBA, « La Souris » dû se retourner sur ses play-grounds. Sans doute à jamais.

A l’instar de McFadden, le basket des rues a toujours enfanté des histoires sordides. Les play-grounds ont même souvent produit des kyrielles de pros ratés, sortis des aires de jeu pour remplir les commissariats. James « Fly » Williams, fantastique shooteur, recruté au début des années soixante-dix par une université, Austin Peay, qui ne dut jeter qu’un regard aveugle sur son dossier scolaire, a été abattu l’an passé après un holdup. Earl « Goat » (Dieu, en argot) Manigault, le plus grand joueur des ghettos de tous les temps, les bras percés par ses piqûres d’héro, vit quelque part, désintoxiqué paraît-il, mais sans le sou, du côté de Charleston. Lewis Lloyd, connu sous le nom de « Black Magic » sur les play-grounds de Philadelphia, puis sous celui de « Lou » sur les parquets NBA, vient de rechuter à la coke, après avoir été suspendu deux saisons par la ligue.

Lloyd Daniels, enfin, considéré comme le plus fantastique produit du basket des rues de New York, n’a jamais pu se fondre à la société américaine. Après avoir tenté de s’inscrire dans trois lycées, être recruté par l’université de Nevada Las Vegas, puis être déclaré « inéligible », il s’est porté candidat à la NBA, à moins de 20ans. Pétri de talent, Daniels a certainement toutes les qualités techniques et athlétiques nécessaires pour se faire sa place au sein de la prestigieuse ligue, mais pas la force de caractère nécessaire. Pas un des clubs pros n’a pris le risque de l’intégrer à son effectif. Il y a quelques mois, à la suite d’un rixe entre trafiquants, Lloyd Daniels a été retrouvé sur un trottoir du Queens avec une balle dans le ventre.

La drogue, qui ronge les couches défavorisées des grandes villes américaines, s’est attaquée très vite aux joueurs des ghettos. L’an passé, même le grand tournoi du « Rucker », le « Rucker Harlem Pro Tournament » a été annulé par décision de police. Les revendeurs de crack et d’héro organisaient des paris sur les rencontres. L’été d’avant, un arbitre avait été descendu lors d’un tournoi dans le Queens. Trop de dollars avaient été mis en jeu ce jour-là …

Loin des play-grounds crasseux de New York, l’Amérique joue simplement au basket sur des milliers d’autres aires de jeu. Quelques cinq millions d’Américains en sont des adeptes forcenés. Des tournois y font fureur, comme celui de la très chic université de Notre Dame, dans l’Indiana, une institution qui figure parmi celles qui comptent le plus de cerveaux au mètre carré aux Etats-Unis. Le « Notre Dame Bookstore Tournament » a attiré l’an passé 618 équipes venues de tout l’état et même de Chicago. Ici, on y joue entre gens bien élevés, et il n’y est pas rare de croiser quelques sommités professionnelles notoires.

Les règles sont à peu près les mêmes que sur les ghettos. On y joue à cinq contre cinq, sans remplaçant. Au bout de cinq fautes personnelles, chaque coup de sifflet  supplémentaire est sanctionné d’un lancer-franc qui compte pour un point, comme pour un panier. La première équipe qui marque 21 paniers est qualifiée pour le tour suivant. Ce marathon du basket se dispute sur une trentaine de terrains Installés sur l’Immense parking du stade de football.

Ce basket des « pick-up games », quelque chose comme « tu prends ton ballon et tu joues » se pratique absolument partout. Au point que deux journalistes, Alexander Wolff et Chuck Wielgus, ont du se résoudre à en faire une étude. Ces deux courageux ont établi une sorte de Guide Michelin du play-ground, notant toutes Ies caractéristiques des différents terrains. On y apprend par exemple que le plus somptueux play-ground de New York est celui de West 4th Street, à Greenwich village. Les filets Y sont régulièrement remplacés, une petite fontaine permet de s’y désaltérer, on peut y jouer tard le soir du fait d’un éclairage suffisant et les joueuses y sont les bienvenues. Comble du bonheur, vous pouvez occasionnellement y croiser la silhouette de quelques stars de la NBA.

Certaines petites villes coquettes du Middle-West ou de Californie offrent même un confort Inattendu aux  accros de la balle orange. Les courts sont régulièrement balayés par le service d’entretien, les filets impeccablement tendus, et divine surprise, des vestiaires sont mène prévus. A Venice, sur la célèbre plage de Los Angeles, pour parvenir au terrain vous devez même vous frayer un chemin entre les surfeurs frimeurs et les Californiennes bronzées.

Avant de partir le ballon sous le bras vers ce rectangle de terre promise, les américains se préparent. Un certain nombre de rites sont à respecter. La tenue, d’abord. Elle ne doit pas être trop apprêtée. Une légère décontraction est nécessaire. Le comble du chic est de porter un maillot personnalisé avec, si possible, un surnom. Les plus usités sont ceux de « Magic » pour les fins passeurs, d’ « Eraser » pour les grands contreurs, d’ »Iceman » pour les shooteur imperturbables ou de « Larry Bird » pour les bons Joueurs blancs. Il s’agit ensuite d’affubler son équipe d’un nom. Et enfin, de se familiariser avec tout ce vocabulaire si particulier.

Ne soyez pas surpris si par exemple on annule votre tir réussi en le qualifiant de « panier chinois » (Chinese Basket). Si la balle rebondit sur le bord métallique situé entre la planche et le cercle, le panier ne compte pas d’après les lois du play-ground. Par contre, sil e ballon tourne longtemps sur le cercle avant de rentrer, le point est compté. Il a pour nom « un siège de toilette ». Enfin, méfiez-vous si on vous demande de faire le «Zèbre ». Cela signifie tout simplement que vous avez été choisi pour faire l’arbitre. Les maillots des référés étant tous rayés aux Etats-Unis.

De ces terrains proprets de l’Amérique profonde aux macadams sordides de New York, le jeu est bien le même. Mais les acteurs y sont différents. Aimable passe-temps de l’Américain moyen, la balle ronde contient dans son cylindre tous les espoirs du gosse démuni des grandes cités de la côte Est. Les play-grounds sont à l’image de l’Amérique : un univers libre d’accès, où les rêves des plus défavorisés se limitent pourtant à ces bouts de terrains délimités par des grillages d’où ils ne pourront jamais sortir.

EB mai 2008

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NASCAR

Résumé des années 1990 du Nascar (sport auto U.S par excellence) Dans ces années là où régnait un certain Richard Petty.

Le Nascar, c’est simple. C’est exactement l’inverse de la F1. La F1 rêve de conquérir le monde. Pour le Nascar, le monde est une tranche d’Amérique comprise au-dessous d’une diagonale qui va de la Caroline à la Louisiane. En un mot, le Sud. Le Sud profond. Le Deep South. La F1 veut être le laboratoire technologique des grands constructeurs automobiles de la planète. Le Nascar s’en fiche comme de son premier dollar. Ecoutez donc Richard Petty. Le roi Richard Gromelle un anglais de cuisine, une sorte de sabir qu’on apprend à Level Cross, sa ville natale, à 30 miles au nord de Charlotte. Il ne dit pas : « How are you doing ? » comme vous et moi. Il dit : « How y’all doin ? » Mais quand il parle de stock-car, le King parle bien:« Ici, on n’a pas besoin de Honda et de leurs computers. Le Nascar est un sport, un vrai. Pas un exercice de relations publiques destiné à faire vendre des voitures. Franchement, à quoi çà rime, les suspensions intelligentes, les tableaux de bord de Boeing. On est démodé, on est vieux jeu. Mais on a le meilleur show automobile du monde. Pourquoi changer ? Moi, je remplace une pièce sur ma voiture quand elle casse. Pas avant. »

A 54 ans, Richard Petty est l’idole du Sud américain. L’égal d’Elvis Presley. Chez lui, à Level Cross, il possède un musée dédié à sa gloire. Quand Cassius Clay a mis KO Sonny Liston en 1964, il gagnait déjà des courses. Quand Cassius Clay devenu Mohammed Ali, a mis KO George Foreman dix ans plus tard, il gagnait encore. Aujourd’hui, Mohammed Ali marche et s’exprime lentement. Mais Richard Petty court toujours. Son palmarès ne tiendrait pas dans l’annuaire d’un département de moyenne importance : 200 victoires tout rond, sept titres de champion Nascar, assez de dollars sur son compte en banque pour mettre plusieurs générations de Petty à l’abri du besoin.

Déjà, son père était roi. Lee Petty fut le premier vainqueur des 500 miles de Daytona en 1959. Il est aussi le seul pilote de l’histoire du Nascar à être passé par-dessus la rambarde de l’anneau de Daytona, à retomber vingt mètres plus bas, et à avoir pu raconter son histoire. Richard Petty a repris le sceptre. Il ne le transmettra à personne. L’histoire du Nascar peut désormais durer des millénaires. Il n’y aura jamais qu’un seul roi, Richard Petty, sacré King pour l’éternité.

« Le stock-car, c’est le meilleur show automobile du monde! “, s’exclame Petty, dit The King

De la fin des années 50 au début des années 90, il aura traversé cinq décennies. Cinq décennies à écouter les 600 chevaux des gros moteurs V8 américains hurler au ras de son casque. Ça n’arrange pas les oreilles. Aujourd’hui, le roi Richard est un peu sourd. Tant mieux. Il n’entend pas les commentaires fielleux qui courent le long des stands. Du genre : « Petty, il est trop vieux. Il y a longtemps qu’il aurait dû partir. », Ou bien encore: « Quelle misère de voir un pilote de son calibre se traîner en lin de peloton. »

C’est vrai, Richard Petty n’a plus gagné depuis le 4 juillet 1984. Ça fait un bail. Elle est loin cette année 1967 où le roi Richard avait remporté 27 victoires en 48 courses, dont dix d’affilée. Le temps, cet assassin, ne respecte personne. D’abord, Richard a pris le parti d’en rire; «Dieu m’a dit un jour: tu régneras sur le stock-car pendant vingt-cinq ans. J’ai essayé de tenir dix ans de plus. Mais c’est Dieu qui avait raison. » Ensuite, il est devenu grave : « J’ai passé toute ma vie sur des pistes ovales. Je ne sais rien faire d’autre que tourner à gauche à 320 km/h. Un golfeur ou un tennisman peut très bien quitter le circuit professionnel. Et continuer à jouer avec ses copains, pour le plaisir. Moi, si je veux continuer a jouer, je n ai pas le choix: je suis obligé de rester professionnel, d’aller me faire taper dans les portières par des gamins qui ont trente ans de moins que moi. En sport automobile, il n’y a pas de catégorie vétéran. »

Enfin, il s’est avoué vaincu: « Maintenant, les officiels du Nascar me placent au fond des stands. Je connais la musique. C’est là qu’ils mettent les jeunes pilotes en qui ils ne croient pas et les vieux pilotes dont ils ne veulent plus. »

Alors, cet hiver, Petty a réuni amis, famille, adversaires et sponsors dans son musée de Level Cross. D’une voix blanche, il leur a annoncé ce que nul ne voulait entendre : « C’est ma dernière saison. » L’Amérique n’avait rien connu de plus triste depuis la mort de John Wayne.

Le stock-car sans Petty ? Ça paraît invraisemblable. Darrell Waltrip, le premier pilote qui ait secoué le trône du roi Richard, n’arrive pas à se faire à cette idée : « L’an prochain, lors des 500 miles de Daytona, je sais que vais remonter l’allée des stands. Inconsciemment, je chercherai sa Pontiac orange et bleu frappée du n° 47. Quand je réaliserai qu’elle n’est plus là, je saurai que la plus belle partie de ma vie aura disparu. Il y a six mois, j’ai pris l’avion entre deux courses. J’ai commencé à discuter avec mon voisin. Il m’a demandé ce que je faisais dans l’existence. Je lui ai répondu que j’étais pilote de stock-car. Il a ouvert des yeux ronds. J’ai insisté : “Mais si, la Winston Cup Séries, le Nascar, les pistes ovales, les 500 miles de Daytona … ” Peine perdue. L’encéphalograrnme du type était toujours plat. J’étais à bout d’arguments, prêt à lui dire que je vendais des aspirateurs. Brusquement, j’ai eu une idée. Lumineuse. “Je cours avec Petty.”

« Le visage du bonhomme s’est éclairé d’un coup: “Ah oui, Petty, le King Petty, le champion du monde.” Voilà, c’est ça Petty. »

Waltrip n’a pas toujours été aussi respectueux envers son aîné. Il avait ses raisons. Il se souviendra toute sa vie de ses débuts en stock-car : « A ma première course, quatre pilotes sont venus me voir avant le départ: Richard Petty, David Pearson. Bobby Allison et Cale Yarborough. J’étais fou de joie. Ils étaient mes idoles. Ils ne rn’ ont posé qu’une question: “de quelle partie de la Caroline tu viens, petit, du Nord ou du Sud?” J’ai répondu naïvement que je venais du Kentucky. A leur sourire, j’ai compris immédiatement que ce n’était pas la bonne réponse. Et que j’avais intérêt à me faire le plus discret possible en course … »

Le Kentucky, ce n’est pourtant pas la Califomie, l’Indiana, ou pis encore, l’Etat de New York. Mais à l’époque, pour Petty et sa bande, tout pilote qui ne venait pas de Caroline, à la rigueur d’Alabama, de Georgie ou de Floride, était irrémédiablement suspect. C’était la loi du Sud. Petty l’écrivait. Yarborough, Allison, Pearson, Buddy Parker ou Benny Pearsons la faisaient respecter. A coups de pare-chocs ou de portières sur la piste. Si besoin, à coups de poing dans la gueule hors piste, spécialité de Bobby Allison. Et les officiels fermaient les yeux.

A eux six, les gars de la Caroline, Nord ou Sud, ont régné pendant vingt ans: 514 victoires et 15 titres. Le partage du butin n’a pas toujours été un
Grand moment de tendresse. Une fois, Richard Petty et Bobby Allison se sont cognés dans un restaurant au soir d’une course. Ils ont dévasté la salle. Et puis, ils se sont réconciliés. Les loups ne se mangent pas entre eux. En définitive, le seul adversaire qu’ils n’aient pu battre, c’est le temps. Et encore …

L’an dernier. Ernie Irvan, un gars de Californie un peu chaud, a heurté à Talladega la Pontiac de Kyle Petty, fils de Richard. Quand la poussière est retombée sur la piste, vingt voitures étaient au tapis. Kyle Petty n’est pas sorti de sa Pontiac. Il avait la jambe salement cassée. Après la course, Davey Allison, fils de Bobby, a cherché Irvan dans tous les stands de Talladega. Pour lui régler son compte. A1lison Junior voulait venger Petty Junior. Les pères étaient aux anges.

Il faut dire qu’Ernie Irvan avait une sale réputation. A Pocono, un mois plus tot, il avait cassé dix voitures à lui tout seul lors d’une manœuvre similaire. Irvan a senti qu’il avait poussé le bouchon trop loin. La course après Talladega, il a réuni les pilotes dans la salle de presse. Les journalistes ont été priés de ranger leurs petites affaires et de quitter les lieux. Et Irvan s’est excusé. Publiquement. Platement. « J’espère que vous me pardonnerez et que vous me donnerez une troisième chance. Je veux être votre copain à tous. »

Les pilotes se sont retournés vers Richard Petty, au fond de la pièce. Le roi Richard avait son Stetson à plumes et ses lunettes noires, son uniforme depuis vingt ans. Il n’a pas cillé. Pas un mot, pas un geste, C’était un verdict. Irvan a compris qu’il était sauvé.

Au fil des années, Petty a perdu les membres de sa garde prétorienne. Parsons, Baker, Yarborough et Pearson se sont retirés. Allison a donné un coup de pare-chocs de trop. Peut-être avait-il perdu la main. A 200 miles par heure, ça fait des dégâts. Aujourd’hui. Il traîne la patte, la moitié de son visage est paralysé. Le roi Richard est resté seul pour défendre son immense royaume. Waltrip, Earnhardt, Elliot, Wallace et les autres ne lui ont pas fait de cadeau. Surtout Waltrip, champion Nascar en 1981 et 1982; « Avant de gagner, j’ai dû me battre contre l’establishment du Sud. A l’époque, les règles n’étaient pas les mêmes pour tous. Les pilotes le savaient, mais personne n’osait se plaindre. Petty et ses deuxièmes couteaux faisaient leurs petites affaires. J’ai commencé à aller jouer dans leur cour. Ils ont tout fait pour me décourager. Ils savaient que, si je réussissais à entrouvrir la porte, d’autres s’engouffreraient. Et ce serait la fin de leur règne. C’est exactement ce qui s’est passé. »

Richard Petty ne tient plus le Nascar dans sa main de fer. Mais il a gardé une sorte de magistère moral sur le stock-car. Il est la référence, l’évangile. Au milieu des années 80. Bill Elliot, la star montante, s’était plaint d’être obligé d’aller sourire en salle de presse après une victoire. Il a aussitôt reçu la visite du roi Richard : « Il va falloir que tu apprennes à supporter ça. Même si tu as envie de vomir ta peur après une victoire, tu dois te rendre en salle de presse. Tu dois avaler ta bile, tu dois sourire, parler, signer des autographes, accepter mille tapes dans le dos et mille questions. Ensuite, quand ce sera fini, tu pourras aller derrière ton stand. Et quand tu sera certain que personne ne te regarde, alors tu pourras vomir. » Elliot n’a jamais oublié la leçon.

Le King peut partir tranquille. Il sait que personne ne battra jamais son record des 200 victoires. Aucun pilote dans aucune discipline au monde. David Pearson est loin derrière, avec 105 victoires. Bobby Allison et Cale Yarborough plus loin encore, avec 86 et 83 victoires.

Oui, il peut partir tranquille. Il a trouvé son successeur, Dale Earnhard. Un moustachu court sur pattes, avec un casque de la même couleur que sa Chevrolet Lumina : noir. Earnhard a trois surnoms: lntimidator, Dominator, et lronhead (Tête d’acier). Pour les deux premiers, pas besoin de traduction, le message est explicite. Eamhard est sans peur, mais pas sans reproches.

Il y a une plaisanterie classique chez les pilotes du championnat Nascar : pas la peine de regarder pour savoir qui vient vous taper dans les portières à 320km/h. Neuf fois sur dix, c’est Eamhardt. Quand on vient lui rapporter ces propos, Dale s’étrangle de rage : «Qui vous a dit ça ? Donnez-moi son nom !»

A 40 ans, Earnhard a remporté l’an dernier son quatrième titre de champion Nascar. Même s’il n’aura jamais 200 victoires à son compteur, il peut décrocher trois autres titres et battre un jour le record de Petty. Mais ce petit-fils d’émigré allemand commence à sentir à son tour la morsure du temps: « C’est comme être le colt le plus rapide de l’Ouest. Un jour, quelqu’un, quelque part, se lève à votre passage. Et vous plante une balle dans le cœur. Quand j’avais dix ans de moins, je regardais Petty, Waltrip et les autres en souriant. Le temps travaillait pour moi. Aujourd’hui, Ricky Rudd, Davey Allison, Mark Martin et Rusty Wallace me regardent en souriant. Je sais ce qu’ils pensent. Le temps travaille pour eux. »

Chez Eamhardt, c’est presque une obsession. Il a même maquillé sa date de naissance pour s’enlever un an. Sa mère l’a trahi : «Le frère cadet de Dale a 39 ans. Il est né en décembre 1952, huit mois après la date de naissance revendiquée par Dale. Je suis bien placée pour savoir que je n’ai pas eu deux fils la même année. Dale a 40 ans, qu’il le veuille ou non. »

Sous ses airs de bouledogue. Earnhardt a bon cœur. La saison passée, Harry Gant a aligné quatre victoires de rang, devenant ainsi, à 51 ans, le plus vieux vainqueur de l’histoire du Nascar. Du coup, Hurry Harry est devenu une star : « J’ai un steack-house à Charlotte. J’avais bêtement promis de tenir table ouverte le lundi si j’avais gagné la veille. Ça m’a coûté une fortune.

C’était un cercle vicieux. J’étais obligé de gagner encore le dimanche suivant pour compenser la perte financière du lundi. » A Wilkesboro. Earnhardt a brisé le charme. Il a battu Gant : « Pourtant je ne voulais pas interrompre la série de Harry. C’est pire que d’être le type qui a tué le père Noël. »

Ainsi va le Nascar, d’ovale en ovale à travers le sud des Etats-Unis, depuis bientôt quarante ans. Avec ses histoires, ses légendes, ses grandes gueules, et ses grosses Ford Thunderbird. Chevrolet Lumina, el Pontiac Grand Prix qui filent comme le vent à 320 km/h et quatre de front, serrées comme les wagons d’un train. Les circuits sentent la bière el des saucisses grillées. Les drapeaux de la Confédération flottent mollement dans l’air tiède. Rien n’a changé. Les constructeurs japonais ont bien essayé de rejoindre la ronde, avec des Nissan Infiniti ou des Toyota Lexus. On les a poliment priés d’aller jouer ailleurs. Les pilotes du nord du pays sont maintenant tolérés. Mais ils doivent se faire pardonner d’avoir gagné la guerre de sécession.

Les spectateurs n’échangeraient pour rien au monde leur place contre un ticket d’entrée sur un circuit de F1. Les murs de béton tremblent quand quarante moteurs V8 de 680 chevaux passent au ras du muret. Les murs de béton sursautent quand un pilote un peu trop nerveux, ou un peu trop peureux, provoque l’apocalypse. Les accidents sont fréquents, mais les blessures rares. Quand l’intérêt fléchit, quand le peloton s’étire, les feux jaunes s’allument et les pace-cars entrent en piste pour neutraliser la course. Le prétexte est souvent futile: un boulon imaginaire sur la piste, une tache d’huile imperceptible. Mais le public est content: le troupeau se rassemble sous la garde des pace-cars, et la bagarre reprend, pare-chocs contre pare-chocs, aile contre aile.

Une saison de Nascar compte 27 courses. 27 courses dont une: les 500 miles de Daytona. « C’est notre Super Bowl à nous, lâche Richard Petty, laconique. A une différence près: pour les footballeurs, le Super Bowl vient en fin de saison. Pour nous. c’est la première course de l’année. »

Voici quinze jours, le roi Richard a disputé les 34e et dernières 500 miles de Daytona de sa longue carrière. Il n’a pas gagné. L’an prochain, il reviendra à Daytona. Mais il restera au bord de la piste à diriger l’écurie Petty. Elle ne portera pas le n° 47. Les officiels du Nascar ont décidé que le numéro fétiche du roi Richard ne serait plus attribué. Il y aura un autre pilote dans la Pontiac orange et bleu du team Petty. Mais personne ne remplacera le roi Richard.

 

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Bo “Boum” Jackson

Au baseball, ses frappes effrayaient les lanceurs. Au football, ses charges tyrannisaient les défenseurs. Conte et légende de l’hydre à deux têtes du sport américain qui sévit dans les années 1985 à 1993 et qui aujourd’hui est devenu légende vivante du sport U.S.

« BO-BO-BO—BOUM !” Dans le Royal Stadium de Kansas City archiplein, le manège incantatoire est parfaitement au point. A chaque fois que le n° 16, gabarit impressionnant : s’avance vers la cage de « batting practice », la foule entonne son cri de guerre.
Le 16 se met en position. Le rythme des « BO-BO-BO » s’accélère.

Il frappe. Et « BOUM! ” hurle un public soudainement libéré qui en oublie ses pop-corns trop salés, ses hot-dogs trop gras et ses bières trop fades.
La petite sphère de cuir blanche dessine dans la nuit étoilée du Mid West américain un arc parfait et retombe à quelque 150 mètres de là. «C’est partout pareil, explique Dean Vogelaar, l’un des vice-présidents du club. A domicile, fi Los Angeles, New York ou Baltimore, les stades sont pleins deux heures avant le début du match. Ils veulent tous voir

Ba Jackson le plus longtemps possible. ”

Bo Jackson? Ses frappes de balle sont devenues un cliché du sport U.S. «Généralement, s’il tape un dimanche, la balle atterrit lundi et on la retrouve le mardi », chroniquait récemment un journaliste du coin.

Les exploits de Jackson, vingt-six ans, ne s’arrêtent pas là. De mars à octobre, il écume donc les «diamonds» de baseball avec les Kansas City Royals. Mais ensuite, d’octobre à janvier il enchaîne et tyrannise à loisir les défenses de la National Football League avec les Los Angeles Raiders où il joue running back. Bo, Star du baseball, roi du football. Personne avant lui n’avait réussi à s’imposer au plus haut niveau chez les pros - dans deux sports différents.

Nombreux sont ceux à avoir essayé. Danny Ainge : quatre ans de baseball à Toronto avant de rejoindre les basketteurs des Boston Celtics. Kirk Gibson, l’outfielder des L.A. Dodgers, jadis receveur de l’équipe de foot de Michigan State. John Elway, un peu de baseball pro avant les Denver Broncos et le Super Bowl. Mais aucun n’a jamais été fichu de mener deux carrières de front, ni d’atteindre de tels sommets. Et quels sommets! En juin 86, Vincent Edward «Bo» Jackson, pièce maîtresse d’Auburn University, reçoit le prestigieux Heisman Trophy qui récompense chaque année le meilleur footballeur universitaire des Etats-Unis. Autant dire une future étoile.

Juillet 1989: Bo Jackson, à l’issue d’un match extraordinaire, est sacré meilleur joueur du All-Star

Game de baseball qui met aux prises les vedettes saisonnières de l’American League et de la National League. Ce soir-là, Bo., en état de grâce, plante un home-run, deux coups sûrs el subtilise une base, Grâce à lui, l’A.L l’emporte 5-3. Et pourtant, malgré ces états de service, Bo traîne encore une réputation difficile. L’Amérique adore peut-être les personnages romanesques ct les success-stories larmoyantes, mais pas les chiens errants. Or. Jackson en est un. II affiche tous les symptômes du solitaire. Il se mêle rarement à ses coéquipiers, fuit les journalistes, distribue les autographes au compte gouttes et sa vie publique s’arrête une fois franchies les portes du stade au volant de sa Ferrari Testa Rossa. «C’est un être secret », dit de lui Linda, sa femme, future agrégée en psychologie. Bo, aux États-Unis, c’est le diminutif de « Boarhead » («Tête de cochon »), surnom dont il a hérité gamin.

C’est ce caractère impossible qui agace les Américains. Cette obstination qui l’a poussé à toujours vouloir jouer et au foot el au baseball. Le « New York Times », conscience morale de l’Amérique bien-pensante, avait interrogé voilà peu ses lecteurs. Question: « Ba Jackson devrait-il abandonner l’un de ces deux sports?» Une large majorité s’était alors prononcée pour un oui castrateur. Mais compréhensible. Les fans de foot trouvent que Bo manque de fraicheur après ses sept mois de baseball.

Les allumés de baseball préféreraient le voir travailler ses points faibles à l’intersaison,

Cette guéguerre entre puristes commence à dater.
Retour au printemps 1986. Jackson a reçu le Heisman Trophy, Il termine son cycle universitaire et s’apprête à passer chez les pros, Lors du draft, cette loterie annuelle où les clubs de la National Football League piochent leurs prodiges à venir, les Bucaneers de Tampa Bay ont acquis l’exclusivité: sur Jackson. Avec une chaudière de la sorte, un mètre 85, 102 kilos et un chrono officiel de 10″13 sur 100 mètres, ils pensent décemment au Super Bowl. Mais Bo renâcle, refuse de rejoindre Tampa Bay et annonce son retour au baseball. Son « premier amour», à l’entendre.

L’Amérique du football le prend mal. Un speech de quelques minutes a suffi pour dynamiter un establishment prétendument blindé. En une déclaration, Bo a shunté les quatre composantes-clefs du football professionnel américain.

Le système : un monde où vos propres actes et gestes ne vous appartiennent plus. Jackson appartenait dès sa sortie de fac à la NFL, à Tampa Bay comme il avait appartenu pendant quatre ans à Auburn University. Il était à disposition. Le fric : les Bucaneers lui avaient promis 30 millions de francs sur cinq ans. Il a préféré les Kansas City Royals pour moins de 5 millions de francs sur trois ans. Une dévalorisation aux allures de sacrilège.

La gloire: à Auburn, il enchantait des dizaines de milliers de spectateurs. Des dizaines de millions de téléspectateurs. A Tampa Bay, il aurait cavalé pour les 75 000 spectateurs qu’accueille le Tampa Stadium. En s’engageant avec les Royals, il retombe dans l’anonymat. A l’été 1986, Jackson est un joueur de baseball médiocre. Manque de pratique. Un potentiel évident, mais des stats désolantes. Les Royals l’ont envoyé en équipe réserve aux Memphis Chicks. Classe AA. Une espèce de D. III en plus terne. Le public? Quelques milliers de péquenots endormis.

Enfin, les médias: à l’annonce de cette retraite anticipée, la presse U.S. se déchaîne. Mauvais signe. «J’ai déjà beaucoup de chance d’avoir pu jouer aussi longtemps au football », dit Bo à l’époque. Sous-entendu: physiquement, je suis intact et je voudrais le rester. Les journalistes lui reprochent alors sa couardise. Exemple: le sujet paru le 14 juillet 1986 dans« Sports illustrated », hebdomadaire respectable tiré à plus de trois millions d’exemplaires. Douglas S. Looney, le signataire, souligne vicieusement le nom de l’équipe où évoluent désormais Jackson. Les Memphis Chicks. Les chicks, en argot U.S. ce sont les gonzesses. Rapprochement saisissant qui sert d’intro au papier. La chute est tout aussi sévère. C’est la mise entre guillemets des propos tenus par Tom Zieman, l’intermédiaire malheureux (dollars) entre Bo et les Bucaneers. «Jackson? Heureux à Memphis? Aussi heureux qu’un cochon mort qui pourrit au soleil. Ouais, un verrat mort qui devient tout gonflé et arbore un sourire permanent sur son visage. » Consternant. Les Américains restent sur cette image.

Qu’importe. Bo roule seul. Et décidé. Rebondissement en 1987. Il accepte finalement de rejouer au football. Contrat alléchant: 7 millions d’euris, cinq ans, pour rehausser l’attaque des Raiders. Jackson précise bien au passage que le foot, pour lui, n’est qu’un simple passe-temps. Remarque acerbe d’Howie Long, l’un de ses futurs coéquipiers aux Raiders: «C’est comme dans «Vol au-dessus d’un nid de coucou ». Il est évident que Jackson a été lobotomisé. »

Ironie éphémère. Pour deux raisons entre autres. Un touch down marqué par Jackson contre les Seattle Seahawks, après un sprint de 90 mètres, et un face-à-face mémorable avec Brian Bosworth, le défenseur-charcuteur des Seahawks. Bosworth passe pour une muraille infranchissable. Ce jour-là, Bo se l’est traîné - guillemet - sur quelques mètres sans effort apparent avant d’aplatir dans l’en-but. Et puis ce match où il a établi le nouveau record des rushings yards obtenus en un match pour les Raiders: 221. Un peu plus de 200 mètres. Un bout de ligne droite, quelques secondes et un peu de vent dans les cheveux pour un sprinter. Une guerre de tranchées, des contorsions effroyables et une heure de collisions mortelles avec les défenseurs pour un running back censé porter le ballon le plus loin possible. Mais Bo ne craint pas grand-chose. 102 kilos de muscles naturels, 102 kilos de granit. Quand d’autres passent des heures en salle de muscu ou chez le pharmacien, lui se contente de travailler son tour de poignets. C’est ce physique exceptionnel qu’il a mis au service des Royals. Cette année, sa deuxième seulement en Major League - l’élite absolue - il a ébahi tous les spécialistes. A la mi-championnat, il était parti pour égaler le Superbe record de José Canseco, des Oakland Athletics : 42 home-runs et 40 bases volées. Perf ajournée pour blessure. Avant, il se faisait trop souvent sortir par les lanceurs. Aujourd’hui, c’est de plus en plus rare. De l’avis de tous, c’est le meilleur champ-gauche actuel de l’American League. Capable, contre les Seattle Mariners, de récupérer une balle très longue et de la renvoyer cent mètres plus avant directement à la case départ, éliminant du même coup un batteur resté totalement incrédule.
«Sports lllustrated », qui autrefois le raillait, lui accorde dorénavant toutes les grâces du monde. Ce n’est plus Bo Jackson: c’est Bo tout court. La plus belle merveille jamais produite par le sport américain. Kirby Puckett, champ-centre des Minnesota Twins : « Des athlètes de sa trempe, on en voit passer une fois tous les vingt-cinq ans. »
Sa marge de progression? Insondable. Sa cote de popularité ? A la hausse. Le meilleur exemple en est la campagne de pub que Nike a choisi de bâtir autour de Bo. Dans un spot-télé hilarant, on voit John McEnroe, Michael Jordan et Wayne Gretzky se pâmer devant le génie d’un Jackson déguisé successivement en tennisman, basketteur et hockeyeur. Jackson qui apparaît même à bicyclette, demandant d’un air dédaigneux : « Ça commence quand, ce Tour de France?»
De cette fraîche Bo mania, il feint de s’amuser. « Vous savez, me répond-il avant son match contre les California Angels, le baseball et le football, pour moi, ce sont des métiers. Je ne fais pas cela pour qu’on dise de moi que je suis un robot humain, ou un mythe en devenir ou le meilleur athlète du monde. Je le fais parce que j’en suis capable, et ça me plaît. Toutes ces histoires de légende ne me font aucun effet. »
Allons, allons. Le style Jackson a fait des émules. Plusieurs prétendants se sont déclarés cet été, et Bo en a vaguement pris ombrage. Le premier, Deion «Neon» Sanders, impossible frimeur, star récente du foot US universitaire. Sanders devait jouer en pro pour les Atlanta Falcons. Il a laissé entendre qu’il pourrait se consacrer lui aussi au baseball pro. Comme Rodney Peete, l’ancien quarterback de l’Université de Southem California. Ou Hart Lee Dykes, l’ex-wide receiver d’Oklahoma State University. Mais tous ont avancé ce prétexte dans l’espoir de monter les enchères, de soutirer un peu plus de fric aux clubs de foot qui les avaient draftés. Les mécréants.

Il y a trois ans, Jackson s’était bien moqué de l’argent qu’on lui proposait. Jackson, « l’apôtre du droit chemin.» «Jusqu’à l’âge de treize ans, m’avouait-il, j’étais intenable. Et puis je me suis rendu compte que j’étais sur la mauvaise pente. C’est à ce moment là que j’ai commencé à croire en Jésus-Christ. La foi m’a sauvé. Pour moi, c’est bien plus important que le football ou le baseball.

 

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Sir Charles Barkley ITW

ITW for ever ; Sir Charles Barkley lui même vrai comme on l’aime pour cette ITW des années 90 mais quel régale.

Charles Barkley, c’est d’abord et avant tout, un physique hors des normes: l,94m pour 115 kg. Un vrai bulldozer, craint par la totalité de ses adversaires. Sa puissance et sa rapidité lui permettent d’être le meilleur rebondeur offensif de la NBA devant des joueurs qui le dépassent d’une bonne tête. Charles Barkley, c’est aussi un tempérament explosif. Leader d’un classement particulier, celui du nombre de fautes techniques, il avoue être très «spontané». Cet éternel adolescent, enthousiaste, drôle, direct, a son franc parlé.

Stephane Allonso : vous êtes le détenteur d’un record assez étonnant. En 5 saisons NBA, les arbitres vous ont sifflé 96 fautes techniques. C’est énorme. Vous ne pouvez pas vous empêcher de donner votre avis à un arbitre ?

Charles Barkley : je suis quelqu’un de très sensible. Je joue avec beaucoup d’émotion, de caractère, beaucoup d’intensité. Je ne supporte pas un coup de sifflet Injuste. Parfois, j’explose. Je perds mon sang-froid. Je suis comme ça, et on ne me refera pas.
SA: vous êtes quelqu’un de très spontané….
C.B.: oui, c’est tout à fait ça. Je suis très spontané. Je ne joue jamais la comédie. Je n’essaie pas de tricher, jamais. Ma mère m’a toujours dit de laisser passer mes émotions, de ne jamais les refouler.
S.A : vous parlez beaucoup avec les arbitres. Parlez-vous aussi avec les autres joueurs sur le terrain ?
C.B.: oh, oui! J’aime bien avoir une conversation avec les autres joueurs pendant les matches. Après tout, nous sommes des êtres humains, et ce n’est qu’un match de basket. On fait du mieux possible chacun de son côté pour faire gagner son équipe, c’est tout.
S.A.: les arbitres ont-ils tendance à vous siffler des fautes techniques parce que vous êtes Charles Barkley, et donc un Joueur réputé pour ne pas avoir sa langue dans sa poche ?
C.B.: oui, quelques arbitres sont comme ça. Ils me sifflent des fautes techniques alors que je ne les mérite vraiment pas.
S.A.: vous êtes aussi en ce moment le leader au classement des dunkers (smasheurs) de la NBA. Qu’est-ce que c’est le smash pour vous ?
C.B.: quelque chose de très spontané encore. J’aime ça. Ca permet d’exploser.
S.A.: avec votre physique, on vous Imagine bien en running-back ou en lanceur de poids. Avez-vous pratiqué d’autres sports que le basket?
C.B.: non, jamais. Je fais un peu de tennis ou de golf, mais je n’ai jamais joué au football, ni fait d’athlétisme. Ah si j’ai fait un peu de sprint au lycée. J’étals plutôt très bon quand j’étais mince.
S.A.: vous avez été mince !
C.B.: oui, oui. Quand je suis arrivé au lycée. J’avais 14-15 ans. Après, rapidement, j’ai commencé à prendre du poids.
S.A. : mais combien pesiez-vous quand vous êtes arrivé à l’université d’Auburn ?
C.B.: je pesais aux alentours de 125-127 kg pendant mes trois années universitaires.
“Sur un terrain, je ne joue jamais la comédie. Je n’essaie pas de tricher. Jamais.”
S.A.: ce n’était tout de même pu un peu trop, non?
C.B.:… mais je n’ai jamais réalisé que je pesais aussi lourd ! Je jouais bien avec ce poids. Je me sentais bien dans mon corps, ça ne me posait aucun problème.
S.A.: et maintenant, vous pesez combien?
C.B.: entre 112 et 117 kg depuis trois ans. Et a priori, c’est mon poids de forme.
S.A.: pourquoi étiez-vous monté jusqu’à ces 127 kg ? Est-ce parce que vous ne pouvez pas vous empêcher de dévorer des montagnes de pizzas ou de hamburgers ?
C.B.: non, c’est tout simplement parce que je ne faisais rien l’été. Je me laissais aller. Je ne faisais aucun entretien. Comme je jouais bien avec mes 127 kg, je ne me Posais pas de question.
S.A.: est-ce la raison pour laquelle Bobby Knight n’a pas voulu vous sélectionner dans l’équipe des J.O. de Los Angeles en 1984 ?
C.B.: oui. Il même déclaré que j’avais un surplus de poids. Il a dû penser que je n’étais pas en bonne condition physique. J’al vraiment été très déçu de ne pas faire partie de la sélection.
S.A.: mais quels étalent votre rapport avec lui ?
C.B.: … Bobby Knight est un grand coach. Je ne suis pas d’accord avec sa façon de traiter les joueurs, mais on ne peut pas remettre en question sa valeur. Je ne supporte pas le fait qu’il hurle tout le temps après les joueurs. Mais il est très fort.
S.A.: vous avez raté les J.O., mais avez-vous participé quand même à des épreuves internationales ?
C.B.: oui, j’étais dans l’équipe américaine des championnats du monde universitaire de 1983 à Edmonton. On a joué contre beaucoup d’équipes étrangères. Je ne me rappelle plus lesquelles, mais on a pris beaucoup de plaisir. C’était très sympa. C’est un des meilleurs souvenirs de ma carrière.
S.A.: qui étaient vos coéquipiers ?
C.B.: Karl Malone, Johnny Dawkins, Jay Humphries … voilà les principaux. On avait une bonne équipe.
S.A.: c’est de cette époque que vous connaissez Karl Malone ?
C:B.: oui, on s’est connu là-bas. On est devenus tout de suite de très bons amis. Aujourd’hui, on est resté très potes.
S.A.: Karl Malone Joue à la même place que vous, ce qu’on appelle un « power forward », et…
C.B.: je pense que c’est un grand, grand, très grand joueur.
S.A.: comment se fait-il que pour l’élection des deux cinq majeurs du All Star Game, les supporters lui aient préféré dans l’équipe de l’Ouest, l’ailier des Lakers, A.C. Green ?
S.A.: est-ce pour cette raison que vous avez choisi Auburn ?
C.B.: oui, peut-être que si je suis allé à Auburn, c’est parce que j’avais la possibilité de jouer tout près de chez moi. Beaucoup d’autres bonnes universités m’ont proposés des bourses. Et même si Auburn n’avait pas une grande équipe les années précédentes, J’ai préféré m’y inscrire du fait de la proximité avec Leeds.

“Rick Mahorn m’aide beaucoup sous les panneaux. Avec son gros cul, il intimide pas mal de nos adversaires.”

S.A.: Aujourd’hui vous êtes arrivé à un statut de star. Et parfois, on a l’impression que vous faites des caprices. L’an passé, par exemple, lors du Ail Star Game, vous aviez dit que vous préfériez rester chez vous plutôt que de participer à ça. Vous avez dit: passer un dimanche dans ces conditions, ça ne m’intéresse pas. Pourquoi?
C.B.: j’al dit que je préférais rester chez mol à regarder à la télé le All Star Game, plutôt que d’être remplaçant. C’est tout de même plus sympa de démarrer dans le cinq majeur. Dans ce cas là, vous jouez au moins 30 minutes. Si vous êtes remplaçant, vous n’avez droit qu’à 10 minutes de jeu. Et moi, j’avais ma place dans le cinq de départ. Si les gens qui ont voté ne le pensaient pas, alors je préférais rester chez moi.
S.A.: et cette année, comment s’est passé pour vous le Ail Star Game ? Vous donniez plutôt l’impression de prendre du plaisir ?
C.B.: oh oui, c’était très sympa. Je me suis bien marré.
S.A.: comment avez-vous accueilli l’arrivée de Rick Nahorn dans votre équipe ?
C.B.: Rick fait du bon boulot avec nous.
S.A.: vous avez déclaré à ce propos que vous étiez très content de son arrivée, car les gens allaient enfin s’apercevoir que ce n’était pas vous qui aviez le plu gros cul de la NBA …
C.B.: ceux qui croyaient que c’était moi qui avait le plus gros cul, ne le pensent plus maintenant. Rick en a vraiment un très, très, très, très gros. Mais c’est aussi un plus pour notre équipe. Il m’aide beaucoup sous les panneaux. Et il pose un gros problème à nos adversaires. Il les pousse, il les intimide.
S.A.: A-t-il toujours la même réputation à Philadelphie qu’à Detroit, celui d’un « bad boy» ?
C.B.: c’est un joueur très physique, très agressif. Dans la vie, c’est un type très sympa, très drôle. il est toujours en train de faire des blagues. Trop souvent même parfois! Mais c’est formidable d’avoir un joueur comme ça avec nous. Basketteur pro, c’est un job très difficile, avec des moments de doute. Et grâce à lui, on peut se relaxer et prendre du plaisir tout le temps.
S.A.: en collège, on vous a surnommé le « Round Mount of Rebond », la « Montagne Ronde du Rebond ».On vous appelle toujours comme ça maintenant?
C.B.: oui, toujours.
S.A.: les journalistes vous ont surnommé aussi « Sir Charles »…
C.B.: oui, et puis aussi « Charles le Grand » ou des trucs comme ça. Certains m’appellent même le « Prince Charles » …
“Moi contre Tyson ? Des organisateurs me l’ont proposé. Ils étaient persuadés que ce match ferait un tabac.”
S.A.: est-ce que vous lisez la page basket des quotidiens, tout ce qui peut être écrit sur vous ?
C.B.: non, pas vraiment. Les journalistes sont comme les basketteurs. Certains sont bons, d’autres moins. Alors, j’essaie de prendre de la distance avec ça. De ne pas trop m’en occuper.
S.A. vous êtes un ami de Mike Tyson ?
C.B.: disons que je le connais un peu. C’est un athlète fantastique. J’ai été très surpris d’apprendre qu’il a été battu par Buster Douglas. Malgré tout, il a toujours un talent incroyable.
S.A.: Est-ce que c’était vraie cette histoire de défi que vous avez lancé à Mike Tyson ? C’était une blague ou vous vouliez vraiment combattre contre lui ?
C.B.: plusieurs organisateurs m’ont offert de grosses sommes d’argent pour monter sur un ring contre lui. Ils étalent à la recherche de toutes sortes de challengers à ce moment là.
S.A.: mais vous connaissez quelque chose à la boxe?
C.B.: j’adore la boxe. C’est mon sport favori avec le hockey-sur-glace.
S.A.: mais en avez-vous fait?
C.B.: non, non, jamais. Mais c’est parce que les organisateurs étaient intéressés par ma puissance et mon gabarit. Charles Barkley, le « Round Mount of Rebond » défie Mike Tyson, c’était une affiche qui leur plaisait bien. Ils étaient persuadés que ce match ferait un tabac.
S.A.: vous avez déclaré que le contrat de Jon Koncak avec les Atlanta Hawks était scandaleux …
C.B.: ouais, plus de deux millions de dollars pour un type qui peut à peine jouer en NBA, c’est beaucoup, non?
S.A.: et que pensez-vous alors du fait que votre patron, David Stern, le responsable de la NBA, gagne trois millions de dollars par an …
C.B.: c’est beaucoup aussi. Surtout pour quelqu’un qui ne peut pas prendre de rebonds, smasher, ni courir comme moi. Vous l’imaginez sur un terrain! Bon, je plaisante. Mais c’est un bon job. Un jour, je serais moi aussi responsable de la NBA…
« Plus de deux millions de dollars pour un type qui peut il peine jouer en NBA, c’est beaucoup »

Stephane Allonso pour Dimension USA

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Jabbar la légende

And then, I left. « Et puis, je suis parti. » C’est par cette phrase télégraphique que le plus grand vainqueur sportif de l’après-guerre termine le roman autobiographique de sa vie. Quatre mots prosaïques, mettant un terme, le 14 juin 1989, à une carrière qui laisse sans voix. La veille au soir, Kareem Abdul Jabbar, 2,18 m, 42 ans, méga-pivot des Los Angeles Lakers, a fait ses adieux au basket. Premier miracle : le public de Inglewood Forum s’est instantanément consolé d’une terrible défaite en NBA Finals, contre Detroit. En réservant une incroyable standing ovation au fabuleux quadragénaire.

Au Forum, la foule salue vingt saisons de professionnalisme, deux décennies d’exploits, un monument athlétique, anatomique, physiologique. Elle acclame un monstre de longévité, un recordman insurpassable de la statistique. Un marathonien de la gloire. Si l’informatique n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer pour lui. Listings en trois dimensions, L’espace, le temps, les sommets, 1 797 matchs NBA. Dont 237 en playoffs, 44 149 points, 18 193 tirs rentrés, 20052 rebonds. Six titres de champion, dont un avec Milwaukee. Six oscars de MVP de la saison. Deux sacres de meilleur joueur des playoffs, à quatorze ans de distance, en 1971 et 1985.

Le lendemain de cette soirée historique, un second miracle s’opère à huis clos, Les Lakers se retrouvent au vestiaire, dans un gymnase vide et plongé dans la pénombre. Ils remisent leurs effets personnels, avant de se dire un dernier bye-bye avant l’été. Soudain, toutes les stars du club entourent le vieil empereur et se transforment en fans, Kareem Abdul Jabbar, traduction arabe du « puissant serviteur de Dieu », Kareem Abdul Jabbar. Surnommé «The Cap » par ses coéquipiers, se dépouille, à leur demande, de son équipement. Pat Riley, le coach, recueille le célébrissime maillot « 33 ». Byron Scott s’attribue la paire de baskets, Taille 16 D. Earvin Magic Johnson jette son dévolu sur le haut du survêtement. Précieuses reliques …

« And then, I left.» Tout a donc une fin. Même Jabbar. Incroyable scoop. Interminable énigme. Il a commencé à jouer à 9 ans. Trente-trois ans d’« organized ball » comme il l’écrit lui-même. Il a changé de nom, de religion, de femme, enjambé des générations de joueurs, usé des collections de superpivots, révolutionné le jeu, contraint la NCAA, le pouvoir universitaire, à modifier ses règles en interdisant. Pour dix ans, le smash. Il a été millionnaire en dollars, naïf en affaires, encombré de lui-même et pataud en amour. Mais il a été présent de cette «Présence» cultivée comme un art. « Présence» des grands chefs de l’Afrique occidentale - ses racines lointaines, les Yorubas du Nigeria qu’il vénère - ; « présence » des grands jazzmen de l’après-guerre, qu’il adore, ces virtuoses froids et cools, même lorsque leurs cuivres, leurs caisses claires ou leurs claviers multiplient les prouesses qui swing.

Juin 1989. Un énorme paradoxe prend sa retraite. Regard triste, allure de dromadaire, calvitie esthétique, Jabbar a réussi une gageure, dans la Jungle frénétique du proball: celle d’être là en permanence et de donner toujours l’impression d’être ailleurs.

Un cas, Anatomique, 5,75 kilos à la naissance, le 16 avril 1947, à New York. Harry Truman est président des Etats-Unis 57 centimètres de long. Fils de Ferdinand Lewis Alcindor - flic dans le métro new-yorkais, le New York Transit Authority, tromboniste semi-pro après ses heures de ronde - et de Cora Alcindor - 1,80 m, une mère hyper-protectrice. Les Alcindor ne sont pas pauvres. Ils sont lettrés. La grand-mère paternelle du petit Lewis était trilingue. Espagnol. français et portugais.

Précision de départ :

Kareem, ex-Lew, n’a jamais été petit. Sa croissance est à elle seule une attraction, un numéro de music-hall. 1.63 m à 9 ans, 1,83 à 11 ans, 1,98 à 12 ans, 2,03 à 13 ans! Cette effrayante poussée a des inconvénients. « Il avait toujours faim, raconte Cora, prise de court, il ne mangeait pas beaucoup mais tout le temps. » Môme, il faut l’habiller quasiment sur mesures. Il chausse du 49. Ses baskets viennent spécialement de Brockton, Massachusetts, L’angoisse.

Des avantages aussi. Interdites aux mineurs, les boites de nuit lui ouvrent leurs portes. Il fait plus que son âge. Planqué, autant que possible, derrière les piliers, il découvre le pianiste Thelonious Monk et le saxophoniste John Coltrane au Village Vanguard, le night-club le plus jazzy du Manhattan des années 50-60.

Un avantage qui devient une arme absolue du basket. Surclassé constamment dans ses catégories d’âge, surclassant inexorablement ses adversaires, il devient le héros stratosphérique de Saint Jude, une école primaire, puis de Power Mémorial, le lycée invulnérable de la Catholic High School Athletic Association. Bilan des quatre années Alcindor :.78 victoires sur 79 matchs.

Mais un jour de match, Donahue, son coach, lui balance, pour l’aiguillonner

  • « Tu agis comme un nègre» - une plaie dont le souvenir n’a jamais cicatrisé -, et il se découvre sur une photo de classe, grand lampadaire sortant du cadre, entouré d’une rangée de microbes. Il est Black, géant, et catholique. Triple ghetto. Il va intérioriser sa rage, se réfugier dans le mutisme, mettre les autres à distances. Même chez les pros. « Avec lui, les joueurs y allaient toujours sur la pointe des pieds, raconte l’ex-Laker Jamaal Wilkes. Il y avait des frontières à ne pas franchir »

Jabbar a longtemps été perçu comme un objet. De curiosité. De convoitise. Le premier article vantant ses mérites remonte à 1961.11 paraît dans le World Telegraph & Sun: Alcindor a 14 ans. Un phénomène. Ses coaches font blocus autour de la vedette, interdisant qu’on l’interviewe. Mais ses exploits se sont répandus d’une côte à l’autre des Etats-Unis. les offres universitaires affluent. En 1965, dans le gymnase de Power, il doit donner une conférence de presse pour officialiser son choix. UCLA. La meilleure université américaine de l’époque. Coachée par John Wooden, le magicien de Westwood. Ce jour-là, peu de temps après son dernier « blitz » scolaire (32 points, 8 tirs bloqués, 22 rebonds). 80 journalistes se sont déplacés pour l’entendre dire. en 25 mots, qu’il a décidé de partir à UCLA

L’université de Californie à Los Angeles, 30 000 étudiants, est une turbine du Collège Basketball. John Wooden y a inventé une stratégie diabolique, la zone-press. Avec Alcindor, il tient le must, le géant, mobile et collectif. On l’entraîne à la dure. Une ligne est tracée sur les panneaux, 46 centimètres au-dessus du cercle. Alcindor doit l’atteindre dix fois, de chaque main.

Son entrée dans le basket universitaire claque comme un coup de canon. Freshman, inscrit en première année, le règlement NCAA l’empêche de participer au championnat. Mais, au cours d’un match amical, il mène les autres freshmen de UCLA à la victoire contre l’équipe première. De 15 points! La meilleure formation amateur du monde, championne universitaire en titre, est dominée par sa réserve junior ! Une aberration!

« En quittant UCLA, se souvient Jabbar, j’avais gagné 2 centimètres, un diplôme d’histoire, et trois filets, ce trophée officieux que seuls les vainqueurs NCAA ont le privilège de découper aux ciseaux après la finale » Trois titres nationaux, en 1967,68 et 69. Et 88 victoires et 2 défaites en trois ans. Alcindor quitte les Bruins en triomphateur.

L’Amérique est prête à l’adorer. Il n’y tient pas. Il s’écarte des standards. Il se débaptise en secret. II embrasse la Confession islamique. Témoin direct, effrayé, des violences policières et des émeutes raciales qui avaient embrasé Harlem en 1964, il s’est juré de demeurer fidèle à l’injonction de Cora, sa mère: « Ne te laisse jamais intimider. ” En 1968, féru de contre-culture, il a déjà dévoré l’autobiographie de Malcolm X, le théoricien des Blacks Muslims. Rêvé sur les poèmes de Leroi Jones. II milite donc pour le boycottage des Jeux Olympiques de Mexico, ces Jeux où les sprinters Tommy Smith et John Carlos lèvent un poing ganté de noir sur le podium.

« Un dimanche, explique Kareem. J’ai oublié d’aller à la messe. La religion catholique n’avait plus aucune signification pour moi » Début du divorce avec l’opinion publique traditionnelle américaine et du malentendu, tenace, avec les médias. L’idole du basket est devenu un contestataire. Mais, alors que Mohamed Ali jongle avec la presse et assortit ses déclarations les plus violentes de grimaces et de c1owneries.Jabbar, ex-Alcindor, se mure en lui-même. II congèle les reporters, quitte à passer pour un schizophrène illuminé, un extraterrestre.

1969. Il est, de toute évidence, le first pick de la draft. La carrière moyenne d’Un basketteur de la NBA est inférieure à cinq ans. Jabbar, ça paraît extravagant quand on connaît la suite. n’a pas l’intention de moisir sous les panneaux de la NBA.. « Je m’étais dit: tu vas prendre ton million de dollars, jouer quelques saisons, et t’arracher, direction les Caraïbes. ” « Take the money and run » Mais il en prend pour vingt ans - record absolu de longévité -, et il n’y aura jamais d’exil doré aux Caraïbes …

En 1969, la draft. Une pièce de monnaie départage les deux équipes prolos de la NBA. Phoenix et Milwaukee_ Les Bucks, une franchise en travaux, manquent de tout et se trainent en queue de championnat. La pièce retombe de leur côté, Ils récupèrent Jabbar. Le jackpot. L’équipe est complètement reconstruite autour du pivot surdimensionné. Sept ans de contrat. 1 400 000 dollars à la signature. Et tout change. L’action du club se requinque en Bourse, passant rapidement de 5 à 13 dollars, L’Arena, qui contient tout juste plus de 10 000 places, déborde pour un match d’entraînement entre starters et remplaçants,

Premier match pro le 18 octobre 1969. La chaine de télévision ABC, qui n’a pas prévu de se brancher sur la NBA avant janvier, bouleverse tous ses plans, et elle installe ses caméras de direct autour du parquet. Le rookie au regard aquatique démarre comme un dragster: premier panier 18 secondes après l’entre-deux. 29 Points, 12 rebonds. 6 passes décisives. Il a joué les 48 minutes du match. Il termine rookie of the year, explose les compteurs statistiques - il gagnera le championnat en 1971 -, et il tourne à 34,8 points de moyenne en 1972. Hélas, sa vie privée se déglingue. Son mariage avec Janice Brown, rebaptisée Habiba, se disloque en deux ans. C’était Hamaal Khaalis, son gourou et directeur de conscience, qui avait choisi l’identité de la fiancée. L’échec. Avec trois mômes en rade. Là-dessus, les Blacks Muslims règlent des comptes à coups de fusil, laissant quelques cadavres dans l’appartement qu’il leur a prêté à Washington. Jabbar, vacciné. Achève sa période extrémiste.

La star découvre les maîtres asiatiques du zen et du yoga. Elle approfondit les préceptes du philosophe Musashi, un sage samouraï du XVIIe siècle. Elle enquille les paniers à cadence astronomique, mais, plus que tout, elle s’emmerde. Impassible et nostalgique, Kareem s’ennuie dans le Wisconsin. Il lui arrive de prendre sa voiture et d’avaler 150 bornes d’autoroute pour passer une petite heure chez un pote, à Chicago. L’existence de ce déraciné chronique est morne.

Le basket l’occupe. Monstre d’équilibre et d’harmonie technique, il élève le bras roulé, son spécial comme diraient les judokas, à la hauteur d’un art. Le Sky Hook, cette punition tombée du ciel, qu’il amorce après un mouvement pendulaire, C’est une gestuelle martiale, en même temps qu’une géométrie dans l’espace. Jabbar l’explique: « Au basket, le shoot peut s’inscrire dans un triangle. L’œil du shooteur, la balle et le cercle en constitue les trois angles. Ce que j’ai réussi, tout simplement, c’est élargir le triangle » jusqu’à en faire « l’arme imparable du sport moderne », selon les termes de Pat Riley.

Et Mike Kupchak, sa doublure au pivot chez les Lakers, précise : « C’est un geste extraordinaire et extraordinairement banal. On le lui a vu faire la veille et on sait qu’il le reproduira exactement le lendemain. » Cotton Fitzimmons, coach de Kansas City en 1984, constate, admiratif: « Jabbar est totalement prévisible. Ça ne signifie aucunement que vous puissiez l’arrêter. D’ailleurs, vous ne pouvez pas l’arrêter »

1975. A la fin de la saison, les Bucks sont en déficit de victoires. Situation intolérable pour ce drogué de la victoire. « C’était la première fois depuis Saint Jude, écrit Jabbar dans ses mémoires. J’ai décidé que j’avais acquitté ma dette à Milwaukee. » En mars, il manifeste son désir d’abréger son contrat En juin, il est transféré à Los Angeles, contre quatre joueurs.

Un contre-emploi social. Les Lakers représentent a priori tout ce qu’il exècre: la frime, l’extravagance, la nonchalance snobinarde, le jet set, l’establishment. Nouveau miracle. Après une année de doute. Jabbar se relance, il remet le compteur à zéro et il accède, sous le soleil californien, au rang de superstar. En fait, c’est une seconde carrière qui commence. «La joie est revenue dans mon jeu », dit-il.

Elle s’alimente à une extraordinaire complicité tactique et technique avec Earvin Magic Johnson. Il le voit débuter. En 1980. L’année où le taciturne renoue avec ses parents, et s’assume en tant que père. Il s’amourache d’une brune pétaradante, Cheryl Pistono, qui le brave, le brusque et le moque. Il la courtise en lui portant les roses qu’il a cueillies lui-même dans son jardin de Bel Air.

Elle le traîne au Flipper’s Disco, une boîte branchée de rollerskating à L.A. Elle lui donne un quatrième fils, Amir, son préféré sans doute. Mais en 1983, la passion tourne à l’orage, Excédé, Jabbar passe ses colères sur des portes, qu’il dégonde de rage.

Hiver 1983. Alors qu’il dispute un match à Boston, sa villa de huit pièces, véritable musée où il avait accumulé bibelots de prix, porcelaines de Nancy, disques de collection et tapis orientaux, est la proie des flammes. Amir et Cheryl s’en sortent. Mais le cher passé de Jabbar est réduit en cendre, qu’il éparpille, le lendemain, nostalgique, du bout de la chaussure. Ce malheur est une révélation. Quincy Jones, son voisin à Bel Air, arrangeur génial. Orchestrateur de ” We are the World », arrive avec une cassette de Clifford Brown sous le bras, Une véritable chaîne de solidarité s’organise, Les fans lui signifient leur émotion et ils s’offrent à reconstituer sa discothèque.

Admiré, Jabbar s’aperçoit doux constat, qu’on l’aime autant qu’on le respecte. Electrochoc psychique. Il devient. Lui, inaccessible, plus abordable, plus soft. Le temps des records exceptionnels a commencé: cinq titres avec Los Angeles, l’équipe des Eighties. Avril 1984. Le record de Wilt Chamberlain, 31419 points marqués, tombe Il tenait depuis onze ans, Juin 1985, Victoire finale contre Boston, au Garden, A l’issue du sixième match, décisif. Jabbar, déjà chauve, est désigné

MVP des Playoffs. Il a 38 ans, des migraines épisodiques, mais il n’a jamais été aussi fort. Ses secrets sont simples, pourtant; une stricte observance de la loi coranique: ni alcool ni excès de viande rouge, Une discipline de moine tibétain, qui le fait fuir les « parties» se terminant à la fine pointe de l’aube’. Et quelques remèdes de bonne femme: ne jamais utiliser des baskets hautes, proscrire tout bandage aux chevilles qui répercutent, explique-t-il, l’onde des chocs jusqu’aux articulations supérieures, une économie de gestes et d’efforts. Jabbar ne se jette jamais sur des balles impossibles,

Saisonnier de la gloire en playoffs, il signe, à partir de 1986, des contrats à vue, follement rémunérateurs. Il ne règne plus sur le jeu, mais il en impose par sa seule présence. Et ce jusqu’au 13 juin 1989, Aujourd’hui il vit seul, dans sa villa reconstruite, conduit Amir à l’école en Rolls, va suivre son cours de yoga, aide son benjamin à faire ses devoirs, Il n’est pas encore revenu au Forum et il avoue ne pas trop suivre les matchs à la télévision, Il a 44 ans. Il dit: « Lorsque je suis parti. ce n’était ni trop tôt ni trop tard, C’était l’heure… »

RV mai 2008

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Darren McFadden

Sans doute le plus talentueux joueur de la draft 2008, Darren McFadden 188 cm pour 95 kg va surement apporter une grande menace dans le jeu offensif en faveur des OAKLAND RAIDERS la saison prochaine.
Il offrira un complément de choix au quaterback JaMarcus Russell, qui a été le premier pick de la draft 2007.
Pendant 3 ans à Arkansas University, il a accompli 785 courses pour 4590 yards et 41 touchdowns.
Il est réputé pour ces accélérations exceptionnelles et la force du haut de son corps.
Darren McFadden, deux fois vainqueur du trophée Heisman du meilleur running back, est considéré comme un des meilleurs joueurs universitaire  de football au cours des dernières années et un des meilleurs de l’Université d’Arkansas en seulement 3 saisons.

Jugé plutôt :
Deux fois Doak Walker lauréat  il fit tomber de nombreux record de la conférence Southeastern, à l’instar de nombreux champions - Herschel Walker à Georgia, Bo Jackson à Auburn and Emmitt Smith à Florida.
McFadden a souvent été utilisé comme quaterback dans les “Wildcat” formations, dominant les defenses avec son jeu de course et de passe en alternance.
Il partagea le backfield avec Felix Jones qui cumula aussi plus de  1000 yards constituant  le meilleur duo de la nation , tous deux All-america cette année
, aidant ainsi les Razorbacks en attaque avec un cumule en moyenne de 286,54 yards par match en 2007.
En 38 matchs comme Razorback, McFadden à courus plus de 100 yards 22 fois. Remportant le Doak Walker Award en 2006 et 2007,
il est devenu le troisième joueur d’Arkansas à obtenir la reconnaissance de ce prix national dans les 112 années du programme de football.
En obtenant 1113 yards en 2005, 1647 en 2006 et bas le record de l’école avec 1830 yards en 2007, McFadden rejoint Herschel Walker (Georgia 1980-82) comme l’un des  deux seuls joueurs dans la Southeastern Conference de l’histoire à dépasser les 1000 yards en freshman, Sophomore et junior. Il est également le deuxième joueur de Arkansas University à courir plus de  1000 yards à chaque saison rejoignant  Ben Cowins (1976-78).
McFadden a été classé comme étant le n ° 23 prospect de la nation et le top prospect dans l’état de l’Arkansas par Rivals.com.
“The organization” l’a également évalué comme un prospect 5 étoiles et le troisième meilleur athlète des USA.
Tom Lemming’s Prep Football Report l’évalue comme le huitième meilleur running back du pays.
Également 21ème du classement Dallas Morning News Top 100.
Il a participé en 2005 au Arkansas High School All-Star Game au lycée.
Construit avec des cuisses solide, physique athlétique, avec une masse grasse corporelle faible
et le haut du corps dessiné… Des pieds rapides qui lui permette de slalomé, ce qui lui permet de passé le premier mur des tackles facilement …
Il a la rare capacité à pouvoir accéléré une deuxième fois quand il est déjà en sprint ce qui lui permet de passer les défenseurs.
Il joue avec ténacité, abaissant sa tête pour aller dure au contact des défenseurs avec ces jambes.
Capable de rebondir sur les tackles et produire un deuxième effort après que son premier mouvement est échoué.
Il a la vision du jeu et sait ou allez pour se frayer un chemin et anticiper les espaces dangereux.
Il est facile avec le ballon en main et toujours une menace avec ou sans ballon toujours prêt à capter une passe mais avec une bonne protection de balle depuis son année junior.
Comprends les schémas de block mais perd parfois sa protection de balle.
Très respecté de ses coéquipiers et du staff, à toujours démontré une solide étique de travail mais
n’est pas toujours en mesure de pousser la mêlé en ayant les capacités de rester en place prêt à bondir pour exécuter son déplacement latéral avec rapidité.
Attrape la balle naturellement et il est très facile pour lui de changer de direction.
Sans nul doute un bon joueur dont on attend la rentré en jeu dés le début de saison chez les OAKLAND RAIDERS.

Dimension USA avril 2008

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UFC

UFC : ULTIMATE FIGHTING Championship est la 6ème league de sport pro la plus populaire aux USA?
Si le trafic internet sur les sites des ligues professionnels est un indicateur, il est un nouveau sport qui est entrain de captiver un grand nombre de consommateurs américains.
L’UFC, ou l’Ultimate Fighting Championship, attire plus de visiteurs sur son site Web que les organisations plus anciennes de golf professionnel, de foot (soccer), bowling, et tennis. Et si la puissante ligue de Hockey professionnel NHL résiste encore elle n’est plus très loin du Ko que lui assainira l’UFC. A l’instar de la NFL qui est la plus grande ligue de football professionnel, l’UFC est devenu le plus grand promoteur d’un sport de combat appelé Mixed Martial Arts (MMA) , autrement dit un mélange de tout les sport de combat et autres art martiaux de la planète.
Les combattants sont autorisés non seulement au coup de poing comme dans la boxe, mais aussi au coup de pied, de genou!, de coude!! et ils ont même le droit d’Étouffer leurs adversaires. Il est probable que tout le monde ne s’y intéresse pas (ma mère n’est pas une fan), mais par manque d’interdit du moment pour les sport majeurs et vieillissant , le résultat est là ,près d’un million de consommateurs américains visite le site Web de l’UFC chaque mois.
Les détracteurs de l’UFC par le passé voyait dans ce spectacle qu’une attraction ‡ la mode, mais l’intérêt croisant des consommateurs ne présente aucun signe de ralentissement. A ce jour, l’UFC est la plus forte croissance en Amérique du nord dans le sport pro, avec 106% d’augmentation de connexion à son site web sur les douze dernier mois. La NHL (National Hockey league),qui en 2004-2005 était la plus grosse progression est cette année loin derrière avec 35% d’augmentation d’audience seulement.
O˘ peut-on aller pour obtenir un avant-gout de ce que l’UFC offre? Sur le site les matches sont annoncés et la promotion des combattants est faite. La pression monte ‡ la veille des matches retransmis en pay per view aux USA. Et le succès est grandissant.
Les spectateurs n’ont plus qu’a s’assoir avec le pop corn de rigueur et les combattants a compté leurs dents.
SHOW MUST GO ON.
Dimension USA avril 2008

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Fenway park

Si le baseball est le sport américain par excellence, Fenway Park à Boston, en est le stade. Ou plutôt le temple, théâtre parfait de ce jeu bizarre qui ne connaît aucune limite de temps. Qui reflète si bien l’‚me américaine. Rien n’est fini jusqu’au dernier moment, tout peut encore se gagner ou se perdre jusqu’à la dernière manche. Mieux qu’un stade, Fenway Park (34000 places) est l’‚me du sport, son symbole. Il renvoie à une Amérique préhistorique, celle de Gary Cooper et de Jimmy Stewart.

A une époque ou les stades ont l’odeur de l’astroturf, ce barbare revêtement synthétique, Fenway Park - ses propriétaires étant des membres éminents de la gentry bostienne et fervents, des gazons british - a conservé sa pelouse. A Boston, le baseball n’est pas seulement un business où valsent les millions de dollars. C’est avant tout un jeu de petit garçon joué par des adultes.

Construit en 1912, Fenway Park est le deuxième plus ancien stade de baseball aux USA (White Sox Park, à Chicago, est plus vieux de deux ans). Malgré son charme désuet, bien plus l’image d’une équipe - les Red Sox - qui n’arrive jamais à concrétiser leur domination et cale toujours dans le dernier jeu du dernier inning des World Series, Fenway Park n’est pas une vieille dame tranquille. Au contraire, c’est plutôt une vieille dame indigne.

Son énorme mur de douze mètres de haut, surnommé « The Green Monster », sur le left field, domine tout le terrain. Il prend même possession des joueurs, les hypnotise, les empêche de jouer normalement. Nulle part ailleurs sur le continent américain si ce n’est peut-être le vent qui sort de Wrigley Field, à Chicago - le jeu n’est pareillement affecté par l’architecture du stade. Dans la banlieue de Boston, les batteurs droitiers ont des sueurs froides, voire même des hallucinations, Littéralement hypnotisés par The Wall, ils essaient de le franchir mais voient leur balle renvoyée sur le terrain par le monstre vert. Et le home run espéré se transforme en déroute.

Le home-run, c’est le coup de grâce du baseball. Quand la balle frappée par le batteur est balancée au-dessus des murs qui cernent le terrain et, par’ conséquent, hors de portée des défenseurs de champ. Au Fenway, face à cette muraille apocalyptique, un home run relève du fantasme. Ou du cauchemar, Aussi bien pour les Red Sox que pour leurs adversaires. De toute façon, dans la lumière de l’Été indien qui caresse une herbe commençant à se décolorer après des mois de runs et de hits, peu importe les défaites ou victoires à domicile de Boston, Il n’y a que la magie de Fenway Park, lieu mythique de l’Amérique, aussi important pour la psyché américaine que les bords du Gange pour les Hindous,

Dimension Usa avril 2008-05-24
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Madison Square Garden

Madison Square Garden: la mort lente d’une légende ?

Toutes les grandes dynasties portent des chiffres. Henri Ford II. Madison Square Garden IV. Dernier du genre? L’enceinte la plus célèbre du monde, celle des New York Knicks et des Rangers, celle de Bernard King, de Phil Esposito, de Willis Recel, de Walt Frazier et de Pat Ewing, concentre toutes les contradictions de la société sportivo-capitaliste américaine. Le quatrième des Madison est sorti de terre en 1968. 11 ans plus tard, l’année du centième anniversaire de la dynastie, cinq millions de spectateurs s’y étaient entassés. Depuis lors, sous quatre cent mille watts - du plein jour - le taux de remplissage ne subit pas de variations significatives.
Au Madison, il ne fait pas souvent nuit noire. Le Garden produit environ six cent cinquante spectacles par an en trois dimensions. L’arène, 13 000 spectateurs dans sa configuration maximale. Quatre niveaux, de la ” first promenade ª, la plus chère, aux mezzanines du neuvième étage. L’accès et la circulation y restent un miracle de fluidité. Quelque soit l’emplacement de Votre fauteuil, il ne vous faudra pas plus de cinquante secondes en moyenne pour vous retrouver sur le macadam de la 33ème rue. En marge, le Felt, capacité proche des 4 000 places, qui accueille la deuxième division de la boxe et, parfois, les chanteurs français. Enfin: l’Exposition Rotunda, mi-Beaubourg mi- Forum des Halles. Un ciné en sous-sol, quarante-huit pistes de bowling, et les loges pour les hyper friqués du dixième : dix fauteuils club, deux canapés, un bar, une salle de bains, une TV en circuit fermé qui vous permettra, luxe suprême, d’applaudir au match des Knicks votre secrétaire sur les genoux.
Le Garden a tout inventé: la télé par câble - au début des années quatre-vingts - les panneaux électroniques, les studios télé jouxtant les vestiaires. Il a inventé la secte Moon et ses mariages de masse, Springsteen. Robinson. Aujourd’hui, il est, plutôt que dépassé, un rien démodé. La boxe n’existe plus, le basket a connu d’autres temples et surtout d’autres stars, le Masters de tennis y a disparu dans les années 90 déjà. La Gulf and Western, ancien propriétaire des deux clubs pros - Knicks el Rangers - y a cédé ses parts à la Paramount. Le Garden vit toujours sur un mode binaire. On le rénove ou on le rase. Ses problèmes financiers ne datent pas d’hier, mais plutôt de l’ère de la spéculation immobilière forcenée. Il y a dix ans, dans les bureaux du staff financier du groupe, les experts avaient piqué une suée en prenant ta dimension du gouffre budgétaire. Le déficit annuel, grevé par la cherté d’une main-d’œuvre jalouse de ses acquis et superbement organisée, s’élevait à trois cent cinquante millions d’euros, Cocasserie: les affaires avaient tendance à empirer à mesure qu’on s’approchait des échéances électorales. Ne mettait-on pas ainsi gentiment la pression sur les candidats au poste de maire ? On se disait que le Garden Ètait proche de jeter l’éponge. Et que sa disparition se paierait en bulletins de vote, Depuis, Meadowlands a accouché d’un énorme complexe sportif ou se produisent les Giants et dont les soubassements, disait-on, recelaient le Cadavre - coulé dans un caisson étanche ? - de Jimmy Hoffa, l’ancien président du syndicat des camionneurs disparu il y a plus de vingt ans…
Bref : miné par les dettes, concurrencé par la banlieue, impossible de gérer ou même de transformer, le Garden est en péril. Le moins qu’on puisse dire, c’est que son agonie est lente mais que le lieu est à jamais mythique.

AB janvier 2008

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REEBOK

1890-1930
Reebok une société anglaise fut fondée pour une seule raison : les athlètes voulaient courir plus vite.
Ainsi en 1890, Joseph William Foster fabriqua une des premières chaussures de course.
En 1895 avec son fils ils développèrent une clientèle internationale de coureurs à pied de renommée.
Ils confectionnèrent ainsi les célèbres chaussures que l’on retrouve dans le film « les chariots de feu (réalisé en 1981 par Hugh Hudson) qui firent gagner les athlètes en 1924 au jeux Olympique de Paris.
1950-1980
En 1958 les petits-fils du fondateur commençaient à être connu sous le nom de REEBOK qui est le nom d’une gazelle africaine. En 1979 Paul fireman, un partenaire de la marque distributeur  d’équipement sportif négocia un contrat de distribution pour l’Amérique du nord et permit à Reebok de vendre 3 modèles sur le sol américain, modèle qui à 60$ étaient les plus chers du marché
Les années 80
En 1981 , la firme vendit pour 1,5 millions de $ , mais le plus beau restait à venir , en effet en fabricant la première chaussure de sport spécialement dessiné pour les femmes , Reebok pris d’assaut ce secteur en plein boom notamment grâce au fitness et au cours de danse aérobic . La marque devint ainsi un des leaders du sportswear , un marché devenu énorme alors.
En 1985 Reebok continue à bien se porter en bourse notamment à New-york,
En 1986 Reebok fait sa première grosse acquisition et rachète Rocksport, qui est un pionnier dans la chaussure traditionnelle mais avec des avancées sur les matériaux utilisés et d’une grande technologie. Rocksport est spécialisé dans la chaussure de confort et tous les types de chaussure de soirée et de tous les jours…
A la fin des années 80, Reebok commença une exportation agressive de ces produits et est alors présent dans 170 pays à travers un réseau de revendeurs indépendants.
Créant des produits innovants qui généraient beaucoup d’enthousiasme sur ce marché, Reebok introduit le Freestyle et à la fin des années 80 produit un modèle de haute technologie appelé PUMP qui à ce jour existe encore.
Les années 90
En 1992 , la marque commença une transition et ne se contenta pas d’être leader dans le fitness mais s’investit dans de nombreux autres sports comme le football US, le base-ball , le soccer, le basketball , et l’athlétisme. Elle élargit ses gammes de produits à tous les vêtement de sport et non plus seulement aux chaussures.
Dans ce cadre la même année elle créa la collection GREG Norman pour le golfer du même nom.
A la fin des années 90, Reebok fait en sorte de sponsoriser une sélection de sportifs talentueux.

En 2000 , Reebok et la National Football League annoncent un partenariat exclusif , le contrat inclus tous les produits sous license NFL et les 32 équipes de la NFL .  Le contrat inclus : les tenues de match , d’entraînement et les chaussures.

En 2001 , la marque signe un contrat longue durée avec la NBA , la WNBA et la NBDL. Reebok peux ainsi commercialiser les tenues match (jersey et short) d’échauffement d’avant match , d’entraînement etc ……et bien d’autres licences encore. Le contrat fini en 2006 est désormais au profit d’Adidas.
En 2002, Reebok lance Rbk , une collection de vêtement et chaussure streetwear pour les jeunes femmes et hommes qui demandent et espèrent que le style des produits corresponde à leurs style de vie.
Inspiré par la mode de la rue, Rbk suit une politique marketing dans ce sens.

Avec son poids sur le monde sportif, Reebok intégra une campagne de marketing qui fusionna les sports, la musique, la technologie et les divertissements, ce concept fut conçu pour relier la marque Reebok à des millions de nouveaux consommateurs dans le monde.
La politique marketing globale fut lancée en 2002. Reebok sélectionna des athlètes et des artistes comme 50 cent du collectif G-unit ou Jay-z avec la collection Shawn Carter, Rbk ainsi devenant le pionnier dans la fusion des sports, de la musique et de la technologie.
En 2003, le Rbk concept décolla avec un contrat sans précédent avec le rappeur Jay-Z , qui incluait le design et marketing de la collection Sean Carter lancée en avril. Avec ce partenariat Jay-Z devient le premier non sportif à avoir une collection de chaussure de sport signée à son nom. Une deuxième star rejoint les rangs de Rbk rapidement c’est 50 cent le rappeur superstar. Le résultat est là et le succès aussi avec la ligne “G Unit collection by Rbk”.
En 2004, Reebok devient le leader de l’équipement de hockey en faisant l’acquisition de CCM, Koho , et Jofa.
De ce fait Reebok obtint un contrat de longue durée avec la National Hockey League pour tous les équipements sur glace de l’ensemble des équipes avec le droit de diffuser au niveau mondial toutes les licences produites. En outre Reebok obtient un contrat avec la Canadian Hockey League, la American Hockey League and la East Coast Hockey League.
En 2005 , la marque lance Rbk Hockey une nouvelle et performante ligne pour le Hockey sur glace et signe un contrat avec Sidney Crosby l’un des meilleurs joueurs. En deux ans à peine Reebok devient la marque la plus vue sur le marché du vêtement et de l’équipement en hockey.
Toujours en 2005 Reebok lance la campagne “I AM What I Am” une campagne mondiale pour célébrer des stars mondiales, comme les rappeurs Jay-Z, Daddy Yankee et 50 cent, les sportifs Allen Iverson, Donovan McNabb, Curt Schilling, Kelly Holmes, Iker Casillas and Yao Ming, les stars de cinema Lucy Liu, John Leguizamo and Christina Ricci et le skateboarder Stevie Williams.

En 2006, Adidas-Salomon AG acquiert Reebok, modifiant ainsi à jamais le paysage de l’industrie du sportswear.
Juste avant cette acquisition, Paul Fireman le directeur général de Reebok annonça qu’il poursuivait d’autres intérêts et qu’il arrêtait,
Paul Harrington fut alors nommé .
Aujourd’hui le groupe ADIDAS est composé de Adidas , Reebok , Taylormade , Adidas golf , Rockport . Ce groupe est leader en équipement sportif et détient dans le monde 80 filiales qui opèrent depuis le siège à Herzogenaurach dans tous les pays du monde.

En 2007 Reebok lance Run easy (courir tout simplement), certainement la plus simpliste et la mieux perçue des campagnes publicitaires. Le but de cette campagne était d’inspirer aux acheteurs du monde entier leur potentiel et de faire ressortir leur individualité. Le message de la campagne est “blood, sweat and tears” (Du sang, de la sueurs et des larmes)
Reebok célèbre la camaraderie, la joie et le plaisir de courir, “Courir tout simplement “.
De plus Reebok lance un autre slogan : “There are Two People in Everyone” ce qui signifie: “Il y a deux personnes en chacun de nous”. Cette campagneest lancée dans le milieu de l’année 2007 afin de dynamiser le fait d’allier le sport et la vie des sportifs comme Allen Iverson, Yao Ming, MS Dohni and Nicole Vaidisova participèrent à cette campagne.

NIKE

Nike : Prononcé NI KEY , ce mot signifie déesse de la victoire dans la mythologie greque.
Elle était assise à coté de Zeus, le maître du panthéon dans l’olympe.
Une présence mystique symbolisant la victoire, «Nikey» présidait les premières batailles victorieuses.
Les Grecs disaient « Quand nous allons nous battre pour gagner, nous honorons «Nikey»»
ceci étant synonyme de conquête honorifique , NIKE est la marque de chaussure de sport du Vingtième siècle préparant les athlètes à la victoire.
Le logo en forme de virgule Nike incarne l’esprit de la déesse ailée qui a inspiré les plus courageux guerriers et chevaliers à l’aube de la civilisation.

«The SWOOSH logo» dessiné par Caroline Davidson en 1971, représente le vent de la Déesse Grecque NIKE. Caroline Davidson était étudiante en publicité à Portland State University où elle rencontra Phil Knight alors qu’il enseignait la comptabilité et elle commença à travailler en freelance dans sa société. Phil Knight demanda à Caroline de dessiner un logo qui pourrait être placé sur le coté des chaussures. Elle créa la célèbre virgule ce qui couta à Phil Knight 35$ !! en 1972 la première paire de Nike avec «The SWOOSH» vit le jour.

La machine Nike se lança d’abord sous forme d’une petite distribution en interne depuis le coffre de voiture de Phil Knight !! De ses débuts plutôt chaotiques, l’idée de Knight grandit pour devenir la firme de chaussure de sport qui allait devenir par bien des aspects très populaire.

Nike émane de deux sources : Bill Bowerman en quête d’une chaussure durable et légère de course pour ses athlètes de Oregon University, et pour Knight un moyen de gagner sa vie sans avoir à renoncer à son amour de l’athlétisme. Bowerman qui coachait l’équipe d’athlétisme à Oregon ou courait Phil Knight en 1959. Bowerman avait la volonté d’améliorer la qualité de chaussures Knight reprit ce concept ce qui l’influença clairement dans sa recherche d’une stratégie marketing. Grace à eux, Nike allait devenir une des firmes les plus influentes du marché U.S et mondial.

L’histoire va ainsi: Knight rencontra sur les bancs du MBA : Frank Shallenberger . Leurs cours en Masters of Business Administration (MBA) consistaient àconcevoir une petite entreprise, y compris un plan de marketing.
Knight eut l’idée de fabriquer au Japon puis importer aux USA.
Shallenberger pensa que l’idée était intéressante, mais pas assez. Ils stoppèrent leur collaboration.

En 1963, Phil Knight en voyage au Japon sur un coup de tête, rencontra le fabricant de chaussure de la marque TIGER- une filiale de la Société ONITSUKA. Il se présenta comme le représentant d’un distributeur américain (Blue Ribbon Sports ) intéressés par la vente de chaussures Tiger au athlètes américain.
En 1964 Knight avait vendu 8000$ de Tiger aux USA et plaçait de nouvelles commandes pour la saison suivante. Les coachs Bowerman et Knight travaillaient ensemble, mais il embauchèrent à plein temps un commercial nommé Jeff Johnson.
Apres avoir vendu pour 1 millions de dollars de chaussures et commençant à surfer sur la vague du succès ils divisèrent la société en deux entités en 1971.
A la fin des années 70, Blue Ribbon Sports devint NIKE et passa de 10 millions de $ à 270 millions $ de vente.
Le succès de Nike s’inscrit dans la révolution du fitness :l’idée que le sport devient amusant pour l’américain moyen. Il est difficile de savoir pourquoi les américains ont suivis cette voie mais Nike à su profiter de l’intérêt grandissant du sport santé en proposant des produits grand public adaptés à la demande.

. Les années 80 et 90 enregistrèrent des bénéfices importants et Nike commença à assumer l’aspect sportif de l’ “Advertising Age” Nike fut d’ailleurs élu en 19996 « Marketer of a year » avec le célèbre “swoosh omniprésent qui est la marque la plus reconnue et convoitée par les consommateurs.
La même année, les revenus de Nike ont été stupéfiants avec $ 6,74 milliards. Puis ensuite 8 milliards $ de ventes au cours de l’exercice 1997, Nike a ciblé 12 milliards de dollars en ventes de l’année 2000.

Toutes ces ventes n’auraient pas eu lieu sans les champions et les investissements colossaux de Nike en sponsoring dans de nombreux sports.
Ce fut d’abord John McEnroe en 1978 professionnel atypique du tennis .
Puis Alberto Salazar qui gagna le marathon de New-York avec une paire de Nike et battit le record du monde en 1981.
Joan Benoit qui gagna en 1984 le premier marathon féminin aux jeux olympiques de Los angeles.
Bien sûr le célèbre Michael Jordan signe chez Nike en 1985 et aujourd’hui encore il fait partie des meilleures ventes de la planète avec le concept « Air Jordan »
En 1988 , Bo « BOUM » Jackson est nommé le meilleur athlète du monde en cumulant deux carrières simultanées:  le  Baseball et le Foot US.
En 1989 c’est André Agassi qui avec ses tenues très colorées et fluo révolutionne les équipements de tennis très conservateurs. Le concept « Just do it « fait alors son apparition.
Mike powell battant le record du monde du saut en longueur détenu depuis 23 ans en 19991.
Nike en 1992 participa activement à la victoire de la DREAM TEAM à Barcelone ayant 6 des 12 joueurs sous contrat.
En 1993 Nike sponsorisait 50 joueurs pro de la MAJOR LEAGUE BASEBALL dont le célèbre lanceur NOLAN RYAN âgé alors de 46 ans !!
Romario en 1994 et toute l’équipe du Brésil devient championne du monde de football.
En 1995, Pete Sampras et Monica Selles gagnent tout sur leurs passages ainsi que Cal Ripken en MLB, Jerry Rice en Foot US , Marc Allen qui remporte son 6eme IRON MAN triathlon !!
Enfin en 1996, 9 des 10 premiers tours de draft de NFL sont chez Nike, l’équipe du Kenya est championne du monde crosscountry et Damon Stoudemire est élu en NBA « rookie of the year »
La saga NIKE continue

NEW ERA

C’est en 1920 que Ehrhardt Koch âgé de 34 ans persuada sa tante de prendre une deuxième hypothèque sur sa maison, afin d’avoir l’argent pour créer une société spécialisée dans la fabrication de casquettes.
Avec 5000 $ en poche, 14 employés et la promesse à sa tante que ses enfants auraient toujours du travail, Ehrhardt créa la NEW ERA CAP Company sur Genesee Street à Buffalo dans l’état de New York.
Ehrhardt Koch un immigré allemand avait commencé à travailler à 16 ans dans une fabrique de casquette.

Même avec son inébranlable détermination, persistant sans relâche avec passion, nous ne sommes pas sûr que Ehrhardt aurait pu imaginer que son rêve allait devenir la première firme de casquette du monde !! Voici en quelques chiffres l’étonnante histoire de New Era:
New Era connut son premier succès avec la casquette appelée “Gatsby” dans les années 20.
En 1930 New Era commença à fabriquer des casquettes pour la Major League Baseball et notamment pour les New York Yankees (l’équipe la plus vendue au monde par la marque).

En 1954 New Era créa sa signature 59FIFTY à la demande des fans de baseball qui voulaient porter la casquette de leurs joueurs de baseball favoris et cette collection devint ainsi la casquette la plus portée dans le monde des fans de sport.
EN 1982 Harold Koch le fils du fondateur meurt et cède la firme à son fils David, qui développa encore la société en continuant de vendre des modèles à toutes les équipes de baseball des USA.
New Era depuis 2003 distribue elle même ses modèles en Europe à la demande des fans de sport afin d’avoir une meilleure qualité. Elle a ouvert aussi une division femme et junior aux USA.
En 2005 EK by New Era une extension de la marque principale a vu le jour ,
A ce jour New Era vend dans 40 pays et détient plus de 222 licences avec des équipes de sport dont la Major League Baseball, Little League Baseball, National Hockey League,National Basketball Association, Collegiate Licensing Company,Minor League Baseball,Baseball Canada,USA Hockey,Hardwood Classics,Arena Football League,TaylorMade Titleist et bien d’autre choses encore comme des partenariats avec des marques américaines ou européennes.
28 célébrités dont Spike Lee, Roger Clemens, George Gervin, Fabulous and Jake Burton ont dessiné des éditions limitées pour la marque.
Plus de 34 millions de casquettes sont fabriquées par an et le model 59FIFTY requiert 22 étapes de fabrication !!
Aujourd’hui New Era fabrique des casquettes pour les enfants , les femmes , les sociétés, les fans de sports, les sportifs de haut niveau et aussi pour le streetwear fashion et le Urban wear.
Mais sa gamme s’est aussi étendue aux bonnets, visières et toutes sortes de chapeaux , mais également aux vêtements.
Le siège est toujours à Buffalo, état de New York et emploie 1700 employés avec des succursales aussi au Canada, en Europe, au Japon et à Hong Kong.
Dernièrement en 2008 New Era vient de signer un partenariat très important avec Marvel, le créateur et distributeur de tous les comics US.
Ainsi après 4 générations et la motivation de toute la famille de Ehrhardt Koch la marque continue de croitre et de garder son indépendance face aux géants du sportswear Nike et Adidas.

mai 2008

SLK MERCEDES 2008

Dernière nouveautés SLK MERCEDES 2008

La Nouvelle allure du SLK
Cette année encore, le SLK a adopté un nouveau visage séduisant, avec un dynamisme et des sensations de conduite toujours plus intenses.
Depuis toujours, le SLK est leader sur son segment. Avec sa sportivité réaffirmée en 2008, la réduction de «la flèche d’argent» est à son comble. Plus racée que jamais, la classe SLK puise son agrément de conduite et sa séduction dans son design extérieur ultra-dynamique, son look intérieur sport et haut de gamme plus raffiné, ses moteurs plus sobres, sa nouvelle direction paramétrique (une option qui assure agilité, confort et sérénité renforcés) et dans sa performante télématique embarquée.
Voici un survol des nouveautés proposées sur le SLK Nouvelle génération :
Design extérieur:
_Museau effilé caractéristique de Mercedes-benz
_bouclier avant dynamique type F1
_projecteurs antibrouillard cerclées de chrome
_Nouvelle calandre
_Rétroviseurs extérieurs avec miroirs agrandis et rappels de clignotant LED en forme de flèche.
_nouveau programme de jante alliage
_Sorties d’échappement trapézoïdales
_Nouvelle jupe arrière avec look diffuseur

Design Intérieur
_combiné d’instruments 3D à cadrans ronds cerclés de chrome
_Volant sport à trois branches
_levier de vitesses gainé de cuir
_nouveau nuancier pour les inserts décoratifs

Technique
_Moteurs optimisés et plus sobres
_SLK 350 : fonction double débrayage au rétrogradage, sonorité sport puissante et authentique évoquant le son d’une sportive de compétition.
_SLK 55 AMG : moteur V8 unique sur segment (265kw/360ch)
_Nouvelle direction paramétrique en option
_Chauffage de nuque AIRSCARF en option
_Nouvelle génération de télématique à présentation optimisée
_COMAND APS (avec visuel 6,5”), navigation par disque dur et changeur CD.DVD en option.
_commande vocale LINGUATRONIC avec les systèmes de navigation pour la 1er fois disponible sur le SLK.
_Dispositif mains libres bluetooth de série.
_Système de sonorisation Harman Kardon logic 7 500 watts en option.
_Interface média dans la boite à gant (pour appareil mobiles type ipod) en option.
_kit carrosserie AMG en option.
_Pack Sport en option

 

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CEE-LO ET SA CHRYSLER 300C

LA STAR D’ATLANTA, CEE-LO, A LA TETE DANS LES ETOILES MAIS LES PIEDS BIEN SUR TERRE AU VOLANT DE SA CHRYSLER 300C.

Ce n’est pas parce que les Bentley et autres Maybach sont devenues les voitures à posséder quand on fait partie de la crème du Hip-Hop US, que tous les rappeurs doivent aveuglement suivre cette tendance.
Prenons par exemple Cee-Lo (l’ancien membre des Goodie Mod, originaire d’Atlanta) : Au lieu de copier simplement et de suivre cette direction, le lyricist et crooner du Sud est plutôt de ceux qui restent fidèles a l’image qu’il renvoie aux auditeurs qui achètent réellement sa musique si expressive . Déjà bien armé avec un garage rempli des classiques des plus cinglants tout comme des plus luxueux bolides,
Cee-Lo n’a pourtant pas pu résister à l’appel de la Chrysler 300C.

Dimension USA : La Chrysler 300C semble vraiment populaire chez les hommes de la communauté Afro-Américaine, un peu comme l’est la Cadillac Escalade.
Pourquoi penses-tu que nombreux sont ceux qui sont attirés par ce modèle ?

Cee-Lo : j’ai le sentiment que c’est un grand pas dans la bonne direction, et Chrysler fait la moitié du chemin grâce au prix intéressant de cette voiture si particulière.
Elle a tellement de style et une qualité supérieure tout en restant abordable.
Beaucoup de ce que représente ma musique est accessible, il faut juste montrer aux demi rappeur qu’ils peuvent eux aussi la posséder.
La Chrysler 300C est comme un kit de démarrage, mais d’un genre très élégant.

Dimension USA :Tout d’abord qu’est-ce qui t’attire à la vue de cette bagnole ?

Cee-Lo :J’ai vraiment été conquis par le fait qu’elle soit aussi facilement accessible, à commencer par son prix.
Maintenant je l’ai emmenée dans la boutique de customisation de mon pote qui a monté dessus des portières de Lamborghini et des jantes de 22 pouces.
Je suis vraiment sensible à ce genre de détails. C’est une modification que mon gars m’a conseillée avant qu’elle soit proposée dans leur magasin.
Tu peux aller te la raconter avec dès qu’elles sont posées.

Dimension USA :Quelle est la réaction des gens dans la rue lorsqu’ils te voient bondir à l’ouverture des portes de Lamborghini ?

Cee-Lo :Ils adorent ça. Ce n’est pas comme s’ils n’avaient jamais vu ça auparavant. Mais ils font le rapprochement.
Et remarquent la connexion qu’il y a entre elle et moi. Du coup la Chrysler 300C peut servir de lien et montré qu’une voiture comme celle-là peut aussi me convenir.

Dimension USA :Quels sont les autres bolides qui occupent ton garage ?

Cee-Lo :J’ai une Chevrolet Impala 1965 SS, une autre Impala 1964 avec le hardtop, une Jaguar S type, une BMW série 5, une Cadillac El Dorado décapotable (1974) et une Cadillac Chevelle (1978).

Dimension USA :A quel rang placerais-tu la Chrysler 300C comparativement à tes autres voitures ?

Cee-Lo :Je la placerais au dessus des autres, en haut du top car je ne suis pas non plus du genre à en faire trop.
Rajouter tout un tas de conneries dessus ne me parait pas raisonnable.
Je ne vais pas aussi loin que Baby ou Wyclef. De toute façon je ne fais pas autant de billets que peut en faire Wyclef.

 

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Bogues une taille au-dessus

Tyrone Bogues le joueur NBA le plus petit de tous les temps.

Tyrone Bogues, le minuscule meneur des Charlotte Hornets, effectua ses plus belles saisons chez les pros dans les années 90. Il savait se faufiler à merveille entre les pattes des grands, leur dribbler à hauteur de la cheville et passer en express, mais il était incapable de rentrer deux paniers d’affilée. Il a aujourd’hui corrigé ce gros défaut. Bogues, on s’en souvient bien. Eté 1986. Lors du championnat du monde espagnol, la Yougoslavie rencontre les Etats-Unis. L’Europe découvre alors un incroyable nabot de 1,60 m, rivé aux hanches de Drazcn Petrovic, lui collant au short mieux qu’un huissier. Grâce à ce parasite, les boys de Lute Olson ridiculisent la superbe attaque Yougoslave. Tyrone “Muggsy” Bogues, alors junior à Wake Forest, une fac de Caroline du Nord moins cotée que les grands leaders comme North Carolina, NG State ou Duke, vient de quitter l’anonymat auquel semblait le condamner sa taille de Virus. Le meneur de poche eut ensuite le bon goût d’effectuer une excellente saison senior, la meilleure de son cursus universitaire. Ebahis par ses 14,8 points et 9.5 passes décisives de moyenne en 1986-87. Les Washington Bullets ferment les yeux sur son inconsistance au shoot et le draftent à un niveau Etonnamment élevé pour un joueur de ce style. Premier tour, douzième choix. La gloire, quoi …
Du même coup, les Bullets réalisent une belle opération de marketing en récupérant Bogues. Avec lui et Manute Bol, l’immense Soudanais de 2,31 m, ils peuvent désormais présenter à leurs fans le plus petit et te plus grand basketteurs de la NBA. La puce et le héron. Hasard alphabétique. Bogues et Bol se retrouvent d’ailleurs associés sur la même page du “NBA Register”‘. L’annuaire du basket pro. En revanche, lorsque les Bullets établissent les comptes de fin de saison quelques mois plus tard, ils constatent un sacré déficit dans la production de Bogues. Ses 14 points de moyenne se sont vu réduits à 5, et son pourcentage d’adresse de 50 % en fac est devenu translucide à 39%. Dans l’Èdition 1989 du “Complete Handï book of Pro Basketball”, un guide connu pour ses appréciations nuancées au lance-flammes, Zander Hollandcr et ses séides se déchaînent : Muggsy n’a pas justifié son choix dans la draft, Il a juste gagné deux centimètres de taille dans les listing depuis qu’il est pro … Il a vite prouvé qu’il n’était pas Spud Webb. Bien sur, il va vite mais c’est un médiocre shooteur … Il est le passeur numéro un des Bullets (5,1 par match), mais toutes les Èquipes, à l’exception des Clippers, ont un passeur plus rentable. D’ailleurs, son temps de jeu n’a cessé de décroître ne sont peut-être plus les compliments qu’étaient en droit d’attendre ses nouveaux coéquipiers, ceux des Charlotte Hornets ou il est embauché à l’automne 1988. Mais le petit Tyrone ne désespère pas et réenclenche le turbo pour slalomer au milieu des grands, servir le caviar ‚ la louche et redresser sa ligne statistique. Bilan 1988-89: 5,4 points, 42,6 % de réussite aux tirs. 7.8 Assists de moyenne, Le tout en 22 minutes de jeu par match. ´Ce sont les débuts des Hornets. Le contexte lui est trop favorable, rétorquent les détracteurs de Bogues.

C’est méchant. Le championnat 1989-90 est dans sa deuxième moitié, et si Muggsy n’a pas grandi, ses stats, elles, ont pris du poids. Dans une formation enrichie par l’épanouissement de Rex Chapman et les arrivées d’Armon Gilliam et JR Reid, Bogues a plus que jamais le rôle du passeur-leader, fonction qu’il remplit avec l’énergie d’une pile atomique. Après 42 matches disputés dans le starting-five, il est le quatrième passeur de la League avec 10.6 assists de moyenne. Et avec cela, il est monté à 7,7 points par match, frôlant les 48 % de réussite. L’explication est assez simple. Bogues ne lirait pas assez, alors que ses coéquipiers l’y poussaient. Au fil des matches, les défenses avaient appris à faire l’impasse sur ce mini-meneur, préférant se concentrer sur Chapman ou l’ailier Tripucka. “Nos adversaires jouaient quasiment la zone: cinq défenseurs pour quatre attaquants, ironisa récemment Dick Harter, l’entraîneur.

L’été dernier, Bogues a donc bossé son shoot comme un fou. allant jusqu’à réaliser des cartons de 35 à 40 points en Summer League. Quand, en décembre, il a aligné 3 matches à 16,7 points et 64 % de moyenne, Muggsy a senti qu’il était sur le point d’effectuer sa meilleure année chez les pros. S’imposer comme un second Spud Webb? Aucune importance. Tyrone Bogues prouve simplement qu’en NBA, le jeu s’est bien laissé revitaliser par les petits qui foutent le feu à l’arrière.

PORTRAIT

Position Point Guard
Taille :1.60 m
poids :62 kg
Né le 9 janvier 1965
Baltimore, Maryland
Nationalité américaine
High school : Dunbar
College : Wake Forest
Draft 12eme position, 1987 par Washington Bullets

Sa carrière

Washington Bullets (1987–1988)
Charlotte Hornets (1988 à 1997)
Golden State Warriors (1997 à 1999)
Toronto Raptors (1999 à 2001)

NB mai 2008

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CONVERSE

Converse ou l’image ALL-STAR
Le fabricant de sneaker centenaire appartient à Nike aujourd’hui. Saga d’une très longue histoire.

Parlez de la sneaker Converse aux enfants du baby boom ou aux autres générations et tous vous diront la même chose , nous aimons CONVERSE.
L marque fondé par Marquis M. Converse il y à un siècle exactement, à enduré des hauts et des bas , un temps favoris des athlètes , un temps prisé pour ses créations mais toujours jouant de son image fashion.

Le premier modèle Converse était fait d’une semelle de caoutchouc, suivi en 1917 par un modèle innovant de basket légère avec du caoutchouc à l’extérieur, une protection pour les orteils, et un maintient de la cheville

Adopté dans les années 30 par la star de basketball Charles H. Taylor (plus connu avec le surnom de Chuck) ce fut un des premier contrat de sponsoring, la All-star sneaker était entrain de devenir la chaussure officiel de la NBA, autant quelle plaisait pour son coté relax et à tous ceux aimant la cool attitude comme ce fut le cas avec le mouvement grunge et le punk rock.

Mais Converse eut un vrai coup dur dans les années 80 subissant la concurrence des autres grands du secteur comme NIKE , Reebok , et Adidas . En effet l’industrie de la chaussure était devenue une grosse machine ou le sponsoring était roi. Les superstars comme Michael Jordan était devenu des machines marketing pour les marques de chaussures. Et même si converse avait ouvert la voie elle ne su pas suivre les avancées technologiques des ses concurrents.
En 2001 à l’agonie la marque fut vendue à des investisseurs privés puis acquise par Nike en 2003.

Le rachat fait mouche, la stratégie de Nike incluant de créer sa paire de Converse sur le site internet de la marque et la création d’une ligne de modèles lavables par le créateur John Varvatos fonctionne.
De même, un modèle haute performance parrainé par Dwayne Wade la star des Miami Heat de NBA et une édition limitée d’un modèle Kurt Cobain qui était fan de Converse.
Le changement paie et les ventes augmentent de 23% en 2007 et de 40% au 1er trimestre 2008.

Utilisant des figures de la culture , du passé et du présent , la stratégie continue avec John Hoke , le nouveau vice président du département chaussure , voit ce produit comme une chaussure rétro classique qui est l’ancêtre des modèles actuels.
Le futur de Converse ira vers la célébration de stars du passé qui aimaient la marque et de stars actuelles qui la portent que ce soit dans le monde de la musique, de la politique, de la mode ou du sport.
Ainsi la Marque centenaire continuera à nous émerveiller sous l’égide de Nike mais bien persuadée à toujours garder son passé en ligne de mire de celle qui est, qui sera …

Baby Phat

En moins d’une décennie, Baby Phat la marque de Kimora Lee Simmons se positionne dans le monde de la mode comme la première marque de hip-hop féminin. Provocante, sexy et classe, Baby Phat était dans un premier temps un outil publicitaire avec les mini t-shirts avec des noms astucieux “baby Phat” a été produit pour se lancer sur la voie de Phat Farm. Lorsque des célébrités, les top modèles test ont commencé à porter les T-shirts Baby, le phénomène a grandi, et la marque à décidé de lancer une collection de vêtements de sport pour Baby Phat. Un style de vie est né.

En 1998, le choix de la création, de la mise en place et de la direction du nouveau label s’est naturellement tourné vers Kimora Lee Simmons. Elle savait que le succès de la marque repose sur sa capacité à fusionner le monde de la haute couture et celui du hip-hop. L’expérience de Kimora en tant que top modèle de la mode, son mariage avec Russell, son sens inné du style et son affinité pour les belles choses mettra Baby Phat en avant-garde du mouvement du luxe urbain.

Dès le début, la native de Saint-Louis semble avoir un penchant pour ce style. Pendant sa carrière de top model déjà, le look exotique de Kimora Lee donne le ton d’un changement du visage de la mode. A 13 ans, Kimora Lee était un modèle établi. Elle fut prise par Karl Lagerfeld comme source d’inspiration pour la Maison Chanel. A 16 ans, elle défilait déjà pour les plus grands créateurs tels Giorgio Armani, Yves St. Laurent, Gianfranco Ferre, Givenchy, Fendi et Richard Tyler. Elle fit les couvertures magazine de Vogue, Elle, et Harper’s Bazaar. Elle posa pour les plus grands photographes dont Steven Miesel et Patrick Demarchelier. Personnalité de télévision, femme d’affaire, mère de famille, Kimora Lee représente tout ce qu’une femme moderne peut être et utilise le meilleur des styles de la rue et l’élégance de la haute couture pour inspirer les femmes au style de vie Baby Phat.

Premier de son genre, le style personnalisé de Kimora rayonne à travers la collection Baby Phat - une collection accessible pour tous. La diversité et le style de la marque sont représentés dans les éditoriaux et les pages des magazines comme Bazaar, Gotham, Seventeen, Star and Vibe. De défilé en défilé, la célébrité est devenue un nom de la mode new-yorkaise. Ses somptueuses créations sont portées et recherchées par tout le monde de Paula Abdul à Britney Spears et de Lil’ Kim à Alicia Keys. Les photographes influents tels Steven Klein, David LaChapelle et Brett Ratner ont été appelés pour couvrir les campagnes.

Le logo de Baby Phat, le félin svelte, synonyme de la marque est devenu un symbole internationalement reconnu. L’œil accrocheur, la hanche serrée représentent tout ce qui est féminin, glamour, sensuel et somptueux sur Baby Phat femme. Des modèles en toile de jean, cuir, des vêtements d’extérieur, sacs à main, chaussures, lingeries, bijoux, deux modèles de téléphone mobile Motorola en édition limitée ont été créés à l’intention des jeunes filles citadines. Baby Phat par Kimora Lee Simmons continue d’emmener la mode vers de nouveaux sommets. Au-delà de l’entreprise de mode pour la ville, Baby Phat est le mode de vie de la femme glamour à la fois hip-hop et élégante.

 

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ADIDAS

Au début de l’année 1930, dans une minuscule villa Allemande au nom imprononçable , un jeune homme qui s’appelait Adolph Dassler entendit parler du brillant sprinter américain : Jesse Owens , qui venait concourir aux jeux Olympiques de Berlin. Dassler , qui préférait être appelé ADI, et son frère Rudolph , faisait des chaussures de sport dans un petit atelier à Herzogenaurach dans le Middle Franconia. Dassler expérimentais des nouveaux matériaux comme la peau de requin et du cuir de kangourou pour fabriquer des chaussure de course à pied, qui lui valu plus tard de déposer une centaine de brevet. Il approcha Owens et lui promis de lui offrir une paire de course à pied spécialement pour lui.

Ceci fut bien avant les célèbres contrats de sponsoring aux contrats très lucratif. Owens heureux accepta ses chaussures gratuites et gagna plus tard à Berlin 4 médailles d’or Olympique en 1936. Ce qui donna au frère Dassler l’idée de qui fit de Adidas un des leaders du sportswear : donner aux athlètes des chaussures et d’autres payeront cher pour les avoirs à leur pieds.
Réussissant à survivre à la guerre mais une autre bataille eut raison de leur collaboration ,en 1948 ADI et Rudolph stoppent leur collaboration , certain dise à cause de leur position contraire sur le nazisme , d’autres pour des histoires de filles. Rudolph partis de l’autre coté de la rivière Aurach créant du même coup la non moins célèbre marque Puma.
Adi appela son entreprise ADIDAS et un ans plus tard créa les trois bandes à jamais reconnaissable.
Comme Nike avec la virgule, qui fut dessiné par la secrétaire du patron de Nike. , les trois bandes originales ADIDAS avait un but , reproduire le mouvement de la torsion du pied dans la chaussure.
Les deux frères persuadèrent les athlètes de porter leurs chaussures , une stratégie qui porta vraiment ses fruits quand le sport fut télévisé. Mais ADI pris une avance décisive en 1954 lorsqu’il sponsorisa l’équipe d’Allemagne de l’ouest de football avec un nouveau modèle à crampons amovible alors que toute les autres chaussures avaient des crampons moulé aux semelles. La final disputer sur un terrain détremper permis au allemand de briller grâce aux crampons amovible et ainsi de gagner leur première coupe du monde de football.
Adi Dassler avait une autre arme secrète : son fils , Horst. Dassler qui vait 5 enfants dont quatre fille qu’il encouragea à le rejoindre dans l’entreprise. Horst selon un rapport fit une bien belle entour loupe à Puma, en bloquant aux port de Melbourne avant les jeux olympique de 1954 une cargaison importante.
En 1960 , Adidas verrouillai les JO avec 75 % d’athlètes portant la marque sur le stade olympique et en 1972 à Munich la totalité des athlètes et même les officiels portait la marque aux trois bandes.
L’équipe de sportif Adidas comptait dans ses rang le sauteur Dick Fosbury, la gymnaste Nadia Comaneci, les boxeurs Muhammad Ali et Jo Frazier qui courbaturent l’un contre l’autre en 1971.
Adidas était numéro un et tous les sportifs voulais en porter. Mais Dassler qui savait entretenir les contacts et ainsi construire de solide relation avec le comité olympique se garantit d’être avec sa marque le fournisseur officiel des jeux jusqu’en 2008. Quand Dassler mourut en 1978 âgé de 78 ans , Son fils Horst qui s’occupait de Adidas France alors développa encore la marque à travers le sport , particulièrement en créant une société de marketing .
Horst eut le contrôle total de Adidas en 1985, mais mourut deux ans plus tard. Après sa mort , ses sœurs qui partirent dans des directions stratégique différentes perdirent la suprématie de la marque aux Usa ou toujours Adidas détenait plus de 70 % du marché , se retrouvant dépassé par Nike et l’arrivée de nouvelle marque dans le boom du sportswear .
En 1989, le français Bernard Tapie séduit les sœurs Dassler et acheta Adidas 320 millions de dollars. Tapie devenant ministre de la ville, eut pas mal de souci pour diriger Adidas et ne pu payer les intérêt des prêt à cause de ses scandales financiers de l’époque. En 1992 une banque française trouva un acheteur, Adidas avait déjà perdu plus de 100 millions de dollars.

Le nouvel acheteur le français diplômé du MBA de Harvard Robert Louis-Dreyfus , spécialisé dans le rachat d’entreprise en faillite comme Tapie fit un incroyable deal avec la banque puis licencia la plupart des dirigeant, réduit les coûts et doubla les dépenses marketing.
Aux USA, Adidas acheta une société de marketing de Portland du nom de Sports Inc dirigé par deux anciens de Nike, Peter Moore and Rob Strasser , qui avait été à l’origine du projet «Air Jordan». Et de «And Just do it». Juste avant de mourir d’une attaque cardiaque il persuada Adidas de confier ses activités aux Usa à NIKE et aussi à l’origine du projet rétro qui fit fureur dans les années 90.
en effet Adidas commercialisera une ligne classic de sneakers qui surpris ses concurrents plus préoccupé par les produits de haute technicité. Adidas devenu publique en 1995 reconquiert des parts de marché.
En 1998 , Nike qui tient à renforcer ses ventes de chaussures à crampons dans le football, sponsorise l’équipe brésilienne pour la Coupe du monde , avec une énorme campagne de publicité. Mais c’est en France et l’équipe de France qui gagna, chaussure Adidas «Predator»au pied.
La guerre continua et Nike signa avec le célèbre Manchester United.
Adidas lui signa DAVID BECKHAM, Nike clama vendre plus de chaussure de football que Adidas en europe mais Adidas vendait plus de ballon et de vêtement sportif dans le même temps.
En dehors des terrains de sport Adidas, continuant à jouer la carte rétro avec la ligne «Originals» rebondi par la signature du premier groupe de Rap U.S par un équipementier, RUN DMC très populaire de la culture urbaine clamai avant cette signature son appartenance à la marque au trois bandes dans son titre devenu culte en 1986 «MY ADIDAS» .
En 2004 le model SKY blue SI76 ressortit après la série célèbre Starsky et Hutch engendra une folie et des fils d’attente devant les magasins de chaussures partout dans le monde.
Adidas ainsi va investir de nouveau dans la haute technologie, contrant Nike sur son terrain. En 2000 le nageur Australien Ian Thorpe qui gagna 3 médaille d’or aux J.O de Sydney portait alors une combinaison intégrale révolutionnaire et bizarre fabriqué par Adidas.
De même la marque créa ADIDAS 1 , une chaussure à 250$ qui comporte un système de puce électronique pouvant gérer l’amortissement de la chaussure en fonction de la dureté du sol et du poids de l’athlète .
Plus significative encore en 2005 la firme annonce un plan de rachat de REEBOK, le numéro 3 du secteur alors.
Adidas accrois aussi sa présence dans les ventes de détail , ouvrant un très grand magasin à New-york, Londres et en Chine , ou le responsable Herbert Hainer annonça un plan de développement de 40 magasin par mois sur 14 mois avant l’échéance des J.O de PEKIN en 2008.
Adidas enfin est la marque officiel de la NBA depuis 2007 marché détenu alors par Reebok.

 mai 2008

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Voiture

Voici une présentation du luxe par excellence les grosses, les belles et superbes voitures……….

Vetement

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Bijoux

C’est quoi le Bling-bling ?

Bling bling est le terme qui désigne les diamants, les bijoux et toutes les formes d’objets ostentatoires, clinquants, rutillant et surtout qui brillent.
Ce terme fut inventé par Cash Money artist Bg de la Nouvelle Orleans avec le titre
“bling-bling” dans les années 90.

Histoire de Parfum

Il y a toujours eut le commerce du parfum représentant aujourd’hui plus de 10 milliard de $. Aujourd’hui les femmes ont des parfums dans leur garde robe au moins six différents, un pour chaque occasion.

Les gens utilisent les parfums les huiles sur le corps depuis mille ans, plus ou moins en fonction des modes.
Les Egyptiens les premiers faisait des bains de parfums dans leurs cérémonies religieuses et plus tard comme préparatif prénuptial. Myrrh et Frankincense utilisait de la gomme d’arbre dans les rituels. D’autre plante comme la rose et la menthe poivrée étaient incrustés dans les huiles parfumées. Le parfum était alors frotté sur la peau. Il est intéressant de noté que le parfum à toujours été utilisé comme un produit de grande qualité d’aromathérapie sous forme d’huiles parfumées à utiliser exactement de la même manière que nos ancêtres.

Une photo d’un champ de lavande. Les produits qui renforcent la sensation de la peau et l’odeur du corps ont été très appréciées dans toutes les cultures…….

(la suite de l’article très prochainement)

 

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Voici sur ce site présenté quelques marques représentatives du urban wear, hiphop wear, streetwear et sportswear américain , vous pourrez ainsi retrouver et retracer la saga et l’histoire du hiphop , du streetwear à travers la construction et l’évolution de ses marques de légendes.

Voici un listing non exhaustifs des marques présentes sur notre site:

310 MOTORING, ADIDAS, AKADEMIKS, AVIREX, BABY PHAT, CONVERSE, DC SHOES, ECKO RED, ECKO UNLTD, FILA, G-UNIT, K-SWISS, LOT 29, LRG, MAKAVELI, MECCA USA, MICHAEL JORDAN, MISKEEN, NEW BALANCE, NEW ERA, NIKE, PELLE PELLE, PHAT FARM, PUMA, REEBOK, ROCAWEAR, SEAN JOHN, SHADY LTD by EMINEM, SOUTH POLE, TIMBERLAND…………

Nous vous rappelons que vous pouvez acheter toutes ces marques au meilleurs prix en import chez notre partenaire LEADERINGSHIP , Numéro un de l’import US.

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Les coulisses du sport U.S

Les sport majeurs comme baseball , le basket ou le foot U.S suivit de près par le Hockey sont légions.

Ils sont des piliers dans l’histoire ,  l’économie et  la culture Américaine.

Voici présentés dans cette rubrique des monuments comme le célèbre Madison square Garden temple multisport sur Manhattan, des sportifs multisport professionnel comme BO jackson star du FOOT et du baseball pro !! Ou l’essence même du basket ball sa version basket de rue ……

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NCAA

MARCH MADNESS : LA FOLIE DU SPORT U.S

Le tournoi NCAA College basketball est le pilier de sports américains depuis plus de 60 ans. À l’exception du « Superbowl », March Madness, est le plus attendu des événements sportif de l’année. Depuis ses modestes débuts, cette compétition ou tous les anciens étudiants se reconnaisse car ils soutiennent leur université, ce tournoi a su captivé, écrire des pages de drame, de sueur et de grand moment de coaching et de sport avec des jeunes joueurs méconnu.

Le premier tournoi NCAA a été joué en 1939 juste avant la seconde guerre mondiale. L’université d’Oregon a remporté cette année-là, mais qui s’est révélée être une surprise, car les équipes dominante se situaient plutôt dans le Midwest ou à l’Est. Les toutes premières actions remarquables de la première décennie furent le fait d’Oklahoma University victorieux en 1945 et 1946 avec l’aide de l’un des premiers grands joueurs du moment, le géant de 213 cm, Bob Kurland. Les années quarante on révélé également un des premiers grands innovateurs du coaching, Adolph Rapp du Kansas. Sous sa tête, l’équipe de Kansas a remporté en 1949 et 1950.

C’est dans les années 50  que l’excitation monte  et que le tournoi stabilise sa position comme un évènement majeur de la tradition sportive américaine. Le championnat de 1955 est un jeu de bras de fer entre LaSalle University avec Tom Golan, le joueur blanc doué de 199 cm et un joueur noir de San Francisco nommé Bill Russell et ses 202 cm et 104kg, qui emmena son équipe de Frisco à la victoire et, plus tard, révolutionner l’art de prendre les rebonds en NBA. En 1957, Kansas ont le joueur le plus dominant dans l’histoire du basket aux USA : Wilt Chamberlain, mais se feront battre par North Carolina encore après trois prolongations.
Les années 1960 sont célèbres pour l’incroyable domination d’un homme et d’une équipe. Le Coach John Wooden, « Le Magicien de Westwood », et son équipe  UCLA avec une série sans précédent de six titres de 1964 à 1969. De 1966 à 1969, le pivot Lew Alcindor joua pour Wooden, considéré comme le plus grand pivot dans l’histoire de l’université. Il deviendra plus tard Kareem Abdul-Jabbar, et domina par la suite la NBA.

……………….

(la suite de l’article très prochainement)

 

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NHL

Brett Hull joueur légendaire de NHL des années 90 : come back.

Un physique de «bon gros» des débuts pro manqués et surtout un nom difficile à porter, rien ne semblait facile au départ pour Brett Hull. Pourtant aujourd’hui, la nouvelle star des St. Louis Blues est définitivement en route vers les sommets de la NHL.
Bobby Hull, son illustre père, n’a jamais été vraiment tendre avec lui. « Quand je le regarde patiner, je n’ai qu’une envie, c’est de lui botter le derrière pour qu’il aille plus vite » aime répéter l’ex-grande star du hockey des années soixante. Ce genre de réflexion ne peut que forger un caractère. De fait, depuis qu’il joue au hockey, Brett Hull n’a jamais semblé être dérangé par les critiques, qu’elles viennent des entraîneurs, du public ou de la presse.
P1ulôt sympa, l’ailier droit des St. Louis Blues est apprécié dans le rugueux milieu du hockey pro américain. Disponible, il passe même à l’antenne de temps en temps sur l’une des meilleures radios FM de St. louis (KSHE-FM) pour discuter des dernières nouveautés avec les disc-jockeys locaux.
Brett n’abandonne pas ce self-control lorsqu’i1 monte sur la glace. Même atomisé par les gros gaillards de la défense, il sait conserver son calme et éviter les bagarres, mais il n’hésite pas à défendre un coéquipier en danger. « Je suis solidaire de mon équipe quoiqu’il arrive et je suis prêt à prendre des coups s’il le faut » dit-il. Car malgré son image de « bon gros » (1,78 m pour 95 kg), il a une volonté de fer qui lui permet d’affronter toutes les difficultés.
C’est cette même volonté qui l’a beaucoup aidé à supporter à 15 ans la séparation, puis le divorce de ses parents, divorce retentissant à cause de la notoriété de son père. Il voit d’ ailleurs un peu plus son père aujourd’hui qu’il ne le voyait pendant les années suivant la séparation de ses parents. Le maintien de cette relation est d’ailleurs une donné nécessaire à son équilibre. Car Brett ressent toujours de l’admiration pour son grand champion de papa. « Je suis fier d’être le fils de Bobby Hull déclare-t-il souvent.
Certes, le fils ne ressemble pas beaucoup au père, leurs caractères et leurs personnalités sont différents. Mais voilà, il y a le hockey. Synonyme de passion entre les deux hommes, mais aussi de pression sur les épaules de Brett. Comment aurait-il pu en être autrement lorsqu’on est le fils de Bobby Hull, une des légendes du hockey américain, comme peuvent l’être Gordie Howe. Guy Lafleur ou aujourd’hui le (déjà) légendaire Wayne Gretzky. «Lorsqu’on joue au hockey et qu’on s’appelle Hull, les gens s’attendent tous à voir un nouveau prodige » raconte Brett qui du supporter sarcasmes et Jalousies dès qu’il eut l’âge d’enfiler des patins. .Quand je jouais en Junior, J’ai tout entendu » dit-il, « Ies gens me répétaient sans cesse que je ne serai jamais aussi bon que mon père. Mais je ne me suis jamais découragé et je pense que dans l’ensemble, le fait de s’appeler Hull a plutôt été un avantage et même parfois une motivation supplémentaire».
Son frère Bart n’a pas fait preuve de la même force de caractère. Après avoir tâté du hockey vers 12 ans, il abandonna très vite. « Lorsque les coaches venaient nous voir alors qu’on était tout gamin, ils se croyaient au Forum de Montréal pour le septième match de la Coupe Stanley. C’était de la folie et je ne sais pas comment fait Brett pour supporter cette ambiance très spéciale» dit Bart.
Dans ce genre de situation, les spécialistes ne ratent évidement pas la moindre occasion de comparer le père et le fils. Gardant son sang-froid, l’ailier des St Louis Blues poursuit sa carrière tranquillement, en ignorant comme il peut les commentaires, les comparaisons, les critiques et surtout la pression.
Une situation d’autant plus difficile à vivre que personne n’a oublié le tonique ailier gauche des Chicago Black Hawks, puis des Winnipeg Jets qui, avec 610 buts marqués dans sa carrière (5ème de tous les temps), est entrée au « Hall of Fame», une sorte de musée du sport américain. « En ce qui me concerne, il n’y a pas de comparaison possible. A mon sens, il est le meilleur. Je ne suis pas de cette trempe-là» insiste Brett. Peut-être, mais sur le papier, les supporters font remarquer qu’il a marqué plus de buts en deux saisons que son père en trois. Broutille que tout cela, répliquent les fans un peu plus âgés qui ne manquent pas de rappeler que la NHL d’aujourd’hui est trop différente de celle des années soixante, notamment pour le nombre d’équipes (6 contre 21), ce qui accroit évidemment les occasions de marquer. Brett est cependant loin d’avoir l’intensité et la rage de vaincre de son père. Hull Senior, en plus, ne rechignait jamais à défendre, alors que Brett donne vraiment l’impression qu’il ne pense qu’à attaquer pour marquer (d’où un « rating» négatif en défense, -17, la saison passée).
Quoiqu’il arrive, il ne veut pas déloger son père de son piédestal et tient absolument à se faire un prénom. « Si un jour j’ai des enfants, je ne veux pas qu’ils disent qu’ils sont les petits-fils de Bobby Hull, mais qu’ils sont les fils de Brett Hull» confie-t-il. En tout cas, les Hull ont encore du chemin à faire (et Brett, des buts à marquer) s’ils veulent égaler le palmarès des Howe (Gordie et Mark) qui restent la combinaison père/fils la plus prolifique de la NHL avec 976 buts (801 pour le seul)
D’accord, Brett Hull n’a ni l’intensité de son père, ni l’élégance de Gretzky ou la vivacité de Lemieux. Mais c’est quelqu’un qui voit clair pendant un match et qui est très opportuniste. Cette lucidité lui a permis de s’affirmer très vite, malgré sa lenteur, notamment dans la British Colombia Hockey League, où il marqua 48 buts la première année et 105 la seconde. Ces chiffres attirèrent très vite l’attention des collèges américains et Brett se retrouva à l’Université de Minnesota-Duluth. Et puis ce fut le passage à l’échelon supérieur, la NHL, le Top, que beaucoup lui avaient conseillé de ne pas espérer. Et pourtant, il est drafté par les Calgary Rames, alors en pleine progression, au sixième tour de la draft 1984, et sa carrière peut alors commencer. Malheureusement, le rêve se brise: très vite et il ne jouera pas un seul match pendant la saison 1985-86 et seulement cinq la saison suivante! Même si Terry Crisp, le coach des Calgary Flames, est conscient du potentiel de Brett mais, il ne pense pas qu’il soit complètement mûr pour la NHL et surtout qu’il puisse s’adapter au rythme du club. La saison suivante, physiquement plus frais, il joue un peu plus et marque même une vingtaine de buts (26). Mais il était dit que cela ne marcherait pas avec les flames, puisqu’en Mars 1988 Brett Hull est transféré à St. Louis en échange de deux joueurs, Ramage (défenseur) et Wamsley (excellent gardien). Le transfert déclencha l’hilarité dans toute la Ligue. En fin de saison 1987-88, il se retrouve donc à St. Louis, une équipe plus que moyenne de la Norris Division. Et après un peu plus de deux ans passés en NHL, il n’a encore rien prouvé.
Mais dès la saison suivante, il est de nouveau motivé et redevient le talentueux junior qu’il était. « Brett est arrivé et du jour au lendemain, il a vraiment très bien joué » dit Greg Millen, le gardien des St. Louis Blues. Et très vite les critiques se taisent quand, avec 84 points (41 buts et 43 assists), il devient le leader de l’équipe. Il représente même les St. Louis Blues au « all Star Game» de 1989 et surtout marque des buts précieux (notamment en prolongation) pendant les playoffs, ce qui permet aux Blues d’aller en finale de leur division.
Même si Brett est toujours considéré comme un piètre défenseur, les spécialistes s’accordent à dire qu’il a trouvé son deuxième souffle à St. Louis, la pression étant trop forte à Calgary et l’environnement peu propice pour qu’il puisse vraiment progresser. Quand il arrive au camp d’entrainement l’été dernier, il est presque méconnaissable tellement il parait frais et dispos. Il a même perdu du poids (6 kilos) et son tir est plus puissant que jamais.
Tout ou presque dans son jeu repose Sur son tir, considéré comme l’un des meilleurs de la ligue. Brett tire d’ailleurs plus souvent que n’importe quel autre joueur en NHL, y compris Bernie Nicholls (LA Kings). .Même quand j’étaîs petit je pouvais tirer très fort dit- il. C’est strictement héréditaire et je n’ai jamais travaillé dessus». Même à l’entrainement sont tir fait peur. Son propre gardien refuse de lui servir de cible et la plupart des gardiens de la ligue le redoutent. « Grâce à son tir, il est dangereux dès qu’il rentre dans la zone neutre» dit Douglas Washington, ancien assistant-coach des Blues.
Après une saison complète à St. Louis, Brett est plus motivé que jamais. Le môme a pris de l’aplomb et déclare vouloir être reconnu pour son propre talent, et non parce qu’il s’appelle Hull. « Je veux que l’on reconnaisse mes qualités de battant et de leader, et je ferai mon possible pour me faire respecter dans cette ligue. Dit-il. «  Il est ici pour marquer » dit Brian Sutter, le coach des St. Louis Blues, « c’est son rôle et il marquera une cinquantaine de buts chaque saison. En revanche, je ne sais pas s’il est prêt à passer à l’échelon supérieur, à savoir le plateau des 50-60 buts et plus de 100 points »  Brett lui en est certain. Et avec déjà 33 buts (leader de la NHL) et plus de 50 points (et un « rating » positif en défense, s’il vous plaît!) à la moitié de la saison, on ne saurait le contredire.

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MLB

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NFL

Nous allons voir dans cet article comment le Football (américain bien sur) a commencé et comment il est devenu si populaire.


Au tout début.
L’histoire du football US commença au 19ème siècle en Angleterre lorsque un joueur de soccer (football au pied), frustrer d’utiliser uniquement ses pieds pour manipuler le ballon rond, décida de prendre la balle et de courir avec. Bien qu’il soit clairement en dehors des règles, les autres joueurs apprécièrent et firent de même, ainsi naquit le rugby.
Ce nouveau sport devint un succès planétaire et trouva son chemin en Amérique vers 1850. Joué par de nombreuses universités du nord-est des USA. Peu avant que Harvard University et Yale se rencontre dans l’état du Massachussetts en 1876 pour formaliser les règles du rugby assez similaire à celle du jeu anglais. Toutefois il y avait des différences, au lieu de jouer avec un ballon rond, les écoles adoptèrent le ballon en forme d’œuf et le nom du jeu fut changé pour le Football. Pour finaliser cette rencontre, la Intercollegiate Football Association (IFA) vit le jour.
Ce rugby Américain très diffèrent du sport populaire connut aujourd’hui. Apres 3 ans de pratique le joueur Walter Camp convins l’IFA de changer des règles le rapprochant du sport actuel. Par ce fait Camp est considéré par les historiens comme le père du Football US moderne.
Nationalisé le jeu.
Le College football mure des le 19ème siècle bien avant l’apparition des première équipe professionnel dans les années 1920. La NCAA (National College Athletic Association régissant le sport universitaire donna les régles du sport pro.
En 1920, dix équipes pro existait à travers les États-Unis. Les organisateur décidèrent après un rassemblement à Canton dans l’Ohio de fondé la première ligne pro de foot US : La American Professional Football Association (APFA) qui devint plus tard la National Football League(NFL).
La NFL continua de changer les règles du jeu et le jeu football devint un passe temps favoris des Américains.
La popularité du football US grandissante, le jeu joué par les Chicago contre des équipes comme les Los Angeles Tigers ou les New York Giants, la star de l’époque Harold (le rouge) Grange, le rookie tout droit sortant de College attira à lui seul de nombreux fans dans les stades. Ensuite la NFL se divisa en deux divisions débouchant sur le premier championnat NFL en 1933.
Le football devint le sport favori et beaucoup de ligue suivirent la NFL en essayant d’établir leur propre franchise. Mais la NFL étant très dominatrice ne laissa de place à personne d’autre et aucune ligue ne dura plus de quatre années. Derrière le milliardaire Lamar Hunt, American Football League (AFL) fut la seule capable de concurrencer la NFL. Ensuite, les deux ligues combattant pour drafter les meilleurs universitaires, les contrats TV, et tous ce qui était généré par la popularité du football, la NFL continuait à en tirer le meilleur partie à chaque fois. Un moment historique réunit les deux ligues en 1966 ou elle s’associèrent et gardèrent le nom de NFL.
Deux conférences virent le jour : la American Football Conference (AFC) et la National Football Conference (NFC) ce qui reflétait un peu les origines de la NFL.A l’issu de la fin du championnat fut instauré entre les deux meilleures équipes de chaque conférence un tournoi final débouchant sur le Super bowl.
Le Foot US moderne.
Avec l’introduction de la TV (qui permis à tous les américains de regarder les matchs) et la fusion des ligues, les matchs de football devinrent le plus regardé à la TV engendrant de gros profit publicitaire. Dans les années 90 ce sont des milliards dollars qui étaient ainsi généré. Ces profits énormes eurent des répercutions au goutte à goutte sur les salaires des joueurs.
Les règles évoluèrent encore afin de garder l’intérêt des fans. Par exemple les règles des années 1970 allèrent au bénéfice du passing game (jeu de passe) au lieu de running game (jeu de course).
Dans les années 70 et 80, la NFL solidifie sa dominance comme le sport ayant le plus de fan. Le Super bowl devient une journée national non officiel dénommé le « Super Sunday » et aussi la plus grosse audience télévisuel chaque année aux USA avec bien sur des taux d’audience record jamais dépassé a ce jour par aucun autre programme TV aux USA.
En 1986, la NFL s’étend avec une série de match préparatoire appelé American Bowls, se jouant à l’extérieur des USA pour promouvoir encore la NFL.
En 1991, elle crée la World League of American Football, plus connut comme NFL Europe qui est une ligue de développement avec des équipes en Allemagne et aux pays bas. Cette ligue est diffusée depuis 2003 sur la TV câblé NFL network.
En 2005 la ligue joua même un match à Mexico pour le début de la saison et le 28 octobre 2007 les Miami Dolphins contre les New-york giants jouèrent au Wembley Stadium devant 90000 personnes à Londres. La moitié des billets furent vendu en une heure.
Les matches NFL attirent plus de spectateurs qu’aucun autre sport dans el monde, attirant plus de 67000 spectateurs par match sur les deux saisons 2006 et 2007. Soit 20 % de plus que la Major league baseball (MLB) sport numéro un pourtant aux USA.
Fort de ses succès la NFL continu son développement venez partager la passion du football dans ses pages avec les plus grandes star de ce sport.

 

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Sport US

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NBA

La National Basketball Association, plus connu sous le nom NBA, est la première ligue masculine professionnel au monde.

La NBA fut fondé à New York le 6 juin 1946 en tant que Basketball Association of America (BAA). La ligue adopta le nom de NBA en 1949 après avoir ajouté des équipes de al ligue rivale National Basketball League.
La ligue est dirigé de l’ Olympic Tower sur la 5ème avenue à New-York. Les studios TV et le département artistique est basé à Secaucus, dans le New Jersey.

La Saison régulière :
Apres les vacances d’été, les équipes commence les camps en Octobre. Ces préparations permette aux équipes d’évaluer les joueurs, surtout les rookies (débutant pro) mais également les points fort et faible de leur groupe et préparé les joueurs à une longue et rigoureuse saison, déterminé une liste de 12 joueurs plus 3 joueurs qui seront sur une liste de remplaçant. Après le camp, commence une série de match exhibition puis le championnat débute la première semaine de novembre.

En saison régulière chaque équipe joue 82 matchs, la moitié à la maison et l’autre chez l’adversaire. Le calendrier n’est pas identique pour toutes les équipes. En effet une équipe joue 4 fois contre les équipe de sa division, 3 à 4 fois contre les équipe de la même conférence et deux fois contre les équipes de l’autre conférence. Il y a donc des calendrier plus dire que d’autre en fonction du hasard et de la localisation surtout.

En février, la saison NBA régulière est interrompu par le All-Star game week end. Les Fans du monde entier vote pour élire les meilleurs joueurs sur les 5 poste et pour chaque conférence. Les Coaches (entraineur) vote une liste restreinte des 14 autres remplaçants All-Stars.
Ensuite Les meilleurs joueurs de la conférence EAST (Est) rencontre les meilleurs joueurs de la conférence West (ouest). Le meilleur joueur du match est élu MVP du match (Most valuable player) il est en général choisit parmi l’équipe gagnante.
Lors du All Star week end ont lieu d’autres attractions comme le Rookie Challenge (match des débutants) ou les meilleurs joueurs de 1er année rencontre les meilleurs joueurs de 2ème année ; Le concours d’adresse à 3 points ; Et le Slam Dunk contest (concours de smash) élisant le meilleur dunker de ce show spectaculaire et énormément prisé.

Juste après cette coupure à lieu une période d’échange entre les équipes. Apres cette date les équipe seront inchangé jusqu’à la fin de la saison.

En avril, la saison régulière se termine. C’est à ce moment là que les votes commencent pour les récompenses individuels.
Le prix du meilleur 6emem homme est donné au meilleur remplaçant de la ligue , le « rookie Award » est donné au meilleur débutant de la saison , le meilleur défenseur est aussi récompensé. Son élu aussi le meilleur coach de l’année , le meilleur général manager , le meilleur président de l’année. Et bien sur « THE MOST VALUABLE PLAYER » le meilleur joueur de la saison régulière.
De plus sont élus les All NBA Teams (Meilleur équipe type) , pour les 5 meilleurs joueurs de la saison (1 par poste de jeu), les 10 meilleurs débutants et les 10 meilleurs défenseurs à leur poste également.

Les phases finales (Playoffs)

Les playoffs débutent fin avril . Les huit meilleurs équipe de chaque conférence suite à la saison régulière sont qualifiés. Cela concernes les 3 meilleurs équipe de chaque conférence au nombre de victoire défaite , et les 5 équipes ayant gagné le plus de match à l’extérieur de leur division mais dans leur conférence !!!

Cependant , ce système est particuliers et originale à tous les autres sport américains. En effet el Champion de division n’aura pas forcement l’avantage du terrain en playoffs. L’avantage du terrain sera donné en fonction du classement de la saison régulière sans avoir forcement gagner sa division.

Avoir une place élevé à beaucoup d’avantage. Le 1er joue en effet contre le 8ème , le second contre le 7ème etc… De plus l’équipe ayant la meilleur position à l’avantage du terrain dans tous els tour des playoffs.
Les playoffs son un tournoi , chaque équipe joue au meilleur des 7 matchs
La première équipe gagnant 4 fois est qualifié pour el tour suivant et le perdant est éliminé.
Dans tous els tours les matchs se jouent sur le model suivant 2-2-1-1-1 , ce qui signifi que l’equipe la mieux classé reçois deux fois en premier et au 5 eme match. Pour la finale la série est en 2-3-2 , l’équipe la mieux classé joue chez elle les match 1,2,5,6 et 7.

La final est dénommé « The NBA finals » le vainqueur remporte le Larry O’Brien Trophy. Les vainqueurs reçoives la bague de Champion du monde et le meilleur joueur de l’équipe vainqueur est élu MVP des Finals.
Cependant une seul fois le trophée de Mvp fus donné a un vaincu ce fut a Jerry West en 1969 avec les Los Angeles Lakers.

Voici comment se termine la Saison NBA. Si cette ligue vous passionne venez découvrir dans les articles qui suivent l’histoire , les légendes , les meilleurs joueurs , les plus beaux matchs de la plus fabuleuse ligue de sport US.
AB mai 2008

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